TROIS LOGES ARTESIENNES DE L'ÉPOQUE RÉVOLUTIONNAIRE
L'Aurore de la Liberté, à VO-. de Béthune (1789).
La Réunion, à l'O-. d'Aire (1790). Le f~. Duval.
Les Amis de ia Constitution, à l'O-. du 3* Bataillon des gardes nationales volontaires de la Somme, à l'O-. d'Hesdin (1791).
Non loin du vieux beffroi du XV* siécle, qui forme comme un ilot, au milieu de la place de Béthune, l'on rencontre la petite rue de l'Education. Elle conduit à ces remparts auxquels Vauban vient d'ajouter quelques ouvrages pour compléter les défenses de la ville. Seuls la fréquentent les soldats, les éléves du collége de l'Oratoire et les francs-maçons qui se rendent à leur temple.
L'Aurore de la Liberté fut constituée le 12 octobre 1789 (1). - Parmi ses fondateurs, nous relevons les noms de plusieurs prétres et de J.-B. Delalleau, élu, en cette méme année, aux premières fonctions de la loge (2). a
Le 20 juin 1790, eut lieu l'installation du nouvel atelier, dont Nicolas Weecksteen, un digne ecclésiastique, était alors vénérable ; des délégués de toutes les loges artésiennes assistaient a cette cérémonie et le f-- Dambrines, qui représentait l'Awzfié d'Arras, y prononça le discours suivant :
« Dans ce moment heureux, où le rovaume le plus beau, le plus
(1) La demande de constitutions est visée par « LES FRÈRES D’ARMES », à ro.. du régiment de cavalerie du duc de Berry ; son député au G.. O.. est Marie-Emmanuel, duc de Crussol, -colonel commandant le régiment de cavalerie Royal-Navarre.
(2) Successivement notable (1792), administrateur, du district de Saint-Omer (1792), officier municipal de Béthune (30 vendémiaire an VI) et maire de cette ville (an VIII), le f-. Delalleau était un royaliste fervent ; il ne se rallia pas a l'Empire et, par arrêté de haute police de la 16° division, en date du 17 mai 1815, il fut suspendu de ses fonctions pour incivisme et interné à Chateau-Chinon ; le gouvernement de la Restauration le rétablit dans celles-ci, le 15 mai 1816, 7
J.-B. Delalleau (1761-1838), 1% surv. en 1790, Rose Croix en 1809, fut inhumé près du Calvaire de l'ancien cimetière de Béthune.
D'autres frères, habitant Béthune, professaient aussi des opinions royalistes et ne s'en cachaient pas ; tel était le cas du f.: marquis de Baynast, qui fut également maire de cette ville, en 1826 ; il était l'une des lumiéres de la RÉUNION d'Aire. ;
Alexandre G. Max, marquis de Baynast (1768-1838), était le fils d'Alexandre Honoré, capitaine de carabiniers, et de Louise-Jeanne de Trécesson ; il avait épousé Guislaine-Joséphine de Genevières (1779-1848).
instruit de l'Univers, va faire le dernier pas vers la liberté, où la France, trop longtemps courbée sous le poids de la dépendance et de l'aristocratie va se régénérer et se rendre à elle-méme tous les droits que la nature donne aux hommes, droits imprescriptibles et dont n’a . que trop longtemps abusé un peuple de tyrans, que Dieu et la loi ne tarderont pas à faire rentrer dans le devoir, quelle gloire pour la maconnerie, mes fréres, de voir suivre en tous points ses principes et ses lois ! Ne semble-t-il pas que ce soit de son génie bienfaisant que soit sortie cette idée sublime de secouer le joug humiliant de l'oppression et de la dépendance ?
« L'homme bientót rendu à son premier état, à lui-méme, ne prononcera plus désormais que les mots chéris, base de notre Constitution : liberté, égalité. Tout le précipite vers ces deux divinités. C'est un peuple de fréres qui se donnent la main, pour ne faire désormais qu'une seule famille.
« ...Les peuples voisins ne tarderont pas à suivre notre exemple; nous aurons la gloire de le donner à l'univers entier ! » (1).
