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fois. plusieurs années sans réception à la maitrise (art. 10) ; depuis longtemps, on est convenu de ne plus rendre de comptes (art. 12).
Ainsi la corporation des macons audomarois est en pleme décadence en 1754. Celle de Saint-Pol existe encore dix plus tard (1), et celle d'Arras, placée sous le vocable de Saint-Pierre, compte une trentaine de membres ; ; mais ni l'une ni l'autre ne tentent méme de retrouver là faveur coute elles joutssaient un siècle plus tôt (2).
Cette décadence n’a rien, du reste, qui doive nous surprendre ; toutes nos corporations artésiennes traversent une crise, funeste à plusieurs d’entre-elles ; d’autres subsistent avec peine, telle, par exemple, cette confrérie de Saint-Jacques qui organise des banquets fraternels et méme des pélerinages à Compostelle — souvent l'occasion de désordres — la déclaration du 7 janvier 1686 oblige, sous peine des galères, ses membres à à solliciter l'autorisation royale, avant tout déplacement.
Il est donc certain qu'en 1687, la Constance n'existait pas a Arras, comme association d'ouvriers maçons. Elle ne pouvait pas davantage fonctionner comme association de bienfaisance ou société philosophique, puisque la maçonnerie anglaise, dont elle serait issue, n’avait pas encore ce caractère à l’époque.
Les événements politiques vont motiver une évolution d’autant plus intéressante à connaître qu’elle exercera une influence considérable sur la fondation et le développement des loges artésiennes.
Les Stuarts, détrônés et bannis, trouvent un refuge en France. Jacques II, trahi par les siens, abandonné par ses troupes, quitte Londres. Accompagné du duc de Berwick, il gagne furtivement le
(1) Arch. dép. du Pas-de-Calais, série B, 701 : élection des notables de Saint- Pol, par corps séparés. « 2: Novembre 1765. `
« Le dit jour dix heures 3 quarts par devant nous commissaires susdits sont comparus Jean Deruelle, Antoine Chevalier, Francois Chevalier, Paul Deruelle, J.-B. Deruelle, Pierre Delescau, Charles-Louis Pasquiers, tous maçons, demeurant en cette ville, au nombre de 8, convoqués par affiches du premier de ce mois et de l'avertissement de ce jourd’hui par le sergent Duhaupas, pour exécution de l'Edit du mois de mai dernier... procéder à une nouvelle nomination des députés à l'effet d'assister avec les autres corps et communautés de cette ville à l'élection des notables, en conséquence, aprés serment par eux prété en pareil cas... chacun d'eux a mis dans le scrutin som billet le dit scrutin ayant été par nous ouvert en présence de Paul Deruelle et Francois Chevalier, commissaires au dit scrutin. Lecture faite des dits Billets Jean Deruelle a été élu à la pluralité Ge suffrages et ont tous signé avec nous... »
(2) Le 26 mars 1789, a neuf heures du matin, les membres des tions de la ville d'Arras se SE out à l'hôtel de ville, sous la présidence des mayeur et échevins ; le but de l’assemblée était la rédaction des cahiers de doléances, plaintes et remontrances.
Jean- Louis Gayant représentait la communauté des maitres macons, piqueurs de grès et tailleurs de pierre, dite confrérie de Saint-Pierre, qui comprenait 30 membres sur un total de 1228 artisans ; seule parmi les corporations de la ville, elle jugea inutile de présenter ses doléances.
rivage, monte sur un vaisseau qui l’attend et aborde en France le 2 janvier 1680.
La Convention déclare, le 23 février, que, par son départ, il a abdiqué et que le prince de Galles, son fils, est un enfant supposé ; en conséquence, elle proclame les droits à la couronne de sa fille Marie.
Pendant ce temps, le roi déchu, qui a traversé le Boulonnais, s’arrétant à Hesdin, est accueilli en souverain par Louis XIV et reçoit une somptueuse hospitalité à Saint-Germain-en-Laye.
