Voir Cinématique Technique. La Forme, cb. VllJ
mais celle-ci n'est pas visible sur la surface du corps, car elle s'ouvre dans la première fente branchiale tout près de Torifice de cette dernière sur le dehors.
Les parois de la cavité générale constituent dans le tronc deux mésentères : l'un dorsal, l'autre ventral qui rattachent le tube digestif îi la paroi du corps, et dans lesquels se trouve situé l'appareil circulatoire.
Celui-ci se compose en effet de deux troncs longitudinaux, l'un dorsal, VDy l'autre, VV^ ventral. Les deux vaisseaux communiquent avec un riche système lacunaire qui se répand soit sur le tube digestif dans la région branchiale, soit sous la peau, soit encore dans les lacunes voisines de la cavité générale antérieure ou aquifère. L'ensemble formé par le plexus lacunaire sanguin au voisinage d'une paroi de la cavité aquifère constitue ce qu'on a appelé le glomérule du glandypl, organe incontestablement analogue au plexus néphridien ou organe dorsal des Echinodermes.
A côté de lui se trouve une vésicule close ne communiquant certainement pas avec l'appareil circulatoire, ni directement avec le dehors; on la nomme h tort vésicule
cardiaque, s^c. Il ne serait pas impossible qu'elle fût une région localisée de la cavité générale antérieure, voisine du glomérule et par suite plus spécialement affectée h la filtration excrétrice.
Le système nerveux n'est pas détaché de l'ectoderme et il se compose de deux troncs, l'un dorsal, nd, l'autre ventral, n^j qui rattachent l'animal dont nous faisons l'histoire beaucoup mieux aux Echinodermes qu'aux Vertébrés, d'autant plus que ces deux troncs sont reliés l'un à l'autre par un anneau situé à la limite de la collerette et du tronc.
Fig. 221.— Cephalodiscus dodecalophus» aspect extérieur
(Mac Intosh).
B, bouche; st, stolon; 6^, jeune bourgeon.
sn.^^P vSa
294 CINÉMATIQUE
CephalodisCUS et Rhabdopleura. — Il convient de rapprocher du Balanoglossus un animal nommé Cephalodiscus dodecalophns recueilli par le Challenger dans le détroit de Magellan à une profondeur de 245 brasses. Il porte une paire de fentes branchiales faisant communiquer la partie antérieure de son tube digestif avec le dehors,
ce qui le rapproche à la fois du Balanoglossus et des Vertébrés.
Le corps du Cephalodiscus est comme celui du Balanoglossus divisé intérieurement et extérieurement en trois régions : une préorale et deux postorales (fig. 221).
Toutefois il y a dans le cas en question ceci de spécial que le tube digestif est replié en deux, par suite d'une extrême réduction de la région dorsale. L'anus débouche alors dans la région antérieure du corps, mais sur la face opposée à la bouche (A, fig. 222).
La région préorale ou disque céphalique porte douze houppes qui donnent à l'animal un aspect assez curieux. Dans cette partie, la cavité générale forme un sac impair, C,, qui s'ouvre au dehors du côté dorsal par deux pores (/?,, fig. 222) au lieu d'un comme chez le Balanoglossus. Les deux autres régions du corps sont la région œsophagienne, qui correspond au collier du Balanoglossus, et la région du tronc. Dans chacune se trouve une paire de sacs où l'on doit voir une section particulière de la cavité générale. La première paire, celle du collier, 6^,, s'ouvre au dehors par deux pores.
Le système nerveux, sn^ reste également accolé à la peau, mais il n'a été décrit que sur la courte région dorsale que l'on appelle aussi quelquefois interstomacale.
Fig. 223. — Organisation du Cephalodiscus dodecalophns (Harmrr).
5n, système nerveux sous-cutané — B, bouche; /po, intestin préoral (prétendue céphalocorde); fby fente branchiale; £, estomac; /, intestin; il, rectum; A anus — C^, première section de la cavité générale; p^^ son pore excréteur; C^y seconde section de la cavité générale; C3, troisième section de la cavité générale; G, sa différenciation en glande génitale; og^ ouverture de la glande génitale.
Ces animaux se multiplient par bourgeonnement et forment des colonies.
Tout à côté, il convient de placer une autre forme coloniale vivant
Fig. 333. — Section antérieure du Rhabdopleura vu par la face ventrale (Ray Lankrstbr). Ipo^ lobe préoral; B, bouche; A, anus.
aussi dans les mers profondes : le Rhabdopleura^ jusqu^à ces derniers temps placé dans les Bryozoaires (fig. 223 et 224). Chaque animal, abrité dans une loge cornée, est rattaché au reste de la colonie par une tige à l'extrémité de laquelle se trouve le corps proprement dit.
