‹ La Franc-Maçonnerie Artésienne au XVIIIe SiècleChapitre 43 sur 71 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Prospérité générale des ateliers de la province.

Réception à la Fidélité des ff-. de la Parfaite Union du Royal-Champagne (1789).

Coup d'œil d'ensemble. sur la maçonnerie artésienne, à l'époque révolutionnaire.

Tableaux comparatifs des maçons du XVIIIe siècle, pour l’Artois et la Picardie. |

Les francs-macons et les encyclopédistes.

La Révolution va interrompre, en pleine prospérité, ies travaux des loges : à Hesdin, la Fidélité brille d'un vif éclat; le G-- O^, eu égard à son ancienneté et aux vertus de ses membres, lui délégue ses pouvoirs pour l'installation des nouveaux ateliers. Les principales loges de la région lui doivent l'existence maçonnique. Elle a établi succéssivement : la Parfaite Union, du Royal-Roussillon (1774), les Cœurs Choisis, de Doullens (1785); elle va constituer la Réunzon, d'Aire (1790). Elle est en correspondance avec les ateliers les plus réputés (1), notamment avec la Bonne Union, à l'O-. de Paris, dont le vénérable est Claude Asselin, chapelain du Roi en la Sainte Chapelle. Elle vit en association libre

(1) Tableau de 1786, Archives du G.. O~. ; la FIDÉLITÉ échangea également des correspondances avec les Loges suivantes, auxquelles elle envoyait annuellement ses tableaux :

1769, « LA PARFAITE UNION », du Régiment de Royal-Roussillon.

1779, « L'AMITIÉ A L'EPREUVE », du Régiment d'Orléans-Dragons.

.1780, « LA PARFAITE HARMONIE », d'Abbeville ; « L'AMITIÉ », d'Arras.

1782, « LE PARFAIT SILENCE », de Strasbourg, qui compte, parmi ses menzbres, les ff. marquis de Saisseval, mestre de camp en second du régiment de Normandie-Inf. ; le comte de Saisseval, second lieut. des gendarmes anglais du Roi; de Beaulincourt, chevalier de Saint-Louis, capitaine au régiment d'Inf. du. Languedoc.

« Là FÉLICITÉ », loge d'adoption d'Hesdin.

1784, 1785, « LA CONSTANCE », d’Arras; « Les CŒURS CHOISIS », de Doullens. = 1787, « LA RÉGULARITÉ », de Lyon, dont fait partie Jean-Baptiste-Claude Billet, prieur d'Epicamps en Picardie, prés de Doullens ; « LA PARFAITE UNION »,

de Montreuil.

1804, « L'AURORE DE LA LIBERTÉ », de Béthune ; « LA RÉUNION », d'Aire ; « LA

PARFAITE UNION », de Douai.

1807, 1813, « LES AMIS-RÉUNIS », de Calais; « LA PARFAITE SINCÉRITÉ », d'Amiens ; « LES AMIS-RÉUNIS », de Lille (dont les tableaux portent en exergue ces mots : « ad majorem Dei gloriam » ; « L'INTIMITÉ », de Dunkerque, et « LES ELEVES DE MINERVE », de Paris (Lévêque, vénérable).

1814, « SAINT FREDERICK DES AMIS-CHOISIS », dle Boulogne-sur-Mer.

(Tableaux de la L.. de la FIDÉLITÉ, 1769-1814. Arch. mun. d'Hesdin).

avec la Parfaite Union de Montreuil et la Parfaite Harmonie d’Abbeville.

La première a pour vénérable le comte de la Fontaine-Solare, capitaine des canonniers garde-côtes; elle groupe de nombreux officiers appartenant a la noblesse, des robins et des prêtres; la seconde est en plein travail, sous le maillet de Théophile Van Robais et de Homasset- Manessier (1). L'un de ses membres les plus distingués est Nicolas-Jean. Hugon de Basviile, littérateur et poète, le méme qui rédigera « le Mercure National » et deviendra agent diplomatique (2).