Le f-- Rameau, orateur de la loge, lui répond : « Puisse le titre sous lequel nous nous sommes constitués n'étre pas mensonger ! Puissionsnous voir bientót, au sein d'une heureuse révolution, briller le midi de cette aurore de la liberté! Qu’aprés une pénible navigation et vainqueurs des orages, les pilotes de notre patrie puissent amener ce vaisseau immense au port désiré ! ».
Avant de se séparer, les assistants eurent une derniére joie, celle de donner la lumière au profane Antoine de Montreuil, prêtre bénéficier (2) ; le f~- Rameau lui dit, en le recevant (3) : « Vous retrouverez ici la paix et la candeur de vos mœurs; ic i, disparaissent les rangs : le niveau maconnique rend tous les homes égaux ; ainsi régna, de tous temps, parmi nous cette aimable égalité, qui commence à naître dans le pays français. C'est à la maçonnerie, sans doute, que nous devons ce miracle. Aussi, les augustes représentants de la Nation ont-ils adopté jusqu'à nos usages ; ah ! quand je vois les fonctions de leurs dignitaires, la demande de la parole, le rappel à l'ordre, la maniére de voter, la tribune, les écharpes de nos municipaux et surtout les droits de l'homme confirmés, je suis obligé de me dire : Nos représentants sont francs-maçons ! ».
L'Aurore de la Liberté était née sous d'heureux auspices ; les premiers mois de son existence faisaient prévoir un avenir plein de promesses : l'armée et la bourgeoisie y étaient largement représentées (4); le f-- de Carion, l'une de ses lumières, avait fait le sacrifice
(1) Procès-verbal de l'installation de la L.. de l'AURORE DE LA LIBERTÉ, à l'O. de Béthune, le 20° jour du 4 mois 5790. Archives du G.. O.. (8) Ibid.
(3) Ibid.
— (4) Voici, en 1789, avec quelles loges elle était en correspondance : la Mo- DESTIE, de Lille ; les AMIS RÉUNIS, de Lille ; la PARFAITE UNION, dle Douai ; les AMIS PHILANTHROPES, de Lille ; la CONSTANCE, d'Arras ; l'AMITIÉ ET FRATERNITÉ,
de sa particule et propageait les idées nouvelles ; il poussait méme le zèle jusqu'à dénoncer le curé de Carvin qui, cependant, avait prêté le serment constitutionnel ; la loge correspondait avec plusieurs ateliers et le G-- O~. allait régulariser ses travaux.
Hélas ! la tourmente révolutionnaire moissonne ces belles espérances.
Il en est de méme dans la ville voisine, à Aire. Les professions libérales y sont suivies, à cette époque, par vanité plutôt que par calcul. Devant ses trois juridictions, vingt-trois avocats plaident ou ne plaident pas. Six procureurs et dix notaires complétent le nombre des disciples de la basoche (1).
Quelques représentants de la noblesse forment, avec deux ou trois familles reçues aux Etats, avec les officiers des deux régiments de la garnison, ce qu'on est convenu d'appeler la société. Celle-ci, fait notoire, ignore l’ennui : elle-connaît méme l'art de se divertir et mène une vie élégante et frivole.
Ce n'est pas dans ce milieu que, ‘le 3 3 avril 1790, les fondateurs de la loge la Réunion, cherchent leurs Breiner: adhérents. La bourgeoisie les leur fournit pour la plupart. Un tiers environ appartient a l'armée ; le clergé est dignement représenté. par le f-- P.-E.-J. Lochtemberg de la Mairie, chanoine de la Collégiale d'Aire.
D’après la tradition, le nouvel atelier se serait installé dans une maison de la place du Chateau, qu'il avait fait édifier ou aménager.
Nous avons tout lieu de croire que, par la suite, c'est rue des Hallettes (2), que la loge vint abriter ses destinées. Au n? 14, en effet, se trouve une maison ancienne sous la corniche de laquelle se voient cinq écussons entourés de feuiliages. Chacun d'eux contient un chiffre et on lit; de gauche à droite : 1794. Sur l'écusson central, on voit une équerre, un compas et un petit parallélogramme qui pourrait représenter une pierre cubique. Ce sont bien là des attributs maconniques et il est possible, sinon probable, que cet immeuble ait servi aux membres de la Réunton, On cite encore comme les ayant abrités, une partie du couvent des Sceurs Noires ou Conceptionnistes, devenu de nos jours l'Hospice Baudelle (3).
