‹ La Forme Hypertrophique de la Cirrhose de LaënnecChapitre 14 sur 16 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La forme kypertrophique | de la cirrhose de Laënnee

Etude clinique et anatomo-pathologique de cette hépatite

Ce qui caractérise cette forme d’hépatite scléreuse alcoolique, c'est de réunir le type de la cirrhose atrophique de Laënnee et de la cirrhose hypertrophique de Hanot et Gilbert au point de vue clinique et anatomo-pathologique.

Au point de vue clinique, le début se manifeste toujours par des troubles digestifs, des signes d'insuffisance hépatique qui dirigent l’attention du côté du foie, surtout si le malade avoue spontanément avoir fait des excès alcooliques.

A lexamen physique du malade il est presque toujours diffi-

‘cile de reconnaître par la percussion le volume réel du foie. Il n’est pas rare en effet que la dilatation des anses intestinales, lé météorisme, empêchent de trouver la matité hépatique accrue, le foie étant refoulé en haut, et pouvant donner l'illusion d’un foie atrophié. |. Le

La palpation, au contraire, par le procédé du pouce ou par le procédé du ballottement, pourra fournir des renseignements plus précis : d’abord sur le volume réel du foie, ensuite sur sa

surface lisse ou irrégulière : la sensation tactile permettra de reconnaître la présence de clous, ainsi que l’atrophie ou au contraire l’hypertrophie du foie.

nage,

Si l’ascite est un peu considérable, par le procédé du glaçon il sera relativement facile de délimiter le bord inférieur du foie, mais la sensation de têtes de clous sera naturellement moins nette. ;

On pourra également profiter d’une ponction évacuatrice : qui rendra l’examen plus facile.

Dans l'observation de M. Debove qui fournit un exemple de cirrhose de Laënnec à type hypertrophique, nous pouvons k remarquer que l’ascite ne se reproduisit pas après une première : ponction. ce qui, d'ordinaire n’est pas le caractère dé la cirrhose de Laënnec.

Dans nos deux observations, au contraire, elle ne fit que s’accentuer en dépit de la paracentèse et de la médication thérapeutique appropriée. $

Un point commun que lon retrouve dans notre première “observation et celle de M. Debove, c’est la tendance aux hémorrhagies diverses : épistaxis révélant une profonde atteinte du parenchyme hépatique insuffisant, hémorrhagie intestinale, etc...;, symptômes que l’on rencontre principalement dans la cirrhose de Laënnec. c |

L'examen histologique du foie, dans l’observation de M. Debove nous montre surtout des lésions de cirrhose, atrophique. Dans les coupes pratiquées dans les foies de nos deux malades, l'examen microscopique révéla non seulement des lésions de cirrhose atrophique, mais aussi de cirrhose hypertrophique, car en certains points la suractivité cellulaire est indiscutable. Le tissu de sclérose n’affecte pas la régularité que l’on observe généralement dans la cirrhose atrophique : il né se présente pas seulement sous la forme d’anneaux; il forme aussi des flots. Par conséquent, il s’agit à la fois d’une cirrhose annulaire et insulaire.

Les lésions d’histologie pathologique, comme nous le VOYONS, ne sont pas tout à fait identiques dans l'observation de M. De-

bove et dans les deux nôtres. Ce qui en diffère surtout vient. je

d'être exposé dans les paragraphes précédents. Quant aux lésions que l’on retrouve dans la cirrhose de Laën-

HARE a eg

nec, il suffira de se reporter à la partie histologique des trois observations pour-en voir les principaux caractères.

Au point de vue pronostic, il est difficile de prévoir quelles seront la marche, la durée et la terminaison de la maladie. Il . faut ättendre de nouvelles observations pour pouvoir étudier

cette forme d’hépatite qui nous a présenté le dénouement fatal

du Eaënnec ; MM. Verger et Laubie, Société Anat. et de Physiol. de Bordeaux, 9 janvier, 1899, ont donc eu raison de dire que toutes les complications signalées dans la cirrhose de Laënnec, notamment les hémorrhagies mortelles, peuvent se présenter dans la cirrhose hypertrophique alcoolique. A plus forte raison dans la forme mixte qui nous occupe.

Il est probable qu'à un moment donné l'hépatite scléreuse évolue plutôt selon le type atrophique ou hypertrophique et que, dans la lutte, le foie impuissant se laisse vaincre: aussi le malade succombe comme dans l’observation de M. Debove . et dans une des nôtres, à la suite d'ictère grave qui est souvent le terme ultime des affections hépatiques.

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