‹ La Fortune des d'OrléansChapitre 33 sur 46 · DE LOUIS-PHILIPPE · texte numérisé non relu

DE LOUIS-PHILIPPE

« C'est sur ces bases de sa constitution originaire, c'est avec ces conditions qui lui étaient inhérentes, que les biens de l'apanage d'Orléans, qui restaient encore dans

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les mains de l'État, après les aliénations opérées par son autorité , m'avaient été remis par les ordonnances royales des 18 et 20 mai, 7 octobre et 17 novembre 1814, et que plus tard, l'article 4 de la loi du 15 janvier 1825, avait dit : « Les biens restitués à la brancbe d'Orléans, (( en exécution des ordonnances royales des 18 et 20 (I mai, 7 octobre et 17 novembre 1814, et provenant v (( liapanage constitué à Monsieur, frère du roi (( Louis XIV, pour lui et sa descendance masculine, (( continueront à être possédés, aux mêmes titres et (( conditions, par le cbef de la branche d'Orléans, just( qu'à extinction de sa descendance mâle, auquel cas « ils feront retour au domaine de l'État. »

(( Ainsi cette loi ne créait pas l'apanage, elle ne le constituait pas par forme de disposition nouvelle ; elle déclarait en principe et sur ce qui n'avait pas été aliéné par l'État, un droit préexistant, elle reconnaissait et consacrait l'apanage, ce qu'il était par les anciens édits avec ses conditions premières, avec les droits, soit actuels, soit éventuels, que le titre primitif, autant que la législation du Royaume, assurait à la descendance de celui auquel il avait été constitué et dont il formait le patrimoine héréditaire, et par conséquent avec la charge des diverses obligations qui y étaient attachées, savoir : Pour le chef de la branche, tant qu'il possédait l'apanage, celle de pourvoir au sort des princes puînés et de doter les princesses, et pour l'État, dans le cas où l'avènement au trône du chef de leur branche aurait opéré le retour de leur apanage, l'obligation -'e satisfaire, par la constitution de nouveaux apanages en leur faveur, aux droits que l'accomplissement de ce retour ouvrait pour chacun d'eux. »

« Ce vote fie vote de la loi du 2 mars 1832'» avait constitué à ma fille aînée, la reine des Belges, une dot d'un million ; mais quoique vaincus dans ce premier vote, ceux qui voyaient dans le refus de dotations pour la famille royale et de ressources suffisantes pour le roi, un puissant moyen d'ébranler l'hérédité de la couronne et la stabilité du trône constitutionnel redoublèrent

avec encore plus d'acharnement les efforts qu'ils n'avaient cessé de faire dans ce but, depuis 1830, et malheureusement, j'ose le dire, pour la France et pour nous, ils parvinrent à porter dans la même proportion rintimidation et le découragement dans les rangs de leurs adversaires ; et ce découragement et cette intimidation furent tels que, lorsque, plus tard, je mariai mes deux filles cadettes, je n'entendis que des manifestations de la crainte de me voir réclamer pour elles ce qu'aucune autre monarchie du monde et dans aucun siècle, n'avait jamais refusé à leurs familles royales, et mes deux filles cadettes furent mariées sans avoir même reçu la faible dot de leur sœur atnée.

(( Les effets de cette intimidation ne s'arrêtèrent is là, et leur triste progrès fut poussé à un tel degré que la Chambre des députés n'osa même jamais discuter les projets qui lui étaient présentés pour la dotation du duc de Nemours, en sorte que, après avoir subi ".i longtemps, depuis 1830, l'abandon le plus complet dans toutes les questions relatives aux droits acquis de mes enfants et à leurs intérêts particuliers, aussi bien qu'aux miens, j'ai dû me résigner à continuer d'année en année, sans presque y voir d'autre terme que celui de mon existence, à subvenir par une accumulation incessante de dettes, à l'insuffisance des revenus réunis de la liste civile, du domaine de la couronne et du domaine privé, pour faire face aux charges toujours croissantes qui résultent à la fois de l'accomplissement de mes devoirs de roi aussi bien que de ceux de père et de chef de famille.

(( Ainsi, moi qui n'avais jamais fait de dettes dans le cours de ma longue carrière, à travers les diverses phases de fortune qui me sont échues, et depuis l'époque où l'adversité m'avait réduit à vivre sur quarante sous par jour, jusqu'à celle où la voix nationale m'a appelé au trône, je dois supporter la douleur d'en être accablé, et voir ma famille frustrée à la fois de .o.s droits antérieurement acquis et de ceux que nous étions fondés à réclamer de la justice de l'État.

(( Ma consolation, c'est de penser que si, comme je

n'ai que trop lieu de le craindre, je n'ai pas le bonheur de voir et d'obtenir que cette réparation nous soit faite dans les années qui vont encore me rester à vivre, du moins, je pourrai, en mourant, me livrer à l'espérance que ce ne sera pas en vain que j'aurai fait l'appel que je fais en ce moment, autant à l'équité nationale quà nos véritables intérêts politiques, et aussi, j'ose m'en flatter, à cette affection que, malgré les clameurs, je crois réelle dans toute la France pour ma famille et pour moi. J'en trouve un gage dans ce sentiment général de la part que j'ai pu avoir à préserver mon pays des perturbations, des malheurs, des périls df tout genre dont il était menacé et dans cette inquiétude, j'espère bien exagérée, de ce qui peut survenir, après que mon existence sera arrivée à son terme. Mais j'adjure mon pays de puiser dans ce sentimentet dans cette inquiétude un enseignement salutaire...-)

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