B. SOURCES IMPRIMÉES
Les ouvrages consultés, au cours de cette étude, peuvent étre divisés en cinq catégories. Aux premiers nous devons d'avoir pu apprécier le róle joué, au XVIII* siécle, par la franc-maconnerie. Certains ont trait à la vie des loges artésiennes : ce.sont les morceaux d'architecture, les procés-verbaux d'installation de loges, les poemes, ies discours et les rituels imprimés. Les pamphlets et les journaux forment une seconde série ; nous avons groupé, sous une troisième ` rubrique, les études qui nous permirent de comparer l'organisation maconnique en Artois et dans les autres provinces du royaume ; une autre catégorie est formée par les ouvrages anglais dont nous avons eu communication, soit au British Museum, soit au Record Office, à Londres, et grace auxquels nous avons pu identifier la personnalité de certains signataires de la prétendue bulle de 1745 et suivre Charles Edouard dans les séjours qu'il fit, avant Culloden, dans différentes villes du nord de la France. Enfin, nous avons appris à mieux connaitre l'histoire de l'Artois, en rapprochant les documents émanant de nos archives de ceux qui ont été publiés.
Etudes sur la Franc-Magonnerie au XVIII: siècle
a) Ouvrages de Contemporains. —- Nous avons lu avec profit l'Z75toire des obligations et statuts de la trés vénérable confraternité des francs-maçons, du f^. de la Tierce (1742), qui nous a permis de signaler les différences existant entre la traduction du texte anglais, que donne cet auteur, et celle de Daruty (1); l'année précédente, les Szatuts et réglemens des Free-Massons, avaient été publiés à Londres /1741) (2): pour comparer les pratiques, alors en usage, tant en France qu'à l'étranger, avec les cérémonies initiatiques de la maconnerie artésienne, nous avons parcouru, en outre, Les Francs-Maçons dans la République (1746) (3), L'ordre des Francs-Maçons trahis et le secret des Mopses révélé (1748) (4), L'Ecole des Francs-Magons (1768) (5); Enoch, le Vraz Franc-Macon (1773) (6). Nous avons connu la destinée de la secte
Ei
(1) De La Tierce, HISTOIRE, OBLIGATIONS ET STATUTS DE LA TRES VENERABLE CON- FRATERNITÉ DES FRANCS-MACONS, TIRES DE LEURS ARCHIVES ET CONFORMES AUX TRADI- TIONS LES PLUS ANCIENNES, à Franctort-sur-le-Mein, chez Francois Varrentrapp, M.D.CC.XXXXH, 1 vol. in-12 283 p.
(2) STATUTS ET REGLEMENS DES FREE-MASSONS, in-89 40 p., s. 1 ; 1741.
(3) LES FRANCS-MACONS DANS LA RÉPUBLIQUE Où RÉFLEXIONS APOLOGIQUES SUR LES PERSÉCUTIONS DES FRANCS-MACONS, par un membre de l'Ordre, Francfort (1746).
(4) L’ORDRE DES FRANCS-MACONS TRAHIS ET LE SECRET DES MOPSES RÉVÉLÉ, Amsterdam (1745-1748).
(5) L'ECOLE DES FRANCS-MACONS, Jérusalem (1768). (6) LE VRAI FRANC-MACON, QUI DONNE L'ORIGINE ET LE BUT DE LA FRANC-MACONNERIE ;
SES CEREMONIES, OUVRAGES ET USAGES, par f.. Enoch, de la Loge des VRAIS MACONS Liege, 1773. f
par les récits des contemporains : Histoire de la Franc-Maçonnerie (1779) (1), A pologie pour l'ordre des Francs-Maçons (1785) (2), par Les Etrennes au pape (1752) (3), la Lettre d'un Franc-Macon de la loge de Saint-Louis de Nimègue (1752) (4), la Lettre à M. Beurrier, prêtre missionnaire de la congrégation des Eudistes (1770) (5), la Lettre d'un docteur en théologie de l'Université de Louvain (1775) (6), Les jésuites chassés de la franc- maçonnerie (1788) (7) et par le travail de l’abbé Barruel, Mémoire pour servir à l'histoire du jacobisme (1797) (8); les journaux et les almanachs maçonniques du XVIII° siècle nous ont également fourni une partie de notre documentation ; citons parmi les premiers, l'Esprit des gazettes (1786-1787), le Bulletin de Paris (1786), le Journal Politique de Bruxelles (1786), etc...
