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RELIGIEUSE. LA QUESTION CATHOLIQUE

Comment les privilèges dont jouit la Franc-Maçonnerie pourraient être justifiés. — La Franc-Maçonnerie n'est pas une société satanique. — Le grand vice de la Franc-Maçonnerie. — Comment la Franc -Maçonnerie conçoit la question religieuse et la question catholique. — Véritable aspect sous lequel se présentent ces questions.

J'ai le ferme espoir qu'avant d'arriver au libre exercice du pouvoir despotique qu'elle est en train de conquérir, la Congrégation laïque du Grand- Orient rencontrera des adversaires qui auront la clairvoyance et l'énergie suffisantes pour défendre victorieusement contre elle la liberté du pays.

En attendant, il est incontestable qu'elle jouit d'une situation absolument exceptionnelle, et que nous sommes encore, grâce à elle, en plein régime de privilège, comme nous y avons toujours été, et comme nous y serons probablement toujours.

Mais, à toutes les époques, les privilégiés ont dû mériter leurs privilèges, qu'ils n'avaient acquis et dont ils ne jouissaient qu'en échange de certains services qu'ils étaient seuls à pouvoir rendre à la communauté encore imparfaitement organisée. Soit comme défenseurs, soit comme éducateurs de la nation, ils correspondaient à un besoin social, et lorsque, par suite de révolution naturelle des choses, disparaissait le besoin auquel ils correspondaient, comme ils cessaient par là même de pouvoir rendre les services qui justifiaient et qui, jusqu'à un certain point, nécessitaient leurs privilèges, ceux-ci finissaient par leur être arrachés.

Les privilèges politiques dont jouissent les francs-maçons ayant été constatés, nous avons maintenant à examiner s'ils sont justifiés.

Plusieurs raisons pourraient les légitimer dans une certaine mesure :

Si, par exemple, la Franc-Maçonnerie représentait l'élite intellectuelle de la nation ;

Ou si elle parlait et agissait comme mandataire du peuple;

Ou si elle accomplissait des œuvres de bienfaisance exceptionnelles et de nature à lui mériter la reconnaissance publique ;

Ou enfin si elle avait un idéal social supérieur qui fît d'elle le soldat du progrès.

Telles sont les hypothèses que nous étudierons dans ce chapitre et les suivants.

Après ce que nous avons dit lorsqu'il a été question du recrutement de la Franc-Maçonnerie, nous n'étonnerons personne en affirmant que cette ins-

titution est loin de représenter l'élite intellectuelle de la nation Ji

La plupart des adversaires de la Franc-Maçonnerie se sont jusqu'ici complus à la représenter comme une association satanique, créée pour la destruction de tout ordre social, et recevant directement ses inspirations de l'Enfer.

Rien n'est plus faux.

La Franc-Maçonnerie n'est pas le moins du monde une société satanique ; et il faut reconnaître que, constituée aussi pauvrement qu'elle l'est, elle ne serait vraiment pas une société pour Satan.

Le diable, que les légendes nous ont toujours dépeint comme un être d'une intelligence supérieure, pouvait trouver amusants et intéressants les sorciers et les alchimistes du moyen âge. Mais, à coup sûr, il aurait en piètre considération les radicaillons qui s'en vont, le soir, dans des locaux peints en rouge ou en vert, qu'ils décorent du nom de temples, pour s'y livrer à des discussions politiques entremêlées de mômeries tellement ridicules, que la plupart d'entre eux en plaisantent, tant ils ont peur d'en rougir.

J'estime, quant à moi, que c'est faire beaucoup d'honneur à la Franc-Maçonnerie que de la peindre comme une société satanique. C'est l'auréoler, aux yeux des naïfs, d'un prestige dont sont bien loin de se plaindre les politiciens qui l'exploitent et qui sentent fort bien ce que gagnent les francsmaçons à être présentés comme des êtres extraordinaires, non pas comme des demi-di-ux, mais comme des demi-diables — ce qui est encore très

beau ; — tandis qu'ils ne sont, pour la plupart, que de petits bourp^eois vulgaires, des ambitieux faméliques ou de fanatiques jobards, souvent incapables de mener intelligemment leurs affaires particulières, et d'autant plus ridicules, par conséquent, dans leur prétention de diriger celles de la nation. (Fo«> la note de la préface, p. ix.)

