‹ La franc-maçonnerie est-elle juive ou anglaise?Chapitre 14 sur 24 · PAR OUI A ETE FAITE LA REVOLUTION · texte numérisé non relu

PAR OUI A ETE FAITE LA REVOLUTION

Par les mêmes hommes qui Tavaient préparée ; et, pas plus au Club des Jacobins que dans les Assemblées, nous ne voyons fig-urer un seul Juif. Ce sont les amis des Juifs, nous dira-t-on ? Pourquoi ? Parce que Mirabeau et l'abbé Grégoire font des discours en leur faveur ? Mais ce ne sont là que les déclamations humanitaires qu'affectionne la franc-maçonnerie, et desquelles les nègres, eux aussi, ont coutume de bénéficier, sans qu'on puisse inférer de là que les nègres soient pour rien dans l'établissement de la franc-maçonnerie. On serait bien autrement autorisé à dire que les auteurs de la Révolution sont les amis des Anglais. Tout le mouvement du xviii*" siècle est anglais, sa philoso-

phie est anglaise, sa littérature dérive de la littérature anglaise, son irréligion lui vient de l'Angleterre, ses modes, ses mœurs sont « à l'anglaise ». Parmi les francs-maçons auteurs de la Révolution, voici le duc d'Orléans; il a été fait grandmaître et inamovible en 1774. En 1778, il sollicite la charge d'amiral et va servir sous le comte d'Orvillers ; celui-ci, ayant rencontré l'escadre anglaise et réussi à prendre le vent sur elle, ordonne à son arrière-garde de couper la retraite aux ennemis ; par un mystère resté inexpliqué, le vaisseau que monte le duc d'Orléans n'obéit pas aux signaux et laisse passer les Anglais ; cette fausse manœuvre sauve leur escadre, qui va se réfugier à Plymoutli. A son retour, le duc d'Orléans fut reçu froidement à la Cour et n'obtint pas la charge qu'il désirait. Il passa en Angleterre et l'accueil qu'il y reçut put le dédommager de celui que lui avait fait Louis XVI. Intimement lié avec le prince de Galles et avec tout le monde politique anglais, il est presque anglais, achète des biens en Angleterre, et, quand il revient en France, constamment en correspondance avec l'Angleterre, il se fait l'importateur de toutes les mœurs anglaises. ^ Aussitôt après le \l\ juillet, il fait un nouveau

JUIVE OU ANGLAISE? Sq

voyag-e en Ang-leterre et y reste huit mois dans l'intimité de Stanhope; à son retour en France, grâce à la franc-maçonnerie, qui vient de faire la Révolution, il obtient cette charge d'amiral que le gouvernement de Louis XVI lui avait refusée.

Voici Talleyrand, qui sera toute sa vie l'homme de l'Angleterre, et voici Mirabeau. En 1786, Mirabeau a été envoyé en Prusse, chargé d'une mission secrète par l'entremise de Talleyrand ; Mirabeau correspondait par chiffre directement avec l'abbé de Périgord; celui-ci ne communiquait au ministre et au roi que les dépêches qu'il avait traduites, modifiées, abrégées, expurgées. En Prusse, Mirabeau s'était mis en rapports avec le duc de Brunswick, que Talleyrand et ses amis destinaient au trône de France *. C'était donc une combinaison diplomatique, ourdie par la francmaçonnerie et menée secrètement par l'intermédiairede Mirabeau, entre Talleyrand et Brunswick. Et qu'était-ce que Brunswick? C'était le neveu du duc qui avait été fait g-rand-maître de la francmaçonnerie au couvent de Wilhelmsbad, c'était le

I . Voy . la Mission secrète de Mirabeau à Berlin, par H. Welschinçcr, Paris, 1900. — L'Angleterre et l'émigration, par A. Le bon. Voir la préface de A. Sorel.

général destiné à être l'épée de l'Ang-leterre et qui allait, pour soutenir la politique anglaise, marcher contre les patriotes hollandais. Et quel était le but de la mission de Mirabeau ? C'était d'arriver à subordonner par un traité l'action de la France à la politique de l'Angleterre.

Dans les loges et dans les Assemblées nous trouvons encore Carra, qui, en 1 791, propose au club des Jacobins de mettre la couronne de France sur la tête du duc d'York.

Aussitôt après les journées d'octobre, le 4 novembre 1789, la société anglaise des « Amis de la Révolution et des A mis de la Constitution » envoie une adresse à l'Assemblée, saluant « le noble préliminaire de ce traité de paix universelle qui doit un jour éteindre les haines et les rivalités nationales ». Le président de cette société, c'est lord Stanhope, et le rapporteur, c'est le docteur Price. Tous les deux, nous les avons rencontrés déjà dans nos loges maçonniques.

Alors apparaît le club des Jacobins; et le nom (ju'il se donne est précisément celui de cette société anglaise : il s'appelle « Société des amis de la Constitution ».

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