De nombreux gentilshommes suivent sa fortune ; des régiments entiers se solidarisent avec lui et n’admettent pas l’usurpation impie de Guillaume et de Marie. Les Gardes Irlandais sont de ce nombre. Compris dans la capitulation de Limerick, lorsque cette place.se rend au nouveau souverain, ils passent sur le continent et se mettent au service de Jacques II.
Quelques années plus tard, ce régiment apparait en Artois ; il collabore, en 1710, à la défense de Béthune ; c'est le Dorrington, du nom de son colonel. La ville, défendue par un neveu de Vauban, retient les alliés sous ses murs pendant trente-sept Jours et succombe le 29 août. Sa prise est suivie de celles de Saint-Venant et d'Aire ; mais dans quelques mois, la victoire de Derfain rendra ces places à la France.
Le régiment qui se distingue ainsi sous Béthune et qui continuera ses exploits sous le nom de Walsh-Serrant, puis de Walsh-Irlandois, possède une loge maçonnique qui prétend remonter à 1688.
Que penser de ces origines ? Tout nous porte à croire qu'elles sont aussi fantaisistes que celles dela Constance ; de ces débuts lointains, nulle trace n'est fournie par l'histoire ; les documents authentiques font défaut et l'on en est réduit aux conjectures.
A l'instar des loges mihtaires, celle-ci fut sans doute fondée par certains fréres, précédemment initiés dans quelque atelier de France ou d'Angleterre et qui ne songérent pas à solliciter de lettres patentes. 1
Plus tard, leurs successeurs s'avisérent de s'adresser à la Grande Loge de France, pour demander des Constitutions, qu'ils obtinrent facilement, eu égard à une existence de fait qui remontait, disait-on, à prés d'un siécle : la date de 1688 fut alors admise. Sur quelles preuves, d'aprés quelle enquéte put-on authentiquer cette lointaine fondation ? Nous l'ignorons. Les recherches sont d'autant plus malaisées que cet atelier militaire ne figure pas sur les listes de la Grande Loge d'Angleterre.
Quoiqu'il en soit, il peut étre considéré comme le plus ancien ayant existé en France, si on admet l'authenticité des tableaux publiés par M. G. Bord et dont nous n'avons pas consulté les originaux (I) ; certains officiers y figureraient en 1698, 1701, 1702 et
(1) C. f. G. Bord, LA FRANC-MACONNERIE EN FRANCE, p. 491.
1703. Comme on le voit, les documents les plus anciens que l’on possède se réfèrent à une date, de dix ans postérieure à la prétendue fondation de la Parfaite Egalité (1).
Nous n’admettons donc point, faute de preuve certaine, les origines que se donnent ces loges : légendes que ces dates fantaisistes, 1687 pour la Constance, 1688 pour la Parfaite E galité.
Remarquons toutefois que cette derniére est exclusivement composée de gentilshommes jacobites ; si nous acceptons comme authentiques les tableaux de cette loge, pour les premiéres années du XVIII* siécle, nous reconnaissons, par là méme, que celle-ci fonctionnait pendant que le régiment de Dorrington se trouvait, en 1710, assiégé dans Béthune.
Faut-il admettre que les officiers francs-macons aient initié quelques bourgeois de la ville aux pratiques de l'Art Royal ? Des relations s'établirent-elles entre les militaires et leurs hótes ? Il est difficile de le préciser. Disons cependant que s'il en fut ainsi, les fréres ne se montrérent pas trés persuasifs, car ce n'est que quatre-vingts ans plus tard qu'un premier atelier apparaitra à Béthune,
(1) Notons qu'à l'origine cette loge ne possèdé pas son titre distinctif et ne se différencie qu'à l'aide d'un numéro d'ordre ; ce n'est qu'à partir de 1752 que des pieces authentiques — tableaux ou brevets — en font mention.