La fondation du G- O~- de France ayant eu une inffasfice considérable sur les destinées des loges artésiennes, dont elle amena l'unification, nous avons voulu l'étudier sur des données précises.
Avant de nous faire une opinion sur cette délicate question, nous nous sommes reporté aux pieces originales. Nous avons consulté dans les Etats du G-- O-- (tome I, première partie), la circulaire du 26 juin 1773 (Q),notamment : I? extraits des procés-verbaux des assemblées tenues à partir du 5 mars jusqu'au 26 juin; 2? tableau des députés ayant pris part aux opérations de la Grande Loge nationale; 3? tableau des officiers du Grand Orient ; nous avons lu également la circulaire du 26 février 1776, qui contient l'ensemble des griefs articulés contre la Grande Loge, les Sta/uts de lOrdre Royal de la Franche-Maçonnerie en France, divisés en 4 Chapitres, formant une petite brochure in-4° de 35 pages ; le procès-verbal de l'installation du T~. S-- T= R- et T-. C- E= Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, duc de Chartres, prince
(1) HISTOIRE DE LA FRANC-MACONNERIE, in-189, à Londres (1779).
(2) APOLOGIE POUR L'ORDRE DES FRANCS} -MAÇONS, par M. N., membre de l'Ordre, La Haye (1785).
(3) ETRENNES AU PAPE OU LES FRANCS-MACONS VENGÉS. Réponse à la bulle d'excommunication, lancée par le pape Benoit XIV, l'an 1751, attribuée au chevalier de Lussy ; La Haye (1752).
(4) LETTRE D'UN FRANC-MACON DE LA LOGE DE SAINT-LOUIS DE NIMEGUE au vénérabie, pieux et savant E. Haverkamp, ministre du Saint-Evangile dans la méme ville, sur une partie de l'application du sermon dans lequel il attaque les Francs-Macons (1752).
.(5) LETTRE A M. BEURRIER, PRÊTRE MISSIONNAIRE DE LA CONGREGATION DES EUDIS- TES, sur le sermon qu'il a préché contre la Société des Francs-Macons, dans l'église de la Trinité, à Falaise, le samedi 1 décembre Du par un francmacon, à Falaise, broch. 8 p., 1770.
(6) LETTRE D'UN DOCTEUR EN THÉOLOGIE DE L'UNIVERSITÉ DE LOUVAIN A UN ÉTUDIANT EN DROIT DE LA MÉME UNIVERSITÉ, TOUCHANT LA FRANC-MACONNERIE, par Deckers, Louvain 1775, et réplique de Bols d’Arendonck.
(7) Nicolas de Bonneville, LES JÉSUITES CHASSÉS DE LA MACONNERIE ET LEUR POIGNARD BRISÉ PAR LES MAÇONS et LES JÉSUITES RETROUVÉS DANS LES TÉNÈBRES, 3 vol. in-18, Londres (1788); ne pas confondre Nicolas de Bonneville, illuminé de Weishaupt, né en 1760, avec le cie yauer de Bonneville, né en 1722 et fondateur dia CHAPITRE DE CLERMONT.
(8) MÉMOIRE POUR SERVIR A UHISTOIRE DU JACOBINISME, par l'abbé Barruel,
. 4 vol. in-18°, à Londres, de l'Imprimerie Francaise, 1797.
