BUT SOCIAL DE LA MAGÇONNERIE—LIBERTÉ—ÉGA-— LITÉ—FRATERNITÉ
Déchristianiser les individus pour arriver à déchristianiser la société, est, avons-nous dit, le but final de la Maçonnerie.
Ebauché dans les grades d’apprenti et de compagnon, il est fort nettement indiqué au candidat du 8ème degré, par l’Instruction maçonnique du Mattre (a) et surtout par la fameuse allégorie de la mort. d’'Hiram.
L’instruction contient les principes qui doivent aider à reconstruire le Temple nouveau, c’est-à-dire, la Société, d’après les idées et le plan maçonnique.
Les maçons ont résumé ces principes dans une: formule, devenue depuis la devise universelle des, révolutions.
Liberté—Egalité— Fraternité.
Liberté, —d’après les loges, signifie tolérance abso- ) ges, 8Ig Jue, illimitée pour toutes les croyances religieuses.
(a) Voir Carlile, Instr, du 3ème degré, p. 67.
L'Etat n’en reconnait plus oficiellement aucune, et, par conséquent, se sépare de l'Eglise Catholique et du surnaturel, pour se renfermer dans une politique purement humaine. Il n’est plus l’allié, l’auxiliaire de la religion, il n’aide plus les peuples chrétiens à tendre plus facilement vers leur fin dernière, mais il reste simplement une administration qui ne connaît que les intérêts de la terre sans relation aucune avec les intérêts éternels. Ses lois, sa politique, ses institutions publiques, ignorant complètement les principes surnaturels de la Révélation, n’auront plus d’autre base que les données de la raison humaine ou les maximes philanthropiques de la franc-maçonnerie,
Egalité —C'est-à-dire suppression, non seulement de tout privilège, mais encore de toute immunité, de tout droit acquis et traditionel surtout pour l'Eglise Catholique.
Fraternité. —C'est-à-dire : Union des peuples, non plus par la communauté de vues religieuses et les liens de la morale évangélique, mais par des intérêts purement matériels, et des principes utilitaires sous la direction des loges.
Cette formule maçonnique entendue de la sorte signifie par conséquent: Guerre aux idées catholiques !
Guerre à toute politique basée sur la doctrine et les enseignements de la Révélation chrétienne.
Guerre à toute administration qui accepterait le contrôle des principes de l’Eglise.
Guerre à toute institution sociale, à toute association extérieure, à tout enseignement, qui, s'inspirant
de l'esprit catholique chercherait, par une propagande de zèle, à le faire adopter aux autres.
La conduite des maçons, surtout en France, en Belgique et en Italic, est le commentaire le plus évident du sens que les loges attachent à leur fameuse formule. Liberté—Egalité—Fraternité.
L'application de ce programme maçonnique ne se fera pas sans difficultés. La Maçonnerie rencontrera sur sa route des obstacles sérieux et des ennemies résolus à s'opposer à ses desseins. Il faudra combattre ces ennemis, renverser ces obstacles; le maçon devra donc être un lutteur avant de se reposer dans la gloire du triomphe.
C’est ce qu’on lui enseigne par l’allégorie célèbre de la mort d’'Hiram,
Hiram est le type de l’homme parfait, affranchi de tout préjugé, de toute superstion. Il est assassiné par trois compagnons coupables. Le nouveau maçon doit ressusciter en sa personne les vertus d'Hiram et punir les meurtriers qui le mirent à mort.
Quels sont ces meurtriers? Le Rituel répond: ce sont la Superstition—l’Ignorance et le Fanatisme c’està-dire d’après l’interprétation des maçons.
L'Eglise catholique—les Institutions catholiques —l Etat catholique.
Ceux qui veulent à tout prix, ne voir dans la Ma çonnerie qu’une société de bienfaisance, auront, sans doute, peine à croire à une pareille interprétation: Pour les convaincre de son exactitude, laissons les
Sat TD Ce et CS
maçons eux-mêmes, nous expliquer comment ils æ<ntendent l’allégorie d'Hiram Abiff.
Le Vénérable J. Bergé, Grand Maître des Loges Belges en 1875 définissait en ces termes la position «le la Franc-Maçonnerie vis-à-vis de l'Eglise Catholique.
‘On a dit, et je le crois, que la Maçonnerie est la “ véritable ennemie de la religion catholique. Oui “ nous sommes les ennemis de lareligion catholique si “€ Le syllabus doit en être la base.”
“ La Franc-Maçonnerie a mission de s'occuper des “ questions politiques et sociales, elles doit pour “employer une expression usitée parmi nous, la “€ pierre brute.”
‘ Nous ne pouvons rester indifférents vis-à-vis des “€ manœuvres de nos ennemis. Quand les hommes “ de ténêbres répandent l’Ignorance, la Superstition et “le Fanatisme, et mènent la populations à l’abrutis- “sement et à la décrépitude, nous avons mission de “planter le drapeau du libre examen, de répandre "€ L'Instruction, d'éclairer et de protéger tous ceux sur “lesquels ils s'efforcent d'exercer leur influence * néfaste. Et cette mission, nous n’y faillirons pas. “Voilà la politique Maçonnique en opposition avec “€ les doctrines cléricales.” (Voir CI. Janet. t IT p.502.)
Notons en passant, que ce Grand Maître Belge, si farouche ennemi de l’Zgnorance de la Superstition et Au Fanatisme, représentés par l'Eglise Catholique, æst un ami intime de notre Grand Loge de Québec.
En 1875, en effet, comme en 1883, la Belgique Ætait en communion maçonnique avec Québec. Or, ÆA’après le Code de la Maçonnerie, cette communion
implique communauté de vues, de principes et d’actes ; nous pouvons donc, sans injustice, tenir notre Grande Loge de Québec responsable de ces paroles.
Encore un £mi de notre Grande Loge québecquoise cet ex-Grand Maître de Belgique, le frère Couvreur qui dans la même Tenue, portait un toast
“ À la mort de l’esprit clérical! À la chute d'une Eglise dont l'empire repose sur l’Ignorance et la Superstition, de celle que Luther, le grand Luther, appelait déjà la prostituée des temps modernes, à la chute de l'Eglise Romaine ! ” (a)
Nos francs-maçons canadiens sauront désormais ce qu’ils promettent quand, au degré de maître, on leur fait jurer de poursuivre les meurtriers de Hiranr Abiff. Ils ne s’étonneront plus de voir les catholiques qui, au dire du monde maçonnique, (mai 1883, p. 29), “ ont fondé leur puissance sur l’Ignorance, le Fanatisme et la Superstition, combattre la maçonnerie comme leur ennemi la plus implacable.
(a) CI. Janet, t. II., p. 504.