CHAPITRE II
Deux sortes de monnaies : l'une réelle, l'autre de compte. — Monnaies de compte qui subsistent encore en France dans le langage La livre tournois à l'avènement de saint Louis. — Longévité des pièces de monnaie d'autrefois; il en est qui durent plus de six siècles. — Droit d'émettre de la monnaie n'emporte pas, pour un souverain, celui d'en imposer l'usage.
Diverses monnaies « de compte » : livres parisis, de Provins, angevine, du Mans, de Bretagne. — Toutes subissent, dans leurs variations, l'influence de la monnaie tournois. — Livre sterling.
Conversion des livres tournois en francs. — Tolérances de titre et de poids pour les anciennes monnaies. — Des deux sortes d'altérations monétaires : sur la nature du métal ou sur sa valeur en livres-monnaie. — Droits des princes à cet égard d'après les idées du temps. — Altérations seigneuriales et royales. — Les altérations monétaires des rois n'ont jamais eu d'influence sur le prix des marchandises dans le commerce. — Preuves que nous en avons; immobilité des prix exprimés en livres. — Comment le peuple parvenait à se garantir de la fausse monnaie de l'État. —
Différence des prix oflicicls avec les prix réels des métaux précieux.
Monnaies étrangères. — L'Europe du moyen ùge est plus cosmopolite que la nuire à cet égard. — Cet état de choses se prolongea jusque sous Louis XIV. — La diversité d'origine des espèces augmente à mesure que Ton remonte dans les temps féodaux.
Des conversions fautives de livres en francs, faites d'après les tables de N, de Wailly. — Variations du rapport de l'or avec l'argent. — Influence de l'avilissement de la livre-monnaie sur la fortune mobilière.
Baisse de la livre-monnaie, de 1600 à 1800. — La décroissance étant insensible paraît fatale, et les créanciers ne prolestent pas. — Les précautions prises pour maintenir les droits féodaux ont pour résultat de les anéantir. — Rapport de l'or à l'argent dans la circulation monétaire des derniers siècles ; numéraire existant au xvn* siècle. — Quantité d'or beaucoup plus grande aujourd'hui qu'autrefois, en proportion de la quantité d'argent. — Influence nulle du système de Law sur les prix, au xvni* siècle. — Les cours officiels des métaux, pendant la durée du Système, ne sont pas adoptés par la masse de la nation.