Les Cœurs Choisis de Doullens échangent également une correspondance suivie avec la Fidélité; le 24 juin 1780, ils convient les frères des loges voisines a assister a la célébration de la féte de la Saint-Jean et leur donnent rendez-vous a dix heures du matin... La cétémonie fut pleine d’entrain et l’on se demanda longtemps pourquoi elle n’avait pas eu de lendemain.. :

A lAmuizé d'Arras, le f-+ Havet, négociant, tient sous son maillet, les membres de la plus authentique noblesse : les de Willencourt et Jes de Salis-Sévis, les de la Lustiére et les de Durfort ; tous vivent en bonne intelligence et font de leur loge un aimable lieu de rendez-vous, que ne fréquentent que les gens de distinction.

Seule, la Constance, qui vient de recevoir des patentes du G-: O, n'a pas suivi, dans la voie du progrès, les autres loges civiles; elle sem- ble en décadence.

Parmi les corps qui tiennent garnison dans la province, le Royal- Champagne qui possède son atelier, la Parfaite Union, est successivement envoyé à Béthune, à Arras et à Saint-Omer; sur ia fin de 1788, il réintègre Hesdin, sa garnison primitive.

Les membres de la Fidélité accueillent avec joie le retour de leurs frères. Le 30 décembre 1789, ils reçoivent le f-: De Montigny et les ff. O. Bernard-Saint-Etienne et d’Halinghem, membres, tous trois, de la Parfaite Union et leur font une réception des plus cordiales. Le f-- de Montigny s'excuse de n'avoir pu suivre les « sublimes travaux » de cet atelier; il ajoute qu'il lui en a beaucoup coûté, mais que la cause en est due à P « agitation continuelle », dans laquelle on a tenu le régiment, depuis plusieurs années. I] termine son discours par un appel à l'action : « Que nos devoirs ne se bornent donc pas à plaindre les malheureux... souvenons-nous toujours qu'ils sont nos fréres, que nous devons protection aux faibles.. Secourons l'indigent de tout notre pouvoir... Rappelons-nous que nous sommes les défenseurs de la Nation et du Roi, que notre devoir le plus sacré est de nous occuper de ces grandes choses » (3),

(1) Ses derniers vénérables furent, avant la Révolution, Devos (1785), Théophile Van Robais (1788), Homasset-Manessier (1789) ; tous trois étaient négociants.

(2) I1 fut assassiné à Rome en 1793, et sa mort donna lieu à de longs débats.

(3) Livres d'architecture de la L.. de la FIDÉLITÉ, à l'O. d'Hesdin, tenue diu 30 décembre 1789.

Ce langage nouveau impressionna vivement l'auditoire. * * *

De quels éléments se compose donc la magonnerie artésienne, qui va subir un si rude assaut ?

La province compte trois chapitres, dans les vallées d’Arras, d’Hesdin et de Paris; huit loges régulières : la Constance, l'Anutié, Sophie- Magdeleine et les Amis Réunis, à Arras, la Fidélité, a Hesdin, les Ceurs Choisis, a Doullens, la Parfaite Union, à Montreuil, la Parfaite Harmonie, à Abbeville(1) ; deux loges d'adoption, à Arras et à Hesdin, neuf ateliers militaires et deux ateliers en formation : la Kéunzon, a Aire et l'Aurore de la Liberté, à Béthune. Ces vingt-quatre groupements ` sont fréquentés assidâment par environ sept cents francs-maçons. Il est

superflu de souligner l'importance de ce chiffre. Il représente plus du dixième de la population intellectuelle de l'Artois. Si, aux frontières de l’ancienne province, nous substituons celles du département qui va être constitué, nous trouvons, non plus sept cents, mais plus de quinze cents frères, répartis en une quarantaine de loges et chapitres. I1 convient alors d'ajouter à la liste primitive : Boulognesur-Mer, qui compte un nombre considérable d’ateliers prospères, dont Saint-Frédérick des Amis Choisis se détache, tant par la régularité de ses travaux que par la distinction de ses membres, comme l’une des loges les plus remarquables du royaume (2); Dunkerque, où les frères d'Amzté et Fraternité prétendent remonter à la plus lointaine origi-

(1) Ces trois dernières, établies dans des villes situées sur la frontière de l'Artois, dépendaient intimement des loges de cette province ; elles avaient été fondées par elles ou vivaient, avec elles, en « association libre ».

