I: — DIAGNOSTIC
Le diagnostic de fracture de la voûte orbitaire par petit projectile de guerre, avec plaie pénétrante du crâne peut être facile lorsque le blessé présente des symptômes généraux ou nerveux caractéristiques, démontrant l’atteinte des centres corticaux. Mais, le plus souvent, il n'en est pas ainsi. C’est l'individu lui-même qui vient vous trouver. Il vous raconte le trauma qu'il vient de subir, ou qu'il a subi il y à déjà quelque temps; il ne présente pas de symptômes cérébraux, il n'a pas eu de convulsions, pas de paralysies, quelquefois même pas de céphalée.
Heureusement, le spécialiste a à sa disposition un certain nombre d'épreuves qui, outre les renseignements tirés des commémoratifs et de l’examen minutieux de la plaie palpébrale, pourront considérablement éclairer son diagnostic. Ce sont: l’ophtalmoscopie, la ponction lombaire, et surtout la radiographie.
Ophtalmoscopie. — Dans tous les cas où il y à plaie contuse palpébrale, si minime qu’elle paraisse, il y a
TAN pee lieu de procéder à l'examen du fond de l'œil. La découverte d'une décollement rétinien, ou d'une hémorragie rétinienne, comme das l'Observation I, feront immédiatement penser à une contusion du globe oculaire, avec possibilité de pénétration d'un projectile. Il y à lieu de pratiquer très fréquemment l'examen, ophtalmoscopique des deux yeux lorsqu'on pense que l’encéphale à été atteint par le traumatisme. Une modification dans l’aspect des vaisseaux, une stase veineuse par exemple, un début d'atrophie par névrite optique descendante pourront faire craindre, à juste titre, une complication évoluant silencieusement du côté des centres nerveux. Ponction lombaire. — Elle sera pratiquée systématiquement toutes les fois que les signes locaux, généraux ou nerveux feront penser à une fracture de la voûte. La constatation de l'hypertension, l'issue du liquide céphalo-rachidien sanglant, seront des constatations dont il faudra tenir grand compte.
, Radiographie. — La radioscopie devra précéder tout traitement. Avec la radiographie, elle permettra de décejer l'existence et le siège du projectile qui, souvent, après avoir fait de gros dégâts orbitaires, aura pénétré fort: loin dans l’encéphale. Pour ce qui est des lésions osseuses de la voûte orbitaire, il ne faut pas compter sur des renseignements précis. « Une fracture de la voûte orbitaire, dit M. le professeur Lagrange, passe très facilement et même passe toujours inaperçue; nous sommes, à cet égard, beaucoup moins heureux que les chirurgiens s’occupant des fractures des membres, pour lesquels la radiographie décèle les moindres fêlures, et il faudra, en présence d’une fracture grave de l'orbite, avec ou sans:
Es
perte du globe oculaire, rechercher tous les signes cliniques ordinaires de retentissement cérébral. »
La radiographie aura donc essentiellement pour but de rechercher s’il y a pénétration de projectile et, dans ce cas, de le localiser. On pourra en déduire le chemin qu'il a parcouru et les lésions faites sur son passage.
Tels sont les moyens dont on disposera pour établir le diagnostic de fracture de la voûte de l'orbite. Souvent ce diagnostic est difficile, mais il est urgent de le faire au plus tôt, car les heures sont précieuses et il importe de prévenir les autres symptômes révélant l'infection, qui peuvent ne pas tarder à éclater.