Non, en vérité, ce n'est pas aune prétendue inspiration satanique qu'il faut recourir pour expliquer la haine hystérique des francs-maçons contre les catholiques. C'est à une cause beaucoup plus naturelle et plus humaine que j'ai déjà indiquée : à l'ignorance.

L'ignorance ! voilà le grand mal, le grand vice, la grande tare de la Franc-Maçonnerie !

Je ne veux pas dire par là que tout franc-maçon soit nécessairement plus ignorant qu'un profane de même condition que lui. Je prétends seulement qu'il ne l'est pas moins, en dépit de « la lumière » que le Grand-Orient lui a donnée. Je comprendrais donc que les francs-maçons se réunissent pour tirer à l'arc, soulever des haltères, monter en vélocipède, ou même protéger les animaux. Mais autre chose est de présider aux destinées politiques d'un pays comme la France ; et la disproportion entre un tel but et la nullité à peu près complète de l'énorme majorité d'entre eux serait d'un comique burlesque, si elle n'engendrait des résultats si lamentables pour le pays.

Comment veut-on, par exemple, que des citoyens qui n'ont jamais eu le temps d'entreprendre les études patientes grâce auxquelles les hommes les

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plus intelligents sont à peine capables d'entrevoir les conditions d'existence des agglomérations socialesj soient capables d'embrasser tous les éléments d'une question aussi profonde que celle dont ils nous rebattent les oreilles : la question religieuse ?

Elle n'apparaît à leurs yeux que rapetissée et avilie. Ils se figurent qu'elle est tout entière dans le fait de savoir si les prêtres catholiques iront ou n'iront pas à la caserne, s'ils entreront ou n'entreront pas dans les écoles, si les associations religieuses auront ou n'auront pas la liberté d'exister.

La question religieuse est bien autre chose que cela. Elle n'est pas contingente aux conditions particulières d'une certaine époque, mais éternelle comme l'humanité.

Empêcher des prêtres d'enseigner ou des communautés de vivre, ce n'est pas, en effet, empêcher l'intelligence humaine de penser. Or comment voulez-vous que l'humanité pense sans chercher d'où elle vient et où elle va ?

Vous figurez- vous un homme, qui se réveillerait la nuit, garrotté sur un cheval furieux, et qui ne se demanderait pas avec épouvante comment il est là et ce qu'il va advenir de lui?

L'humanité est dans la situation de cet homme.

Depuis que sa pensée s'est éveillée, elle se voit attachée aux flancs de cette cavale fantastique que nous appelons la vie. Et vous voulez qu'elle subisse les chocs affreux, les secousses atroces d'une pareille course à l'abîme, sans se demander à quel cauchemar elle est en proie? Vous voulez qu'elle

ne s'efforce pas de reconnaître les monts et Jes plaines par lesquels l'entraîne le terrible coursier et qu'elle n'interroge pas tout ce qu'elle croit capable de la renseigner sur son étrange destin ?

Eh bien! la question religieuse, elle est là !

Il ne s'agit pas ici d'une affaire de cagoterie, comme l'affirment niaisement les tabliers et les écharpes du Grand-Orient, mais de la question éternelle qui s'impose logiquement, fatalement, à l'humanité, et qui la différencie des brutes, insensibles à toute autre chose qu'au foin qu'elles mangent et aux coups qu'elles reçoivent.

A cette question, il se peut, comme le prétendent les libres penseurs, que rien ne réponde jamais et que l'humanité, toujours trompée, prenne toujours l'écho des interrogations désespérées qu'elle jette dans l'infini pour la voix même de cet infini. Vous pouvez l'en prévenir et la mettre en garde contre elle-même. Elle n'en poursuivra pas moins et elle ne croira pas moins éternellement avoir résolu l'éternel problème.

Egorgez donc tous les prêtres, étranglez toutes les religions, anéantissez tous les dogmes ! Tant que vous n'aurez pas détruit l'intelligence des penseurs, l'imagination des poètes et l'âme des peuples, il y a une chose qui restera entière, c'est la question religieuse elle-même.

