‹ La Franc-Maçonnerie Artésienne au XVIIIe SiècleChapitre 20 sur 71 · TOM · texte numérisé non relu

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logés des provinces sont composées de membres, qui ont parfois l'occasion de voyager et qui souhaitent, en venant à Paris, de pouvoir assister à toutes nos assemblées, tant générales qu'hebdomadaires ; pour cet effet, elles prennent pour leurs membres des certificats du G-- O~., qui leur sont délivrés à la réquisition des loges desquelles ils sont membres; ces certificats coûtent six livres. C'est à peu près les déboursés du G-. OS)

En terminant, le f.. Carbonnel de Canisy constate qu'au 30 mars 1775, plus de douze cents certificats ont été délivrés et que cet usage ne peut manquer de se généraliser.

Le G-- O-- est consulté par les ateliers de son régime sur toutes les auestions d'ordre intérieur qui présentent un certain intérét : rédaction des statuts et règlements, installation d'une loge, etc... Au mois de mars 1787, le vén - de Saint-Louis de Calais lui écrit : « Nos femmes, nos sœurs, nos parentes, nos amies, maconnes depuis longtemps, ne cessent de nous solliciter de vouloir bien régulariser leurs travaux et leur atelier formé sous le titre de la Bzenfazsance »; mais le G-. O~- révond, le 2 avril suivant (2), que ce sont là « simples délassements » et il met des conditions à son autorisation.

Ainsi se développent les relations entre les loges artésiennes et leur centre administratif.

Au sein des ateliers, le G-. O~. va mettre plus d'ordre et de régularité dans les travaux ; on lui devra encore l'unité dans les réglementations intérieures.

Les statuts des loges, conçus sur un méme modèle, ne différent entre eux aue sur des points de détails (3).

Le nombre des dienitaires de la loge est porté à douze par la nomiuation d'un f. garde des sceaux et de trois experts; le premier timbre et enregistre pièces d'architecture et parchemins: il répond du bon entretien des bijoux: les seconds instruisent les affaires contentieuses et remplacent les officiers absents. A partir de 1781, trois nouveaux offciers s'ajoutent aux précédents : le f~- architecte est chargé de la décoration du temple, des ornements et de l'entretien du mobilier; un auatrième expert vient aider les trois. autres; enfin, le f. maitre d'hótel règle la distribution des mastics et toudres et il veille à ce aue les ff. servants n'en abusent point (4): cette dernière expression désigne alternativement l'eau, le vin ou les liqueurs: il y a tout lieu de croire qu'ici, elle ne vise pas la première de ces boissons.

(1) Livres d'architecture de la L.. de la FIDÉLITÉ, Lettre du 30 mars 1775. (2) Arch. du G.. O.., planche à tracer du 2° jour du 2e mois 5787.

: (3) Nous avons pris pour guides LES STATUTS ET RÈGLEMENTS DE LA R.. L.. de Saint-Jean. régulièrement établie à l'O. d'Arras, sous le. titre distinctif de L'AMITIÉ VM.DCC.LXXXV. les Extraits du Livre d'Architecture de la dite loge, des 18 décembre 1781 et 8 février 1786, ainsi que les STATUTS ET RÈGLEMENTS de LA FIDÉLITÉ d'Hesdin et de LA CONSTANCE d'Arras.

(4) Mastic : nourriture ; poudre faible : eau ; forte : vin ; fulminante : liqueur. 1 ede

Sauf pendant les vacances, la loge doit s'assembler régulièrement chaque mois, sans convocation spéciale. Elle se réunit obligatoirement les 24 juin et 27 décembre pour célébrer les fêtes de la Saint-Jean d’été ei d'hiver. Pour les tenues extraordinaires, les frères reçoivent un billet de convocaticn qui leur est remis en main propre par le frère servant. S'ils arrivent en retard, ils doivent remettre, sur le champ, douze sols au frére hospitalier. Leur négligence profite aux pauvres.

Avant le commencement des travaux, le vénérable peut laisser les fréres converser librement, mais à la condition, toutefois, au'il ne soit point question « de matières relieieuses ou d'affaires d'Etat » (1).

L'ordre du jour comporte-t-il une élection ? Le candidat, dont les mœurs auront été reconnues irréprochables, doit réunir l'unanimité des voix. Une seule boule noire trouvée dans la « boéte » suffit pour que le scrutin soit renvoyé à la prochaine assemblée (2). Aprés trois épreuves, s'il y a toujours une voix opposante, le frére, dont elle émane, doit rendre visite au vénérable, pour lui expliquer les raisons de son vote. Nous ignorons si cet usage est spécial à la loge de l’Amitié d'Arras, où il existe en 1785.

— L’apprenti est tenu, avant sa réception, de remettre la somme de cept-vingt livres entre les mains du frère qui l'a proposé. Quarante-huit livres sont versées dans la caisse de la loge; le reste est employé à des œuvres de bienfaisance. Il est encore tenu « d'éclairer l'atelier » de cinq livres de bougies et de remettre trois livres au frére servant (3).

