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perçues au niveau des lésions pulmonaires. Nous en parlerons dans le paragraphe spécial qui suit, pour en mon-
trer toute l'importance.
La Poussée fluxionnaire transitoire locale contemporaire de l’apparition aes Hémoptysies
Alors que les signes fonctionnels et généraux sont peu modifiés par l'apparition de l'incident hémorragique, localement les signes physiques prennent une importance de tout premier plan sous l'influence des causes qui ont donné naissance à l'hémoptysie.
Avant l'incident hémorragique, l’auscultation montrait des signes de sclérose pleuro-pulmonaire banale.
Avec l'hémoptysie les signes cavitaires se révèlent ; elle permet de poser cliniquement, sans le secours de la radiographie, le diagnostic de caverne.
L'hémoptysie prend donc une double valeur
1° Elle attire l'attention du côté des bronches et du poumon. |
2° Elle permet de poser le diagnostic clinique.
Etudions les faits précis
Dans nos deux observations (1 et Il) en période de repos, l'auscultation nous faisait entendre des signes de sclérose pleuro-pulmonaire, respiration soufflante dans un cas, souffle dans l’autre ; mais il n'existait aucun bruit adventice, aucun râle humide surajouté, ceci se conçoit bien, étant donné l'absence de toute expectora-
tion, donc de toute sécrétion bronchique.
MODS
Au moment de l'hémoptysie, il se produit dans ces tissus profondément modifiés, une véritable poussée fluxionnaire qui conditionne la production de l'hémorragie.
Secondairement la présence d’un liquide (sang en l'espèce) dans les cavités bronchiques préexistantes, fait apparaître un syndrome cavitaire au niveau de la lésion.
L'auscultation décelait alors en cet endroit :
Un souffle cavitaire.
Des râles humides gargouillants.
Le retentissement de la voix et de la toux.
Ce syndrome cavitaire avait pour caractère d’être {ransiloire. Il s'atténuait progressivement avec le déclin de l’hémoptysie et il disparait totalement avec elle, laissant
la place aux signes banaux de la période sèche.
Pronostic
A l'encontre de ce que l’on pourrait croire, le pronostic de ces hémoptysies n'est pas toujours bénin. plusieurs cas mortels ont été signalés.
Rk OSLER (24/4) rapporte le cas d'un homme de 37 ans qui depuis quatre ans avait de la toux et des hémoptysies non bacillaires dont il mourut.
À l’autopsie, on a trouvé des lésions gommeuses ramollies dans les deux poumons avec beaucoup de tissu fibreux et dans la base du poumon droit une cavité bronchique de 5 cm. de diamètre dans la paroi de la-
quelle une branche de l'artère pulmonaire était ulcérée.
BarTu ( ) dans sa thèse, rapporte, sur 43 cas de bronchectasie, Q observations d’hémoptysies ayant entraîné la mort dans 7 cas.
Prcrier (258) rapporte un cas de dilatations bronchiques ampullaires des deux poumons terminé par la mort à la suite d’une grande hémoptysie d'une durée de 2 jours. Ce malade saignait déjà depuis très longtemps.
MitraN (229) cite un cas de sclérose pulmonaire avec dilatation bronchique et hémoptysie foudroyante chez une fenime de 71 ans.
BENSAUDE (loc) rapporte un cas analogue ; nous l’avons reproduit in-extenso dans un précédent chapitre.
Boucuur et Duzor. (57) ont rapporté également un cas d'hémoptysie mortelle due à des dilatations des bronches chez un homme de 60 ans qui avait contracté un chancre 40 ans plus tôt. Une première hémoptysie survenue brusquement dans la rue avait nécessité son entrée à l'hôpital où il ne s'arrêta pas de saigner jusqu à la mort. Il était porteur d’un rupia syphilitique de Ja poitrine et à l’autopsie on a constaté des dilatation bronchiques en nid d'abeilles. ù
MaiNGauLT (216) a publié un cas resté classique d'un enfant de 12 ans qui pendant ro jours eut des hémoptysies dont il mourut.
Devic et BERTHIER (109) à propos d’un cas d'hémoptysie mortelle que nous reproduisons ci-dessous ont étu-
dié les hémoptysies de la bronchectasie.
Homme de 57 ans, tonnelier, sans aucun antécédent ; al-
coolisme.
Depuis 3 ans, expecloration purulente et dyspnée d'effort.’ -
Le 10 janvier 1904, à 9 heures matin, pour la première fois une hémopiysie rouge, sang pur.
Il reprend son travail sans aucun malaise. : 5
Le soir, il crache et vomit (au dire de l’entourage) plus d’un litre de sang.
Le 18, le malade réclame sa sortie.
Le 19, hémoptysie d’un demi-verre de sang rouge et mort.
Autopsie : grosse dilatation bronchique du poumon droit du volume d'une mandarine (remplie de sang), d’autres plus petites, celles-ci non remplies de sang.
Granulations surajoutées sans caverne tuberculeuse.
Rien aux autres organes, si ce n'est de l’aortite (plaque gélatiniforme) ke
Dans l'estomac plus d’un litre de sang dégluti.
LE MÉCANISME DES HÉMOPTYSIES est, comme nous le verrons plus loin, expliqué par la rupture des innombrables capillaires dilatés qui transforment le chorion de la muqueuse en un vériable tissu angiomateux..
Diagnostic des Hémoptysies de la Forme sèche
C’est évidemment avec les hémoptysies de la tuberculose qu'il faut faire la distinction.
Nos deux malades avaient été considérés comme des tuberculeux et l’un d'eux avait séjourné plus de 6 mois dans un sanaorium. Nous-même l'avons « découvert » dans un service de bacillaires.
Tous les autres malades observés par les différents au-
teurs plus haut cités, étaient considérés comme des phti-
RS
siques et ce n'est que sur la table d'autopsie qu'on à pu ramener l'hémoptysie à sa véritable origine,
C'est dire toute la difficulté du diagnostic clinique, surtout avec certaines FORMES HÉMOPTOÏIQUES DE LA TU- BERCULOSE à l'étude desquelles M. Bezançon s’est attaché. et dont il a tracé un tableau clinique des plus nets.
Dans les cas où l'hémoptysie accompagne une poussée évolutive bacillaire, les signes généraux, courbe thermique, pouls, réaction hémoleucocytaire, signes d’imprégnation bacillaire, les caractères de l’expectoration et la constatation du bacille de Koch permettent le diagnostic.
Mais on sait que l'hémoptysie tuberculeuse peut survenir sans poussée évolutive : Bezançon et de Jong (46), M.-P. Weil (320).
On peut même observer une forme très spéciale décrite par M. Bezançon dans la thèse de Billard (51), la tuberculose à forme hémoptoïque à étapes éloignées sans évolution intercurrente appréciable de lésions pulmonaires. « Dans ces cas, il s'agit d'individus qui ont à plusieurs reprises, parfois à plusieurs années de distance, des hémoptysies sans que dans l'intervalle ils aient présenté le moindre signe de tuberculose en évolution. L'hémoptysie survient le plus souvent sans prodrome, sans cause provocatrice, point très important qui la distingue de la forme éréthique: « Elle cause parfois, malgré son abondance, si peu de malaise, que D... monte à cheval une demi-heure après une hémoptysie, d’ailleurs apyrétique, et qui fut suivie d'une autre deux ans plus tard, sans autres signes à ce moment ».
r , Q | € x « En présence des ces hémoptysies on en arrive à se