‹ La Franc-Maçonnerie Artésienne au XVIIIe SiècleChapitre 36 sur 71 · PANNES · texte numérisé non relu

PANNES

réforme du G-- O... Quelle en est la raison ? Pourquoi ce besoin de cacher, à la poste aux lettres, l’existence des ateliers maçonniques ?

C’est que, dans certains pays, ceux-ci étaient l’objet d’une surveillance occulte de la part des agents de cette administration : dans les Pays-Bas, par exemple, on avait établi, depuis 1757, un véritable réseau d'informations, dont tenait les fils le prince de Tour et Taxis, Grand Maitre des Postes impériales (1).

Une surveillance de ce genre existait-elle en Artois ? Les fréres avaient-ils des raisons de se défier des indiscrétions ? Nous ne saurions le dire, mais nous devons constater que le moyen employé était bien illusoire.

Des précautions plus sérieuses pouvaient méme étre prises, soit en envoyant la ccrrespondance poste restante, comme a Abbeville, soit a l'adresse du vénérable, ainsi que cela se pratiquait parfois à Hesdin.

Les maçons artésiens ne déployérent pas plus d’imagination dans la création des grades que dans le choix des symboles; ils se contentèrent d’adopter la plupart des innovations de nature a flatter leur amour-propre.

Les trois degrés d’apprenti, compagnon et maitre contiennent tout l'ésotérisme maçonnique. Ils auraient suffi à établir une sage hiérarchie, basée sur le seul mérite (2).

Mais c'était là une solution trop simple. Ramsay avait accompli une réforme néfaste en portant à sept, le nombre des grades et en les introduisant en France sous le couvert de la Mére-Loge de Kilwinning. Il eut des imitateurs dont rien n'arréta la fantaisie : un rite devait bientót naitre qui compta. quatre-vingt-dix degrés (3).

Ces innovations répondaient à deux besoins; elles satisfaisaient la vanité humaine et procuraient des fonds. .

Les Jacobites, réfugiés en France, battaient monnaie avec ces grades. Sans doute, Charles-Edouard se montrait plus désintéressé que ses partisans : il avait trop de fierté pour se prêter à de telles compromissions. Du reste, son parent, le duc de Bouillon, lui venait en aide et son pére était pensionné par Rome. Sa mére requt une hospitalité luxueuse à Saint-Germain, de Louis XIV d'abord, du gouvernement de la Régence ensuite. Mais s'il était au-dessus de ces petits trafics, du moins laissait-il faire ce qu'il ne pouvait empécher.

Les Ecossais font commencer une série de grades, après celui de maître (4) Pour les comprendre, il faut se reporter à l'entreprise

(1) Pau] Duchaine, LA FRANC-MACONNERIE BELGE AU XVIIIe SIECLE, p. 58.

(2) C. f. Oswald Wirth, SYMBOLISME HERMÉTIQUE, pp. 93 et 94, Ragon, RITUEL DE L'APP. MACON, p. 14.

(3) Le rite de Misraim, qu'on tenta d'introduire à Saint-Omer. (4) C'est ce que l'on appelle couramment l'Ecossisme ou hauts grades.

que conçut Salomon de bâtir un temple à l'Eternel. Ce monarque confie la direction des travaux à Hiram qui divise ses ouvriers en trois classes : les apprentis, les compagnons et les maitres. L'initié qui reçoit le premier grade, apprend la mort de linfortuné architecte, assassiné par trois misérables, jaloux de sa gloire ; l'Elu sait que les coupables ont été découverts et punis, car tôt ou tard, le crime reçoit son châtiment ; l’Ecossais assiste à la cérémonie de la dédicace du temple dont le Sozv-. Commandeur conserve précieusement les clés; l’œuvre de Cyrus est le sujet d'un autre grade : Zorobabel va se présenter devant le roi; il a le front couvert de cendres et pousse des gémissements ; il se prosterne au pied du trône et annonce que, pour que les hommes de bien vivent plus unis et puissent se reconnaitre, il faut un mot de passe; on le sacre donc Chevalzer d'Orzent, en lui donnant une écharpe parsemée de tétes de morts et d'ossements sur laquelle est représenté un pont traversant une rivière, en souvenir de sa victoire sur les sujets du roi de Cyrus, qui l'ont attaqué par traitrise; le Chevalier d'Occident, dont le grade est tiré de l'Apocalypse, le reçoit dans la loge qui représente le ciel, tel qu'il est décrit par Saint-Jean; le Sublime Philosophe étudie l'or, ce métal source de tant de crimes et d'horreurs et dont nous devrions pouvoir nous passer; au Chevalzer du Soleil revient la recherche de la pierre philosophale et de l'élixir de longue vie, cher à Cagliostro; le Souverain prince Rose-Croix apprend les mystéres de la mort et de la résurrection du Christ ; il étudie l'incarnation du Souverain Maitre de la nature qui, pour l'amour des hommes, a fait le sacrifice volontaire de sa vie, sacrifice, dont la mort d'Hiram donne une faible image; pour le Grand Elu, la philosophie n'a plus de mystères ; enñn, le CAevalzer Kadosh réclame vengeance contre les meurtriers de l'architecte du Temple... (1).