(9) 7 pages in-4° et annexes p. 9 et 32.
aS Sa
du sang, en qualité de Grand Maitre de l'Ordre royal de la Franche- Maçonnerie en France (1); enfin les circulaires du G^ O~- du 24 juin 1774 au 3 juillet 1777, avec les notices précédant les tableaux des loges, pour les années 1785 et suivantes. Mais nous ne pouvions omettre les règlements de la Grande Loge de 1756 et de 1762 (traduction hollandaise, 1762), les décrets des 9 mars et 27 novembre 1780; émanant du Souv-- Conseil des Excellens, rallié depuis 1772 à la Grande Loge de France et les différents tableaux des ateliers placés sous l'obédience de cette puissance maconnique.
Les réglements des loges sont les sources essentielles à ccnsulter par qui veut étudier la vie maçonnique d'un atelier. Nous possédons les statuts de la L-. de l'Azzzzzé d'Arras, pour 1785, de la L-- de la Fzdélzzé d'Hesdin, pour 1805, refonte d'une édition manuscrite antérieure (à Lille, de l'Iraprimerie H. Lemmens, rue Neuve, une brochure in-18, 36 pages).
Les rituels nous renseignent sur les initiations aux différents grades; nous avons comparé ceux de l’apprenti, du compagnon, du maitre et du Aose-Crozx, qui, au XVIII siècle, servaient à l'instruction des frères de la Fidélité, avec le Tucleur Général de la Franc-Maçonnerie, rédigé par Ragon et qui est considéré comme le modèle du genre. Dans les procès-verbaux imprimés d'installation de loges, nous avons puisé d'utiles indications sur les usages maçonniques; signalons ceux de la l.^ de Sophie Magdeleine, reine de Suède, d'Arras, du 10 juin 1783 (Arch. départ. du P.-de-C.), de la L-- des Cars Choisis, de Doullens, du 11 février 1786 (Arch. mun. d'Hesdin), de la L~- de Sazut-Frédérick des Amzs Choisis, de Boulogne-sur-Mer, du 27 janvier 1789 (Arch. du G-. O--); celui, enfin, de la loge de l’Espérance, d’Arras (4 juin 1835), inauguré par les;soins du Ts 4. et RP. Ce Jubé maréchal de camp en retraite, qui nous fournit quelques termes de comparaison (Arch. dép. du P.-de-C.).
Les discours que nous publions sont extraits des livres d'architecture des loges de la Fzdélzté d'Hesdin, de ?Amztzé de Sophie Magdeleine d'Arras, de l'Auzore de la liberté de Béthune, de la Réunion d'Aire, de Sazut-Frédérick et de l'Amitzé de Boulogne-sur-Mer; nous v avons puisé d'intéressants détails sur l'esprit maçonnique de ces ateliers.
Les poèmes et les chansons bachiques proviennent, pour la plupart, soit de ces différents registres, de procés-verbaux, dans lesquels ils ont eté insérés, soit de piéces détachées, soit d'une brochure rarissime intitulée : Essais d Architecture Mac--que, par le f^ Valentin Roty, membre de la R“. L:. de la Constance (2).
b) Ouvrages postérieurs du X VIII siècle. -— 1° Nous nous sommes souvent reporté aux histoires générales de la franc-maçonnerie, notam-
(1) Une brochure, in-4°, 23 p.
(2) A Arras, de l'imprimerie du F.. Leclercq, libraire et relieur, 5807 ; une broch. in-12, 93 pages.
ment à Thory, Hzszozre de la fondation du G-. O-. de France (Paris 1805); cet auteur, dont l'érüdition est grande, aurait collaboré avec le {+ Delecourt, vén-- de la Constance d'Arras, pour établir la fameuse charte attribuée à Charles Edouard; nous avons également consulté : Caignard de Mailly, Recherches sur l'origine, l'essence, le but des divers "es maconniques (1);les deux ouvrages de Bazot : Morale de la francmaçonnerie et Manuel du franc-maçon (2); Grégoire, Histoire des Seczes (3); Bésuchet, Précis historique de la franc-maçonnerie (1829) (4); F. T. B. Clavel, Zzszorzque pittoresque de la franc-maçonnerie et des Sociétés secrèles anciennes et modernes (Paris 1844); Findel, Histoire de la franc-maçonnerie, depuis son origine à nos jours (1866) (55.