Concevant si étroitement cette question au lieu de la prendre dans son sens le plus large, les francs-maçons jugent avec la même petitesse d'esprit les phases par lesquelles elle passe et en parti-

culier la période dans laquelle nous nous trouvons actuellement.

Au point de vue historique, le Catholicisme, je l'ai déjà dit, leur apparaît comme une doctrine qui a toujours été l'ennemie du progrès. C'est très sincèrement qu'ils le croient, dans l'insuffisance de leurs connaissances.

Au point de vue philosophique, on les a habitués à partir naïvement de ce principe : que la matière seule existe, puisqu'il n'y a qu'elle dont nos sens puissent constater l'existence. Le Catholicisme affirmant le contraire, ils en concluent qu'il est dans l'erreur et que, par conséquent, il ne faut pas le laisser vivre, ni lui permettre d'inculquer à la moitié de la France un enseignement qui n'est pas corroboré par la science.

Encore une fois^ un tel raisonnement n'est pas du tout satanique. Il témoigne seulement d'une singulière étroitesse et d'une profonde inconscience des faits sociaux.

En se plaçant au point de vue de la raison pure, si l'on admettait qu'on dût détruire tout ce dont la vérité n'est pas démontrée scientifiquement, il faudrait tuer toute pensée, toute doctrine, en commençant par le matérialisme, qui n'est pas moins obscur que le spiritualisme.

S'il est impossible en effet de s'expliquer ce que c'est que Dieu et comment ce Dieu, inaccessible à notre entendement, a pu créer le monde dont nous faisons partie, il est également impossible de comprendre dans le système matérialiste : 1° comment la matière a pu se créer elle-même et comment

elle peut exister de toute éternité; 2° pourquoi ce n'est pas le néant qui tient sa place; 3° comment celte matière, à force d'évoluer, a pu finir par produire la pensée.

S'il y a mystère d'un côté, il y a aussi mystère de l'autre.

Nous pouvons avoir des opinions, des croyances même, touchant l'origine des choses. Nous pouvons, pour justifier ces opinions et ces croyances vis-à-vis de nous-mêmes, risquer des théories, bâtir des hypothèses. Mais nous ne pouvons pas établir scientifiquement, rationnellement, que le matérialisme ou que le spiritualisme seul soit vrai.

Nous ne sommes encore arrivés à constater qu'une chose : c'est que notre intelligence est plongée dans un océan d'ombre, comme l'est notre planète dans un océan de morne espace. Les systèmes philosophiques que nous érigeons ne sont en quelque sorte que des excursions organisées pour explorer les insondables déserts de l'inconnu qui nous enveloppe de toutes parts ; quelque chose comme des voyages aérostatiques tentés dans ce ballon captif qui s'appelle la raison humaine et qui, s'élevant à peine au-dessus de l'horizon terrestre, ne permet à ceux qui le montent que de deviner l'infinie profondeur du mystère au sein duquel ils nagent.

Et après tant de siècles déjà vécus par l'humanité, nous pouvons simplement affirmer que matérialisme et spiritualisme sont tout aussi incompréhensibles, tout aussi inexphcables l'un que

l'autre, et que nous ne savons même pas quelles sont les choses qu'expriment ces mots.

Voilà la vérité., celle du moins que nous sommes à même de constater.

Dans de telles conditions, condamner le Catholicisme sans s'inquiéter des besoins sociaux auxquels il correspond, et uniquement parce que sa doctrine n'est pas scientifique, c'est condamner également le matérialisme maçonnique dont les affirmations ne le sont pas davantage.

Là où on ne sait rien, toute hypothèse, religieuse ou rationaliste, est licite, à condition qu'elle ne soit pas funeste à la vie nationale qui, étant un acheminement vers une vie plus haute, doit être avant tout respectée.

Telle est la philosophie que devrait se faire la Franc-Maçonnerie avant de se mêler de la direction des aSaires religieuses ; philosophie qui est malheureusement fort au-dessus de sa portée d'esprit.

