‹ La formule cytologique des pleurésies tuberculeusesChapitre 56 sur 59 · EE · texte numérisé non relu

EE

du liquide des vésicatoires, des sérosités physiologiques, montrait d’une façon évidente l'augmentation des éléments mononucléaires aux dépens des polynucléaires.

Nous-même avons constaté, dansun cas de pleurésie tuberculeuse, la présence d’une quantité anormale de lymphocytes dans le sang et le liquide d’un vésicatoire, ainsi qu'un grand nombre d’éosinophiles.

Le lymphocyte serait donc l'agent spécifique des infections lentes, par opposition au polynucléaire phagocyte, élément spécial à l'inflammation aiguë et rapide. Par conséquent, si le Iymphocyte n’est pas à proprement parler spécifique de la tuberculose, pas plus que la cellule géante, comme on l'avait longtemps soutenu, il n’en est pas moins vrai que sa présence constante dans cette affection permet d’en faire un indice de certitude dans les cas où la tuberculose est suspectée au point de vue clinique.

Besredka a montré que la mononucléose correspondait à une diminution générale du nombre des globules blancs, et qu’au contraire les polynucléaires dominent quand le nombre des globules augmente. Or, Jacob a montré que si on injectait du bacille de Koch à un animal, il se produisait une hyperleucocytose au début, suivie bientôt d’une diminution dans le nombre total des globules ; ce qui expliquerait d’une façon suffisante la présence des lymphocytes dans la tuberculose.

Si donc, on admet que la formule lymphocytaire typique est suffisante à elle seule pour dépister le bacille de Koch, une autre question se pose : Puisque, comme nous l'avons montré plus haut, le lymphocyte

2 te est l'élément réactionnel nécessaire contre le virus tuberculeux, d’où vient cet élément, et par quelles transformations passent les globules blancs ou les organes lymphoïdes pour produire cette surabondance de mononucléaires? Plusieurs auteurs ont fait des recherches dans ce sens, mais en réalité aucune preuve expérimentale n’est venue confirmer leurs hypothèses, Et d’abord, les lymphocytes sont-ils nés sur place, ou bien viennent-ils de la circulation générale ? Les deux théories ont des partisans."Ce qui est certain, c'est que chez les tuberculeux avérés, la formule leucocytaire du sang subit des modifications quelquefois légères, mais cependant faciles à constater, et que les mononucléaires augmentent en proportion variable.

Certains auteurs, et en particulier Widal et Ravaut, tendent à admettre que la présence d’un nombre aussi considérable de mononucléaires dans les séreuses tuberculeuses, ne serait qu’une exagération d’un état physiologique normal pour un liquide ayant tous les caractères de la lymphe. Or, les leucocytes mononucléés sontles éléments propres au liquide lymphatique. Dans les pleurésies qui, en raison de leur nature, surviennent sans provoquer de réaction vive et sans nécessiter la présence d'éléments actifs comme les polynucléaires, on peut donc se demander si l'épanchement ne représente pas simplement, dans certaines circonstances particulières, l'exagération de la sécrétion normale de la séreuse.

Quelques expérimentateurs, comme Hartman et Ourskoff, croiraient plutôtque les lymphocytes seraient versés en abondance dans la circulation par la rate et

Page 1