Dans ses Recherches sur le Rite écossais, ancien et accepté (6), Daruty donne d'utiles renseignements sur les débuts de la franc-maçonnerie et sur son évolution; son impartialité est soumise à rude épreuve, lorsqu'il défend les hauts grades ou qu'il apprécie les différends survenus entre la Grande Loge et le Grand Orient de France.
Parmi la multitude d’ouvrages contemporains publiés sur la secte, nous avons surtout retenu :
Deschamp et Cl. Janet, Les Sociétés secrètes et la Révolution (Paris, 1883); Francois Bournand, Hzstozre de la franc-maçonnerie, des origines à la fin de la Révolution française (1905) (7); Gustave Bord, la Franc-Maçonnerie en France, des origines à 1815 (8).
Cet auteur met en œuvre des documents fort intéressants, bien qu'incomplets ; rien d'étonnant, du reste, car nul ne peut prétendre avoir dit le dernier mot, en aucune matière.
Nous avons reproduit quelques pièces citées par M. Bord dans ses ouvrages et fait état de renseignements qu’il nous a obligeamment com- Inuniqués.
Souvent, nous nous séparons de cet auteur : l'idée d'égalité, telle que la comprenaient les maçons du XVIIT* siècle, n'était pas éminemment subversive; les livres d'architecture de nos loges artésiennes le démontrent à chaque page. Il est encore moins vrai de prétendre qu'elle ait eu une influence décisive sur les destinées de la Révolution. L’Ecossisme, avec ses multiples degrés, s'adressait à l'instinct d'inégalité et il finit par triompher, méme au Grand Orient, sous l'admunistration du duc de Montmorency-Luxembourg, qui fit adopter une échelle de hauts
grades. |
(1) ANNALES MACONNIQUES, Paris, 5808.
(2) Paris, 1811, in-189, et Paris, Boiste fils, 1828.
(3) Grégoire, HISTOIRE DES SECTES RELIGIEUSES, 2e édit. 1828.
(4) Paris, Rapilly, 1829.
(5) Traduit de l'allemand par E. Tandel.
(6) Daruty, RECHERCHES SUR LE RITE ECOSSAIS, ANCIEN ET ACCEPTÉ, précédées d'une HISTOIRE DE L'ORIGINE ET DE L'INTRODUCTION DE LA FRANC-MACONNERIE EN ANGLE- TERRE, EN ECOSSE ET EN FRANCE, Paris, 1879. y
(7) Paris, Daragon, 1905, in-16. 1
(8) T. L, Paris, Nouv. Lib. Nationale, 1908. \ i
Citons enfin l'excellent ouvrage de M. Paul Duchaine, sur la Franc- Maçonnerie belge au XVIII siècle (1) travail d'une lecture facile, d'une information abondante et süre. Nous devons à cet aimable confrere du barreau de Bruxelles, la planche si originale de « l'initiation d'un maitre au XVIII* siécle ».
2? Nous n'avons pas négligé les journaux et pamphlets contemporains de nature à nous édifier sur les principales critiques adressées à la secte; nous avons lu parmi les premiers, la Chaîne d'Union (Paris 1872), Ars quatuor coronatorum (Londres 1891-1908), ainsi que différents articles publiés dans l'Acacza, la Revue Internationale des Soctétés secrètes, etc., et parmi les pamphlets : Bertrand, La franc-maçonnerie secte juive (1902) (2); Louis Dasté, La franc-maçonnerie et la Terreur (1904) (3); Copin-Albancelli, La conjuration juive contre le monde chrétien (19CQ) (4), etc...