Quoiqu'il en soit, la loge, sitôt installée, demande à la Fidélité de venir inspecter ses travaux. C'est là un acte de déférence et de courtoisie à l'égard de l'un des plus anciens ateliers de la province.
le Maubeuge ; la PARFAITE RÉUNION, de Paris ; la CONSTANTE AMITIÉ, de Caen ; AMITIÉ, de Courtrai ; la REUNION, d'Aire-sur-la- -Lys ; la FIDÉLITÉ, d'Hesdin ; l'ES- PÉRANCE, de Paris ; le "TRAIT D'UNION, de Toulon.
(1) Arch. dép. du P.-de-C., série L. Comité de surveillance de Béthune.
(2) Actuellement, rue Jules-Hunebelle ; notons que cette maison se trouve lans une rue peu fréquentée, étroite, courte, presque attenante au beffroi; l'imneuble contigü, de mémes proportions et construit à la méme époque, ne porte iucune date ni aucun motif de sculpture.
(3) Est-ce à propos de l'aménagement de ce local qu'en 1811, la loge eut les démélés avec Monal, son architecte ?
Le 17 mai 1790, le vén-. f-- André donne lecture à ses collégues de la planche à tracer que leur adressent les fréres d'Aire ; on décide de faire droit à leur requéte et d'envoyer une délégation de deux membres — les fréres André et Bellevre — pour « scruter » leurs travaux et juger de leur régularité ; il sera possible ensuite d’appuyer auprés du G-- O-. leur demande de Constitutions (1).
Dès ses débuts, la Réunion connaît une grande prospérité : cinquante fréres se sont inscrits sur ses tableaux, sans compter des membres honoraires en nombre et trois servants. Elle a son député auprès du G~. O-. (2), et échange une correspondance régulière avec plusieurs loges renommées (3). Parmi ses adhérents de la première heure, figure Charles Duval, magistrat de carrière, type du maçon austère et consciencieux. Né à Aire, le 27 octobre 1746, il est fils d'un avocat au Conseil d'Artois devenu, par la suite, échevin, lieutenantmajor, procureur du roi, puis syndic de cette ville.
Ses parents le destinérent, tout jeune, à l'étude des lois. Esprit méditatif, ıl fuyait les plaisirs mondains et ne se complaisait que dans les travaux intellectuels. Pendant quelques années, il fut inscrit au barreau de sa ville natale, ce qui était bien la meilleure préparation à la profession qu'il désirait embrasser.
Il s’affilia vers cette époque à la loge de la Rézzzoz que quelques hommes distingués venaient de fonder. Son jugement droit et son cœur essentiellement bon lui conquirent bientôt l'estime de ses frères et, dés la premiére année, ils le choisirent comme expert.
Bientót, son expérience et son savoir l'appellent à d'autres fonctions. Successivement administrateur du département du Pas-de-Calais, juge, puis président du Tribunal de Saint-Omer, il doit quitter Aire, mais il n'en reste pas moins en relations avec les francs-maçons de cette ville et ne cesse de figurer sur leurs tableaux.
(1) Demande de Constitutions de la L.. de la RÉUNION, à l'O.. d'Aire, du 30° jour du 2° mois 5790. Le premier tableau de cette Loge (1790) est visé par SOPHIE-MAGDELEINE, reine de Suède, à O.. d'Arras ; la FIDÉLITÉ, à l'O. d’Hesdin ; AMITIÉ ET FRATERNITÉ, à l'O.. de Dunkerque. (Archives du G~. O-.).
(2) En 1790, ce député est Mahou, employé principal des postes ; en 1813- 1814, le f.. de Joly Fraissinet, vén.. de la L-. d'ANACRÉON, officier du G.. O~., remplira ces fonctions.
