‹ La formule cytologique des pleurésies tuberculeusesChapitre 57 sur 59 · RP · texte numérisé non relu

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Re les organes ganglionnaires. Il est très possible, en effet, qu'à l’état pathologique, les organes leucocytaires plus ou moins troublés dans leurs fonctions, entrent en réaction d’une façon différente, et envoient dans l'organisme des formes leucocytaires à l'exclusion des autres.

Plusieurs auteurs seraient tentés de croire que les lymphocytes seraient produits par des transformations successives des globules blanc du sang ou des cellules endothéliales.

Ces transformations donnent naissance à des pseudolymphocytes qui ont été étudiés par Patella et Wolff.

Patella a même nié d’une façon absolue l’existence des vrais lymphocytes.

Après avoir élabh que les lymphocytes ne sauraient provenir de la désintégration des granulations tuberculeuses voisines, il leur refuse toute assimilation aux [lymphocytes qu'on retrouve dans le sang ou la lymphe, et.s’efforce de montrer que ces pseudo-lymphocyles ne sont autres que des cellules endothéhales,dont le protoplasma est altéré. Il s'appuie pour sa démonstration surla grande variabilité dans les dimensions de ces éléments (4 à 9u), variations qu'il explique par la fragmentation des noyaux des cellules endothéliales, el sur l’affinité par les matières colorantes en raison inverse de leurs dimensions.

I] serait facile de réfuter cette théorie en montrant que dans les pleurésies cardiaques par exemple, où les cellules endothéliales abondent, on ne retrouve habituellement que de rares lymphocytes, sauf dans leur période du début et que, d’autre part, il arrive que

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presque toujours au début dela pleurésie tuberculeuse, ces placards endothéliaux existent normalement etnon déformés. Il n’y a donc pas de raison pour que dans la suite ils prennent des formes différentes. Enfin, la meilleure raison qu’on puisse opposer, c’est l'impossibilité matérielle qu'ont les cellules épithéliales de la plèvre de desquamer, puisque la séreuse est rapidement recouverte de fausses membranes. Patella a sûrement fait une erreur d'interprétation, en ce qui concerne du moins la pleurésie tuberculeuse. Cette erreur d'interprétation est du reste facile à commettre dans ce cas, à cause de la difficulté réelle qui existe quelquefois à différencier les divers éléments qu'on aperçoit dans le champ du microscope.

Wolff fait provenir les pseudo-lymphocytes des polynucléaires et cela de deux façons. Ou bien par fragmentation des noyaux mulülobés, ou bien par pelotonnement et ratatinement de ces mêmes noyaux. Ces pseudo-lymphocytes se différencient des vrais par un protoplasma plus abondant, irrégulier, se colorant mieux et par la présence de granulations neutrophiles mises en évidence par le triacide. Moins intransigeant que Patella, il admet une lymphocytose vraie.

Enfin, une dernière hypothèse très séduisante a été émise par M. Barjon. Pour lui, la présencedes lymphocytes aurait pour cause l'édification de la fausse membrane qui tapisse la plèvre. Celle-ci contient en effet un nombre considérable d'éléments embryonnaires composés d’un gros noyau entouré d'une légère bande de protoplasma. Les lymphocytes qu'on rencontre dans le liquide pourraient donc bien provenir de ces

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éléments. Il s'appuie sur ce fait que les lymphocytes n'apparaissent jamais les premiers jours, c'est-à-dire quand la plèvre n'est pas encore recouverte de fausses membranes, et que, au contraire, ils augmentent de nombre à mesure que l’organisation des fausses membranes se fait.

On voit,par tout ce qui précède,qu'on n'a en somme aucune opinion définitive sur la provenance des lymphocytes contenus dans le liquide pleural d’origine tuberculeuse. Mais ce qui est sûr, quoi qu’en dise Patella, c’est que ces éléments ont bien une individualité propre, et qu'ils ne peuvent être confondus avec aucun autre élément. Et c’est bien plutôt sur leur origine que sur leur présence qu'il faut discuter.

La pseudo-lymphocytose n’est donc qu'une cause d'erreur à l'abri de laquelle 1l faut se mettre dans l’interprétation ; mais il existe vraiment une véritable lymphocytose sans qu'on puisse dire exactement d'où proviennent ces éléments.

Nous avons suffisamment insisté sur l'interprétation de la cellule endothéliale au chapitre précédent pour que nous n’y revenions pas ICI. (

Du reste, personne n'a jamais contesté leur origine,

ettous les auteurs admettent qu'elles sont le résultat de la desquamation de l’endothélium pleural.

. Quant à l’origine des polynucléaires, MM. Widal et Ravaut, dans leurs premières communications de juin 1900, en avaient donné une explication qu'ils ont dû reconnaître fausse.

Ils avaient cru à l’infection du liquide par le streplocoque. Nous croyons avec M. Barjon qu'ils exis-

RAD tent toujours dans les pleurésies primitives, mais seulement à une certaine période de leur évolution, au début ; de sorte qu'ils ont pu passer inaperçus dans les examens faits à une date plus ancienne de la maladie. Is sont, comme nous le disions plus haut, le témoin d’une réaction locale vive du début de l'affection, réaction qui fait bientôt place à un état plus torpide se manifestant immédiatement par une nouvelle formule de réaction moins vive, c'est-à-dire une lymphocytose

presque absolue.

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