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L'ATELIER, SES SALLES, SON MOBILIER

A l’origine, des dessins à la craie, sur le parquet, constituent la seule décoration intérieure du temple.

A partir de 1772, les frères s'installent dans leurs meubles. Inventaire d'un mobilier de loge.

Inauguration du temple de l'Amitié (1780).

Rien, à l'extérieur, ne désigne à l'attention du profane l'immeuble occupé par la loge. C'est une maison comme toutes les autres ; les fréres, n'ayant pas à se cacher pour s'y rendre, ne l'ont pas nécessairement choisie dans un quartier retiré : les rues des Capucins ou de la Madeleine, à Arras, la place du tO E à Hesdin, sont des plus fréquentées.

Les loges artésiennes n'ont pas dû connaitre, sauf la Constance, pendant quelques mois, la période des tenues dans les cabarets ou is auberges.

Le mobilier est trés rudimentaire, a l’origine; il ne décéle aucun souci de confort.

Les premiers frères de la Fidélité reçurent l'hospitalité dans un bâtiment militaire et ne payèrent aucun loyer. On mit gracieusement à leur disposition chaque semaine, à un jour donné, et pendant quelques heures, une pièce que le maître de céans garnit de quelques chaises et de bancs. Pour les tenues, on formait simplement deux lignes de sièges, figurant les colonnes du Nord et du Midi ; le vénérable prenait piace sur un fauteuil, à l’une des extrémités.

Pour les initiations, les frères possédaient probablement un « tapis » sur lequel étaient peints les différents dispositifs du Temple de Salomon; on se contentait de le dérouler sur le parquet.

Il est vraisemblable qu'au début, l'on ne disposait méme pas de cet accessoire ; un macon zélé s'emparait d'un bout de craie et dessinait, à méme le sol, les principaux attributs nécessaires pour la céré-

` monie ; à l'issue de celle-ci, on s'empressait ee oc tous les hiéro-

elyphes:

Ce n’est qu'après 1774 que les maçons artésiens prirent goût aux fêtes brillantes, aux réceptions, et aux bals donnés dans le local de la loge. : |

Bien que nous n'ayons méme pas reçu le grade d’apprenh et que la porte du temple doive nous rester fermée, un frère, au risque d’encourir les pires disgrac es, veut bien nous faire visiter le local de lAmutzé, d'Arras ; suivons-le Gi. i

La première pièce que nous rencontrons, après avoir T le seuil, est le parvis, ot l'on fait attendre toute personne inconnue ; il est suivi de la salle des pas-perdus. Dans un coin, une armoire qui contient autant de tiroirs qu'il y a d'adhérents, permet à chacun d'eux d'y déposer son « architecture particuliére », c'est-à-dire ses habits, ses bjoux, ses dictinctions maçonniques.

L’atelier occupe le salon du rez-de-chaussée, vaste salle de trente-trois pieds de longueur, sur vingt-et-un de largeur, garnie de tables triangulaires, à l'usage des officiers, et de dix bancs sur lesquels prennent place les fréres

Une galerie de vingt-cinq balustres en orne le pourtour. Au centre, un lanterneau laisse filtrer l'air et la lumiére des « quinquets ».

Deux lampes à esprit de vin, décorées d’attributs maçonniques, complétent l'éclairage (2). Des chapiteaux surmontés de « pots à flammes », quatre bancs recouverts de serge bleue, des porte-voix, le chandelier à sept branches, la pierre creusée, l'étoile à trois triangles et, sur les murs, des cadres divers complétent le mobilier de la salle.

Sa disposition intérieure et sa décoration varient suivant les travaux de l'assemblée ; nous voyons, aujourd'hui, à l'O-- le trône et l’équerre ; à l'Occ-- deux colonnes d’airain, le niveau, la ligne d'aplomb ; au Midi, la planche à tracer et la pierre brute; au Nord, ia truelle et la pierre cubique à pointe ; au centre, les plans mystérieux éclairés par trois grandes étoiles (3).

