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Il n'y a pas de signes cavitaires et la toux ne fait percevoir que quelques gros râles sous-crépitants. De plus on trouve à la base du poumon gauche des signes d’un épanchement léger
sur une étendue de 4 à 5 travers de doigt, (matité, abolition
des vibrations, souffle doux). Immédiatement au-dessous de cette zône d’épanchement, l’auscultation fait percevoir quelque, bouffées de râles sous-crépitants fins.
Les bruits du cœur sont bien frappés.
Le pouls est normal, et les artères légèrement scléreuses. Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine. Le facies de la malade est tout particulier : les joues sont pleines et présentent une coloration rose uniforme, s’arrêtant au niveau des sillons naso-labiaux en avant et au niveau des tempes en haut.
La peau du cou et du tronc est pâle. Les jambes offrent un œdème blanc et mou, qui se laisse déprimer en godet. Les deux index dont les ongles sont recourbés ont l'aspect carac-
téristique des doigts hippocratiques.
La malade n'a perdu l'appétit que depuis une dizaine de jours, elle est affaiblie, anémiée, mais nullement amaigrie.
Pas de sueurs nocturnes.
Pas de fièvre. Température 37°2 hier soir, 37° ce matin.
Traitement. — Lait, viande crue, potion de Todd.
23 mai. Température 37°1 hier soir ; 36°8 ce matin.
Les signes restent les mêmes, seule la dyspnée est plus intense.
Le 24, température 37° le matin.
La malade meurt à midi. Elle avait conservé sa connaissance jusqu'à ses derniers moments et causait encore avec une de ses voisines cinq minutes avant sa mort.
Aulopsie faite le 26 mai, 44 heures après la mort. À l’ouverture du thorax, les poumons présentent leurs rapports habituels. |
Le poumon droit est adhérent à son sommet, mais les adhé-
rences se rompent assez facilement sans entraîner le feuillet pariétal de la plèvre. Le feuillet viscéral n’est épaissi qu'au sommet, sans former toutefois de coque résistante. Cette partie du poumon est ratatinée ct rosée, et offre une apparence bien distincte du reste du poumon qui à gardé son développement et sa coloration grise normale.
La région malade n’est pas indurée, elle à une consistance élastique et molle, ne crépite pas et ne crie pas sous le scalpel.
Une section iransversale au niveau du quart supérieur du poumon, montre le tissu creusé d'une mullilude de cavités dont les parois, au lieu de rester rigides, sont affaissées. Eee tissu pulmonaire à ce niveau rappelle l'aspect d'une éponge, et cet aspect n'existe qu'au sommet même du poumon et nulle part ailleurs.
En ouvrant la bronche supérieure du poumon droit et les branches de bifurcation, on voit chacune d'elles venir se terminer par une ampoule à la surface du poumon. Quelques bronches seulement sont dilatées dans presque toute leur étendue, et présentent alors la forme d'un cône à base superficielle.
Ces ampoules, dont le volume varie depuis celui d’une noi. sette à celui d’un noyau de cerise, ne contiennent qu'une quantité minime de muco-pus. Nulle part on ne voit des tubercules.
Poumon gauche. — S'extrait facilement. La plèvre de ce côté contient environ 1 verre de liquide séreux. La base présente tous les caractères de la congestion pulmonaire.
Les ganglions bronchiques sont noirs et volumineux.
Cœur. — Le myocarde est de consistance et de couleur normales. Pas de lésions valvulaires. Pas de plaques d’athérome dans l'aorte.
Reins normaux se décortiquent facilement.
L'examen histologique a porté sur la paroï des cavités bron-
chitiques et sur le tissu pulmonaire.
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1° Coupes pratiquées au niveau de l'équateur de la dilalation.
L'épithélium a presque complètement disparu et présente une forme cubique dans les rares points, où il existe.
Lx membrane basale est des plus nettes ; au-dessous existe une infiltration embryonnaire, constituant avec les capillaires des axes qui font saillie dans Ja cavité bronchique, et plus profondément se voient des faisceaux de fibres conjonctives, dont la direction suit assez régulièrement les contours de la paroi bronchique. On ne voit sur ces coupes ni cartilages, ni glandes, ni fibres musculaires, ni fibres élastiques.
