‹ La Franc-Maçonnerie Artésienne au XVIIIe SiècleChapitre 19 sur 71 · DOT · texte numérisé non relu

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sion des grades et veille enfin au maintien des traditions et des prérogatives d'une autorité centrale, en qui réside la « puissance législative ». L'esprit maçonnique consiste dans la stricte application des devoirs que tout frère doit remplir. Les circulaires du G^. O”. les indiquent avec un certain luxe de détails : un bon maçon n'aspire aux premières dignités de la loge que pour faire le bonheur de ses frères ; il abjure tout ce qui est personnel et n'a en vue que le bien de l'ordre et la propagation de l'Art Royal ; il respecte la société qui l'a accueilli et ne permet rien qui puisse en troubler harmonie; il se souvient continuellement que la plus parfaite égalité doit régner dans l'association.

Une loge vient-elle à méconnaître ces principes essentiels, une réprimande lui est immédiatement adressée. Depuis longtemps, lisons-nous dans une circulaire, la L-. de Saint-Jean des Arts de la Régularité, à l'O-- de Perpignan, est le théâtre de la discorde, du scandale et du despotisme; le despotisme chez ‘es maçons! Ignore-t-elle donc cette L- que la vaste chaîne qui nous réunit, n'embrasse que des hommes libres et non des esclaves ? (1)

Le but de l'association est rappelé sans cesse : « il a pour base l'amitié, l'égalité et l'amour des semblables ». Sans doute, qui veut faire le bien n'a besoin de consulter que son coeur; cependant des régles sont nécessaires ; l'on ne saurait autoriser la tenue de réunions maconniques dans les cabarets, ou dans les locaux communs avec des sociétés pro- - fanes, comme le firent a plusieurs reprises, les frères de Sazut-Frédérick, à Boulogne ou de la Constance, à Arras; il faut condamner également les jeux d'argent : « peut-on tolérer, en effet, que l'on substitue une aca- "démie de ce genre au temple paisible et sacré de l'amitié ? » (2)

Les loges affiliées versent au G~. O~. un don gratuit annuel, dont l'importance varie suivant le nombre des fréres et leur situation sociale. Cette redevance est fixée à trois livres par adhérent. Les fréres de la Fidélité trouvent la somme trop élevée et chargent le f-. Laffilard, leur député, d'obtenir une réduction (3). On décide, d'un commun accord, de fixer la contribution à un forfait de vingt-quatre livres par an (4).

Le G-. O~. intervient à différentes reprises pour demander aux loges de son régime des subventions spéciales, soit dans un but philantropique (construction d'hópitaux à Paris), soit pour concourir à la défense du royaume (acquisition d'un navire de 110 canons), soit, enfin, pour aider le gouvernement par une offrande patriotique.

Pour réagir contre l'indifférence qui, sous le régime de la G:: L+, présidait trop souvent aux relations des ateliers avec leur centre d'administration, on a imaginé la création de certificats (5). Le f.. Carbonnel de Canisy en recommande l'usage en ces termes : « Presque toutes les

(1) Circulaire du 19 janvier 1789.

(2) Circulaire du 13 juillet 1789.

(2) Livres d'architecture de la L.. de LA FIDÉLITÉ, tenue du 17 juin 1782. (4) Ibid. Tenue du 24 février 1783.

. (5) Cet usage remontait à plusieurs années ; sous la G.. L.. de France, la délivrance des certificats, payés 3 ou 6 livres, donnait parfois lieu à des trafics ; il n'était pas rare qu'ils fussent revendus 50 livres.

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