Il ne suffisait pas de décrire le mouvement magonnique en Artois : une étude de ce genre n'a d'intérét qu'autant que, sortant du cadre étroit de la province, l'on étend au dehors le cercle des investigations. Nous avons donné tous nos soins à cet examen comparatif ; les principales sources auxquelles nous avons puisé sont : Charles Bernadin, Nozes pour servir à l'Histoire de la franc-maçonnerie à Nancy, jusqu'en 1805 (5); E. V. (Vacheron), Ephémérides des loges maçonniques de Lyon (Lyon 1875); ; J. Se Dee loges maçonniques de Toulouse, de 1740 à à 1815 (6); PESARO De J Essai historique sur les francs-maçons à Caen (1860); Jules Pb EE loges maçonniques de l'Angoumois (7); Red Lefèvre, Réminiscences maçonniques d'histoire générale et de Basse- Bretagne (8); X", Eglise et franc-maçonnerie à Montbéliard (9) ; E. de Loucelles, Hzstotre générale de la franc-maçonnerie en Normandie ; Charpentier, La loge maçonnique de Montreuil-sur-Mer1761-1809 (10) ; A. Mazon, Quelques notes historiques sur la franc-maçonnerie dans l'Ardèche avant et après la Révolution, du D" Francus (11); enfin et surtout, François Vermale, La franc-maçonnerie savoisienne à D époque révolutionnaire (1912) (12).
LA
(1) LA FRANC-MACONNERIE BELGE AU XVIII? SIÈCLE, par Paul Duchaine, avocat près la Cour d'appel de Bruxelles, avec préface par le comte Goblet d'Alviella, ouvrage couronné par le Grand-Orient de Belgique. Bruxelles, Pierre Van Pléteren, éditeur, 1911, in-8°.
(2) Paris, Bloud, édit. 1903, in-16.
(3) Paris, Secrétariat de la Ligue Patriotique des Françaises, 1904, in-12.
(4) Paris, LA RENAISSANCE FRANCAISE, 1909, in-16..
(5) 2 vol. in-4°, Nancy 1910.
(6) La Révolution Française, 15 février - 15 avril 1901.
(7) Broch. in-8°, La Rochelle 1894, Bibl. Nationale, K. 3. 4163.
(8) Broch. in- 189, Morlaix, 1899. Bibl. Nat., in-8° H. 6. 373.
(9) Broch. in-16, 1910, Bibl. Nat. 89 H. piece 1039.
(10) Paris 1894, plaq. 12 p. in-8°.
(11) Broch. in-16, Privas 1896, Bibl. Nat. 4. K”2320.
(12) Francois Vermale, LA FRANC-MACONNERIE SAVOISIENNE A L'ÉPOQUE RÉVOLU- TIONNAIRE, d’après les registres secrets, préface de M. Albert Mathiez, Paris, Leroux éditeur, 1912, in-8°.
—Ó | ae
L'indication de ces ouvrages nous était fournie, soit par les bibhographies d'Albert Lantoine (1), de Paul Fesch, J. Denais et René Lay (2), soit par nos recherches personnelles.
Pour fixer les époques des différents séjours, qu'avant Culloden Charles-Edouard fit en Artois, nous avons consulté, au British Museum et au Record Office, à Londres, un certain nombre d'ouvrages anglais et en particulier : John Heneage Jesse, Memoirs of the Pretenders (London,18585 (3); Ewald, The Young Pretender (Stuart Papers): Hohn Home, esq. The History of The Rebellion in the year 1745 (London, 1802) (4); Andrew Lang, Prince Charles Edward Stuart (London, 1003) (5); An authentic account of the conduct of the Young Chevalier (London, 1740) (©; W. Drummond Norie, The Lite and adventures of Prince Charles Edward Stuart (L Sadon) (7); À letter from H.-G... Esq. (London, 1750) (8).
Enfin, pour identifier la personnalité du comte de Pembrocke, celle de lord Berkley, signataire de la bulle de 1745 et de plusieurs compagnons du Prétendant, nous nous sommes référé a The Complete Peerage of England, Scotland, Ireland, by Gec (London, 1912) (0), et à The Encyclopedia Britannia (T. XXT).
Les Francs-Macons dans la vie artésienne
Ces documents réunis, restait à étudier le róle joué par les loges artésiennes dans la vie municipale ou provinciale, soit sous l’ancien régime, soit pendant la Révolution; les frères s’étaient-ils mêlés aux querelles locales? Avaient-ils fait partie des Assemblées échevinales ? Et là, quelle avait été leur attitude ?