Le corps est entièrement constitué par trois régions.
Le disque buccal correspond au gland dans lequel se trouve une section impaire de la cavité générale, dont le pore excréteur est du reste absent.
Dans le corps lui-même existent deux sections paires decettemêmecavité générale.
Le plan général du corps et le nombre des métamères sont donc les mêmes que chez Balanoglossus et Ce-
phalodisCUS; mais la dispa- ^.,^ ^^^ __ nhabdopUura vu de profil
rition des fentes branchiales (Ray Lankrster).
nous ramène dans une autre '/»<>. ïobe préoral; ^,, l?„ les deux bras; p, pore de
. j, . la seconde section du corps; w4, anus; T, tige ratla-
CatégOrie d animaux. ehant l'animai à son cormus.
CINEMATIQUi;
De plus les douze ioulFes qui garnissent la tête du Cephalodiscus sont ici remplacées par deux bras très longs portant des digitations secondaires.
Brachiopodes. — Si nous concevions le précédent animal comme entouré d'une coquille calcaire capable de s'ouvrir en deux valves, et si nous nous représentions les deux longs bras repliés et enroulés dans
cette coquille, nous aurions une
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forme très voisine de celle des Brachiopodes (fig. 225), encore un ordre de l'ancien sous-embranchement des Molluscoïdes qui nous ramène une fois de plus, en partant des Vertébrés, à penser aux Mollusques, après avoir trouvé sur notre chemin les Echînodermes.
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Géphyriens. — Cette rencontre des Echinodermes peut paraître tout à fait imprévue, si l'on s'en tient à cette idée que leur symétrie pentamère toute spéciale en fait un embranchement particulier bien isolé des autres.
Nous avons toutefois donné à entendre, même en Statique, que cette symétrie radiaire n'est pas un caractère aussi fondamental qu'il le semble au premier abord. Le type radiaire en effet, déjà endommagé dans les Oursins irréguliers, peut disparaître tout à fait chez les Holothuries. Certaines d'entre elles prennent l'habitude de se déplacer toujours sur les trois mêmes rangées d'ambulacres, qui leur constituent une face ventrale, ou comme on dit aussi un trisfium^ tandis que le côté dorsal ou bwitim ne contient que deux rangées d'ambulacres qui ne servent jamais il la locomotion (p. 140), et qui, en raison de cela, sont notablement plus petites que les autres et en voie de régression.
Il existe a côté de cela des Holothuries entièrement Apodes c'est-à-dire dépourvues d'ambulacres. Elles ressemblent alors très certainement à des Vers : leur caractère d'Echinoderme ne se décèle
Fig. 225. — Disposition générale des organes dans un Rrachiopode.
ftr, bras enroulés; m, manteau; VV, valve ventrale de la coquille ; VD, valve dorsale de la coquille; p, pédoncule — B, bouche. /, intestin — aby muscles abducteurs des valves do la coquille; ad^ muscles adducteurs.
plus que dans Tanneau aquifëre pérîœsophagien et dans les cinq bouquets de tentacules.
Parmi ces Holothuries apodes, les unes (Molpadidés) conservent les cinq canaux ambulacraires -js ,.,vV
longitudinaux, les autres (Synaptidés) ont à la fois perdu les ambulacres et les canaux longitudinaux.
Il y a peu d'années encore, on considérait les Synaptes comme fort voisins des Siponcles appartenant au groupe des Géphyriens qui doit manifestement prendre place parmi les Vers(fig. 226).
De cet important chapitre, il nous faut retenir les enseignements suivants.
Un certain nombre de ressemblances, parfois nettement illusoires, comme celles qui ont poussé h rattacher les Cirripèdes aux Mollusques, mais la plupart du temps, très certaines, nous obligent à ne plus admettre entre les embranchements des coupures profondes, assurées et réelles. 11 nous faut au contraire de toutes ces ressemblances conclure à une continuité que rien ne fragmente avec autorité.
Assurément tout ce que nous venons de dire ne nous révèle rien de plus que Vexistence de cette continuité.
La loi qui la régit est beaucoup trop compliquée pour être ainsi mise en évidence par un coup d'œil superficiel jeté sur les seules formes adultes. Il faut, pour avoir une idée de cette loi, aborder le problème par bien des moyens, le tourner et le retourner sous toutes les faces, incessamment contrôler une catégorie de données par toutes les autres, et c'est ce que nous essaierons de faire dans les chapitres suivants.
Fig. 226. — I, Holothurie [Ciicumaria planci); II, Synapte {Synapta inhœrens); III, Siponcle {Stephanostoma HanserU).
B, bouche; ^4, anus.