L.-II.-J. de Bourbon-Condé
P. S. — Je vous écris, Monsieur, comme au lieutenant général du royaume. Drmnin, je serai de cœur avec vous cl
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VOUS trouverez toujours en moi un sujet aussi fidèle que dévoué.
Cette réponse avait été concertée entre le prince, M. de la Ville-Gonthier et Mme de Feuchères. Il n'est pas besoin d'effort pour reconnaître la part de chacun dans cette collaboration. C'est certainement la précieuse baronne — dont le génie excellait dans l'art du post-scriptum — qui a pu imposer celui-ci pour corriger le laconisme un peu sec de la lettre.
Au Palais-Royal, on jugea à propos de se tenir pour satisfait et même pour reconnaissant de ce billet. Le nouveau roi en accusa réception en ces termes :
Nous vous remercions. Monsieur, ma {amille et moi, de la réponse que vous m'avez faite et des autres témoignages d'amitié que mon fidèle messager nous a rapportés hier au soir de votre part. Soyez bien tranquille à Saint-Leu ; soignez-y ce qui nous est si précieux, le raffermissement de votre santé, et recevez l'expression de ma bien vive et bien tendre amitié pour vous.
L'intensité de ses préoccupations de légataire faisait vraiment perdre au roi des Français le sentiment des situations. Quels remerciements avait-il à adresser pour un refus à son invitation ? Et quelle part sa famille avait-elle à y prendre ? Mais il fallait bien associer la famille au conseil de resler bien tranquille à Saint-Leu.
Pauvre duc ! il ne prévoyait pas quelle terrible sanction devait avoir cet amical conseil de rester à Saint-Leu ; mais il savait bien qu'il n'y pouvait rester tranquille. Son intérieur était devenu un enfer.
Le 11 août, un de ses familiers, qui a^ait libre accès auprès de lui, son filleul Obry, l'avait trouvé tout ému, l'œil gauche ensanglanté et le visage marbré de déchirures. Le duc lui avait confié que c'était l'effet de coups que lui avait portés madame de Feu-
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chères. « C'est une méchante femme, — lui avait-il dit, — voyez dans quel état elle m'a mis. » Mais aussitôt, honteux, sans doute, à la pensée que la révé- /ktion de ce l'ait fît connaître à quel degré de sujétion il était tombé, il avait exigé d'Obry la promesse du silence. A Alanoury, son valet de chambre de confiance, il avait d'abord essayé d'expliquer, qu'étant dans son lit, il s'était heurté à sa table de nuit. Manoury avait assez librement fait remarquer que la table de nuit était trop basse pour que cela fût possible. Le duc, alors, avait gardé un silence embarrassé. Un peu plus tard, Manoury avait trouvé sous la porte de l'escalier dérobé (qui communiquait avec l'appartement de la baronne) une lettre qu'il avait apportée au prince. Celui-ci, manifestant un très grand trouble et aussi l'inquiétude que son valet eût pu voir le contenu de la lettre, lui avait dit alors : « Je ne suis pas bon menteur », et lui avait donné de l'accident cette autre version qu'en reconduisant madame de Feuchères, son pied avait glissé et qu'il s'était blessé en tombant.
La scène avait eu certainement une gravité réelle, car le duc en avait gardé une impression de crainte et un pressentiment funeste. L'inquiétude lui était venue d'un danger menaçant, et des réflexions trop tardives lui avaient montré qu'il n'était gardé que par des ennemis.
L'empire absolu laissé depuis de longues années à la favorite, lui avait permis d'entourer l'appartede son deaiesl friend, exclusivement de gens à sa dévotion : l'indigne abbé Briant ; le valet de chambre Lecomte, introduit par elle dans la maison et protégé par elle, et dont le prince se défiait instinctivement ; le baron de Plassans, James Dawcs, son neveu ; le ménage Dupré ; la veuve Lachassine, attachés à son service particulier. Des pièces qu'elle
leur avait fait occuper, rien ne pouvait leur échapper de ce qui se faisait ou se disait chez le prince.
