‹ La Franc-Maçonnerie et la Révolution françaiseChapitre 2 sur 19 · Voir également Drumont, la France Juive, t. I, p · texte numérisé non relu

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étaient admises. Les récipiendaires femmes, nous apprend M. d'Alméras, auleur d'une récente histoire de Gagliostro, et qui ne semble Tennemi ni de Gagliostro, ni des Loges, sont des « actrices, des danseuses, des bourgeoises ou des grandes dames sans préjugés ». Alors, en résumé, la Franc-Maçonnerie, au moins en apparence, consiste surtout en bals, en banquets, en démonstrations de bienfaisance. En 1775, la duchesse de Bourbon recevait le litre de grande maîtresse de toutes les Loges d'adoption de France, le duc de Chartres l'installait lui-même dans ce pontificat féminin, au milieu de fêles magnifiques, et on faisait une quête, à la fin du banquet, en faveur « des pères et mères retenus en prison pour n'avoir pas payé les mois de nourrice de leurs enfants )>.

Telle est, pendant toute cette période, la façade de la Franc-Maçonnerie. Elle est à la fois somptueuse et amusante, avec la promesse d'un mystère, probablement inoffensif,

1, Les Romans de l'histoire: Gagliostro, par Heni-i d'Alméras. Paris, 1904.

et peut-être même agréable, à rintérieur de la maison. Sous prétexte de philanthropie, on s'y divertit énormément. On s'y mêle entre gens de la bonne société et de la moins bonne, dans l'illusion d'une égalité sociale qui ne manque pas toujours de piment. On se donne la sensation d'une vie en double où l'on s'appelle de noms de guerre, en échangeant des mots de passe. On se procure le petit frisson d'attendre quelque chose de secret qui sera peut-être défendu. On joue en grand, en un mot, à ces jeux innocents qui ne le sont pas toujours, et un prodigieux enjouement jette toute la société dans ce jeulà. Les plus honnêtes gens s'en mettent, et Marie-Antoinette écrit, à cette époque, à Mme de Lamballe : « J'ai lu avec grand inté- (( rêt ce qui s'est fait dans les loges francce maçonniques que vous avez présidées, et « dont vous m'avez tant amusée. Je vois qu'on « n'y fait pas que de jolies chansons, et qu'on (( y fait aussi du bien K »

1. Publication Feuillet de Conches, citée dans les Souvenirs du comte de Virieu, parle marquis Costa de Beauregard.

N'existait-il donc, cependant, aucun motif de se méfier? Si, et certains Etats, dès le milieu du dix-huitième siècle, chassaient assez rudement ces francs-maçons qui s'attachaient en France, avec une si extraordinaire activité, à amuser les Français, à les faire danser, à chatouiller leur frivolité. Le pape Clément XII, en outre, avait lancé contre eux une bulle assez suggestive, dans laquelle il les comparait « aux voleurs qui percent la maison ^ )). On pouvait donc, dès ce momentlà, ne pas déjà voir dans les Loges de simples lieux d'amusements, comme la malheureuse Marie-Antoinette, et la vue seule des fêtes qui s'y donnaient causait, d'ailleurs, à beaucoup de gens un inexprimable malaise. Ils ne pouvaient pas dire pourquoi ils l'y ressentaient, mais ils l'y ressentaient, et il suffit, pour s'en convaincre, de lire certain passage des Mémoires de Barruel. Il avait émigré à Londres après 1792, et, comme tout le monde, avant la Révolution, avait été sollicité de prendre part à des réunions maçonniques.

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