‹ La forme sèche hémoptoïque de la dilatation bronchiqueChapitre 22 sur 71 · RER QE LT · texte numérisé non relu

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agit en détruisant l'armature bronchique n'a d'histoire clinique que lorsqu'elle est secondaire à une bronchopneumonie trainante, comme chez les enfants.

« D'ordinaire c'est insidieusement que les lésions péribronchiques se constituent, jusqu'au jour où les bronches dilatées et scléreuses se laissent envahir par les infections secondaires. Nous voyons done que si les poussées aiguës sont les plus précoces, au point de vue clinique, anatomiquement les lésions existent à un stade avancé. Ces poussées vont aggraver progressivement la maladie et la transformer en une affection chronique

irrémédiable. »

Ex RÉSUMÉ la pathogénie de la dilatation bronchique peut se ramener à trois théories (les cas de dilatation bronchiques liées aux corps étrangers exceptés).

La théorie pulmonaire (Corrigan) suppose que la bronchectasie est une conséquence de la sclérose pulmonaire rétractile qui par traction centrifuge sur les parois bronchiques arrive à les distendre.

Cette théorie est infirmée par la constatation très fréquente de scléroses pulmonaires étendues qui ne s'accompagnent nullement de bronchectasie. Ellle est d'aulre part contredite par l'observation de nombreuses dilatations parfois assez volumineuses, situées en plein parenchyme normal.

6 Azou,

La théorie pleurale (Barth) veut que ce soit la pleurésie chronique qui entraine les dilatations bronchiques par tractions excentriqués sur les bronches. On peut lui opposer les mêmes objections qu’à la théorie précédente.

La théorie bronchique (altérations des parois) soutenue par Andral et par Stoke, vérifiée anatomiquement par Cornil et Ranvier, Hanot et Gilbert, expérimentalement par Claisse, est très solide. C'est elle qui est la plus vraisemblable. :

Il reste à en déterminer l'origine.

On à fait jouer aux bronchites à répétitions, aux broncho-pneumonies de la rougeole, de la coqueluche et de la grippe, aux infections descendantes, un rôle très CXAQIÉTÉ. \

L'Ecole moderne, à la suite des travaux d'Hutinel, Thiroloix et Debré (304), Bezançon et de Jong, de Jong et J. Hutinel (loc), nous à appris à mieux connaître la maladie dilatation des bronches, maladie à poussées successive, et à étiologie imprécise.

L'apparition de la méthode lipiodolée de MM. Sicard et Forestier nous a permis de montrer l'existence de volumineuses dilatations bronchiques anévrysmatiquee chez des malades qui n'avaient aucun passé pulmonaire ni bronchique et qui en particulier n'avaient jamais pré-

senté aucune expectoration,

Nous en concluons done qu'en dehors des cas de dilatations bronchiques cylindriques secondaires qui peuvent pour une part relever de l'étiologie classique, ül existe Une MALADIE DILATATION DES BRONCHES, Caractérisée anatomiquement par des cavités bronchiques volumineuses, ampullaires ou sacciformes qui peuvent rester longtemps sans aucun signe clinique; c’est à. cette affection qu'on doit réserver le nom de bronchectasie.

C'est une maladie primitive qui s’est installée progressivement, insidieusement, sans que l’on puisse en fixer le début réel.

Elle peut être congénitale comme le prouve les indiscutables constatations de Grawitz (152), de Hiller (163), de Balzer et Grandhomme (17), de Couvelaire (98), de Bar et Kervily (5), de Lelièvre et Morisson Lacombe (198). Elle peut être acquise et remonter à l'enfance ou bien être acquise plus tardivement.

Cette affection est complètement indépendante au point de vue pathogénique et étiologique des bronchites à répétition, des broncho-pneumonies ou des pleurésies.

Elle peut exister, sans qu'aucune expectoration ne la trahisse, à l’état de forme sèche ou de forme sèche hémoptoïque si des hémoptysies, sans expectoration purulente, viennent la révéler.

Ces dilatations bronchiques sont complètement latentes jusqu'au jour où une infection pulmonaire ou générale les réveille.

Elles favorisent SECONDAIREMENT L'APPARITION DES BRON-

CHITES A RÉPÉTITION, des broncho-pneumonies graves et

traînantes par le fait même de la préexistance de nombreuses cavités dans lesquelles les agents pathogènes aérobies ou anaérobies vont trouver. d'excellentes conditions de prolifération et de culture.

La bronchectasie est la première en date ; l'expectoration classique, les bronchites, les broncho-pneumonies sont secondaires, ce sont en réalité des COMPLICATIONS.

La préexistence mêmes des bronchectasies donne à ces complications le caractère brutal d'apparition, véritable explosion de signes variés et pourtant bien particuliers. Elles expliquent la rapidité et l'intensité avec laquelle s'installe en quelques heures un grand syndrome cavitaire avec expectoration très abondante (200 à 300 gr.).

Elles rendent compte de la longueur et de la gravité des affections pulmonaires .secondairement greffées.

Les signes physiques et l'expectoration dépendant de la présence de ces cavités, font croire habituellement à tort à l'existence d'une fonte purulente tuberculeuse rapide du parenchyme ou encore à un pyo-pneumothorax.

À la fin de la maladie dont la durée très prolongée a étonné, on est également « choqué » de constater la disparition rapide de tous les signes et de cette expectoration.

En présence de ces faits, les classiques parlaient de guérison de la maladie, de formes aiguës de la dilatation des bronches, de phases de début, de formes chroniques. Chaque fois, c'est l'effet qui est pris pour la cause. PER

Notre conception de la forme sèche, du début réel an-

cien et du début apparent lié à l'infection secondaire, ex-

ES Ne

plique la pathogénie de cette affection et en résoud bien des points obscurs.

[l:nous reste maintenant à en étudier l’éfiologie ; auparavant, nous dirons quelques mots du mécanisme du

réveil ou de l'explosion des signes classiques.

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