Les principaux officiers ont, devant eux, une table triangulaire : celles du vénérable, du premier et du second surveillant sont éclairées par trois étoiles ; l'une est garnie de l'équerre et du compas de pur métal, du livre d'or, des statuts, du glaive, et du premier maillet de l'atelier ; l'autre, du niveau, et du second maillet ; la derniére, de la ligne d'aplomb et du troisiéme maillet ; les tables de l'orateur et du secrétaire ne recoivent que deux étoiles ; elles portent, l'une les statuts et les planches à tracer relatives aux délibérations, l'autre le livre d'architecture et le tableau de la loge.

(1) Renseignements extraits du Livre d'architecture de la R.. L.. de PAMI- TIÉ d'Arras, du 8 février 1786, et de ceux de la R.. L.. de la FIDÉLITÉ d'Hesdin, de la méme époque. :

(2) Ces lampes ont été achetées à Paris par les soins du f.. Deladerriére, qui écrit, en les envoyant, qu'« elles font un bruit et dégagent une clarté qui effraie les profanes ».

(3) Etoile veut dire lumiére. OME UE

quart PE

s Une seule étoile éclaire les tables du trésorier et du garde des sceaux, qui ont sous les yeux les registres et objets relatifs à leurs fonctions (1). `

Montons à l'étage. Voici, d'abord, la « chambre d'hospitalité », . pour les frères visiteurs indigents ; elle peut recevoir plusieurs personnes. La salle des banquets, qui lui fait suite, donne sur le jardin ; c'est là que se réunissent les dames de la loge d'adoption.

Cette piéce communique avec la cuisine, pour les facilités du service ; elle est garnie d'une table en fer à cheval, de chaises et de bancs.

En face de l'escalier nous rencontrons la salle oà sont conduits les frères visiteurs avant leur présentation à l'atelier ; elle est décorée de cadres contenant les noms des loges affiliées et la copie authentique des réglements particuliers, datés du 30° jour du 7° mois 5781.

Telle est la disposition générale des salles de la loge de l'Azzztzé, ATO d'Arras (2).

Le local que nous venons de: visiter a été inauguré dans les premiers jours de l'année 1780. Pour cette cérémonie, le vénérable, le f~- < Colin, procureur au Conseil d'Artois, accompagné du premier et du

(1) Tous les autres Titres, Registres, Piéces, Planches tracées et les Archives de la Loge sont déposées à lOco.., dans l'intérieur de la colonne B, Sous la garde du f.. chargé de la correspondance.

(2) Nous avons découvert l'inventaire du mobilier de la FIDELITE d'Hesdin,

du 9 aoüt 1805 ; nous le publions, bien qu'il soit postérieur au XVIIIe siécle, "parce qu'il est trés vraisemblable que la plupart des objets énumérés faisaient partie du mobilier de l'ancienne loge :

.24 sabres appartenant au 72° Rég*., 1 cercueil, 1 quinquet à trois branches avec pla- 1 téte de mort, tine et pavillon chinois, 1 encrier triangulaire, 6 quinquets avec leur garniture, 1 encrier rond, 4 garde-vues, 1 chandelier triangulaire en bois, 3 boites fer blanc pour transparents, 2 porte-voix en fer blanc, 7 chandeliers de buis, f | 1 plat coupé en fer blanc, 2 grands chandeliers de cuivre... à 1 drap de lit à M? Dreux, la pierre, 1 matelas rembourré en foin, 1 petit chandelier de cuivre... à la 1 couverture de serge noire, pierre, 1 bascule avec son pied, 2 fauteuils en soye à Me Abraham, 6 planches réunies formant le ton- :8 tables triangulaires, nerre, 1 table quarrée, 1 pot à eau et son couvercle; 4 grands bancs à franges et rem- 2 planches à Clous, bourrés, © 3 petites maillettes d'ivoire, . 4 petits bancs sans franges et rem. 1 gros maillet en bois, — pourrés, 1 équerre 3.5»