(2) Voici, d'après les recherches que nous avons faites, tant aux archives municipales qu'à la Bibliothèque et au Musée de cette ville, les différentes loges qui furent établies à Boulogne-sur-Mer :

19 « SAINT FREDERICK DES AMIS CHOISIS » daterait de 1745 ; ses constitutions sont du 28e jour du 3° mois 5788 ; visées par « LA PARFAITE UNION », de Montreuil, et « SAINT-LOUIS », de Calais, elles furent remises le 27 janvier 1789 ; nous avons irouvé les traces d'une séance du 8 avril 1787 ; cette Loge comptait un certain nombre d'officiers du régiment de Condé-Infanterie, en garnison dans cette ville ; Jacques-Antoine Mariette, avocat, grand'pére du savant égyptologue, est vénérable en 1787 et préside à sa reconstitution, en 1788.

En 1790, la L.. se disperse ; sa dernière tenue date du 8 avril 1790 ; elle sort de sommeil en 1804 et a successivement pour vénérables Hédouin, Fr. J. N. (1805), Berquier-Neuville (1806), Taviel, général de brigade (1808). Le maréchal Ney la visite quand, en 1812, il commande le camp de Boulogne ; enfin, elle disparaît définivement en 1824. Un souv.. chap. avait été établi le fer jour du 7e mois de l’année 1806. ;

On adressait les lettres sous le couvert de l'anagramme Sima Schisoi.

29 LES OLD FELLOWS, du rit Kent, fondé en 1824, sous le titre de « L'HEU- REUSE », puis de « LA BIENFAISANCE » (loge indépendante francaise), n'existe plus ‘en 1851. :

39 « LA TEMPERANCE » parait remonter au 20 avril 1788 ; elle a, cette méme année, le f.. Ternaux pour vénérable et le f.. Saint-Amour pour 1*' surveillant ; parmi les membres de cette loge, nous relevons le nom du f.. Sainte- Beuve, père de l'écrivain bien connu ; ses constitutions datent du 27 septembre

49 « LA SAINT-NAPOLÉON DES AMIS DE L'AGRICULTURE », fondée en 1806, au petit village de Selles, prés de Boulogne-sur-Mer, par quelques dissidents de la L.. de « SAINT-FRÉDÉRICK » et notamment par l’ex-abbé Lambert, commissaire de

ne (1); Calais, enfin, où la famille des Pigault bat maillet à Saint-Louis des Amis Réunis (2).

police de cette ville et qui était originaire de Selles ; le f.. Laurençon en fut

vénérable ; ses travaux ne durèrent que dix-huit mois.

59 « L'AMiTIÉ » date du 7 septembre 1818 ; dès les premières années de son existence, les ff.. de cet atelier eurent des difficultés avec leurs collègues de la L.. « SAINT-FRÉDÉRICK » ; « L'AMITIÉ » existe encore de nos jours. ;

6° « SAINT JEAN DE LA PARFAITE UNION », du Régiment de la Mark-Infanterie, régiment allemand qui tient garnison à Boulogne, de juillet 1779 à fins 1/815 cette loge, dont est vén.. le f.. Schutter, capitaine, tient ses lettres patentes du roi de Prusse ; la loge royale de « SAINT-JEAN » fut fameuse en son temps : la cour du souverain et le roi de Suède lui-même en faisaient partie. :

79 « L'ESPÉRANCE », fondée à bord du Sampton, sur le Medway, affluent de la Tamise, prés de Chatam, par des marins boulonnais, prisonniere de guerre (1811).

89 « SAINT JEAN DES PARFAITS AMIS », du 8 régiment d'artillerie.

99 « MARS ET MINERVE », fondée le 29 mai 1805, par le 5° bataillon dle sapeurs, était réservée aux officiers ; le f.. Martin, chirurgien major, était vén.. en 1805 ; cette L.., toujours nommée « L'ESPÉRANCE », fut ouverte aux civils et se perpétua quelque temps à Boulogne.