Un éclair subit traversa son esprit : il demanda à Manoury de coucher dans sa chambre. Ce brave homme, qui n'a jamais montré une intelligence égale à son dévouement, lit observer que Lecomle, valet de chambre de service, étant logé auprès du prince, cette précaution semblerait bizarre ; et le faible prince, toujours porté à céder et à temporiser, répondit simplement : « Eh bien ! n'en parlons plus. »
Tous ces faits, nécessairement transmis au Palais- Royal, avec des renseignements sur des allées et venues et des conférences qu'on cherchait à dissimuler à la favorite quasi-disgraciée, avaient redoublé les alarmes de Louis-Philippe.
Le 20 août (1), il dépêche Marie-Amélie à Saint- Leu. La reine des Français y apporte à son bon oncle un ruban tricolore destiné à lui porter bonheur, et le grand cordon de la Légion d'honneur. Sa mission consiste à le combler de caresses et de flatteries pour obtenir de lui qu'il consente à faire acte de présence à la Chambre des Pairs, ce qui implique acte d'adhésion et de serment au nouveau roi et, par voie de conséquence, renonciation aux projets de départ. L'oncle reçoit assez affectueusement sa nièce, mais répond à ses avances d'une façon évasive qui ne rassure pas complètement sur ses intentions.
Quant à l'effet réellement produit sur le prince
(11 D'après le récit du gcnôral Lanibot, on pourrait croire que cette visite eut lieu le 22. Mais précisément cette partie du récit est assez confuse. La question de date, d'ailleurs, n'est pas d'importance, sauf peut-être au point de vue particulier du général Lambot. Il parait certain que la démarche de .Marie-Amélie eut lieu le 20.
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par cette démarche, on peut en juger par le récit de M. de Choulot.
« Le soir même de cette visite, — raconte M. de Choulot, — un courrier m'apporta l'ordre d'être à une heure du matin à la grille du parc de Saint- Leu qui donnait dans la forêt de Montmorency. J'y trouvai Manoury, valet de chambre de Mgr le duc de Bourbon, qui avait la confiance de son maître et qui la méritait. Je descendis de cheval et m'acheminai sans bruit vers le château.
« En me voyant entrer. Monseigneur me fit signe de marcher doucement, et me prenant le bras, il me dit d'une voix brève et saccadée : « Eh bien ! Monsieur, êtes-vous prêt ? Il faut partir. On veut faire de moi un mannequin ; on veut que j'aille à la Chambre des Pairs. Voyons ! Quelles sont vos dispositions ? » Je n'eus point l'air de m'apercevoir de son agitation et lui dis doucement, avec calme : « Monseigneur, je me suis assuré qu'il y avait en effet une voiture à Moisselles, toute prête pour Calais. — Mais vous savez que je ne veux pas aller en Angleterre ? — Oui, Monseigneur ; aussi prendronsnous une autre route ; seulement, le jour de votre départ pour la Suisse, Louis, votre valet de chambre, qui a votre taille et porte la même coiffure, vêtu comme vous, partira d'ici et arri\era à Moisselles avant le jour ; Manoury l'aura précédé. Quand il arrivera, la portière sera ouverte, le cocher sur son siège, et Manoury monté derrière, donnera l'ordre du départ et indiquera tout haut la route de Calais. — Bien, et nous ? — El Monseigneur, à la même heure, viendra à la grille de Saint-Priest ; j'y serai avec deux chevaux ; nous gagnerons Villejuif, où Votre Altesse trouvera une modeste calèche, et sur la route du Bourbonnais des châteaux d'amis qui ne s'enquerronl pas même du nom de mon compagnon
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de voyage. Manoury aura ordre de nous rejoindre à Baie, ou bien il y trouvera un itinéraire qui le remettra sur nos traces. »
Le prince accepta seulement la seconde partie de co programme.
