ARRÊT DU TRIBUNAL DE VOLTERRA
ARRET DU TRIBUNAL DE VOLTERRA (3 novembre 1893.)
Au mois d'août 1893, les ouvriers en albâtre, réduits à la faim par les spéculations des commerçants, se réunirent au nombre de 300 pour se mettre en grève ; et trois jours de suite ils parcoururent toutes les rues de Volterra, semblables à des vagues menaçantes, demandant aux autorités politiques et communales leur concours pour améliorer leur misérable condition et. réclamant des commerçants une plus juste rétribution de leurs fatigues.
Ces ouvriers frappèrent aux portes de tous les commerçants, les priant d'abord, les obligeant ensuite (quoique sans violences personnelles) à acheter leurs objets à des prix plus humains.
La police intenta un procès; elle citait 17 ouvriers devant le tribunal pour répondre de l'inculpation de violence piHvée ; et le 31 octobre cette cause fut débattue au tribunal de Volterra.
Le Procureur du roi soutint l'accusation avec beaucoup de chaleur, demandant de fortes condamnations.
Le groupe de la défense était représenté par les députés Ruggieri et Ferri et par l'avocat Bianchi, qui développa les théories de la Foule criminelle.
Le tribunal, par Tarrêt du 3 novembre 1893, acceptait en partie les conclusions de la défense, acquittant plusieurs des inculpés pour manque de preuves il condamnait les autres, mais l'article 47 du Code pénal, c'est-à-dire de la demi-responsabilité.
Voici une partie de l'arrêt :
« Le tribunal admet qu'effectivement, dans l'affaire en ques-
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tion, les théories sur la foule criminelle peuvent trouver une application, et que Von peut accorder à tous les accusés V atténuation de la demi-responsabilité, selon Tarticle 47.
« Les faits déplorés furent tous commis par la foule excitée, soit à cause de la condition misérable, malheureusement trop vraie, des ouvriers en albâtre, soit à cause de Tabus que les spéculateurs avides en faisaient, etc. »
ARRET DU TRIBUNAL DE SASSARI (10 juillet 1895.)
Dans une rue de Sassari des gardiens de la paix étaient en train d'arrêter un criminel évadé qu'ils avaient reconnu : celuici opposait résistance : alors les gardiens le soulevèrent entre leurs bras et le portèrent à la police, ligotté comme un fardeau.
Quelques passants (qui ne savaient pas que l'individu maintenu était un criminel) protestèrent contre les procédés des gardiens de la paix : une foule se forma aussitôt et un étudiant qui avait crié aux agents : vous êtes des lâches^ fut arrêté sous l'inculpation d'outrages.
Le tribunal de Sassari, dans l'arrêt qui condamna cet étudiant à une amende, reconnut que « l'accusé avait été victime de la contagion de la foule qui s'éCait réunie dans un simple but de curiosité, et que, par suite, la responsabilité de V étudiant était de beaucoup diminuée ».
ARRET DU TRIBUNAL DE BARI (14 juillet 1897.)
Le tribunal de Bari fut le premier à reconnaître la théorie de Isi Foule criminelle (voy. plus haut V Arrêt du 17 février 1887) ;