Tels sont les principaux grades en usage. Leur sujet est puisé tantót dans l'Ancien et le Nouveau Testament, tantót dans l'alchimie ou les lois Talmudiques.

On les décerne tous en Artois. Parfois méme, l'un ou l'autre recoit quelques variantes, tant l'on est avide d'honneurs et de distinctions.

Le prix, du reste, n'en est pas exagéré : trois livres, plus les frais de chandelles (2). Qui eut voulu, pour une somme aussi minime, se priver de cette jouissance ? Les fréres ont l'habitude de solliciter ‘eux-mêmes les grades (3) et, à la lecture des procès-verbaux, on ne voit pas qu'une seule de leurs requétes ait été repoussée ; à maintes

(1) Manuel du chev.. Kadosh, Arch. mun. d'Hesdin.

(2) Livres d'architecture de la L.. de la FIDÉLITÉ, 5 février 1771.

(3) Livres d'architecture de la L.. de la FIDÉLITÉ, 20 mars 1771 : « Les frères Partyer, Mérigon et Blin l'aîné nous ayant demandé les grades de chevalier prussien et le frére de Fléchin celui de M* Parfait, ils ont été renvoyés à la prochaine Loge. » Nous prenons cet exemple parmi beaucoup d'autres.

reprises, on donne deux grades dans la méme tenue (1); le chanoine Ennuyer brüle les étapes et monte de trois degrés dans la hiérarchie maçonnique, au cours de trois loges successives (2) ; mais ses mérites doivent être bien faibles, si on les compare aux hautes vertus des frères de Locher, de Partyer, de Mérigon et de Blin, l’aîné, qui, en moins de seize mois, demandent, obtiennent et recoivent les grades suivants : M* Parfait Ecossois, M* Illustre, Grand Ecossois, Puissant M* Irlandois, les Deux Ecossais de Montpellier, M* en Israel Ecossais, M* Anglais, Grand Ecossais supérieur, Grand Ecossais purificateur, M° Ecossais des 3 grades, Chevalier d'Occident, Sublime Ecossais, Rose Croix, Chevalier d'Orient, Coinmandeur d'Orient, M° Architecte, M° ad vitam, Royal Architecte, Sublime Philosophe, Sublime Rose- Croix, Chevalier du Temple, Vénérable de Loge, Chevalier du Soleil, Prince de Jérusalem, Grand Elu i... (3).

La maçonnerie artésienne accepte des grades de toute origine ; la plupart ont été mis en honneur par le Grand Consistoire des Princes du Royal Secret (4) ; Charles-Edouard aurait introduit à Arras le grade de Rose-Croix ; dans la bulle de 1745, il se serait qualifié Chevalier de l’Aigle et du Pélican ; est-ce un nouveau degré de la hiérarchie écossaise, ou plutót un titre distinctif du Rose-Croix ?