Deux jours après, le comte de Choulot revint à Saint-Leu pour les dernières dispositions. Le prince lui dit qu'il n'a pas à emporter une somme suffisante (1). Son écuyer lui fait observer qu'il trouvera de l'argent partout ; mais le prince déclarant qu'il ne veut pas avoir à recourir à des emprunts, congédie M. de Choulot en lui disant qu'il va pourvoir à se munir des fonds nécessaires et lui donne rendez-vous « dans trois jours », sauf contre-ordre, au lieu primili\ement fixé.
« Ce jour-là même, — assure Louis Blanc, — Madame de Feuchères se fît déli\ rer par le banquier Rothschild une traite d'un demi-million sur l'Angleterre, soit que des motifs étrangers à ses liaisons avec le prince la rappelassent à Londres, soit que quelques nuages se fussent élevés entre elle et le duc de Bourbon. » Soit, en définitive, — peut-on dire, — qu'elle sentît le besoin de parer à tout événement. Louis Blanc ajoute : « Nous a\ons la preu^■e écrite de ce- fait important et tellement ignoré jusqu'ici, qu'on n'en trouve aucune trace dans le dossier de l'instruction, dont nous avons attentivement consulté toutes les pièces (2). »
(1) Il avait, depuis quelque temps, réalisé un million, qu'il avait laissé en dépôt à M. de Surval, en lui recommandant de dire à Mme de Feuchères. si elle l'interrogeait, que cette somme confiée était de 60.000 francs. Peut-être avait-il rencontré quelque difficulté à se la faire remettre par M. de Surval, sans éveiller l'attention de sa terrible surveillante.
(2) Cette révélation de Louis Blanc vient encore expliquer le principal motif de la visite du général Lambot à Rothschild.
A l'expiration des trois jours, le 26 août, M. de Choulol est au rendez-vous. Mais cette fois, ce n'est pas l'insuffisance, c'est l'abondance excessive des fonds de voyage qui de\ient un empêchement. Le duc a voulu se charger d'un coffret qu'il peut à peine traîner et qu'on ne peut placer sur les chevaux ; à cet embarras s'ajoute l'inconvénient de l'heure trop avancée qui ne laisse plus les chances pour un départ clandestin. Une nouvelle remise est décidée, malgré, paraît-il, les instances pressantes de M. de Choulot (1).
« Adieu, Monseigneur », dit celui-ci en s'éloignant à regret. — « Oui, adieu, mais au revoir, et plus tôt que vous ne pensez. »
M. de Choulot retourne à Chantilly, préoccupé de tristes pensées ; le duc de Bourbon regagne son appartement.
La surveillance était organisée de façon à ne pas être mise en défaut. Toutes les démarches, tous les préparatifs que le duc et ses confidents essayaient et se flattaient de soustraire à l'espionnage, étaient exactement dénoncés aux intéressés, qui en suivaient le cours avec une anxiété chaque jour croissante. Aucun doute n'est possible à cet égard, tant est constante et régulière la concordance entre les agissements du duc de Bourbon et les manœuvres tendant à les déjouer.
En voici un nouvel exemple :
Dans cette même matinée du 26 août, où le duc de Bourbon et son ami le comte de Choulot avaient cette entrevue, qu'ils croyaient la dernière avant le
(1) Dans le récit de M. de Choulot, publié en 1822, il n'est pas question de ces instances faites par lui : il n'aura pas voulu montrer son prince manquant par sa faute les chances de salut ; mais il en avait certainement parlé à quelques amis, qui ont donné des détails sur ce fait.
départ, un courrier avait été secrètement expédié d'3 Saint-Leu au Palais-Royal. Ce fait est consigné dans des notes laissées par le général Lambot (1). Et, du Palais-Royal, une estafette avait apporté à la baronne de Feuchères un billet d'un laconisme effrayant :
« Empêcliez-le de jjarlir à tout prix. »
Ce billet était de Louis-Philippe.
