‹ La fortification du champ de batailleChapitre 11 sur 40 · ABRIS POUR L ARTILLERIE · texte numérisé non relu

ABRIS POUR L ARTILLERIE

tillerie à rextrémîté d'un village ou d'un groupe de maisons servant de poste avancé à une ligne de bataille. On est alors obligé de séparer les pièces par des traverses, comme l'indique la fig. 17, que le capitaine von Brunner dolàne comme type normal de la batterie traversée autrichienne.

On remarquera sans doute que les artilleurs autrichiens ont renoncé, pour les batteries non traversées dij champ de bataille, aux merlons dont ils avaient fait usage à Sadowa (fig. 8, pi. I). En donnant la préférence aux bonnettes, ils ont probablement tenu compte de ce fait que tout projectile qui atteint les merlons y fait explosion et produit des éclats diEuigereux, tandis que tout projectile qui atteint une bonnette passe à travers et n'éclate qu'à 3™00 environ du point touché.

Les Allemands n'emploient ni bonnettes ni merlons, mais ils creusent davantage les rigoles à côté des pièces. Les servants sont donc moins bien couverts dans leurs batteries que dans les batteries autrichiennes, lorsqu'ils se trouvent près des bouches à feu; or, dans un tir soutenu, c'est là qu'ils se tiennent presqAe constamment^

Les batteries devant encore plus que les tranchées être soustraites aux vues de l'ennemi, on les recouvre de terre végétale, lorsqu'on ne peut

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pas les masquer au moyen de branches d'arbres plantées sur la plongée.

Si le sol est mou, ou si les pièces doivent tirer longtemps, on met des planches sous les roues et sous les crosses des affûts.

Généralement Ton n'aura pas le temps ni les matériaux nécessaires pour construire des platesformes provisoires (fig. S4, pi. Y) analogues à celles qui sont employées dans la fortification passagère.

Une pièce de campagne exige un espace de 4°^00 à 8°^00 de largeur, suivant Fétendue du champ de tir, et de 5°^00 de profondeur (quand le recul est limité par des sabotai ou autrement).

Abris pùur la cavalerie et les avant-trains.

Il y a peu de circonstances à la guerre où il soit utile de construire des abris pour la cavalerie. On ne les emploie que pour les détachements de cette arme qu'il est parfois nécessaire d'établir au delà de la ligne des avant-postes, et pour les soutiens des batteries, quand le terrain en arrière et sur les côtés ne présente aucun couvert. Une application en a été faite par les Allemands, en 1870, devant Metz.

ABfUS POUR LA CAVALERIE 115

Pour abriter un rang de cavaliers, la masse cou* vrante doit avmr S^OO de hauteur minimum, quand les bommes mettent pied à terre, et SI'^SIS quand ils restent en seUe. Les dimensions de la tranchée sont réglées d'après la nature du terrain et la place qu'occupe un dieval (1^00 en largeur et !^S0 en profondeur).

GénéralemcDi, on donnera à la fotaille 0"90 de profondeur et 2^S0 de lai^ur au fond, et à la masse couvrante 1°^45 de hauteur et 0°4fr d'épaisseur en crête ; aux extrémités de la tranchée se trouveront des rampes inclinées au quart ; le revers sera taillé en gradins ou disposé en talus de 1 sur ^.

Dans une tranchée de cette dimension, on peut abriter à volonté un rang de cavaliers faisant front, deux rangs de cavaliers présentant le flanc à la masse couvrante, ou une file, d'avant-trains.

Les avant-trains ne doivent être protégés par une masse couvrante que lorsqu'il n'y a pas, à proximité des batteries, en arrière ^ sur le côté et en dehors de la direction des feux ennemis, des couverts ou des plis de terrain où l'on puisse les établir.

La fig. 20, pi. m, représente le profil d'un abri pour avant-trains, extrait du manuel du pionnier

1 A 50 ou iOO"00 de la batterie.

allemand; on ne pourra guère l'employer que devant une place investie ou bloquée, à cause du grand travail qu'il exige. Pour une batterie de 6 pièces, en effet, il faut que l'abri ait TS'^OO de longueur; il faut, de plus, qu'une commimication couverte le relie à la batterie, laquelle se trouve à 80°^00 ou 100°^00 en avant. Le talus du revers est incliné à 1 sur 2, pour qu'au besoin tous les avant-trains puissent sortir en même temps de la tranchée.

Sur le champ de bataille on devra généralement se borner à placer les avant-trains (sans attelages) perpendiculairement à la masse couvrante. La tranchée, dans ce cas, n'aura qu'un mètre de largeur au fond, et on y pratiquera autant de rampes qu'il y aura de voitures à couvrir.

Cette disposition, toutefois, ne serait pas admissible si les avant-trains devaient être établis en arrière de la batterie. Dans ce cas^ ils auraient trop de chemin à parcourir pour arriver aux pièces, et la masse couvrante pourrait faire obstacle à une prompte retraite. On évitera cet inconvénient en construisant pour chaque avanttrain un abri séparé. (Fig. 19, pi. IIL)

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