Pour répondre utilement à cette question, il était nécessaire d'évoquer l’histoire de l'Artois au XVIIP siècle. Nous avons consulté, sur cet objet, les pièces originales conservées aux archives du Pasde-Calais (séries B, C, E, L), et ce n’est qu’exceptionnellement que nous nous sommes reporté à certains ouvrages, dont : Hesdznfort, par Jules Lion (1882) (10), et Arras sous la Révolution, par E. Lecesne (1882) (11),
Une ville, dont le renom est resté célébre dans les annales de
(1) Albert Lantoine, DE LA BIBLIOGRAPHIE MACONNIQUE, Paris, col. du « Symbolisme », 1913.
(2) Paul Fesch, J. Denais et René Lay, BIBLIOGRAPHIE DE LA FRANC-MACON- NERIE ET DES SOCIÉTÉS SECRÈTES, Paris, 5, rue Saint-Simon (en cours de pub., fas. 1 et 2).
(3) Br. 9502, a. 3.
(4) Br. 194.
(5) Br. 2404 b. 4.
(6) Br. 10. 806. b. 13.
(7) Br. 10.-805. f. 22.
(8) Br. 10. 806. b. 90.
(9) Record Office 16. 5. B.
(10) Amiens, Typ. Delattre-Lenoel, 2 vol. in-8°.
(11) Arras, Sueur-Charruey, imprimeur, 3 vol. in-8°.
D Dom
l’époque terrible qui a bouleversé la France, une ville capitale de la province, centre de notre étude, devait spécialement attirer nos recherches. Le récit complet des événements qui se déroulèrent à Arras, accompagné des noms de tous ceux qui y tinrent un rôle quelconque, ne pouvait échapper à celui qui était appelé à juger de l'infiuence de la franc-maconnerie à cette époque. Aussi est-ce pas à pas que nous avons suivi Lecesne dans ses trois volumes, pleins de faits et de noms, le tout appuyé de documents authentiques et de preuves irréfutables.
Nous avons également lu avec profit J. A. Paris, Hzstozre de Joseph Le Bon (1), La jeunesse de Robes pierre (2), par le méme auteur, et enfin, abbé A. Deramecourt, Le Clergé du diocèse d'Arras pendant la Révolution (3).
Respectant les opinions de l’un et l’autre, nous avons simplement profité de leur vaste documentation.
Ayant à commenter les différents bulles pontificales et à expliquer la présence des ecclésiastiques dans les loges, nous nous sommes reporté aux Remontrances du Parlement de Paris au XVIII: siècle, de Flammermont (4) et au Recueil des instructions données aux Ambassadeurs et Ministres de France, de Gabriel Hanotaux (5). Cette question était intimement liée à celle des libertés galicanes ; en outre des ouvrages de Pithou et de l'abbé Fleury, nous avons consulté : Grégoire, Æssaz sur Les libertés gallicanes (6) ; André Mater, L'Eglise catholique, sa constitution, son administration (7),et Albert Mathiez, Rome et le Clergé sous la Constiluante (8).
Enfin, pour esquisser nos profils de maçons artésiens, nous avons puisé aux sources les plus variées : nous avons étudié la psychologie des Jacquemont du Donjon, dans les remarquables travaux que leur a consacrés M. Arthur Chuquet (9) ; celle d'Antoine Buissart dans sa correspondance inédite, conservée aux Archives du Pas-de-Calais (10) ; de plus, les renseignements nouveaux, puisés dans le dossier Braquehay ,qui nous a été obligeamment communiqué par M. A. Mathiez, nous ont permis de camper la silhouette si originale de Poultier d'Elmotte.
Comme on le voit, les sources de cette histoire sont aussi nombreuses que variées ; de par leur nature méme, elles se trouvaient dis-
persées en maints endroits ; aussi savons-nous gré à tous les colla-
(1) Arras, Rousseau-Leroy, 2 vol. 1864.
(2) Arras, ibid. 1870.
