‹ La franc-maçonnerie dans la province de Québec en 1883 [microforme]Chapitre 66 sur 85 · EE À · texte numérisé non relu

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vieux Palmerston, si longtemps le chef de la Maçonnerie Anglaise, comme encore Jules Ferry, Paul Bert et une foule d’autres gens distingués, actuellement les maîtres de la France.

Les actes de ces hommes ont-ils été de nature À rassurer les honnôûtes gens sur l’excellence des doctrines religieuses et sociales qu'ils puisèrent au sein des loges ? Quel catholique oserait soutenir une pareille absurdité ?

Les princes et les rois se présentent aux loges, ou comme complicès où comme dupes.

S'ils savent ce qu’est la Maçonnerie, quels desseins elle médite, alors ils entrent pour offrir leurs services et être au besoin, les instruments dociles des loges. Ce fut à ce titre que durant de longues années, la Maçonnerie employa Louis Napoléon et Victor Emmanuel, et leur fit commettre bien des vilenies.

Si les princes, en devenant maçons, ignorent les véritables vues de la société, on les reçoit dans les loges à titre de dupes et de paravents fort utiles contre les regards indiscrets des profanes, mais les vrais affiliés ne se gênent pas pour plaisanter entre eux sur le compte de ces maçons de fantaisie, Ecoutez comme ils en parlent,

“ L'entrée des souverains dans l’ordre est de très bon augure... Ils sont très précieux soit à cause de leurs richesses, soit à cause de leur immense influence... Leur présence produit d'assez heureux résultats sur ceux-là surtout à qui il en coûte déjà beau-

coup de faire quelque chose d’utile dans l’ombre et le silence... Puissent nos augustes hôtes être toujours dispensés de travailler à la sueur de leur front, et continuer de rester muets et inactifs comme la poupée à Martin.” (F. Venturini, Hist. de la Fr.-Maç. p. 149.)

# La Haute-Vente, disait Piccolo-Tigre, désire que sous un prétexte ou un autre, on introduise dans les loges maçonniques le plus de princes et de riches qu’on pourra. Ils serviront de glu nux imbéciles, aux intrigants, aux citadins et aux besogneux. Ces pauvres princes feront notre affaire en croyant ne travailler qu’à la leur.” (a)

Grâce au mécanisme habile de l'institution, dit le franc-maçon Louis Blanc, dans son histoire de la Révolution (t. LI p. 83), la Franc-Maçonnerie trouva “ dans les princes et les nobles moins d’ennemis que ‘ de protecteurs. l'existence des hauts grades leur étant ‘© soigneusement dérobée, ils savaient seulement de la Franc-Maçonnerie, ce qu'on en pouvait montrer sans “€ péril, et ils n'avaient point à s’en inquiéter, retenus “ qu'ils étaient dans les grades inférieurs où le fond “ de la doctrine ne se perçoit que confusément à “travers Pallégcris et ou beaucoup ne voyaient “ qu’une occasion ue divertissement, que des ban- ‘ quets joyeux, qu’une comédie d'égalité. Mais en “ ces matières, la comédie touche au drame: et il “arriva, par une juste et remarquable dispensation “ de la Providence, que les plus orgueilleux contemp- “ teurs du peuple furent amenés à couvrir de leur nom, “ à servir aveuglement de leur influence les entreprises “ Jatentes dirigées contre eux-mêmes.”

(a) Papiers secrets, lettre de 1822, cité par St André, p. 461.

Voilà ce que les maçons sérieux pensent et disent de ces rois et princes fourvoyés dans les loges.

La Maçonnerie, du reste, a inventé un moyen fort ingénieux, en même temps que peu compromettant pour elle, de satisfaire ces goûts princiers. Elle fait maçons à vue, les princes et rois épris du désir de ceindre le tablier maçonnique.

Qu'est ce à dire? le voici. Dans une seule tenue de loge, le Grand Maître a le pouvoir de conférer au Royal candidat, les trois premiers degrés de l’ordre, en le dispensant, bien entendu, des cérémonies bizarres auxquelles les simples profanes doivent se soumettre. Ce privilège d’être fait maçon à vue est reservé, nous dit Mackey aux princes de la famille Royale d'Angleterre et à quelques hauts personnages de l'aristocratie. (a)

Le duc de Connaught, le duc d’Albany et le prince de Galles, ont été reçus de cette manière dans la Franc-Maçonnerie. Bien plus, le prince de Galles est, comme on le sait, Grand Maître honoraire de toute la Maçonnerie anglaise.