— Pour la réception aux grades de compagnon et de maitre, les illuminations sont moins brillantes et l'on n'y consacre que trois livres de bougies : les lumiéres augmentent, mais leur éclat diminue...

(1) Statuts et Règlements de la R.. L.. de L'AMITIÉ V.MDCCLXXXV. Art. 43.

(2) Art. 17. « Dans le cas de scrutin, un f.. expert donnera à tous les ff.. une boule blanche et une boule noire. » Art. 18. « La boule blanche sera toujours pour Je « OUI » de l'objet proposé, et la boule noire pour le « NON », quelles aue soient les conclusions du f.. orateur. »

(3) La cotisation, pour la réception au grade de « maitre », est, à L’AMITIE, de 72 livres ; le visiteur, pour se faire agréer, paie 24 livres ; par contre, celui qui veut devenir « compagnon » n'a aucune somme à verser. (Art. 55 à 61).

A Hesdin, les prix sont en général plus élevés :

Pour le premier grade symbolique . . . . 60 livres 4, livres de bougies à 4 livres. . . . ... . 16 Pour don gratuit à sa réception . . . . . 3m» AUX AES e SELVAS eere da i Se PU Ter eK ani. 33 io» SEO toos aes ess 82 livres Pour le second grade symbolique. . . . . 3 livres AURA SerValius 3. 95 2 25 9. (521. DUE Ne didis 1 livre 10 dro Enos o 4 livres 10 Pour le troisième grade symbolique. . . . 12 livres 2 livres de bougies :à 4 livres. —— ... . . 8 » : AN HIE T8 ASTA At Saa MEN A qr EE EME SISSE "Total 27 59 93 livres

(Statuts et règlements de la R.. L., de la FIDÉLITÉ, à l'O.. d'Hesdin, art. 49 à 51). 3 ;

Les travailleurs les plus zélés reçoivent un salaire : à la Saint- Jean d'été, chaque frère dépose, dans le /iroër du vénérable, douze pièces de douze sols, afin que, sous forme de jetons, chaque ouvrier présent à l’atelier puisse être payé (1).

Pour qu’on ne perde pas de vue que la bienfaisance est la « première vertu » des maçons, le tronc des pauvres circule à la fin de chaque tenue. Le produit de la quête est distribué, par le f~- hospitalier, suivant les instructions de la loge; cet usage, établi à la Fzdélité dès 1780 et à l'Amitié vers la méme époque, s'est généralisé, par la suite, en Artois.

. C'est au vénérable qu'incombe le soin de veiller au maintien de la discipline intérieure « afin que l'union, l'égalité et le bon ordre ne s’en écartent Jamais » (2). ` ;

Si un frère se rend coupable de quelque délit maçonnique, on ne doit sévir contre lui, qwaprès l'avoir préalablement entendu et lui avoir fraternellement procuré le moyen de se défendre, soit oralement, soit par écrit. ;

Toute « puissante coactive » étant inconnue dans l'ordre, la loge, en aucun cas, ne peut sévir contre le coupable (3); en punissant, elle n'ordonne pas, elle se contente d'inviter ; mais lorsque ses avertissements sont inutiles, elle plaint celui qui refuse de se soumettre et se fait un devoir de s'en séparer (4).

En outre de ces pouvoirs, le vénérable a encore la mission de veiller à ce que l'instruction des frères soit suffisante, et, dans ce but, il les convoque en « loge d'instruction »; il fait lui-même le catéchisme, non plus sur les titres pompeux et vides, autrefois en honneur, mais sur l'un des trois grades symboliques ; les intéressés doivent répondre à ses questions. Quand 1l s'aperçoit que le zèle des frères se ralentit, il les exhorte @ ne pas négliger leur instruction maçonnique. Nous lisons au procesverbal de la tenue de décembre 1780 : « Le vénérable ayant trouvé que la plus grande partie des frères étaient peu instruits, il leur a fait une douce réprimande en les invitant fraternellement à s'instruire à l'avenir et il a résolu qu'on n'accorderait de grades supérieurs qu'à ceux qui les mériteraient par leur zéle et leurs travaux » (5).

Octroyer des distinctions à ceux-là seuls qui en sont dignes! il semble que cette formule soit dictée par le bon sens et ne doive pas se discuter. I] fallut près d'un demi-siècle, cependant, pour que ce principe prévalut ..

(1) STATUTS ET RÈGLEMENTS DE LA L.. DE LA FIDÉLITÉ, à l'O-. d'Hesdin, art. 24. (1805, réimpression).

(2) STATUTS ET RÈGLEMENTS DE LA L.. DE L'AMITIÉ, art. 44 (1785).

(3) Le mot « coactive » est employé ici pour « coercitive ».

(4) STATUTS ET RÈGLEMENTS DE LA L.. DE L'AMITIÉ, art. 45. ee

(5) Livres d'architecture de la FIDÉLITÉ, tenue du 2 décembre 1780.

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