ÉVOLUTION ET PRONOSTIC
Berlin avait observé, d’une façon fort judicieuse, la gravité beaucoup plus grande des fractures isolées de la voûte orbitaire (41 cas de mort sur 55) que des fractures communes à la voûte et au rebord orbitaire (3 décès sur 19 cas). Pour De Wecker, l’explication en est que, lorsque l'agent vulnérant a brisé à la fois le rebord et la paroi, le choc est amorti et retentit moins gravement sur le cerveau.
D'accord avec Mackensie, M. le Professeur Rollet voit surtout dans ce fait la possibilité d’un drainage plus efficace lorsqu'il y a fracture du rebord, tandis qu'il peut y avoir rétention de liquides septiques au niveau d’une fracture isolée de la voûte.
Berlin avait fait, d'autre part, cette remarque que les projectiles par armes à feu donnent des complications môins fréquentes que les autres corps vulnérants, à cause de l’asepsie relative due à l’échauffement des projectiles. Les observations tirées de la guerre semblent, en effet, justifier cette manière de voir.
Le pronostic de la fracture isolée du plafond de l'orbite, quoique toujours sérieux, s'est aujourd’hui considérable
TS a
ment amendé. Il y a seulement quelques années, cette catégorie de blessures était considérée comme devant entraîner presque fatalement la mort. De nos jours, grâce à la radiographie, grâce surtout à une thérapeutique chirurgicale perfectionnée et précocement appliquée, le blessé a de grandes chances d'échapper aux complications immédiates si redoutables.
Il faut cependant ajouter qu'il est souvent exposé à des complications tardives. La perte de la vision du côté blessé, voire même du côté qui n’a pas été traumatisé (Obs. I), les réactions méningées tardives, les troubles subjectifs et nerveux que peuvent présenter les sujets porteurs d'un projectile intra-cérébral, tels sont les désordres les plus graves qu'on pourra voir apparaître tardivement. ,