(3) Affiliations de « LA RÉUNION », d'Aire, aux différentes époques. En 1790 : « L'AURORE DE LA LIBERTÉ », de Béthune ; « LA FIDÉLITÉ », d'Hesdin ; « LA CONS- TANCE », d'Arras ; « LA CONSTANCE ÉPROUVÉE », de Tournai ; « LA PARFAITE UNION », de Douai; « LE TEMPLE DES MUSES », de Paris; « LE SECRET DES TROIS ROIS », de Cologne ; « LES TROIS H », du Havre ; « L'AGE D'OR », de Paris. En 1813 : « L'AURORE DE LA LIBERTÉ », de Béthune ; « L'AMITIÉ », d'Arras ; « LES AMIS RÉU- NIS », de Lille ; « L'AMITIÉ ET FRATERNITÉ », de Dunkerque ; « L'AGE D'OR », de Paris ; « LA CONSTANCE ÉPROUVÉE », de Tournai; « LE TEMPLE DES MUSES », de Paris ; « LES TROIS H », du Havre ; « LA FIDELITE », d'Hesdin ; « LA RÉUNION DÉSIRÉE.», à l'O... des Gardes Nationales d'élite ; « LA PARFAITE UNION », de Douai ; « SAINT FREDERICK », de Boulogne ; « Saint LOUIS », de Calais ; « LE SECRET DES TROIS ROIS », de Cologne ; « LA TRINITÉ », de Dunkerque ; « LA FARFAITE UNION », de Montreuil ; « L'ANACRÉON », de Paris ; « LA PARFAITE HARMONIE », d'Abbeville. En 1814 : toutes celles de 1813, plus « SAINT LOUIS DE LA BIENFAISANCE », de Chalons-sur-Marne.
La correspondance est envoyée à M. Laurenino, à Aire. E
Duval est l’une des lumières de la magistrature artésienne (1). Dans toutes les questions difficiles, on le consulte et ses décisions, aussi juridiques qu’équitables, réconcilient souvent les plaideurs. Sa vie est un exemple digne d’étre médité : elle prouve, au demeurant, que la franc-maçonnerie n'est pas incompatible avec la religion (2).
Mais c’est au moment ot la Révolution jette le trouble dans les esprits et disperse les associations de tous genres — à l’exception des clubs politiques — que la Réunion commence ses travaux et groupe autour du f-- Duval quelques personnages de distinction ; à limitation des autres ateliers de l'Artois, elle ne tarde point à fermer ses portes.
D'autres loges vont naître de l’œuvre révolutionnaire : celle des Amis dela Constitution est de ce nombre.
Au lendemain de la fuite du roi, le troisiéme bataillon des Volontaires de la Somme a été formé (3). ll comprend cing cents hommes environ du recrutement d'Abbeville, répartis en neuf compagnies, une de grenadiers, huit de fusiliers. Il a élu ses officiers par la voie du scrutin et reçu son drapeau, sur lequel on peut lire, à côté d'un numéro d'ordre, cette inscription farouche : Le peuple français. La Liberté ou la Mort.
Hesdin lui a été désigné comme garnison. En arrivant dans cette ville, où rien ne les rattache, ces soldats improvisés, fils de la petite bourgeoisie ou du peuple, éprouvent le besoin de resserrer les liens de leur camaraderie. Ils sont mal logés, en cantonnement de fortune, mal équipés et mal nourris. Suivant l'exemple des régiments de l'armée régulière, ils fondent une loge maçonnique.
Les premiers adhérents se réunissent dans un local que les membres de la Fidélité mettent gracieusement à leur disposition. Ils choisissent un titre qui répond aux aspirations du moment : Les Amzs de la Constitution.
Une trentaine de frères viennent se ranger sous le maillet de Pinchon-Lebrun, qui remplit les doubles fonctions de quartier-maitre au bataillon et de vénérable à l'atelier (4). Nourris de l'orthodoxie
(1) L'Empire devait le consoler des déboires qu'il avait connus pendant la’
Révolution. Les distinctions et les honneurs lui furent largement distribués ; il assista au sacre de Napoléon, en qualité de président du canton de Saint-
Omer ; en novembre 1803, il fut élu deuxième candidat au corps législatif, et, ~>
de 1811 jusqu'à sa mort, il fit partie du conseil municipal. S'il ne termina pas sa carrière comme député, c'est parce que sa modestie l'empécha d'accepter ce témoignage d'estime et de gratitude, que lui offraient ses concitoyens.
(2) Derheims, dans son HISTOIRE DE LA VILLE DE SAINT-OMER, dit, en parlant de Charles Duval : « Ses principes de vertu et de probité ne se démentirent jamais, au milieu des persécutions qu'il éprouva à diverses époques de nos troubles révolutionnaires. La religion le consola et le soutint dans ces journées tristes et périlleuses. »
(3) 21 juin. 1791.