109 « LES EMULES DE D'ASSAS », du 17* régiment d'infanterie, en 1807.

UNE EXPOSITION RETROSPECTIVE MACONNIQUE eut lieu au théâtre municipal de Boulogne, du 26 au 29 aoüt 1906, sur l'initiative de la L-. « L’AMITIE » : y figuraient notamment : les constitutions originales de « LA TEMPERANCE », avec le sceau du duc d'Orléans, alors G”. M-. ; le duplicata de celle de « SAINT-FRÉDE- RICK », de celles de « L'AMITIÉ », de « L'ESPÉRANCE » ; un rituel pour la réception des dames et un ensemble des sceaux, bijoux, cordons, tabliers, colliers, insignes brodés, pailletés, soutachés, glaives symboliques, ustensiles en usage sellettes, piqûres, faulx de la mort, chaînes, pierres cubiques, etc., enfin le maillet de vén-. de la L.. de Metz, confié à « L’AMITIE » jusqu'à ce que l'Alsace redevienne francaise.

. Consulter les détails complémentaires et les listes de f.. m.. de ces différents ateliers dans notre ouvrage : « Livres d'architecture de la L.. de la FIDÉ- LITE », IVe Partie.

(1) « AMITIÉ ET FRATERNITÉ », Il faut mettre au rang des légendes, écrit M. Bord, LA FRANC-MACONNERIE EN FRANCE, p. 246, l'ancienneté attribuée à cette L.., qui ne repose sur aucun document sérieux. La prétention de ses membres était de faire remonter sa création au 13 octobre 1721, sous les auspices de lord Montaigu, G.. M.. de la F-. M. anglaise.

Jamais cette Loge n'a produit ses titres constitutifs, et lorsqu'elle demanda à la G.. L.., le 10 juin 1766, et au G.. O~., le 26 avril 1781, de renouveler ses constitutions, ces deux puissances ne voulurent jamais faire remonter ses travaux à une époque antérieure au 1er mars 1756. 5

Sans doute, on peut élever des doutes sur l'ancienneté du vocable « AMITIÉ ET FRATERNITÉ », car, en 1721, les L.. n'avaient pas de noms et se contentaient d'un numéro d'ordre ; ce n'est done que plus tard que cette L.. a dü recevoir son titre distinctif ; mais il ne s'ensuit pas nécessairement qu'elle ait été constituée postérieurement à 1741. (Archives du G.. O.., correspondance 1815-1820).

Cette date parait méme .assez vraisemblable ; remarquons, en effet, que Dunkerque avait, lors de la dernière guerre, lancé plus de 1.500 corsaires contre les Anglais, d'oü, au traité d'Utrecht, l'acharnement de ces derniers pour faire combler le port et, aprés la paix, pour veiller à l'exécution de ce travail 3 à cet effet, il dut se former, dans cette ville, une petite colonie d'Anglais ; qu'ils < aient voulu s'unir plus étroitement dans une L.. exclusivement ouveyte à leurs nationaux, comme ils le firent plus tard à Bordeaux, quoi de plus naturel ?

Nous devons à la vérité d'ajouter que ce n'est qu'à partir de 1815, que les membres d'« AMITIÉ ET FRATERNITÉ » prétendirent que leur loge avait été créée. en 1741. Consulter, sur la composition de tous ces ateliers, notre ouvrage LIVRES D'ARCHITECTURE DE LA L.'. DE LA FIDÉLITÉ, à PO.. d’Hesdin, IVe Partie.

(2) Voici quelles étaient les Loges existant à l'O. de Calais :

1° « SAINT JEAN DE CALAIS », fondée en 1764 par la G.. L.., et dont le f.. de

Eaque

Lorsqu'on étudie le recrutement des loges artésiennes du XVIII* siecle, on remarque la trés large participation des militaires au inouvement maconnique ; les régiments qui comptent le plus erand nombre de tréres sont’ dans l'ordre décroissant : Royal-Roussillon, Penthièvre- Dragons, le Régiment de Condé, les milices, le Royal-Champagne, le Régiment du Dauphin, Chartres-Dragons ét le Royal-Normandie.

