CONCLUSIONS
1° La maladie de Recklinghausen n’est pas seulement une affection cutanée marquée par des taches pigmentaires, dont quelques-unes, par leur volume méritent le nom de tumeurs royales, mais on y rencontre aussi des tumeurs profondes au niveau des divers organes et des diverses cavités de l’organisme.
2° Parmi ces dernières, les tumeurs intra-thoraciques, par leur volume toujours important, les compressions qu’elles exercent au niveau des organes voisins, leur siège et leur aspect bien spécial à la radioscopie-graphie, enfin leur évolution, prolongée, mais
aboutissant de règle à la mort si on n'intervient pas,
méritent d’être mieux connues. Assez fréquentes en effet, pour que nous puissions en rapporter ici quinze cas, dont un personnel, particulièrement net, elles n’ont fait, à notre connaissance, l’objet d’aucun travail d'ensemble tant en France qu’à l’étranger.
3° Histologiquement, on leur reconnaît deux formes distinctes, caractérisées, l’une par ses cellules orientées « en tourbillons » autour d’un point central, et une abondance extrême de noyaux alignés en palis-
Mon
sade: c’est la forme fibrillaire ou type À d’Antoni; l’autre, par des fibres pauvres en noyaux, mais s’entrecroisant en tous sens : c’est la forme réticulaire ou type B d’Antoni. Dans les deux cas, et toujours, elles sont constituées par des éléments nerveux émanés de la fibre nerveuse elle-même, ou de la gaine de Schwann. Leur point de départ sera soit le système nerveux cérébro-spinal, soit le sympathique. Ce sont là d’ailleurs des caractères communs avec toutes les autres manifestations de la maladie de Recklinghausen dont la nature uniquement nerveuse, mêu: pour les taches pigmentaires, semble actuellement s’impo-
ser.
4° Macroscopiquement, ce sont des tumeurs volumineuses, pouvant atteindre la grosseur d’une tête d’enfant. Leur surface extérieure est particulièrement arrondie et lisse. Leur consistance, en général ferme, peut être cependant plus molle, et même gélatineuse. Elles peuvent présenter des hémorragies, et de véritables cavités pseudo-kystiques, par nécrose. Elles siègent presque de règle dans le sinus costo-vertébral, émanant ou du sympathique dorsal, ou des racines rachidiennes, présentant à leur point de départ un véritable pédicule, qui pourra, on le comprend, pénétrer dans le trou de conjugaison ét se développer même dans le canal rachidien, prenant alors l’aspect « en sablier ».
5° Leur évolution est lentement progressive, se faisant par poussée, survenant soit sous l’influence d’un