‹ La forme et la vieChapitre 75 sur 243 · Cinématique Technique y La Forme, ch. I cl II · texte numérisé non relu

Cinématique Technique y La Forme, ch. I cl II

qualités passagères aussi bien que les durables. La formule générale dont elle poursuit la solution est

Il faut bien observer en effet que le temps embryologique 6' n'est pas le temps vrai, ni sa représentation stratigraphique adéquate, que nous avons dénommés 0.

Nous pensons pouvoir établir que les courbes

coïncident sensiblement si l'on établit entre ô et 6' la relation ô = n 6', n étant un coelficient très grand.

C'est-à-dire que la forme des courbes données par l'Embryologie peut servir à représenter la continuité de toutes les formes réparties dans le temps.

On ne croit plus aujourd'hui à la préformation, c'est-à-dire à la présence réelle dans l'œuf de tous les organes avec une taille in6ninient petite; mais, au contraire, on sait qu'ils se construisent lentement et se modèlent peu à pou par la spécialisation de cellules banales, c'est-à-dire par le processus nommé épigenèse, L'Embryologie est par là capable de nous renseigner sur toutes les étapes par lesquelles la cellule œuf passe pour parvenir aux diverses formes d'organismes complexes que l'on connaît.

L'intérêt général de l'Embryologie se trouvera montré, ou la dernière équivalence proposée se trouvera exacte, si Ton peut établir que les étapes révélées par l'Embryologie sont nécessaires^ s'il est impossible qu'il y en ait d'autres, et s'il est par suite obligé que la même continuité d'étapes ait rattaché dans le temps écoulé les mêmes formes complexes dont la Paléontologie nous fait connaître les restes sans pouvoir nous apprendre leur sériation d'ensemble.

Déjà, par les études embryologiques, les propriétés relatives à la structure et à la forme se trouvent quelque peu confondues. S'il a été possible en Statique de séparer assez nettement l'une de l'autre ces deux catégories, cela devient très difficile dans la Cinématique. Nous ferons encore à leur sujet deux titres, l'un de Morphogénie, l'autre d'Histogénie, pour ordonner pratiquement l'exposé des faits ; mais, en plus d une circonstance, nous ne pourrons pas séparer les questions de structure et déforme; — pour préciser par un exemple, si la Gastrula est une forme, la gastrulation est une question de structure.

L'Histologie cinématique ne se contente plus de ramener les composantes des organes à une forme plus ou moins spécifiée du

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prototype cellule; mais elle cherche les liens réels qui rattachent entre elles les différentes formes cellulaires spécifiées. Elle montre la différenciation comme un résultat progressivement atteint dans chaque être en fonction du temps, et présentant, dans Tensemble des êtres, divers états sériables.

La Description en Cinématique, — On se borne en Cinématique à utiliser les descriptions déjà faites en Statique, en restreignant toutefois celles-ci non plus seulement aux qualités mesurables, mais encore à celles dont les mesures peuvent former des séries continues. Toute qualité isolée ou discontinue n'est pas utilisable en Cinématique : cela ne veut pas dire évidemment que son intérêt soit nul, mais qu'il est d'un autre ordre et le plus souvent dynamique.

La Comparaison en Cinématique. — On peut désigner par comparaison sérielle le mode spécial par lequel la Cinématique apprécie l'importance relative des ressemblances et des différences. La Statique établit entre les deux une sorte de parité, source de discontinuité subjective. A cette équivalence trop brutale et trop simple nous allons substituer une fonction complexe, donnant pour chaque être la grandeur proportionnée des ressemblances et des différences qu'il présente avec n'importe quel autre.

Au reste la fonction dont il s'agit, et qui parait s'offrir à nous sous une forme nouvelle, est toujours la même; c'est celle dont nous avons déjà parlé comme reliant en fonction du temps la grandeur et la fréquence des variations. Sur cette concordance, à la condition qu'elle ne soit pas le résultat obligé de notre symbolique, reposent, comme nous le dirons plus loin, les théories de l'Évolution.

La comparaison peut s'exercer de trois façons différentes :

10 Entre les formes entières, eu égard à toutes leurs qualités [Morphologie homologique) \

2^ Dans une même forme, entre les parties qui la constituent {Morphologie homodynamique) ;

3® Enfin entre les grandeurs d*une qualité quelconque, prise dans toutes les formes.

Ce dernier mode n'a guère d'intérêt s'il ne tend immédiatement à des conclusions dynamiques : aussi le laisserons-nous de côté pour l'instant afin de nous attacher aux deux premiers.

Ne voulant pas rester imprécis, nous n'allons pas poursuivre plus loin cet exposé général, et nous préférons en faire comprendre la portée à mesure que nous pourrons plus solidement l'appuyer sur des données techniques.

Classifications, — Puisque la comparaison entre les ressemblances et les différences s'exprime par une fonction continue, celle-ci peut du même coup servir à représenter une classification.

11 est intéressant de remarquer que la méthode naturelle.

dont nous avons exposé en Statique le caractère quelque peu empirique, prend toute sa signification en Cinématique.

Si, en eflfet, on tache à comparer entre elles toutes les formes entières en suivant la courbe de variation de leurs diverses qualités prises une à une, on ne peut arriver à aucune conclusion, car les diverses qualités croissent ou décroissent suivant des lois contradictoires. Pour traiter le problème autrement, on compare entre elles toutes les formes en étudiant la variation de la somme de leurs qualités, chacune de celles-ci ayant, dans chaque cas, sa grandeur multipliée par un coefficient proportionnel à son importance pour la construction de la forme et pour Taccomplissement des fonctions de la vie. Tel est le sens rigoureux du principe de la subordination des caractères.

L'importance de chaque qualité, pour ne pas réintroduire empiriquement la notion de fréquence, est déterminée par la précocité du temps de son apparition dans le développement de Tembryon.

Ajoutons, comme contrôle indépendant de la symbolique, que la notion de précocité et la notion de fréquence, quoique d'ordre absolument différent, sont tout h fait concordantes.

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