Certains grades, comme le Sublime Ecossais, sont empruntés aux Théosophes, d'autres viennent du Conseil des Empereurs d'Orient et d'Occident, des Illuminés d'Avignon, du Rite Ecossais philosophique, de la Maconnerie Anglaise ou Jacobite ; comment expliquer le succés de toutes ces innovations ? :

Nous savons que nos ateliers comprenaient une notable proportion de militaires ; ceux-ci changeaient souvent de garnison et ils avaient l'habitude, en arrivant dans une ville, de se faire inscrire à la loge, sans s'inquiéter du régime de celle-ci. Nous avons retrouvé les noms de différents officiers, dont le vicomte de Saisseval et Moreton de Chabrillan, sur les tableaux de plusieurs ateliers ; une fois entrés en relations avec les frères de la FzZélzté d'Hesdin, de l'Azzzzzé d'Arras, ou de Saint-Frédérick de Boulogne, les militaires ne manquaient pas de leur faire part des derniers « progrés » de la maconnerie hermétique ou des plus récentes découvertes des Kabbalistes ; ils leur commu-niquaient les traductions que dom Pernetti venait de faire des œuvres de Swedenborg et les derniéres élucubrations de Saint-Martin.

En 1773, trente-déux grades sont d'un usage constant én Ar-

(1) C'est ainsi que le f.. de Saint-Martin est recu compagnon et maitre le 27 décembre 1772 ; les ff.. Eudel du Gord, vicomte de Saisseval et Louis de la Cour de Fief obtiennent les mêmes distinctions, le 11 février 1785 ; le f:. Ballevre, le 14 décembre 1787, etc... Il n'y a méme pas d'exception pour le grade de Rose Croix.

(2) Livres d'architecture de la L.. de la FIDELITE, 28 avril 1787.

(3) Livres d'architecture de la L.. de la FIDÉLITÉ, 15 juillet 1771 au 3 décembre 1772. i ;

(4) Maconnerie de perfection (Etienne Morin), Origine du Rite écossais ancien accepté.

tois (1). Il faut admettre que nos ancétres étaient heureux de se promener « habillés à la mosaïque », comme disait Tschoudy (2), chargés de décorations qui sont la livrée de la prétention et de la vanité.:

Le grain d’orgueil était semé ; il devait produire une ample moisson de bijoux, de diplômes, de rubans et d’insignes.

Mais la réforme du G-. O. vient à point pour enrayer cette fatale manie. Elle se présente comme une réaction du bon sens. Dès le 3 juin 1774, le f.. Bruneteau, député de la Fidélité d’ Hesdin, écrit à ses commettants que l’on doit statuer prochainement « sur l’objét des grades qui vont être réduits et appréciés » ; c’est, du reste, le souhait de tous les maçons que l'ambition n'aveugle pas. Les logés de Rennes demandent, dés 1776, qu’ « on ramène les grades à un nombre suffi-

sant ».

Le G-. O se rend à ces justes raisons et sa réforme de 1786

(1) Tableau des grades en usage dans les Loges de l'Artois, en 1773 :

Nom du grade Prix Origineoupuissance Mots Mots

qui le délivre secrets de passe

Apprentif 60 à 120 liv. Mac. ang. et écoss. Jakin Tubaleain

Compagnon Variable Mac. ang. et écoss. Booz Schibboleth —

Maitre my» Mac. ang. et écoss. Mac-Benac Giblin

2 Elus 3 liv. Vieille Bru » Ted

Me Illustre : » Vieille Bru » »

Me Parfait » Vieille Bru Jehovah Cabal

Chev. Prussien » Chap. de Clermont Sem Cham Japhet — Phaleg

M* Parf. Ecossais » Bite Ecoss. Philos. » »

M* Anglais » Chap. Irlandais Jakinai Jehovah

Me Gr. Ecossais 509 liv. Vieille Bru » xc

Puiss. M« Irlandais 3 liv. Chap. Irlandais Tito ` Xingel

2 Ecos. de Montpellier » Ac. des Vrais Mac. » »

M* en Israël Ecos. » Mac. Ecoss. » LS

Gr. Ecos. Supér. » Vieille Bru Adonaï Good

Gr. Ecos. Purificat. » Vieille Bru » »

Me Ecos des 3 grades » Mac. de perf. » a

Chev. de l'Occ. » Mac. de perf. Abaddon Jabulum

Sublime Ecossais » Théosophes » »