(3) Arras, 4 vol. in-8°.
(4) Bib. Nat. L. 45 ; 30 B. bb.
(5) Tome IV.
(7) Au bureau du Censeur.
(6) A. Colin, Paris, 1906.
(8) A. Colin, Paris, 1911.
(9) ETUDES D'HISTOIRE, série III.
(10) Arch. dép. du P.-de-C. Fonds Barbier. Liasses 119 et 120.
borateurs bénévoles qui, en nous facilitant nos recherches, nous ont aidé dans notre tache.
Notre reconnaissance va d’abord à notre maitre, M. Albert Mathiez, professeur à la Faculté des Lettres, qui, avec un inlassable dévouement, a bien voulu guider nos efforts, nous faire bénéficier dé sa grande expérience et de son excellente méthode de travail ; notre ami M. Colonna-Césari, consul de France, chef du Secrétariat au Ministère des Affaires Etrangères, nous a communiqué de précieux renseignements sur la correspondance diplomatique échangée à l'occasion de la bulle « In eminenti » ; sur le méme objet, Mer Ugolini, sous-archiviste du Vatican, nous a fourni d'utiles . précisions ; à MM. Collilieux, agrégé de l'Université et professeur honoraire, Dubiez, ingénieur des Mines, à Mons, Bernard Wellhoff, receveur municipal, à Lille, Lemaitre, publiciste et ancien conseiller général du Pas-de-Calais, nous devons la connaissance de documents maconniques intéressants ; ce dernier nous a permis de contróler et de compléter, par les Archives du Grand Orient, les renseignements puisés dans les collections publiques et privées ; nous sommes redevable à notre ami M. Georges Normandy, homme de lettres, de tout le curriculum vitce de dom Broucqsault, bénédictin et membre de la loge de Fécamp, qui, originaire du diocese de Saint-Omer, revint à plusieurs reprises dans son pays natal et visita ses frères de la Frdélité ; M. Gustave Bord, l'historien bien connu, a entrouvert pour nous le trésor de ses archives ; ajoutons que les recherches que nous avons faites à Londres ont pu étre menées à bien, gráce à l'obligeance charmante de M. Charles Edouard Jerningham, l'excellent écrivain, et de Madame Boswell-Ried, à qui aucune question maçonnique n’est étrangère.
Nos recherches aux Archives Nationales ont été grandement facilitées par l’aimable concours de M. Schmidt, archiviste. Enfin, M. Brun, sous-archiviste au Ministère de la Guerre, a mis à notre disposition, avec une parfaite bonne grâce, les notes intéressant les officiers qui, au XVIII‘ siècle, appartenaient aux ateliers de l'Artois.
Parmi les personnes qui nous ont fait confiance, nous permettant d'utiliser les brochures contemporaines, les documents inédits, les journaux, les pamphlets et quelques correspondances de l'époque, il se trouve des partisans comme des adversaires de la franc-magonnerie. Les uns et les autres se rendront compte, en lisant les pages qui vont suivre, que nous nous sommes efforcé de rester strictement juste et équitable ; nous avons voulu bannir la passion d'un sujet qui en comporte trop d’ordinaire. A l'instant où nous écrivons ces lignes et en toute sincérité, il nous serait impossible de dire en faveur ou aux dépens de qui nous avons pu, à notre insu, étre partial.
Sans doute, nous n'avons pas fait à la franc-maçonnerie la part brillante que certains auteurs prétendent lui attribuer dans l'élaboration des journées révolutionnaires, mais nous avons reconnu son ceuvre éducative, bien plus conforme aux régles qu'elle s'était don-
mon
nées et, en cela, nous n’avons été guidé que par l’unique souci de la vérité rate
Nous avons abordé cette délicate étude sans idée préconçue, sans parti-pris, notant les fautes et les erreurs des uns, blámant la vanité et la présomption des autres, mais rendant hommage aux vertus civiques et aux talents, ane fois que nous les découvrions.
Nous croyons avoir rendu justice a tous.
Arras, le 1* Mai 1914.