L'ANGLETERRE, BERCEAU DE LA MAGONNERIE UNIVERSELLE
Des faits que nous venons de citer, tirons quelques conclusions fort importantes dans le sujet qui nous occupe.
L’Angleterre a été, nous l’avons vu, le berceau de la maçonnerie du monde entier.
Elle a donné aux Grandes Loges établies successivement dans l'univers, les chartes maçonniques qui les font travailler en harmonie avec les maçons des autres pays. Elle leur a imposé son rituel officiel, ses cérémonies, ses degrés d'initiation, ses instructions et ses serments. KElle relie ces Grandes Loges entre elles et se les rattache à elle-même par la correspondance officielle, et le système des Grands Représentants. En un mot, la franc-maçonnerie anglaise a été la tête et le cœur de la maçonnerie universelle.
Donc vouloir aujourd’hui établir une distinction entre la maçonnerie anglaise et la maçonnerie continentale, représenter celle-ci comme violente, anticatholique, révolutionnaire dans ses principes et dans ses actes, celle-là, au contraire, comme conservatrice dans ses tendances, tolérante dans ses vues, bienfaisants dans son but final, est une théorie parfaitement inadmissible, Elle croule par la base et est énergiquement démentie par les faits.
Une seule chose pourrait justifier cette assertion. Ce serait une rupture éclatante et publique de la maçonnerie anglaise avec la maçonnerie continentale, un changement complet de base, un abandon absolu des principes qui présidèrent à la formation de l’ordre moderne en 1717, et lui assignèrent son but final.
L'Angleterre maçonnique a-t-elle jamais désavoué ses doctrines, réformé ses rituels et changé les serments qu'elle exigeait de ses membres et qu’elle imposait aux maçons du continent en 1723 ? Jamais!
Doctrine, rituel, serments restent aujourd’hui les mêmes qu'en 1723, pour les maçons de l’univers entiers !
L’Angleterre maçonnique, a-t-elle rompu officiellement avec les loges continentales, ses filles, qui depuis deux siècles mènent ouvertement la guerre ‘ontre l’Eglise et la société chrétienne ? Jamais !
Il y à bien eu, il est vrai, de temps à autre, quelques moments de mauvaise humeur.
Quand ces filles, impatientes des restrictions hy pocrites que leur mère leur imposait, ont brisé ces entraves, qu'elles ont proclamé tout haut ce que la secte ne confiait que tout bas, à quelques sujets d'élite, alors la maçonnerie anglaise a feint de se fàcher : et elle a imposé à ces Grandes Loges trop audacieuses un temps de pénitence publique.
ve FAN avi
C'est ce qui est arrivé par exemple, au Grand Orient de France en 1876, quand il cessa de déclarer obligatoire pour les maçons la croyance à l’Etre Suprême.
L’Angleterre maçonnique se sépara officiellement de la France. Elle lui retira ses Grands Représentants, et les Grandes Loges des Etats-Unis et du Canada suivirent cet exemple. Maïs ce nuage passager n’empêche nullement la mère et la fille de s’entendre parfaitement en secret.
Depuis 1878, la France est ostensiblement gouvernée par la franc-maçonnerie. Elle ne cesse depuis lors, selon le programme de l’ordre, de combattre la religion révélée et de démolir pièce à pièce, les institutions qui donnaient à ce grand pays sa physiono- 4 mie chrétienne.
L’Angleterre maçonnique a-t-elle protesté contre ces persécutions, condamné ces violences, désavoué les actes des francs-macons français ? Ne leur a-telle pas au contraire, donné constamment l’approbation la plus entière, l’appui le plus chaleureux ? Ne soutient-elle pas le journal et par l'opinion publique, qu’elle façonne par les mille organes à sa disposition, les chefs qui conduisent en France la croisade anticatholique et anti-sociale ?
Ne reste-t-elle pas en union intime et fraternelle par ses Grands Représentants avec la maçonnerie Belge, Italienne, Allemande et Espagnole, aussi hostile que la maçonnerie française à l’Eglise Catholique et aux institutions qui lui servent d’appui ?
Que l’on cesse donc de nous apporter cette distinction perfide entre la maçonnerie anglaise et la maçonnerie continentale. La société est une par son organisation, ses doctrines et son programme. Les allures extérieures plus pacifiques des maçons anglais tiennent à des causes que nous expliquerons plus tard, mais elles n’indiquent nullement ni un changement de vues, ni encore moins l’abandon du fameux programme maçonnique de 1723,
L'avocat protestant Eckert qui ax étudié à fond l'influence de l’Angleterre dans les révolutions s0ciales qui agitent aujourd’hui le monde, termine en ces termes, son vigoureux réquisitoire contre la maçennerie anglaise.
“ L’Angleterre a été la mère de la franc-maçonnerie moderne, et c’est d’elle encore que partent les fils conducteurs qui dirigent aujourd’hui l'association maçonnique dans l'univers entier.” (Eckert, t. II, p. 55.)