Il est de même bien facile de montrer combien est inintelligente la conception qu'elle se fait du rôle social joué par le Catholicisme, au cours de son existence.

Non seulement cette religion n'a pas toujours été l'ennemie du progrès, mais à certaines époques elle en a été le véritable chevalier.

D'abord, à son origine, oiî il est manifeste qu'en prêchant une idée de fraternité elle donnait vie à une idée progressive, surtout pour une pareille époque. Cicéron et Sénèque avaient eu beau témoigner, par les œuvres qui nous restent d'eux,

de la hauteur de leur philosophie, il n'en est pas moins vrai que, dans la. pratique, Rome persistait à tenir l'univers en esclavage ; que toutes les nations étaient réduites en provinces; qu'elles envoyaient des troupeaux de gladiateurs condamnés à s'entre-tuer pour le plaisir du Peuple-Roi ; qu'elles étaient effroyablement pressurées, en premier lieu par la conquête qui, d'après la loi romaine, devait d'abord enrichir le soldat ; en second lieu par les gouverneurs qui, renouvelés chaque année, parvenaient, à force d'exactions, à faire d'énormes fortunes en ce court espace de temps; en troisième lieu par les publicains ou fermiers des impôts, qui ramassaient derrière les gouverneurs comme ramassent les glaneurs derrière les moissonneurs; en quatrième lieu, enfin, par les banquiers italiens qui, n'ayant plus à exploiter que la ruine des provinciaux, leur prêtaient à un intérêt tellement usuraire qu'en quatorze ans la dette se trouvait sextuplée.

Oser répandre une doctrine de fraternité dans un monde oii était appliquée une telle conception sociale, oser prétendre que les transformations que n'avait pu opérer la terreur répandue par les victoires de Spartacus, une simple idée les réaliserait, c'était, je le répète, faire œuvre de progrès supérieur.

Et c'est d'ailleurs la seule explication du prodigieux succès du Christianisme. Explication non catholique, bien entendu, et en dehors de toute orthodoxie: mais rationnelle et, par conséquent, spécialement à l'usage de la Franc-Maçonnerie,

Car, que les frères ignorants qui ont reçu la lumière du Grand-Orient daignent y songer, tout succès doit être expliqué. Dès lors que la Franc- Maçonnerie refuse au Ciiristianisme toute origine divine, comme elle ne peut pourtant pas en mêmetemps nier son triomphe, il faut qu'elle s'en donne les raisons. Or, je la mets au défi d'en trouver une autre que celle résultant de la force inhérente b> toute conception vraiment progressive; force qui est comme une sève vitale capable de faire germer les idées et les faits qu'elles contiennent, même dans le rocher le plus dur.

Telle est l'explication qui s'impose, je ne dis pasaux catholiques, mais à ceux qui, en dehors de toute foi, prétendent juger ces sortes de questionsau point de vue de la libre raison. C'est celle qui,, au nom du bon sens, devrait interdire à la Franc- Maçonnerie de prétendre qu'à toutes les époques le Christianisme a été l'adversaire du progrès. Il le servait au contraire dès sa naissance, et il eût été tué dans l'œuf sans cela.

Et ce ne fut pas la seule fois.

Il y a en particulier une période de la traversée de l'humanité au milieu des siècles, pendant laquelle le Christianisme a été son seul conducteur et son seul appui. C'est la période qui suivit les invasions barbares.

De même que la venue des peuplades germainesavait causé la dévastation matérielle, leur établissement définitif devait entraîner l'anéantissement intellectuel. Aussi, après deux siècles de cet établissement^ on vit l'Europe, qui avait reçu l'héritage

'des civilisations antiques, presque aussi sauvage -que Test encore aujourd'hui l'Afrique. L'empire Tomain ne put résister à l'état de choses nouveau. Le Christianisme, lui, survécut Mais •comment? Evidemment, ce ne pouvait être qu'en ■se mettant à la portée des barbares. Bien plus ! il lui était impossible de ne pas devenir barbare luimême. C'était fatal. Car enfin — et je parle toujours au point de vue purement rationaliste — ses prêtres, ses évêques, ses papes n'avaient pas un mode de naissance particulier. Ils venaient au monde comme y venaient tous les gens de ce temps-là. Ils étaient fils de barbares, nourris d'un lait barbare, initiés à une vie barbare et par conséquent barbares eux-mêmes.

