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CHAPITRE V

ESSAI D'EXPLICATION DE LA PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE DE LA LEUCOCYTOSE PLEURALE AU COURS DE LA PLEURÉSIE TUBERCULEUSE

Comment expliquer la présence constante de la formule lymphocytaire dans la tuberculose ? Il est incontestable que les lymphocytes se rencontrent avec une telle fréquence, non seulement dans les épanchements pleuraux, mais encore dans tous les liquides pathologiques d’un organisme tuberculeux qu'il y a une relation étroite entre leur présence el le processus tuberculeux.

Lymphocytose et tuberculose deviennent deux termes qu'il faut associer presque constamment. Doit-on en conclure que le lymphocyte est spécifique de la tuberculose ? Les avis sont partagés,

Tout d’abord, il a été retrouvé dans de nombreuses affections non tuberculeuses ; presque toutes les lésions syphilitiques, les lésions du système nerveux, de nombreuses lésions expérimentales, produisent une lymphocytose très nette. D'autre part, beaucoup d'auteurs, et en particulier Julliard, pensent que la formule leucocytaire est indépendante de la nature du processus qui l'a produite. Elle dépendrait, au contraire, de la façon

EEE ve dont s'accomplissent les réactions de l'organisme à l'infection.

Lerredde et Lœper ont montré que les lymphocytes n'avaient aucune propriélé phagocylaire, el que celle des mononucléaires et des éosinophiles se manifestait dans des conditions absolument différentes de celles où apparaissent les propriétés phagocytaires des polynucléaires. Cette propriété phagocytare des lymphocyles, niée par Lerredde, est cependant admise par Jolly.

Borrel a établi que les bacilles de Koch étaient absorbés d’abord par les polynucléaires et, plus tard seulement par les mononucléaires. Ses expériences seraient donc bien d'accord avec les résultats obtenus cliniquement par MM. Barjon et Cade, montrant la lymphocytose toujours précédée d'une polynucléose de quelques jours. D'autre part, Besredka a constaté que les causes qui augmentent la mononucléose augmentent la résistance à l’intoxication. Aussi, dit-il, « le jour où nous aurons déterminé d’une manière précise quelles sont les formules leucocytaires, qui assurent dans un cas donné la défense de l'organisme et le jour où nous connaitrons l'action des agents médicamenteux provoquant sans léser l'organisme, le passage dans la circulation de formes leucocytaires utiles, on pourra en tirer des applications pratiques ».

Enfin, des expériences de toutes sortes, des examens cylologiques nombreux ont loujours montré que la polynueléose correspond à un état infectieux aigu avec réaction locale ou générale vive et que, au contraire, lymphocytose était synonyme de réaction lorpide et

2 a — lente. De plus, quelques expériences de Besredka.. tendent à montrer que les lymphocytes ou les mononucléaires en général sont plus aptes à détruire les toxines que les polynucléaires dont le rôle serait exelusivement phagocyte. Les premiers s'atlaquent au poison, les seconds au microbe, Cetle idée ne manque pas d’aturer l'attention sur ce fait que justement, dans les infections à allure franchement aiguë, si les toxines sécrétées par le bacille jouent un grand rôle dans l'organisme, ce sont en difimitive les bactéries très virulentes qui les sécrètent qui doivent être le plus vivement possible éliminées car, en détruisant la cause, on arrêle l'effet. Metchnikoff a suffisamment montré comment les phagocytes se chargeaient de lutter contre ces hôtes étrangers à l'organisme. Au contraire, dans les infections chroniques, à marche lente, le rôle du microbe est presque effacé. Celui-ci, profondément logé dans les tissus, produit le minimum de réaction locale et aussi le minimum de réaction phagocytaire. Mais si sa présence en tant que corps étranger n'est que relativement dangereuse, ce qui lui rend toute son importance, ce sont les toxines qu'il sécrète et qu'il verse d'une façon constante dans les milieux organiques. Il paraît donc tout naturel qu'à ce moment un agent spécial, qui serait justement le mononucléaire ou le lymphocyte, apparaisse dans la circulation comme le témoin de la réaction de l'organisme contre l'agent infectieux. Cette manière de voir n'est du reste pas simplement une hypothèse, car des expériences faites par de nombreux expérimentateurs ont montré que, dans la tuberculose même latente, l'examen du sang,

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