‹ La formule cytologique des pleurésies tuberculeusesChapitre 51 sur 59 · QE · texte numérisé non relu

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Le premier tableau nous montre que, dans un cas, le troisième jour 1l n'y avait que 1 pour 100 de polynucléaires, tandis que dans un autre cas, le dixième Jour, il y en avait encore 20 pour 100 el, dans un (roisième cas 10 pour 100 au trentième jour.

Remarquons aussi les deux cas XVII et XXX. tous les deux au troisième jour et donnant, l'un 1 pour ro0et l'autre 68 pour 100 de polynucléaires.

Cette diversité de la formule s'explique facilement, si l’on se rappelle que, dans chaque cas particulier, la maladie a une évolution qui lui est propre, que les réactions sont différentes suivant l'individu et aussi suivant l'intensité du processus pathologique. Plus la réaction sera vive, plus les phagocytes seront nombreux ; plus elle sera torpide, au contraire, moins on en trouvera. C'est bien plus à leur présence qu'à leur nombre qu'il faut attacher de l'importance dans la formule qui nous occupe.

Cette idée est du reste corroborée par les recherches de Julliard qui a montré que dans les hydrocèles à évolution lorpide, on trouve très peu de polynucléaires. Mais, si on injecte un liquide irritant dans la vaginale, la formule change immédiatement et une énorme polynucléose apparaît. Le même phénomène se produit dans les articulations. |

Enfin, un lroisième point intéressant à signaler, c'est que dans certains ças où la formule lymphocylaire est nettement établie, tout à coup apparaissent de nouveau quelques polynucléaires qui viennent modilier l'allure générale de celle-ei. Cette poussée polynucléaire cor-

respond du reste presque loujours à une exacerbation

CARTES de la fièvre et à une légère aggravation des symplômes généraux. Il est ralionnel d'admettre dans ces cas. qu'une nouvelle poussée aiguë s'est produile au cours de la maladie, ayant pour conséquence nalurelle la réapparition des phagocytes.

Un dernier point reste à élucider. Par quel procédé les polynucléaires du début disparaissent-ils du liquide pleural ? MM. Barjon et Cade croient que cette destruclion se fait par cylolyse. Ils sont détruits dans le liquide dans lequelils baignent, el ne sont pas remplacés. Cette disparition est rapide, puisque au bout de quinze jours on trouve des polynucléaires en voie de désintégration. Ils sont caractérisés disent ces auteurs, par des vacuoles dans le protoplasma, un contour irrégulier. une coloralion moins franche, puis plus lard par une fragmentation du noyau avec disparition du protoplasma.

Pour résumer les idées de notre maître sur le polynucléaire qu'on trouve dans le liquide pleural, d'origine tuberculeuse primitive, on peut donc dire :

1° Qu'il existe au début de toute pleurésie tuberculeuse:

2° Qu'il peut apparaitre toutes les fois qu'une poussée inflammatoire nouvelle se produit;

3° Que sa plus ou moins grande abondance traduit l'élat plus où moins aigu de l'affection;

4° Qu'il disparaît d’une façon quasi absolue quand la réaction inflammatoire à cessé de se produire;

5° Que sa disparition se fait par cytolyse.

B. CELLULES ENDOTHÉLIALES

Que penser maintenant de la présence des cellules endothéliales ?

Un fait qui attire tout d’abord l'attention est la difficulté quelquefois très grande de les distinguer des grands monucléaires. Nous croyons que souvent M. Ravaut a pris pour des éléments mononucléés de ces cellules détachées de l’endothélium. Il a en effet un peu abusé des grands éléments mononucléés qui existent bien réellement, mais dont la fréquence n’est pas très grande.

Les principaux caractères distinctifs sur lesquels s'appuient MM. Barjon et Cade pour les différencier sont les suivants :

«Les cellules endothéliales,disent-ils,sont très altérables et cela de plusieurs façons. Tantôt elles se gonflent démesurément, deviennent pâles, avec un contour très arrêté, un noyau diffus, tantôt elles se vacuolisent, prennent un contour irrégulier, le noyau se désagrège peu à peu, tout l'élément se colore mal. Enfin, parfois, ces cellules se déchiquettent par leurs bords, elles perdent peu à peu leur protoplasma qui ne se colore plus ou très mal, et restent composées d’un noyau large présentant une coloration diffuse, entouré d’une très mince bande de protoplasma à peu près incolore. Cette dernière forme ressemble tout à fait à un grand mononucléaire. Toutes ces formes de passage que nous avons soigneusement étudiées nous permettent de croire que d'autres ont pu comme nous se tromper. » |

Quoi qu’il en soit,dans nos observations,on retrouve

#9 l'élément endothélial 12 fois et le grand mononuculéaire 10 fois.

Souvent les deux éléments se trouvent associés : Dans l’observation XXX VIT, on trouve :

Grands mononucléaires . . 3 0/0 Cellules endothéliales. , , 2

Dans l'observation XLIIT, on trouve :

Grands mononucléaires. . 14 0/0 Cellules endothéliales , , 14

Dans d’autres cas, la distinction n’a pu être faite (obs. VIIT et XIII). Enfin on a vu dans un cas (obs. XVIT) de grands mononucléaires transitoires.

Un fait important qui frappe au premier abord est que,saufquelques rares exceptions (obs.VIT),les cellules endothéliales accompagnent toujours les polynucléaires. Elles sont donc, comme ces derniers, le témoin de la réaction du début et disparaissent complètement dans la suite.

Dans certains cas, elles sont en proportion tellement considérable qu’au premier abord on est loin de penser à une pleurésie tuberculeuse.

Aussi, dans l'observation IX, on trouve cinq jours après le début :

Polynucléaires . . . . 23 o/0 Endothéliales . . . . . 60,9 Mononucléaires . . . . 4,6 Lymphocytes . . . . 11,2

Cette formule ressemble, à s'y méprendre, à celle des pleurésies cardiaques. Cependant, l’inoculation au cobaye a montré sa nature tuberculeuse.

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