Si encore le Grand-Orient eût été là pour leur donner la « lumière )> ! Mais le Grand-Orient ne songeait même pas à naître. Il reposait paresseusement dans le néant et laissait le Christianisme tirer l'humanité d'affaire comme il le pouvait, dans la noire nuit de la barbarie.

Aussi ne saurais-je comprendre l'inconscience et l'inintelligence de ces conférenciers francs-maçons qui vont exhaler dans les loges le mépris que leur inspire la décadence intellectuelle dans laquelle l'Église était tombée, durant cette crise qui dura des siècles. Sans doute ces profonds penseurs s'indigneraient aussi, s'ils voyaient un homme plongé dans une rivière ne pas la sécher immédiatement à force de chaleur naturelle et en sortir mouillé.

Sieyès croyait avoir eu assez à faire pendant la

Terreur que d'avoir vécu. N'est-il pas prodigieux que, pendant les siècles de la terreur barbare, le Christianisme ait pu seulement subsister? Il apprit, dit-on, à commettre les fautes qu'il condamnait et les violences qu'il maudissait. Je ne m'en étonne point. Et même, une chose me frappe : c'est que, eût-il été entraîné plus bas encore parla force des choses, il n'en aurait pas moins le droit de dire aujourd'hui à notre génération : « Regardez ce que sont les populations du plateau de l'Iran d'oij venaient les envahisseurs du quatrième siècle. Considérez l'état des tribus qui peuplent actuellement l'Afrique. Il y a douze siècles, celui de l'Europe était à peu près le même. Comparez les progrès accomplis par elle et ceux faits par l'Afrique et l'Asie. En pouvez-vous nier la différence? Or, en Europe, pendant des siècles^ je fusseul debout au milieu des fauves germains, dansla fosse de la barbarie. C'est en ma compagnie que ces sauvages sont, peu à peu, devenus despeuples et des nations. C'est grâce à cette idée de Justice que mon enseignement tenait obstinément déployée au-dessus du monde, même alors que mes fidèles eux-mêmes la trahissaient. Pendant ce temps, ceux d'Afrique et d'Asie avec qui je n'ai pas vécu sont demeurés tels qu'ils étaient. En conscience, pensez vous avoir, après cela, le droit de soutenir que je ne sois pour rien dans la transformation dont vous jouissez aujourd'hui? ))

La vérité, c'est que notre civilisation — et je parle même de notre civilisation libre penseuse —

est imprégnée Je christianisme dans ce qu'elle a de meilleur. Et la Franc-Maçonnerie elle-même, alors qu'elle restait dans son rôle de société philo- -sophique et progressive (1), alors qu'elle avait pour ■objet « la recherche de la vérité, l'étude de la *morale universelle, des sciences et des arts, et d'exercice de la bienfaisance », procédait du .principe chrétien bien plus qu'elle ne peut se le ►figurer.

Ininlelhgente est donc l'idée que la Franc- Maçonnerie se fait du Catholicisme, aussi bien au point de vue historique qu'au point de vue philosophique. Inintelligente également la façon dont elle conçoit le rôle qu'il remplit encore actuellement dans le monde.

Gomme elle ne croit pas à ses dogmes, elle «l'admet pas que d'autrespuissent y croire. Comme •elle n'a pas besoin de lui pour vivre, elle consi- ■dère comme factice le besoin que d'autres prétendent en avoir.

Pourtant c'est un fait. De même que les viandes J)lanches conviennent seules à certains estomacs, ■tandis qu'à d'autres il faut un aliment plus solide ; <le même que certaines plantes ont besoin d'hutmidité, et certaines autres de sécheresse; de même que le positivisme et le transformisme se présententcommedes nécessités pour certaines .intelligences, aux tendances et à la culture des- •quelles ces doctrinescorrespondent, ainsi leCatho- Jicisme est une nécessité tout aussi légitime pour

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