L'abondance des vaisseaux ‘est telle que les cloisons entre deux ampoules ressemblent à un véritable angiome comme dans le cas étudié par MM. Hanot et Gilbert. Ces vaisseaux ont un volume variable : les artérioles dont les trois tuniques sont épaissies existent surtout au centre de la cloison ; les capillaires irrégulièrement dilatées abondent principalement au niveau des bords où ils envahissent les bourgeons faisant saillie dans la lumière de la bronche. Par places, le sang est infiltré dans le tissu embryonnaire et n'est séparé de la cavité de la bronche que par la membrane basale ou par une mince rangée de cellules. Ailleurs il oblitère une artériole sous forme de thrombose.
2° Coupes du tissu pulmonaire environnant. —- Le tissu pulmonaire est formé par un feutrage de grosses et de fines trayées de tissu conjonctif entrecroisées dans tous les sens et interrompues par des alvéoles déformés sans épithélium et par de nombreux capillaires.
En résumé : il s'agit d'une forme sèche hémoptoïque à début apparent tardif.
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Hémoptysies de la Forme sèche de la Bronchectasie
L'étude de nos observations nous révèle l'importance primordiale du symptôme hémoptysie. C'est lui que nous allons maintenant décrire. Dans nos cas de forme sèche hémoptoïque, l'hémoptysie prenait la valeur d'un signe révélateur de l'affection.
C'est grâce à elle, toute tuberculose étant éliminée, que nous avons pensé à employer les méhodes les plus modernes pour l'exploration de l'arbre broncho-pulmonaire. En effet, la radiographie après lipiodol, nous a permis, mème en l’absence de toute expectoration purulente, de rapporter les hémoptysies à leur véritable cause, la dilatation bronchique latente.
Nous limiterons notre étude à ces hémoptysies des formes sèches ; les hémoptysies des formes avec expectoration ayant été signalées et bien décrites par divers auteurs : Laennec (190), Trousseau, Barth, Balzer (18), Katz (181) et Gintrac (147). Des études plus détaillées en ont été faites par Gombault (148 bis), Dallidet (100), Dejean (104), Hanot et Gilbert (156), Houdinet (166). Chez l'enfant, bien que rares, Maingault (216), Mariano Castex, cité par J. Hutinel (135), Dieudonné (110) en ont: rapporté plusieurs cas.
Dans la forme sèche les hémoptysies n'étaient précédées d'aucun prodrome. Elles survenaient brusquement frappant le sujet en pleine santé apparente. Seule une légère gène thoracique, une sensation de chaleur laryn-
Le
gée et une légère anxiété marquent le début du crache-
CR
ment sanglant ; c'est après un effort que l’hémorragie apparaît.
Les cARAGTÈRES du sang expectoré étaient particuliers ; sang rouge vif rutilant, sans spume, comme du sang pur et non mêlé de crachats.
Dans les jours suivants, le sang devenait plus foncé et dans la période de déclin, d'une durée de plus de quinze jours, il était noirâtre par stagnation dans les cavités bronchiques.
La QuanTITÉ de sang était de 100 à 150 grammes par jour.
LA FRÉQUENCE des hémoptysies était assez grande.
Dans l'observation I c’est d'abord tous les six mois au’elle apparaît, puis tous les trois mois pendant la premnière année, enfin toutes les six semaines pendant les
trois ans qui suivirent.
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Dans l'observation IT, la première hémoptysie dure 1? jours, la seconde survenue 3 ans après est d'une durée de un mois, les autres surviennent tous les hivers.
Comme on le voit, l'hémoptysie est rarement unique. Elle se reproduit chaque jour pendant un laps de temps assez long, variant de 15 jours à un mois.
La thérapeutique anti-hémorragique employée habituellement dans nos cas à été totalement inefficace.
LES RÉACTIONS GÉNÉRALES accompagnant ces hémorragies sont minimes, pour la fièvre à peine un petit crochet à 37°8 pendant un jour ou deux.
Nous avons noté l'accélération du pouls (à 100).
Un peu de pâleur de la face et une dyspnée légère.
Bien plus curieuses sont les modifications physiques