HISTOIRE DE LA GRANDE LOGE DE QUÉBEC D'APRÈS LE FR. J. H. GRAHAM
‘ La division du Canada, du consentement et avec l’aide du gouvernement local et impérial, en deux provinces distinctes, Ontario et Québec, et la fédération des autres provinces pour former le Dominion du Canada, le 1er juillet 1867, souleva des questions maçonniques d’un intérêt et d’une importance supérieure, peut-être, à n'importe’ quel événement politique des temps modernes.”
* Plusieurs années avant ces faits, leur prévision m'avait engagé, avec plusieurs autres sans doute, d'étudier à fond les documents historiques et les principes constitutionnels qui se rapportaient à la formation, aux prérogatives, au fonctionnement des Grandes Loges de la franc-maçonnerie, durant les 150 dernières années, c’est-à-dire, de lan 1867 à l’établissement de la Grande Loge d'Angleterre en 1717.”
“J'en vins à la conclusion que la maçonnerie de cette province avait, après le ler juillet 1867, Le droit et le devoir de former une Grande Loge indépendante, avec pouvoir légal d'exercer une autorité exclusive et souveraine sur toutes les loges de francs-maçons, dans le territoire de Québec.”
“ Cette conclusion devint pour moi un axiome de
foi maçonnique et nombre de frères de cette province partagèrent ma conviction.”
Formation de la Grande Loge de Québec.
“ Plusieurs années de réflexion, des études sérieuses et variées préparèrent donc la voie à la formation de la Grande Loge de Québec. Elle fut établie le 20 octobre 1869, grâce à la coopération intelligente et zélée de la majorité des loges canadiennes, écossaises et anglaises de Ja province”
“ Nous fîmes connaître cette démarche à toutes les Grandes Loges Sœurs de l’univers, en même temps que nous leur demandions de l’approuver et d’échanger avec nous leurs Grands Représentants.”
“Nous gardons une reconnaissance profonde à:
tant d’habiles légistes maçons et de Grandes Loges Américaines et Canadiennes qui firent à notre demande un accueil favorable.”
Diflicultés.
La Grande Loge de Québec était fondée, mais il y avait encore bien des difficultés à vaincre,
Vingt-deux loges du régistre du Canada (Ontario), trois loges du régistre d'Angleterre: $S. Paul, $. Georges et S. Laurent, ainsi qu’une loge du régistre d’Ecosse : Elgin, refusèrent de se laisser porter sur
le régistre de la Grande Loge de Québec, et prétendirent garder leur allégeance.
Après quelques années de controverses et de luttes, l'affaire s’arrangea, en partie du moins.
Adhésions.
‘ Nos différents avec la Grande Loge du Canada notre mère, continue le Grand Maître, furent enfin reglés en 1874. Les loges dissidentes de notre territoire se firent inscrire sur notre régistre, à des conditions aussi honorables pour elles, qu’avantageuses pour notre Grande Loge et toute la maçonnerie de notre juridiction.”
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“ Les difficultés qui s'étaient élevées entre cette
Grande Loge de Québec et la mère Grande Loge
| Ecossaise troublèrent profondément ici et ailleurs l’harmonie de notre société. Heureusement, l'amour
de la paix, le désir fraternel des maçons Ecossais,
alors dissidents, de faire ce que, dans les circonstan-
ces, ils crurent devoir être pour le bien général de
l’ordre dans cette juridiction, finirent enfin par l’em-
porter.”
“ La célèbre vieille loge Elgin, avec ses deux rejetons King Solomon et Argyle, donnèrent un noble exemple des vrais principes de notre fraternité, en | se rangeant sous la bannière de notre jeune, mais | non sans gloire, Grande Loge de Québec.”
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La paix.
La paix se faisait dans la famille maçonnique, et le Grand Maître de s’en réjouir et d’en féliciter les frères.
“ Cette heureuse union des loges du régistre du “Canada ” et “ d’Ecosse ” avec la Grande Loge de Québec, joint à l'accroissement annuel des loges placées sous notre juridiction, a plus que triplé le nombre de celles qui participèrent en 1869 à la formation de ce grand corps. Voilà certes qui est très encourageant pour nous.”
Sans doute. Pourtant, lorsque le Grand Maître regarde du côté de l’Angletterre, un nuage passe sur son front,
La Grande Loge de Londres continue de maintenir en pénitence sa fille indocile, et de lui retuser l'échange des Grands Représentants. Bien plus, elle soutient dans leur révolte les trois loges anglaises de Montréal : S. Georges, $. Paul et S. Laurent.
De là colère, menaces, échange de lettres plus ou moins aigres entre Québec et Londres.
La guerre.
“ Pour compléter notre œuvre, continue le Grand Maître, il ne nous reste plus qu’à régler nos relations avec notre mère la Grande Loge d'Angleterre, et à
obtenir de ses trois filles, S. Georges, S. Paul et $. Laurent, qui restent encore indépendantes, dans les limites de notre juridiction souveraine et reconnue, une adhésion fraternelle.”
“Nous avons demandé à la Grande Loge de Londres d'échanger avec nous ses Grands Représentants. Elle à offert de nous reconnaître formellement si nous laissions les loges anglaises libres de continuer à relever, si elles le voulaient, de la Grande Loge Anglaise. C'était à des conditions pareilles que l’Angleterre avait consenti à reconnaître la Grande Loge du Canada.”
Le Grand Maître répond :
Votre offre est inacceptable.
La Grande Loge du Canada en se soumettant à ces conditions commit une faute.
Nous ne la renouvellerons pas.
Votre conduite est anti-maçonnique. Vous troublez la paix, etc., etc.
Et la guerre de continuer de plus belle.
“ La Grande Loge de Québec, dit le Grand Maître Graham, a été fondée, comme la Grande Loge d’Angleterre, en vertu d’un droit régulier, inhérent et inaliénable, droit qui est, croyons nous, en parfait accord avec les constitutions et les traditions de la franc-maçonnerie. Nous avons réclamé, ab initio, une juridiction souveraine et exclusive sur toutes les loges de la Province de Québec.”...…….
“ Cette réclamation a été approuvée.”