CHAPITRE III
LE TAUX DE l'iNTÉRÊT ET LES VALEURS MOBILIJîRES li
Le taux de l'intérêt, ou loyer de l'argent, n'a pas subi les fluctuations de son prix, ou de son pouvoir sur les marchandises. — Rapport de l'argent « à louer » avec l'argent « à vendre ». — Distance qui sépare anciennement l'intérêt mobilier de l'intérêt foncier. — Variations et causes qui ont influé sur le taux de l'intérêt. — Préjugés sur le prêt d'argent ou « usure ». — Part de responsabilité des lois et des mœurs. — L'homme est alors une marchandise, l'argent n'en est pas une. — Intérêt mobilier, selon les pays et les siècles, de 1200 à 1600. — Intérêt foncier; il est plus élevé pour les biens ruraux que pour les maisons des villes.
Rentes foncières. — Leur confusion inexacte avec les hypothèques. — Leur morcellement et leur transmission courante. — Ce sont de vraies valeurs de bourse. — Autres biens mobiliers du moyen âge : rentes en grains, rentes « constituées », titres de « Monts » ou actions de banques. — Emprunts d'État; ce sont, au début, des cadeaux faits au roi par les sujets riches. — Rentes
viagères créées par les communes. — Valeurs au porteur sans analogie aujourd'hui : droits à dommage-intérêts; rançons des prisonniers de guerre; vassalités pécuniaires et hommages rendus pour de l'argent.
Le prêt à intérêt est libre au xvii* siècle. — Les « rentes fonpières », moins nombreuses, ne sont plus la principale valeur mobilière. — Les « rentes constituées » ou « pensions » prennent leur place. — Emprunts municipaux fractionnés en parts minimes. — Sociétés commerciales par actions dès le règne de Louis XIIL — Rentes sur les coches et carrosses. — Les charges judiciaires ou financières sont des biens meubles d'espèce nouvelle; elles représentent parfois de simples rentes au porteur. — L'État, jusqu'à Golbert, emprunte à 8 et 9 p. 0/0; les provinces et les villes empruntent à 4 et 5 p. 0/0. — Prêts à 7 p. 0/0 par les capitalistes aux commerçants en gros. — Causes qui maintiennent le taux de l'intérêt mobilier stationnaire au xvii° siècle. — Baisse de ce taux au xvni* siècle; on se contente alors, pour rentes viagères, de l'intérêt servi auparavant aux rentes perpétuelles. — L'intérêt foncier s'abaisse, vers 1700, à 4 p. 0/0, et vers 1750, à 3 1/2 p. 0/0,