CHAPITRE V
AVANCEMENT AU DEUXIÈME DEGRÉ MAÇONNIQUE.— LE COMPAGNON OU FELLOW CRAFT.
L'intérieur de la loge est le même qu'au premier degré, seulement on suspend la lettre G au gazelier qui se trouve au milieu de la salle,
Le Vénérable.— ouvre la loge au second degré:
Vénérable— ‘“ mes frères, le fr. X. se présente ce soir pour le second degré, mais il faut voir d’abord s’il donnera des preuves de progrès dans le premier.” Après cet examen, le Vénérable continue.
“ Frère X. venez ici, jurez vous sur votre honneur d'homme, et votre fidèlité de maçon, de persévérer avec constance dans les cérémonies de votre avancement au second degré ? ”
Le Candidat.— “ je le jure.”
Vénérable.— ‘“ jurez vous également de cacher ce que je vais vous révéler avec le même soin que les autres secrets maçonniques ?
Candidat.— “ je le jure.”
Quelles sont ce cérémonies et ces secrets? Le candidat l’ignore, «uais il jure cependant de les observer.
C’est toujours la même tactique.
Après avoir reçu ce serment du candidat, le Vénérable continue :
“ Je vais vous confier, puisque vous en êtes digne, lPattouchement et le mot de passe qui mêne à la porte de la loge où vous voulez entrer. T’attouchement se donne en pressant le pouce de la main droite entre les joints du premier et du second doigt de la main droite d’un frère. Cet attouchement demande un mot de passe, Ce mot est Shibboleth. Il signifie abondance, On le représente ordinairement dans nos loges par un épi de blé près d’une chute d’eau.
Rappelez vous ce mot, car sans lui, vous ne pourriez pas obtenir votre entrée dans une loge supérieure.”?
Le Candidat se retire pour procèder à la
Toilette maçonnique.
Au second degré le bandeau et la corde ont disparu, mais le postulant, toujours en caleçon et en chemise, a le bras gauche, le sein droit et le genou droit à découvert, tandis que le pied gauche est chaussé d’une pantoufle acculée.
On l’introduit en loge avec les mêmes formalités qu’au premier degré. Le Vénérable le reçoit au nom “ du Grand Géomètre de l'Univers,” puis il lui fait faire trois fois le tour de la loge, en donnant l’attouchement et le mot de passe, alors ii lui dit :
“ Agenouillez-vous sur le genou droit, plaçant votre pied gauche en forme d’équerre. Tenez le corps droit, placez la main droite sur le volume sacré de
la loi et supportez le bras gauche sur l’équerre.. puis répéter après moi les paroles du serment.” (a)
*k Serment du compagnon.
“Moi X...en présence du Grand Géomètre de l'Univers, dans cette loge vénérable et légitime de compagnons maçons, dûment constituée, régulièrement assemblée et ouverte selon les règles, de mon plein gré et consentement, je promets solennellement et je jure de toujours cèler, cacher, et ne jamais révêler à celui qui n’est qu’apprenti, ou à ceux qui ne sont pas initiés et qui ne sont pas maçons, les secrets et mystères du second degré de la maçonnerie, connu sous le nom de compagnon.”
“ De plus, je jure solennellement d'agir comme un vrai et fidèle compagnon ; d’obéir aux signes et de maintenir les principes qui m'ont été inculqués dans le premier degré.”
Je jure d'observer tous ces points sans évasion, équivoque ou restriction mentale d’aucune sorte, sous peine, si je les viole, d’avoir, en outre de mes premières obligations, le sein gauche ouvert, le cœur arraché et jeté en pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre.”
“ Que le Tout-Puissant me soit en aide, et me: garde fidèle à ma grande et solennelle obligation de: compagnon.” (Carlile’s manual, p. 43.)
(a) Ce serment se donne comme celui du premier degré, senment trois mots à la fois.
Faisons quelques courtes remarques sur ce serment :
1°. Il maintient les pénalités du premier degré (la gorge coupée, etc.), et en ajoute de nouvelles.
2° L’alternative de “ la flétrissure maçonnique ” laissée dans le premier degré au maçon infidèle, disparaît au second. Il n’est plus question que du chàtiment barbare qui menace le maçon indiscret ou traître. d’avoir “ le sein ouvert... le cœur arraché, etc...”
3°. Le compagnon s'engage au silence le plus complet, vis-à-vis de l'apprenti, et cependant il l’appelle “ frère,” il se dit comme lui enfant de la même mère |
Singulière fraternité que celle-là! Comme elle est loin de la charité chrétienne qui unit ensemble les enfants de l'Eglise |
Les secrets du compagnon.
Quand le serment a été rrononcé, le Vénérable dit au nouvel élu: “ Levez-vous, compagnon maçon. Ta vais maintenant vous instruire des secrets du second degré.”
Ils consistent en un signe—un attouchement-—-un mot de passe.
Le signe.
Il est divisé en trois parties :
Signe de fidélité. —I1 vous apprendra à cacher nos secrets aux cowans. (1) Le voici : Pressez la main droite sur votre sein gauche, en étendant le pouce de manière à former équerre.
Signe d'appel.—"* Klevez le bras gauche et tenez le horizontal depuis l'épaule jusqu’au coude, et vertical du coude à la main le pouce étendu pour faire équerre avec le premier doigt.”
Signe pénal. —" Tirez la main droite d’un travers à
l’autre de la poitrine, et laissez la retomber le long du côté.”
“C'est une allusion à votre serment, que, vous préféreriez avoir le cœur arraché de la poitrine plutôt que de révéler témérairement les secrets de votre dégré.”
L'atiouchement.—Le mot de passe.
“ Pressez le pouee de la main droite sur la première phalange du second doigt de la main d’un frère maçon.”
“ Cet attouchement demande un mot, et ce inot est “ Jachin.”?
“ C'était le nom du pilier droit du temple de Salomon. Il signifie “ établir.”
Il faut donner ce mot en usant des plus grandes précautions, comme au premier degré, et seulement
(a) “On désignait sous ce nom les Rois et ceux qui persécutèrent la maçonnerie.” (Carlile, p. 3). Les Papes sans doute !
par lettres ou par syllabes. Le vieux diacre vous enseignera les réponses à faire.
Plusieurs officiers de la loge viennent alors donner au nouveau compagnon, l’attouchement du degré, et lui demander le mot de passe :
— Qu'est-ce que cela ? ”
—“ L'attouchement du compagnon.” — Que demande-t-il ? ”
—“ Un mot.”
—“ Donnez-le moi ? ”
—“ L'on m'a recommandé pour ce degré une aussi grande prudence qu’au premier. Je l’épelerai avec vous par lettres ou syllabes.
—{ Comme vous voudrez, commencez : ” —“ Ja,” dit le compagnon.
—# Chin,”? répond son interlocuteur.
—“ Jachin,” reprend le compagnon.
Le mot de passe est donné.
Le Vénérable confère alors au compagnon l’insigne de son degré, puis il passe à l’instruction religieuse, dont nous nous occuperons plus loin.
Après l'instruction religieuse vient l’instruction maçonnique : le catéchisme où l’on fait répéter au compagnon les enseignements qu’il a reçus. Enfin le Vénérable ferme la loge “au nom du Grand Géomètre de l’univers.”