ARRÊT DU TRIBUNAL DE BOLOGNE
ARRÊT DU TRIBUNAL DE BOLOGNE (4 avril 1891.)
Les étudiant» de FUniversité de Bologne, conslituant le Cercle Monarchique Universitaire, voulaient inaugurer leur drapeau; et l'illustre poète Giosué Garducci, sénateur et professeur de lettres à cette même Université, accepta d'être le parrain du drapeau.
Une partie des étudiants d'idées contraires, voulut faire une démonstration hostile au professeur : le 11 mars 1891, lorsque Garducci entra dans la salle où il donnait ordinairement ses leçons, un groupe d'étudiants l'acclama et un autre groupe le siffla en le comblant d'injures. Garducci résista d'abord, mais malgré l'intervention d'autres professeurs, il ne put dominer le tumulte et il fut contraint de sortir de la salle et de quitter l'Université en voiture. Les deux étudiants qui avaient été les plus agressifs à l'égard de Garducci furent arrêtés sous l'inculpation d'outrage ; mais l'un des deux fut acquitté et l'autre condamné seulement à 200 francs d'amende avec circonstances atténuantes, pourles motifs que nous allons reproduire d'après la sentence même :
<( Attendu que : tout en admettant, la violation du droit, la honte de l'action et la responsabilité respective sont atténuées par l'effervescence de la jeunesse enthousiaste, et par les suggestions qui se développent spontanément dans la collectivité,
« Attendu que la confusion, le désordre, les cria qui se répandirent dans cette foule de jeunes gens ne permettent pas à la justice de tenir pour sûres et indiscutables les dépositions des témoins.., »
Comme Ton a pu voir, l'arrêt du tribunal de Bologne tient compte non seulement de la diminution de responsabilité pour les crimes commis dans une foule, mais aussi de la difficulté de la preuve, à cause du peu de confiance accordée des témoins, qui, même inconsciemment, ne peuvent pas dire la vérité. (Voir le chapitre m de notre 1'® partie).
L'avocat des deux étudiants était Enrico Ferri.
ARRÊT DU TRIBUNAL DE PALLANZA (janvier 1893.)
Le tribunal de Pallanza eut à juger 24 individus détenus sous l'inculpation d'outrages, rébellion, dégradation d'édifices publics et privés, avec Taccusation spéciale d'avoir constitué dans ce but une association de malfaiteurs.
Il s'agissait des faits survenus au mois de septembre 1892, à la suite de la grève des chapeliers de la fabrique Petroli, grève qui avait pour cause la dureté de cet industriel qui s'était refusé à augmenter le salaire.
On avait demandé la condamnation des accusés à quatre ans et huit mois de réclusion.
Mais le tribunal, au milieu des applaudissements du public, accueillit la thèse de la défense excluant l'association de malfaiteurs ; il admit seulement la dégradation des édifices privés, de sorte que des 24 inculpés, 19 furent acquittés le soir même de l'arrêt, et cinq furent condamnés à quelques mois de réclusion, avec la circonstance atténuante de V excitation de la foule.