‹ La forme et la vieChapitre 79 sur 243 · OBJECTIVITÉ DE LA CINEMATIQUE · texte numérisé non relu

OBJECTIVITÉ DE LA CINEMATIQUE

l'avons dît au début, t isolé les vivants dans le Cosmos > et fait par suite abstraction de toutes les actions que le milieu peut déterminer.

OrTœufestun être vivant; h tout état de son évolution, Tembryon est un être vivant; il est donc susceptible a tout instant de subir une modification due h Taction du milieu où il vit et à la façon dont il vit. Cette modification possible s'intercale à un moment quelconque du temps 6' et vient troubler la loi de son rapport avec le temps 6. Dès lors il faut pouvoir, grâce aux considérations de la Dynamique, élaguer des séries embryologiques tout ce qui les a surchargées après coup. C'est une étude délicate, minutieuse, qui ne peut être que pas h pas suivie dans la technique, et dont nous devons nous borner ici h signaler l'existence et la nécessité.

C'est pour ne point l'avoir assez rigoureusement faite que l'on a parfois méconnu l'exactitude de la loi de Fritz Miller.

De la même façon, on rencontre dans les séries paléontologiques des modifications divergentes, que les séries embryologiques ne reproduisent pas. On doit encore pour ces cas conclure à l'existence temporaire de causes spéciales qui ont amené ces écarts de forme sans retentissement ultérieur.

LA SCIENCE TECHNIQUE

EN CINÉMATIQUE

La considération du Temps, qu'il nous importe de faire en Cinématique, a pour premier effet de nous conduire à Tétude embryologique des animaux. Or Tœuf, qui est une simple cellule, ou qui tout au moins est équivalent h une cellule, subit d'abord une série de divisions cellulaires, puis une série de différenciations dans les cellules ainsi multipliées, et enfin une série de déformations dans les surfaces qui résultent de la juxtaposition des cellules produites.

Par ce coup d'œil d'ensemble on peut déjà juger que la Cinématique doit traiter des problèmes de pure forme ou de pure structure. Aussi conserverons-nous dans Texposé des faits la classification en deux parties relatives chacune à l'un des sujets précités.

Il faut observer toutefois que les questions ne sauraient plus être aussi séparées que nous l'avons fait en Statique. Théoriquement, il semble qu'il en pourrait être ainsi, car le concept de déformation est absolument distinct de celui de division cellulaire ou de différenciation. Mais dans la réalité concrète les catégories s'effacent, et nous verrons notamment qu'un phénomène dont le prototype est un plissement de surfaces, c'est-à-dire une déformation, peut être changé en une simple multiplication cellulaire suivie de différenciation, et, qu'entre les deux cas, il y a tous les intermédiaires possibles.

La division en deux parties, l'une pour la forme, l'autre pour la structure, n'aura donc plus trait qu'à une répartition en grandes masses des sujets étudiés, sans que dans le détail il soit possible d'écarter absolument soit l'une soit l'autre des deux catégories. Ceci d'ailleurs est conforme à la méthode générale de la Pédagogie, qui doit d'abord introduire dans les phénomènes des catégories nettes et précises afin de les rendre intelligibles, puis qui doit, par les progrès de la connaissance, accoutumer l'esprit à concevoir les événements dans une complexité plus grande et moins saisissable.

Page 1