Rose Croix variable Mac. écoss. INRI Emmanuel

Chev. de l'Or. 72 liv. Mac. de perf. Rafodom Javerum

Command. de l’Or. » Mac de perf. » »

Me Architecte » Mac. de perf. Jehovah Alleluia

Me ad Vitam » Mac. de perf. » »

Royal Architecte » Mac. de perf. Betel Ego sum

Sublime Philosophe » Mac. de perf. Alleluia Emmanuel

Sublime R. C. : » Rite Ecoss Philos. Adonai Good

Chev. du Temple » Mac. de per’. » »

. Chev. du Soleil » Illum. d'Avignon » Stibium Pr. de Jérus. » Mac. de perf. Adar ~ Thebet Grand Elu 36 liv. Mac. de perf. » »

Chev K. D. S. » Mac. écoss. Jabamiah Elie!

Le Chapitre Irlandais, qui délivrait les grades de Me Anglais, Me Irlandais, Parfait ou Puissant Me Irlandais, existait à Paris, avant 1730; il prétendait tenir ses constitutions d'un grand chapitre de Dublin ; Clavel croit. que ces grades irlandais sont antérieurs aux grades écossais, qu'ils étaient assez répandus en France à cette époque, mais qu'ils furent abandonnés, par la suite, au profit de ces derniers (p. 166).

(2) L'ETOILE FLAMBOYANTE, ou la Société des Francs-Macons considérée sous tous les aspects, tome I, p. 83.

est unanimement approuvée. Sans étre arbitraire, elle se borne 2 constater la suppression des grades tombés dans le discrédit. La plupart des loges reconnaissent, en outre des trois grades de Saint-Jean, l'Elu, l'Ecossais, le Chevalier d'Orient et le Rose-Croix ; plusieurs ajoutent le M* Parfait, ou admettent une variante de l'une quelconque de ces dignités maçonniques. Peu à peu, les trois premiers qui, jadis, avaient inspiré tant d'orgueil, sont dédaignés, et le Rose-Croix obtient les préférences des fréres. Ce grade qui, d'aprés les réglements, devait étre rare, compte bientót le plus grand nombre dedignitaires (1). :

Certaines loges, Saint-Jean de Jérusalem et Saint-Louis-Saint- Philippe de la Gloire à Nancy, la Fidélité à Hesdin, continuent à décerner les grades supprimés. Le G-- O~. ferme les yeux (2).

La majorité des ateliers applaudissent à cette réforme qui va assainir l’atmosphère des temples. Les loges de l'Artois sont de ce nombre : elles distribuent de préférence les grades reconnus et décident qu’entre chacun d’eux il devra s’écouler un laps de temps d’au moins un mois (3). Seules, des circonstances spéciales, comme un prochain changement de garnison, l’éloignement, l’âge ou les infirmités du récipiendaire, ses bonnes dispositions autorisent une exception à cette règle, mais « sans que cela engage l’avenir » (4).

Les hauts grades, déjà condamnés par le G-- O~., ne trouvent pas gráce devant ceux-là mémes qui les ont inventés et qui dénoncent leur charlatanisme, aprés les avoir exploités : deux décrets émanant d'une puissance écossaise en contiennent la plus formelle critique (5). Les grades de Petit Elu, Elu des Neuf ou de Pérignan, Elu des Quinze, Me Illustre, Chevalier de l'Ancre sont supprimés comme étant les « échelons d'une morale répréhensible, qui conduit au grade affreux de G. J. G. E. ou chevalier Kadosch, ou chevalier de l'Aigle Noir et aux Souverain Commandeur du Temple, Ecossais de Saint-André d'Ecosse, Directoire Ecossais de Dresde, Rose-Croix, Chevalier et Commandeur d'Orient ». Ces grades sont jugés « dangereux, factices ou illusoires et se sont introduits dans la maçonnerie soit par lambition, l'ignorance ou la cupidité des novateurs » (6). Enfin, comme si ces anathèmes ne suffisaient pas, un second décret, en date du 20 no-

(1) Tableaux des Loges affiliées au G.. O.., pour les années 1786, 1787 et

(2) C. Bernardin, « NOTES POUR SERVIR A L'HISTOIRE DE LA FRANC-MACONNERIE A NANCY, tome I, p. 283 ; tome II, p. 47.

