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LE BUT DE LA MAÇONNERIE CANADIENNE

Pourquoi donc ces hommes entrent-ils en loges ? Quels sont leurs desseins ?

Ni la charité, ni le secours mutuel, ni l’avancement dans le commerce ou la politique, ne doit être le but final que se propose la maçonnerie ; nous l’avons vu plus haut,

Quel est donc le vrai but de la maçonnerie canadienne ?

Laissons les Chefs répondre à cette question.

Le fr. Henderson, Grand Maître de la Grande Loge du Canada en 1881, définissait en ces termes le but de la société :

‘ La franc-maçonnerie est une fraternité d’hommes, destinée à üluminer l'intelligence et à perfectionner la moralité de ses membres pour la gloire du Grand Architecte de l'Univers.”

De son côté le fr. Fish, passé Grand Maître du Nevada, disait en 1881 :

“ Le but principal de notre société est de rendre les hommes meilleurs et plus heureux.”

“ Nulle société ne peut avoir un but plus noble et

plus important que la maçonnerie. Elle élève le niveau de l'intelligence, elle perfectionne les facultés mentales et les vertus morales ; elle enseigne aux hommes leurs devoirs envers Dieu et envers leurs semblables.” (Annuaire maç. de Québec, 1881, p. 108.) (a)

Voilà qui est clair.

La maçonnerie canadienne poursuit, dit-elle, un but essentiellement intellectuel et moral.

Elle veut “ perfectionner l’intelligenee de ses membres. avancer leur moralité... leur enseigner à mieux remplir leurs devoirs... les rendre meilleurs et plus heureux.”

Notons de suite la parfaite ressemblance de ce but avec celui des maçons anglais du XVIIIe siècle,

Le programme canadien reproduit, presque dans les mêmes termes le programme anglais de 1723.

Notre maçonnerie, est, elle aussi ‘une alliance humanitaire destinée à mener graduellement la s0ciété à sa perfection morale.”

Elle est organisée sur le même plan que la maçonnerie anglaise.

Elle a pris pour base de recrutement, la liberté religieuse la plus illimitée.

Nous pourrions donc déjà, en toute justice, appliquer à la maçonnerie du Canada tout ce que nous avons dit du fameux programme de 1723 ; et con-

(a) L'assemblée générale de Québec entendit la lecture de ce rapport et l’'approuva.

clure de suite qu’elle est par son organisation, par son mode de recrutement et par le but final qu’elle poursuit,

Hostile à l'Eglise catholique.

Hostile aux institutions qui prennent pour fondement les principes de cette Eglise.

Mais pour donner aux lecteurs plus de lumières sur cette prétendue société de “ progrès intellectuel et moral ” aussi bien que pour enlever aux frères tout prétexte de crier à la calomnie et à la fausse représentation, expliquons en détail les cérémonies d'initiation aux premiers degrés maçonniques, les doctrines qu’on y enseigne, les serments qu’on y prête.

Nous saurons mieux après ce qu’il faut penser de notre maçonnerie canadienne.

Avant de dire ce qu’est un maçon, montrons comment on devient maçon.

Les frères font dans les loges un serment solennel de cacher les secrets et les pratiques de l’ordre.

A la fin de l'initiation au 1er degré le Vénérable recommande au nouveau maçon ‘la plus grande prudence dans ses paroles et dans ses actes, pour que le profane le plus perspicace ne puisse pas découvrir ce qu’il ne doit point savoir.”

1] lui enjoint ensuite : “ de ne jamais communiquer à sa famille à ses amis à ses connaissances, les pratiques secrètes de l’association dans ses diverses assemblées ” (Carlile, Manuel p. 37.)

Le Venérable a de bonnes raisons pour parler de la sorte ; nous le verrons bientôt.

Mais les profanes ont intérêt, eux aussi, à savoir ce qui se passe en loges.

“ Les parents, amis et connaissances ” des maçons aimeront à connaître ce qu’ils font dans les assemblées maçoniques.

Nous allons satisfaire cette légitime curiosité.

Pour la collation des ‘degrés on suit dans les loges du rite anglais, le Manuel de Carlile, (a)

Je le traduirai littéralement ou je l’analyserai avec soin.

Ce manuel ne dit pas tout, mais tout ce qu’il dit est exact,

Je remplirai les lacunes, ou bien à l’aide du rituel français, cité par Gautrelet, (b) ou au moyen de renseignements dont je puis en conscience, garantir la parfaite exactitude.

(a) Manual of Freemasonry by Richard Carlile: London.

(b) Gautrelet, La Franc-Maçonnerie et la Révolution. Lyon,

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