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au milieu et à la fin du XVIII siècle, certaines des meilleures familles de la province : les Jacquemont du Donjon, les Hurtrel, à Hesdin, les Le Ducq, les Cauwet de Baly, à Arras ; dans quelques années, les Roty, à Arras, les Delalleau, à Béthune, les Macaire et les Des Lyons, à Aire, imiteront leur exemple,
DONS ee
CHAPTT RE IV
LA FRANC-MACONNERiE AMBULANTE (1)
. Régiments possédant des ateliers militaires, Leur séjour en Artois. La. Par[aite Union, à VO-. du régiment de Vivarais (1759). Saint-Charles des Amis Réunis, à l'O-. du régiment de Saintonge (1763). La Parfaile Union, à l'O. du régiment de Flandre (1766)
Nos loges artésiennes ont, en général, une origine militaire. Les unes, comme la Fidélité d'Hesdin, ont été fondées avec la E de gentilshommes servant dans des régiments Jacobites; la G^. L~constitué d’autres ateliers, au profit d' oficiers de l’armée royale c es le cas de la Parfaite Union de Montreuil.
Parmi les régiments qui séjournèrent en Artois, à cette époque, d’aucuns possédaient une loge maçonnique : le Walsh-Iriandois, que nous avons suivi au siège de Béthune, en 1710, puis sur le champ de bataille de Fontenoy, reviendra dans la province, en 1777, et séjournera a
Bapaume.
Le régiment de Vivarais tient successivement garnison a Aire (2),
Saint-Venant, Saint-Omer et Béthune; la fondation de son atelier remonte au 15 avril 1759; le G-- O~- lui reconnait cette ancienneté, qui en fait le premier régiment français dont les officiers aient battu maıl-
let-(3).
Son colonel, le chevalier de Lemps, en est le permier vénérable; à ses côtés figurent les ff.. Maucler, lieutenant-colonel et. Maumusson,
major (4).
(1) Les loges militaires sont appelées aussi : loges ambulantes.
(2) La garnison d’Aire comprit : Régiment de Champagne (1741), Vintimille, Royal-Normandie, Royal-Marine (1743); Royal-Vaisseaux (1750); La Reine (1762) ; Berry, Chartres (1763) ; Dillon (1765, 1768, 1775) ; Artois, Royal-Suédois (1767) ; Normandie, Condé, Bulkeley, Wash (1768); Partie de Salis-Samade (1769); Condé, partie de Foix (1771) ;-Château-Vieux, Enghien (1774) ; Champagne (1777) ; Vivarais (1778) ; Orléans-Infanterie (1778-1779) ; Régiment d'Artois, partie d'Angoulême, partie de Rouergue (1779) ; Royal-Vintimille (1780) ; Régiment de Paris Inf. (Fort Saint-François, 1782) ; Cuir. du Roi, Régiment Viennois (Fort Saint-François, 1784) ; Angoulême, Régiment Viennois (1785) ; 14 Régiment, ci-devant Conti (1786) ; Royal-Dragons, Royal-Corse, Royal-Vaisseaux et Cuir. du Roi (1787) ; Aunis, Corse-Inf. et Cuir. du Roi (1788) ; 2° Bat, de Condé (1790). — (Almanachs d’Artois, 1762-1791 ; Général Susane, HISTOIRE DE LÀ CAVALERIE FRANÇAISE, loc. cit. ; Archives départementales du Pas-de-Calais, série C, Intendance).
(2) Le régiment de Vivarais portait l'habit vert et la culotte blanche. (Etat militaire de France, pour l’année 1771, p. 266).
(4) C. f. G. Bord, HISTOIRE DE LA F'RANC-MACONNERTE EN FRANCE, p. 493,
deme ie dues
A la méme époque, le régiment de Saintonge-Infanterie passe de Calais à Saint-Omer, où nous le trouvons vers la fin de 1763.
Les simples soldats n'ont pas l'entrée de l'atelier, constitué par la G- L-,]le 2 juin 1763, sous le titre distinctif de Saint-Charles des Amis Réunts ; officiers et sous-officiers y sont seuls admis. Ses constitutions seront renouvelées, par cette puissance maçonnique, le 10 décembre 1772, puis par le G-- O~, le 4 avril 1774 (1) :
Le chevalier de Béranger qui commande le régiment, depuis le 11 mai 1762 et « s'occupe avec succes d'y rétablir la discipline », est l'un des premiers membres de cette loge (2).
Le régiment de Flandre, qui devra aux évéenments des 5 et 6 octobre 1789 de voir son nom passer à la postérité, tient également garnison en Artois (3).
Une loge, la Parfaite Union, est en travail à son Orient : pendant le séjour du régiment à Saint-Omer, elle reçoit, le 1 octobre 1766, des lettres patentes de la G-- L~. de France.
A ses débuts, cet atelier compte parmi ses membres le colonel marquis de Rougé(4), le colonel de Croy, duc d'Havré, qui lui succéde à la téte du régin nent (5), le lieutenant-colonel de la Blachette dont « chacun se plait a reconnaitre la bravoure » (6) et nombre d’officiers nobles, tous trés bien notés par leurs chefs.
L'absence de document officiel ne nous permet pas de connaître la vie intime de ces loges militaires, ni leurs relations avec leur centre d'administration.
(1) Bord, loc. cit., p. 496. à
(2) Arch. Hist. du Min. de la Guerre : carton du Régt de Saintonge (1765).
(3) Ce régiment séjourna à Saint-Omer de janvier 1771 à 1772, d'avril à octobre 1774, de 1778 à 1779, enfin du 30 avril 1791 à mai 1792.
(4) Le marquis de Rougé commanda le régiment de 1761 à 1767 ; il est ainsi noté, par le marquis de Lugeac, lors de l'inspection de 1766 : « Ce colonel est d'un trés bon exemple ; il fait ce qu'il peut et c'est un serviteur plein de bonne volonté. »
Les colonels successifs du régiment de Flandre furent : le comte de Lusignan (R, T. H. J.), 1er janvier 1784 au 9 juin 1790 ; le comte de Montmorin-Saint- Hérem, jusqu'au 5 février 1792 ; de Luttanges (L. Alex. Dattel), jusqu'au 29 juin 1799. (Arch. hist. du Min. "de la Guerre : carton du Rég* de Flandre (1684-1792).
(5) Ibid.
(6) Havré et Croy (Joseph-Anne-Auguste de Croy, duc d'), maréchal de camp le Jer janvier 1784, lieutenant général le 8 août 1814. (Arch. adm. du Min. de la Guerre, Chronologie des maréchaux de France, lieutenants SUD et maréchaux de camp ; ancienne monarchie (1185-1792), p. 308).
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Les petites rivalités et les mesquines questions de personnes y jouent un róle mcins important que dans les loges civiles. Les colonels sont, en effet, de véritables maitres de loge. Leur autorité est aussi indiscutée au temple que devant la troupe; le temps n'est pas encore venu ou les officiers subalternes, les sous-officiers mémes pourront tenir sous leurs maillets leurs chefs de corps, en vertu du « libre choix » des fréres.
Quant aux rapports des ateliers militaires et de la G^. L- de France, nous avons toute raison de croire qu'ils sont aussi superficiels
que ceux qui existent entre cette dernière et les loges civiles ou mixtes de la province.