Peroussy fut le premier-vénérable ; cet atelier fonctionnait encore en 1779.

2° « SAINT LOUIS DES AMIS RÉUNIS », constituée, le 3 juillet 1784, par Pigault de Baymont, qui en fut l'àme ; parmi les vénérables de cette loge, nous relevons les noms de Pigault-Monbaillarcq, qui remplit ces fonctions pendant plus de trente ans ; Caron, limonadier (1804) ; Dupont, de Lens (1809) ; Michaud pére (1810) ; Jacques Leveux pére (1811). Un chapitre régulier fut créé en 1808. Pigault-Monbaillareq, frère de Pigault-Lebrun, établit, en 1805, dans la loge, une section de littérature philanthropique et maconnique qui, tous les ans, distribuait trois prix et trois accessits aux auteurs de mémoires couronnés, traitant d'un sujet déterminé.

Pigault-Monbaillareq est l'auteur d'un roman historique : « LA FAMILLE WIE- LAND » OU « LES PRODIGES » ; Hommage à la maçonnerie, ses origines, initiation... Secret de faire de Por.

Paris, chez Caillot, quai des Augustins, 9.

En 1807, « Les AMIS RÉUNIS » comptaient : 22 officiers dignitaires, 3 officiers dignitaires adjoints, 54 membres résidents et 81 non résidents.

Leur député était Thory, officier du G.. Ov.

Affiliations : « LES AMIS RÉUNIS SUR LES COTES DE L'OCÉAN » ; « L'AMITIÉ », de Courtrai ; « L'AMITIÉ FRATERNELLE », de Dunkerque ; « LES ENFANTS DE LA SA- GESSE », de Paris ; « ENFANTS DE THEMIS », du 1er régiment d'infanterie italien ; « LES ENFANTS DE LA VICTOIRE », de Boulogne ; « LES FRERES ARTISTES », de Paris ; « L'HEUREUSE REUNION », dle Saint-Omer ; « LA PARFAITE UNION », de Douai ; « LA FIDÉLITÉ », d'Hesdin ; « PHILADELPHIE », de Gravelines ; « LA PARFAITE UNION », de Calais ; « LA RÉUNION », d'Aire ; « SAINT-NAPOLÉON », de Paris ; « LA PARFAITE UNION », de Valenciennes ; « SAINT FREDERICK DES AMIS CHOISIS », de Boulogne ; « LES TROIS NIVEAUX », d'Ostende ; « L'AMITIÉ », d'Arras ; « LES TROIS HHH », du Havre; « M.. L-. EC.. », de Marseille ; « LA CONCORDE », de Strasbourg ; « LA FIDÉLITÉ », de Lille; « M-. L.. EC..», de Bordeaux ; « L'ARDENTE AMITIÉ », de Rouen ; « LES AMIS PHILANTHROPES », de Bruxelles ; « L'AURORE DE LA LIBERTÉ », de Béthune ; « LA PARFAITE SINCÉRITÉ », d'Amiens ; « LA CONSTANCE ÉPROUVÉE », « SAINT ALEXANDRE D'ECOSSE », « LE TEMPLE DES MUSES », de Paris ; « LES FRERES RÉUNIS », de Tournai ; « LA PARFAITE RÉUNION », de Paris ; « LA JEANNE D’ARC », d'Orléans ; « LA TRINITÉ », de Dunkerque ; « LES AMIS RÉUNIS », de Lille.

30 « LA PARFAITE UNION », fondée le 13 mai 1785 ; elle eut successivement pour vénérables : A i

1785, Warnier, capitaine de navire ;

1805, Barguel, receveur de l'Enregistrement ;

1810, Warnier, capitaine de navire ; et pour député : Lelievre-Villet, officier du G.. O~., sous-chef de Padministration des Ports, rue de Seine, n° 31, à Saint-Germain.