(3) Livres d'archit. de la L.. de la FIDÉLITÉ d'Hesdin, tenue du 9 fév. 1781.

(4) Ibid., tenue du 4 février 1785.

(5) DÉcRETS DU SOUVERAIN-CONSEIL, Sublime Mére-Loge des Excellens, cldevant dite Ecossoise du Grand Globe Francois, adressés à tous les Enfans de la Vraie Lumiére, portant suppression et proscription de faux grades maconniques (9 mars 1780 et 27 novembre 1780). Signé : Delestrée, G. Garde des Sceaux ; Linagre, Vérificateur Général; Labady, Sec. Gén. Hist. et Gr. Garde des Archives.

Ce Souv.. Conseil est une émanation de la G.. L.. de France, à laquelle il se réunit en 1772.

(6) Décret du 9 mars 1780.

vembre 1780, supprime les titres d’Ecossais, d’Anglais, d’Irlandais, d'Ecossais Saxon, d'Africain de Berlin, de Maçon Réformé de Brunswick, etc..., pour ne conserver que celui d’Excellent.

D’une fagon générale, seuls restent debout les rites comportant peu de grades : quoiqu’on en puisse penser, la simplicité est une qualité qu'apprécient certains maçons.

Si leur bon sens les a incités à repousser les hauts grades, leur galanterie les a conduits à créer les loges d'adoption dans lesquelles les dames sont admises. Nous les avons vues successivement reques apprentives, compagnonnes et maitresses. Ces trois grades symboliques sont couraminent accordés, soit à la loge d'adoption de l’Awzfié d’Arras, soit à la Félicité d'Hesdin ;

Mais, à côté de ces distinctions qui figurent dans les rituels, les trois grades mystérieux de la maçonnerie Adonhiramite ne sont-ils point décernés ? (1).

Pour devenir Séraphine, il faut être Souverain Prince Rose-Croix et, au moment des épreuves, n'avoir point habité avec l'autre sexe depuis sept jours et ne s'étre souillé « d'aucun acte impur libidineux » (2); de plus, la récipiendaire doit avoir Jeuné rigoureusement l'espace de trentetrois heures et demie et fait une confession publique de ses fautes, devant sept membres du Souv.. Chap-- de Rose-Croix. Le deuxième grade est celui de Vzer ge mère que l'on obtient après la visite de l'ange Gabriel qui annonce : « DE. S-- va vous visiter (3); vous concevrez le Sauveur du monde sans cesser d'étre vierge; purifiez-vous par l'eau de fontaine, que renferme cette cruche, et reposez-vous sur votre couche nuptiale en attendant la purification du feu céleste que PE ~. S-- va vous apporter ». L'initiée se lave les mains, le sein, les pieds et la figure, boit, en trois reprises, une coupe d'eau contenant un narcotique et, étendue sur un lit de repos, elle attend... la visite de l'Esprit Saint. Enfin, pour recevoir le troisième grade, celui de Reine Céleste, il faut endurer des épreuves plus pénibles, puisqu'elles débutent par une flagellation de quatre-vingt un coups de verge... « le corps nu et la conscience en paix » (4).

Tout nous porte à croire que de telles pratiques ne furent pas en honneur dans nos loges d'adoption de l'Artois (€ Peut-on admettre, par exemple, que la marquise de Fléchin ait subi les épreuves nécessaires pour devenir Séraphine et cela, du consentement de son digne époux ?

Au reste, cette Maconnerie Adonhiramite exista-t-elle jamais ? Ne serait-elle pas sortie de l'imagination de quelque joyeux mystifcateur ?

| (1) Les TROIS HAUTS GRADES MYSTÉRIEUX DE LA MAÇONNERIE ADONHIRAMITE, traduit du danois, par un Initié, à Amsterdam, lan 5802 de la V.. L.. M: (Bibliothèque de la Revue des Sociétés Secrétes). (2) Ibid., p. 10.

(3) Ibid., pp. 80 et suiv.

(4) Ibid., pp. 115 à 117.

(5) Nous omettons volontairement un quatrième et dernier grade : DÉESSE, qui reléverait des pratiques de sadisme.

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