Il n'en a été fait mention aucune, ni à l'instruction criminelle, ni au procès civil, qui eurent lieu après la mort du duc ; il ne pouvait en être fait mention. Pour tout le monde, magistrats, témoins, public, adversaires même, ce n'était pas cette baronne d'aventure qui était en cause ; on sentait bien qu'il était impossible de scruter à fond les circonstances de l'événement sans s'exposer à découvrir derrière elle, un ami, conseiller, protecteur et associé, qui eût fait alors figure de complice, et qui était le roi.
Quelques révélations s'étaient produites cependant, un peu timides et qui \isiblemenl, ont été, par des moyens quelconques, arrêtées au premier mot, assez claires toutefois et assez graves pour que le doute ne soit pas permis. D'autres, plus explicites, sont venues, depuis, apporter sur ce point une certitude entière (2).
(1) Ces notes ont été en la possession de M. Billault Je Gérainville.
(2) Grétineau-Joly, qui fut en situation d'avoir sur toute cette affaire des renseignements particulièrement sûrs, a cru devoir s'en tenir à une expression déjà suffisamment transparente : « Empêchioz-le de partir à tout prix, lui mandait-on de Paris. >< 'Hist. de Louis-Philippe d'Orléans et de VOrléanisme. t. 1, p. 51G.) — M. Billault de Géraimille, qui fut documenté plus complètement encore, s'exprime en termes formels et explicites : « Louis-Philippe lui écrit (à Mme de Feuchères) cette lettre irréfléchie où il lui recommande » d'empêcher le départ à tout prix » {Hist. de Louis- Philippe, t. III. p. 250.) Il ajoute : « J'y reviendrai dans mon IV volume» — Ce IV volume n'a jamais paru. Chose remarqua-
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Que signifiaient ces paroles tranchantes ? Était-ce un ordre ou un conseil de crime ? Certes non. Un prince a-t-il jamais besoin de commander un crime qu'on lui sait utile ? C'était une lettre de change sur la protection royale.
Il faut rendre cette justice à l'amie de Louis-Philippe qu'elle a fait tous ses efforts pour obtenir par les moyens de persuasion, ou du moins de coercition morale, le résultat demandé, commandé par son puissant protecteur.
Le duc était rentré au lever du soleil, de sa course nocturne.
Quelques heures après, voici ce qui se passait, d'après la déposition de Manoury :
ble, un autre auteur, qui, lui aussi, possédait des documents importants, M. A. de Lassalle, a de même interrompu sa publication au moment de faire paraître un travail complémentaire relativement à la responsabilité de Louis-Philippe dans le drame de Saint-Leu. Mais, sur le point particulier dont il s'agit ici, M. Billault de Gérainville fournit encore des détails d'une précision et d'une gravité extrêmes. Voici ce qu'il écrit : « Quant à la fameuse missive, si inconsidérément adressée à Mme de Feuchères, celle où Louis-Philippe lui recommande d'empêcher à tout prix le départ du Prince, elle ne saurait aujourd'hui être révoquée en doute. Des personnes dignes de foi, entre autres le littérateur Auguis, ont uttcsté que l'original avait passé sous leurs yeux. .M. Boullée, l'éminent historien, en a eu communication par M. Nicod, avocat général à la cour de Cassation et député ; et M. l)dilon Barrot, l'un des exécuteurs testamentaires de Mme le Feuchères, n'en a jamais nié l'existence. Il y a plus : il a avoué que cette lettre, entre autres, avait été une des raisons qui lui ont fait refuser la correspondance de Mme de Feuchères avec la famille d'Orléans, que la baronne lui avait gracieusement offerte quoique temps a\'ant sa mort. Surabondemment, la teneur de la lettre en question se trouve relatée dans la correspondance de Flassans avec le général Lambot, que nous avons sous les yeux. Flassans, qui la vise et la commente, affirme cpie les avocats de sa tante en reçurent le dépôt, et qu'elle devint ainsi pour elle une cause de sécurité ab.solue ; û est donc constant que, démunie de cette lettre, partant de la protection intéressée de Louis- Philippe, Mme de Feuchères aurait infailliblement gravi les marches de l'échafaud. (Hist- de Louis-Pliitippe, t. III, p. 'ifiS.)