(4) Voici la liste des dignitaires de cette loge :
Fr. Pinchon-Lebrun, Vénérable (Quartier-Maitre) ; J. Fr. Bénugant, 1er Surveillant ; Fl. Gillet, 2° Surveillant ; A. Descamps, Orateur ; Bertrand d'Aube-
vey
maçonnique la plus pure, ils désirent ardemment obtenir du G“. O~. des Constitutions régulieres.
Dans ce but, ils adressent au vén-- f-. André une planche à tracer, par laquelle ils « supplient » leurs fréres de venir inspecter leurs travaux.
L'invitation est trop flatteuse pour que les membres de la FzZé/z/é ne l'acceptent pas d’enthousiasme. Le 26 février 1792, ils se rendent donc à la tenue de la loge des Amis de la Constitution. Ils y sont reçus avec tous les égards voulus. Le vén-- f-- Pinchon-Lebrun et ses deux surveillants les accueillent au seuil du temple ; le f-- Descamps, orateur, leur adresse un discours « relatif aux circonstances » qui, si nous en croyons le procès-verbal, fut « plein d'énergie.» et « dénota le patriotisme le plus brülant ». Il valut à son auteur des applaudissements mérités pour ses « rares talents » (1).
Mais là s'arréte le Zvre d'architecture de la Fidélité. Trois pages blanches font suite à cette narration, la dernière qu'ait signée le f-. Hurtrel, secrétaire par intérim. Les volontaires sont encore en garnison à Hesdin en l'an II, mais la Révolution a interrompu leurs travaux (2). TRE:
Adieu ies chères réunions au cours desquelles on se décernait des rubans de moire et des titres pompeux. Adieu les initiations bizarres, les apparats et les banquets : le flot qui monte jette à bas tous les trónes et il ne respecte méme pas celui auquel on n'accéde qu'en franchissant les sept marches sacrées...
Qu'ils sont significatifs ces trois feuillets intacts ! Il semble que, tout à coup, le secrétaire se soit arrété, aprés avoir tourné la page... Un spectacle d'une étonnante grandeur avait frappé ses yeux...
1793 ! C'est le commerce délaissé, l'industrie ruinée, la famine dans les villes et la misére dans les campagnes ; c'est la monnaie dépréciée, l'incertitude dans les transactions ; c'est l'ennemi menacant les frontiéres et, à l'intérieur, la France trahie par les uns, reniée par les autres, déchirée par tous, dans la plus affreuse des luttes fratricides!
1793 ! C'est le peuple souverain ,énivré de ses succès inespérés, si complets qu’il ne peut y croire, grisé de passer d’un excés de servitude a un excès de liberté ; le peuple se laissant aller à toutes ses passions, les mauvaises et les pires, puis se ressaisissant brusquement, oubliant tout pour ne plus songer qu’à la Patrie en danger !
rive, Garde des Sceaux ; Ch. Badoux, Secrétaire ; N. Devisme, Maître des Cérémonies ; L. Coiron, Secrétaire Adjoint ; G. Avisse, lier Expert ; P. Fr. Petit, Hospitalier ; D. Brezin, Architecte.
(1) LIVRES D'ARCHITECTURE DE LA L.'. DE LA FIDÉLITÉ, tenue de février 1792.
(2) LIVRES D'ARCHITECTURE DE LA LOGE DE LA FIDÉLITÉ, Arch. mun. d'Hesdin.
(3) Aprés un séjour au camp de Rosendaél, le 3° bataillon des Volontaires réintégre sa garnison d'Hesdin, à la fin de Van II.
1793 ! C'est l'effort gigantesque, concerté, voulu, la dernière ruée d'un peuple qui comprend qu'il faut vaincre ou mourir! Et c'est Virrésistible élan qui décuple les énergies, qui gagne les victoires, qui amene les libérations... :
Telle est la page qui reste à écrire sur le livre d’architecture...
Mais le f-- Hurtrel hésite, recule, en croyant voir sur l’un des feuillets de son registre. une tache de sang... Il est pris de peur, laisse choir sa plume et s’enfuit...
Il n’a pas compris...