Sb pelle en fer à M? Dreux, 1 ciseau » »

1 pincette en fer, 1 compas S»

1 marche-pied triangulaire, 10 bijoux avec cordons, 2 coussins triangulaires, 1 balot de crin, - 1 boite triangul. pour les scrutins, 1 tamis de crin, 1 tableau de loge, peint des 2 côtés, | 2 saliéres en bois, 2 troncs en fer blanc, 1 chassis d'entrée, 94 chaises garnies de paille, 1 représentation triangulaire en bois - t sac -des propositions, ' toD peint en noir,

1 grande table en fer à cheval, | 1 armoire en bois peint en noir,

er 170 —

second surveillant, des ff. Spitallier de Seillans, prêtre oratorien, et Du Quesnoy, avocat et négociant, s’est rendu sur le parvis du temple; le f.. Prévost d’Antrceuil, seigneur de Wailly, architecte, portant le glaive de la loge, s’avanca vers la porte de l’atelier, pour guider les frères qui marchaient sur deux colonnes et précédaient les officiers dignitaires, tous sans bijoux, sans ornements. La salle n'était éclairée d'aucune lumière. Les intéressés y furent introduits et prirent leur place en silence. Le vénérable se tenait sur un simple siége au bas de l'autel ; il fit faire du feu nouveau, y alluma l'étoile que le fservant tenait à la main et, accompagné des deux surveillants et de l'orateur, le f-- Le Sage, avocat du roi, il se rendit à la table triangulaire du premier surveillant, lui attacha le cordon et le « décora de son office » ; il agit de méme pour le second surveillant, l'orateur et le secrétaire, le f-. Deleville ; puis, ayant été conduit au tróne par ses quatre premiers officiers dignitaires, il y fut revétu par le second surveillant, du bijou et du cordon de vénérable ; enfin, il gravit les trois marches.

Alors, les fréres servants allumérent toutes les étoiles et les portes du temple furent ferinées. Les fréres se levérent, tenant l'épée à la main gauche et avant la main droite sur la cœur. Le vénérable f-- Colin, aprés avoir jeté des parfums sur des charbons ardents, prononça un discours, debout et un glaive à la main ; il dit toute sa joie de présider une telle cérémonie et la loge retentit des applaudissements mystérieux des fréres. Les portes furent ouvertes, pour marquer que tout le peuple maçonnique pouvait contempler le nouvel édifice, consácré aux travaux de l'Art Royal et à la gloire du Grand Architecte de l'Univers (1).

Puis l'atelier ayant été fermé, les portes bien closes, et chacun ayant repris sa place, le vénérable procéda, en la maniére accoutumée, à l'ouverture des travaux...

Inventaire du 15 octobre 1807 :

1 chandelier à 7 branches,

3 croix avec leur piédestal du Vénérable,

1 draperie d'autel, ornée de franges,

90 épées, -

11 fauteuils garnis en bleu,

1 tableau des statuts règlementaires d'une L..,

1 ventilateur garni de fer blanc,

7 transparents, (Arch. mun. d'Hesdin).

1 poignard en bois,

1 tambour d'entrée de la planches,

1 escalier de grenier,

1 piédestal renfermant le Delta,

1 drap noir,

1galerie en bois tourné, employée au ventilateur de la chambre de réflexion.

Coria] om

(1) Ces détails sont empruntés au procés-verbal d'installation de la L.. DE SOPHIE-MAGDELEINE, REINE DE. SUEDE, à l'O. d'Arras (br. in-12, 38 p., Arch. dép. du P.-de-C., fonds Barbier) et à la planche à tracer de l'inauguration de la L.. de L'UNION DE LA SINCÉRITÉ, à l'O-. de Troyes (9 nov. 1783) ; LA FRANC-MACONNERIE A TROYES, par Emile Socard. (Mémoires de la Société Académique de l'Aube, tome IV, 3° série, p. 119).

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