Pourtant, malgré ce titre pompeux, il nous est bien permis de demander ce que le futur roi d’Angleterre, connait réellement du but et des pratiques de l’ordre. Fort peu de chose probablement,

A-t-on exigé de lui ce qu’on demande à ses humbles sujets qui veulent devenir maçons ?

A-t-il paru en loge, en caleçon et en chemise ? Lui a-t-on mis au cou la corde de pendu, le fameux

(a) Mackey. The principles of Masonic Law p. 44.

“cable de remorque ” ? A-t-il “ paradé ” en loge? Les yeux bandés, a-t-il sauté à travers “ Le cerceau maçonnique,” franchi les degrés de “ l'échelle sans fin,” subi les inconvénients “ du plancher mobile,” ou éprouvé les émotions “ du siège hérissé d'aspérités et porté sur des pieds d’inégale hauteur ? ” A-t-il été empesté par “la chandelle de soufre” du surveillant, brûlé par “le flambeau de phosphore” et marqué enfin du fameux “ Sceau maçonnique ” ? L’a-t-on forcé de s’étendre dans le “ cercueil de Maître Hiram ” ? A-t-il subi les longues et fastidieuses “ Charges, Leçons, Instructions et Clauses Maçonniques ” que le Vénérable inflige au pauvre candidat amené en loge ?

Tout cela est peu probable. La Maçonnerie connaît son monde. ;

“Il est avec la cour des accommodements.” Sans doute encore, on a du lui épargner le serment “ de la gorge coupée,” du “ sein droit arraché,” “ du ventre ouvert ” et autres aménités semblables, bonnes pour le vulgaire, mais fort inconvenantes pour des princes.

Fait maçon dans ces circonstances, le Prince de Galles n’en sait probablement pas plus long sur la Franc-Maçonnerie que n’en savait le Général Magnan quand, par ordre de Napoléon III, il fut fait Grand Maître Officiel de la Maçonnerie en France, sans connaître le premier mot des secrets de la secte.

Si vraiment le Prince de Galles aussi bien que les autres Princes Anglais, sont instruits de l’esprit anticatholique et anti-social qui anime la Maçonnerie en Angleterre comme dans le reste du monde, alors il n’y a plus qu’à déplorer leur aveuglement, et à voir dans cette conduite une preuve nouvelle de l’abais-

sement des caractères et de la ruine de tout esprit religieux et conservateur, chez ceux qui, par position, devraient donner l’exemple aux peuples.

En

Le fr. Th. White fera donc bien désormais, dans ses discours aux ‘“ypiques-niques maçonniques” de chercher à défendre les loges avec d’autres arguments que les “ naïvetés ” suivantes :

“La Franc-Maçonnerie est honnête, parce que le Prince de Galles en fait partie. L'Ordre n’a pas de secrets, tout se borne à quelques pratiques pour se reconnaître entre frères—les obligations d’un maçon ne lui imposent rien d’incompatible avec ses devoirs comme homme et comme honnête citoyen.” (Gazette, 28 juillet 1883.)

Le fr. Th. White fera bien encore de ne plus mettre au compte des catholiques, des simplicités comme celles-ci: “J'ai entendu parler hier d’un livre qui prétend faire connaître l’esprit intime de la Maçonnerie. Il y est dit qu’à l’Znitiation, les maçons foulaient aux pieds l’image du Rédempteur et crachaïent à la face d’une statue de la Vierge Marie.” (Rires de l'assemblée.) (Gazette, 28 juillet 1883.)

Les catholiques savent parfaitement à quoi s’en tenir sur la Maçonnerie et les Maçons. Si ce petit livre ne suffit pas pour en convaincre le fr. Th. White, qu'il se procure les trois volumes du P. Deschamps, sur la Maçonnerie, et 1à, tout maçon qu’il est, 1l trouvera encore à s’instruire dans les mystères du Royal-Art.

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