‹ La fortification du champ de batailleChapitre 37 sur 40 · DESCRIPTION D'UNE REDOUTE DE PLEVNA · texte numérisé non relu

DESCRIPTION D'UNE REDOUTE DE PLEVNA

La fîg. 1, pi. XVI, fait connaître le tracé, le profil et le détail intérieur de la redoute n"* 1 de Plevna. Les autres redoutes se rapprochent plus ou moins de ce type*

Le tracé n'offre rien de remarquable; il a tous les inconvénients de la forme carrée qu'on donnait autrefois aux ouvrages fermés du champ de bataille.

Quant au profil, il a pour caractère distinctif de rendre possible l'emploi simultané de plusieurs lignes de tireurs.

Certaines redoutes ont le profil que représente la fig. 2, de la pi. XVL Ce profil permet à un rang de tireurs placés sur la banquette, et à un rang de tireurs occupant le chemin couvert, de faire feu en même temps.

Dans les tirs aux grandes distances intervient un 3^ rang, placé en a, et qui, pour faire feu, monte en bj sur une banquette située au-dessous du niveau de la berme.

« Le feu de Tinfanterie turque, dit le général de « Todleben, produit ainsi l'effet d'une machine rou-

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a laute qui lance incessamment des masses de plomb « à de grandes distances ^ • »

Le profil n^ 1 de la planche XVI (abstraction faite de la tranchée en avant du chemin couvert de la face droite) n'est disposé que pour deux lignes de tireurs, mais il est supérieur à l'autre en ce qu'il oppose plus de difficultés à l'attaque de vive force, l'escarpe et la contrescarpe étant plus hautes et plus raides. Ce dernier avantage a été obtenu facilement, parce que le terrain de Plevna est si compacte qu'on peut le tailler presque à pic.

Sous le rapport de roi^;anisation intérieure, la redoute fig. 1, pi. XVI, est remarquable seulement par le développement des abris et la disposition des traverses. Ces dernières, s'élevant à 0™90 au-dessus de la ligne de feu et à 3°*30 au-dessus du terre-plein intérieur, procurent à la garnison de grands espaces couverts, de quelque côté que vienne le feu. Pour trouver la terre nécessaire à ces traverses, on a descendu le terre-plein intérieur à 0™60 sous le niveau du sol.

Aux saillants disposés pour rartillerie, le parapet est exhaussé, afin de mieux couvrir les servants.

Près de l'un de ces saillants se trouve une excavation {voir profil n*^ 3) dont le but nous est inconnu

' Lettre datée de Brestova, 30 janvier 4878.

et dans laquelle on descendait peut-être, à certains moments, les pièces, pour les soustraire aux vues de lennemi.

Le chemin couvert de la redoute communique à droite et à gauche avec des tranchées profondes, pourvues d'abris, dont les profils n^ 5 et 6 font connaître les détails.

Les défenseurs de ce dehors se tenaient dans des abris inclinés, appuyés à la contrescarpe du fossé, {voir les traits pointillés du profil n® 1).

Souvent le chemin couvert était précédé d'un logement pour tirailleurs, analogue à celui qui, sur la fig. 1, se trouve en avant de la face droite de la redoute.

Alors on pouvcdt, aux grandes distances, diriger contre les assaillants le feu de trois lignes de tireurs.

Une communication couverte x (voir le plan et le profil n*> 4) permet d'arriver sans danger à la gorge de la redoute.

A 200 mètres environ de cette gorge se trouvent des abris pour la réserve, profilés comme l'indique la fig. 3, pi. XVL

Il est à remarquer que les tranchées des Turcs, à cause de leur profondeur et de la raideur de leurs talus, opposent un obstacle sérieux à l'attaque de vive force, mais rendent d'un autre côté très-dilfi*

ciles les contre-attaques et la retraite des défenseurs ^

Elles offrent aussi à l'assaillant, lorsqu'il s'en est emparé, un couvert d'où il peut diriger des feux ajustés contre les défenseurs de la redoute ou du retranchement qu elles renforcent.

Sous ce rapport, les tranchées russes (fîg. 5, pi. XVITl) sont préférables.

Aucune précaution n'avait été prise pour empêcher l'ennemi de pénétrer dans la redoute par l'ouverture de la goi^; mais cela tenait sans doute à ce que les ouvrages fermés de Plevna étaient, en général, assez bien protégés latéralement pour qu'on n'eût pas à se préoccuper d'une attaque à revers.

11 est digne de remarque aussi que les Turcs n'ont guère fait usage d'abatis, bien qu'il y eût des terrains boisés dans leur camp retranché et à proximité. Il ne semble pas non plus qu'ils aient employé d'autres défenses accessoires, notamment les réseaux de fils de fer, qui ont rendu de si grands services aux troupes américaines dans la guerre de la sécession.

1 C*e8t ce que prouve notamment le rapport du général Skobelew sur Tattaque qu*il dirigea» les ii et iî septembre, contre les ouvrages des « montagnes vertes » de Plevna.

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