« Le 26, veille de la mort du prince, sur les huit heures et demie du matin, j'ai entendu beaucoup de bruit dans le salon où était le prince avec Madame de Feuchères ; j'ai entendu plusieurs fois prononcer le nom de M. de Choulol ; j'ai vu le prince ouvrir la porte de son salon à Madame de Feuchères, en lui disant : Laissez-moi tranquille. J'ai entendu Monseigneur refermer la porte a\ec \iolence, contre son habitude. Le prince élant rentré dans sa chambre, pâle et dans une situation qui me parut extraordinaire, j'y entrai moi-même, je vis le prince assis sur une banquette qui est le long de la croisée est ; il paraissait préoccupé et me demanda de l'eau de Cologne ; je lui donnai le flacon qui était sur la cheminée ».
Les éclats de cette scène avaient retenti dans tout le château. AL de Préjean et M. de la Ville-Gonthier en ont déposé aussi dans des termes qui laissent voir que la gravité et le caractère en étaient compris de tous.
C'était un coup d'État domestique ; « c'était d'un côté la rupture avec Madame de Feuchères et de l'autre le départ ». Le vieux duc s'était ressaisi. Après l'émotion calmée de la crise, son attitude pendant toute cette journée est celle d'un homme heureux d'essayer le jeu libre de ses membres encore endoloris par le joug longtemps subi.
Il reçoit la visite du comte de Cossé-Brissac, cause avec lui de choses diverses avec une pleine aisance, le retient à dîner et insiste pour qu'il accepte l'hospitalité pendant cette nuit. Il reconduit jusqu'au vestibule M. de Cossé qui veut rentrer à Paris et avec lequel le général Lambot a tenu à partir (1). Puis il
fl) Ce départ du général Lambot a fait porter contre lui des soupçons auxquels, malgré ses énergiques protestations,
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se met à son wisth, où il critique gaiement une faute d'un de ses partenaires et qu'il quitte sans régler sa perle, en disant : à demain. Ensuite, il prend congé de ses hôtes et rentre chez lui.
Mais dans cette même soirée, il avait envoyé un courrier à Chantilly, porter à AI. de Choulot l'ordre verbal de se trouver à Saint-Leu à huit heures très précises.
Le lendemain, 27, à huit heures, M. de Choulot arrive à Saint-Leu ; il trouve dans le parc Madame de Choulot, ^•enue au-devant de lui, qui lui apprend que le duc de Bourbon est mort.
C'est à cet instant même que la catastrophe vient d'être constatée.
ajoutèrent, une fâcheuse vraisemblance des paroles imprudentes et l'embarras remarqué de son attitude le lendemain de l'événement. Aujourd'hui que les faits sont mieux connus, il ne paraît pas qu'on doive le soupçonner d'avoir connu formellement le projet du crime, mais peut-être en avait-il conçu quelque pressentiment. — Il semble du reste qu'il n'ait pas été le seul à prévoir une probabilité funeste. M. de Choulot a écrit quelques lignes qui" font songer. Après avoir raconté sa dernière entrevue avec le prince, il dit être rentré à Chantilly sans que son absence ait été remarquée et avoir passé toiite cette journée du 26 dans l'inquiétude : puis après avoir relaté Tordre par lui reçu à minuit de se trouver le lendemain à -Saint-Leu, il ajoute : « La nuit était superbe ; je me jiromenai longtemps sur la ferrasse. Que se passait-il à cette tu^ure dans le château de Saint-Leu ? Le 27, à huit heures du matin, j'entrais dans le parc de Saint-Leu, avec le doute pénible et le tâtonnement de la pensée qui s'avance vers Vimprévu... » [Quelques pages sur Mgr le duc de Bourbon, p. 28 et suiv.)