‹ La Franc-Maçonnerie et la Révolution françaiseChapitre 5 sur 19 · Barrue], Mémoires, t. V, chap. xi · texte numérisé non relu

Barrue], Mémoires, t. V, chap. xi

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trie, Champfort, Rabaud-Saint-Elienne. C'est la Loge la Candeur^ ou nous rencontrons Lafayetle, les frères Lameth, Laclos, Sillery, le duc d'Aiguillon, et le fameux docteur Guillotin. Ce sont encore d'autres Loges où nous rencontrerons également Fauchet, Sieyès, dom Gerle, Carra, Chabot, Pélion, Barnave, Guadet, Mirabeau, Duport, Pastoret, Marat, Robespierre, et, avec eux, une quantité considérable de grands seigneurs, le duc de la Rochefoucauld, le prince de Broglie, le comte de Castellane, le comte d'Aumont, le vicomte de Noailles, le comte de Praslin, le marquis de Montalembert, le vicomte de Damas, le comte de Montmorin... Tous aussi, un peu plus tard, joueront le rôle le plus en vue, au début du drame révolutionnaire... Troisième fait : toutes ces Loges, à Paris et dans toute la France, ont été illuminisées par l'intermédiaire de la Loge les Amis réu^ nis^ installée rue de la Sourdière, et présidée par Savalette de Lange. Ce Savalette de Lange est garde du Trésor royal de Louis XVI, mais se révélera ensuite, lorsque le moment

sera venu, subitement terroriste ^. Toutes ces Loges avaient donc bien pour mot d'ordre l'une des prescriptions maîtresses du codeilluministe : « Le frère illuminis te pourra avoir Vair de remplir quelque fonction pU' blique en faveur de ces mêmes puissances

1. «... Sous ce Grand Orient, une Loge plus spécialement chargée de la correspondance étrangère était, à Paris, la Loge appelée des Amis Réunis. Dans celle-ci, se distinguait surtout le fameux révolutionnaire Savalette de Lange. Cet adepte, chargé de la Garde du Trésor Royal, c'est-à-dire honoré de toute la confiance qu'aurait pu mériter le sujet le plus fidèle, était en même temps l'homme de tous les mystères, de toutes les Loges et de tous les complots. Pour les réunir tous, il avait fait de sa Loge le mélange de tous les Systèmes sophistiques, martinistes et maçonniques. Mais pour en imposer davantage au public, il en avait fait aussi en quelque sorte la Loge des plaisirs et du luxe de l'Aristocratie. Une musique mélodieuse, les concerts et les bals y appelaient les Frères du haut parage ; ils y accouraient en pompeux équipage. Les alentours étaient munis de gardes, pour que la multitude des voitjires ne causât point de désordre. C'était en quelque sorte sous les auspices du Roi même que ces fêtes se célébraient. La Loge était brillante, les Crésus de la Maçonnerie fournissaient aux dépenses de l'orchestre, des flambeaux, des rafraîchissements, et de tous les plaisirs qu'ils croyaient être le seul objet de leurs réunions ; mais, tandis que les Frères, avec leurs adeptes femelles, ou dansaient, ou chantaient, dans la salle commune, les douceurs de leur égaUté et de leur liberté, ils ignoraient qu'au-dessus d'eux était un comité secret, où tout se préparait pour étendre bientôt ce'te égalité au delà de la Loge, sur les rangs et les fortunes, sur les châteaux et les chaumières, sur les marquis et les bourgeois... » (Barruel, Mémoires^ t. V, chap. xi.)

dont la destruction est son unique objet... » Quatrième fait, et qui est peut-être le plus saisissant : une modification capitale est introduite, à cette époque, dans le recrutement maçonnique. Les Loges, jusque-là, ne s'affiliaient que des hommes d'un certain rang, des nobles, des artistes, des écrivains, des négociants, des bourgeois, ou même des petits bourgeois, mais ne descendaient jamais plus bas. Tout à coup, en 1787, elles s'affilient des crocheteurs, des portefaix, des rôdeurs, des flotteurs de bois, des « tapedur )), et toutes sortes de brigands de rues ou de grands chemins, d'assassins et de malfaiteurs de profession. Subitement aussi, on reçoit en masse, par ordre du grand maître le duc d'Orléans, des multitudes de gardes-françaises, et leurs officiers, francsmaçons de longue date, quittent même alors les Loges, pour ne pas s'y rencontrer, sur le pied de l'égalité, avec leurs subordonnés ^.

Ainsi, la Franc-Maçonnerie au dernier degré de l'extension, de la puissance et de la

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