4° « LES AMIS RÉUNIS SUR LES COTES DE L'OCÉAN », L.. fondée le 7 mai 1804 ; elle eut pour premier vénérable le f.. Thévenin, inspecteur général des équipages militaires, et, pour député, Riffé de Coubray.

Sur la composition de ces ateliers et de plusieurs autres de moindre importance, on consultera : LIVRES D'ARCHITECTURE DE LA L.. DE LA FIDÉLITÉ A L'O-. D'HES- DIN, IVe Partie ; nous y citons les noms d'environ trois mille maçons artésiens, avec notes biographiques pour les plus notables.

Un tableau permet mieux de se rendre compte de la composition de nos ptincipaux ateliers.

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~ (1) Ce tableau et le suivant ont été établis ainsi : nous avons réuni tous les tableaux, que nous possédons, de ces loges au XVIIIe siècle ; puis nous avons pointé chacun des frères, les rangeant dans les diverses catégories ; parmi les

Comme on le voit, le nombre des militaires varie suivant les loges : à Arras, tandis que la Constance paraît un atelier presque exclusivement civil, l'A fi, au contraire, comprend beaucoup d'officiers ; à Hesdin, la Fidélité en compte deux fois plus que l'une et l'autre réunies.

C'est que cette ville de garnison n'offre guére de distractions pour

les officiers: les réunions mondaines y sont rares; la bourgeoisie, de

fortune moyenne, ae mène pas le train qui distrait et amuse. Naguère,

l'mpulsion maçonnique y fut donnée par les ateliers militaires, dont

nous avons fait abstraction ici; les officiers de la garnison ne cesseront

jamais de s'intéresser aux travaux d'une loge que leurs prédécesseurs ont créée. Il s’établira,.sur ce point, une sorte de tradition.

Ailleurs, les bourgeois recherchent l'élément militaire, parce qu'il donne du relief à leur loge. Les officiers des milices, répandus un peu partout et souvent recus dans les ateliers, sont en contact avec l'armée régulière et ils attirent ses représentants dans les temples. Les officiers, de leur côté, ne séjournent généralement que quelques mois dans la ville de garnison ; ils désirent s'y créer rapidement d'agréables relations: la loge les leur fournira.

Les industriels et les négociants sont en proportion variable, suivant que la ville, siége de-la loge, est plus ou moins industrielle ou i A E NS . ^ ye commerçante. Dans un même orient, on va à tel atelier plutôt qu'à tel autre, en raison soit de la situation sociale des frères que l’on y rencontre, soit de la sympathie que l’on éprouve pour le vénérable, ou pour

quelques-uns des membres.

Il en est de même en ce qui concerne les fonctionnaires, plus nombreux dans la capitale de la province que dans un simple bailliage. La Constance semble, à Arras, délaissée par cette catégorie d'affiliés. Ne serait-ce pas parce que les chefs de chaque administration sont inscrits a PA mizzé et que leurs subordonnés subissent une sorte d'attraction ?

Dans la magistrature, le partage est tout aussi inégal ; il varie suivant l'importance judiciaire du lieu et suivant l'esprit de la loge, trop souvent incarné dans celui du vénérable et des surveillants. Un atelier qui prend le pas sur l'autre, qui est l'objet de l'engouement des frères, attire nécessairement plus d'adhérents dans chaque catégorie : l'affiliation de Spitallier de Seillans à l'Azzzzé a pour résultat la présentation de deux autres oratoriens, tandis que la Constance ne reçoit aucun prêtre.

Les nobles ont aussi leurs préférences; ils vont à l'Azzzzié plutôt qu'à la Constance; si, à Hesdin, ils sont nombreux à la Fidélité, c'est à cause de l'appoint considérable que procure le régiment de cavalerie qui compte:nombre d’officiers titrés.

rentiers et les propriétaires, nous avons fait rentrer les macons dont les professions n’étrient pas indiquées ou qui figuraient sur des tableaux qui n'en .comportaient aucune.

Le tableau suivant va nous permettre d’établir des comparaisons entre les loges de l'Artois et leurs voisines de la Picardie.

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