‹ La Franc-maconnerie et la RevolutionChapitre 11 sur 36 · LA LÉGENDE ET LES RITUELS MAÇONNIQUES : LES GRADES MAITRE · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE ET LES RITUELS MAÇONNIQUES : LES GRADES MAITRE

GRADES d'apprenti, DE COMPAGNON ET DE

Mettre les droits de l'homme à la place des droits de Dieu ; détruire Fordre divin qui fait tendre à Dieu d'une manière coordonnée toutes les manifestations de l'activité libre des hommes, voilà, nous l'avons dit, le fond de la doctrine maçonnique.

Cette déification de l'Humanité, la Franc-maçonnerie ne l'exprime pas brutalement au premier abord; mais elle l'insinue dans tous ses rites, et l'exprime par tous ses symboles.

Un vaste temple à construire ; des apprentis, des compagnons et des maîtres qui y travaillent ; Hiram ou Adonhiram, un de ces maîtres, assassiné par trois des compagnons pour lui arracher le mot de passe ou la parole de maître ; le corps de ce maître enfoui dans la terre à retrouver et à remplacer; sa mort à venger; la construction du temple reprise pour être achevée : telle est la fondamentale et universelle allégorie, base et essence de la Franc-maçonnerie et de toutes les sociétés secrètes. Ainsi l'enseignent tous leurs rituels et manuels, leurs orateurs et leurs interprètes les plus

autorisés. Cette allégorie est indiquée dans les grades d^ apprenti et de compagnon ; elle est longuement développée dans le grade de maître et va se complétant et s'éclaircissant dans les grades|de Rose- Croix, deKaclosh et les derniers grades du rite de Misraïra, où elle atteint son dernier développement.

Quel est ce temple? quels sont ces compagnons, assassins du maître ? quel est ce maître ?

Ce temple est le temple de la nature ou l'âge d'or maçonnnique.

Le Dieu qu'on y adore est la nature elle-même, le Dieu-tout, ou Dieu-pan, le feu qui en est l'essence et qui a pour représentant le soleil et le lin- GAM indien, tout cc qu'il y a de plus arriéré, de plus matérialiste et de plus fangeux dans les bas- fonds du vieux paganisme.

Les compagnons assassins à poursuivre et à exterminer sont : le mensonge ou la superstition, l'ambition et la tyrannie, l'ignorance ou les préjugés; c'est-à-dire sous ces noms, tels que les entendent les sociétés secrètes, LA religion, et surtout LA RELIGION CATHO- LIQUE, LA MORALE ET TOUTE REGLE DE MOEURS, LA MONARCPIE ET TOUTE AUTORITÉ, LA FAMILLE, la

propriété et la nationalité, Véducation chrétienne, V égalité, la liberté, la fraternité elles-mêmes, ce triple et brillant voile maçonnique, la papauté enfin, et pour elle-même et comme étant le résumé, le centre et la garantie de toutes ces grandes et divines choses qui constituent et sur qui repose, comme sur sa base, la société qu'il faut détruire pour revenir à la nature.

Le maître à venger^ le Hiram ressuscité et vainqueur de tous ses ennemis et assassins, l'adorateur et tout ensemble l'adoré du temple, c'est le vrai maçon, le philosophe, le sage, l'homme primitif, l'homme revenu ou ramené à l'âge d'or, à l'état de nature ou sauvage, qui est l'état par excellence de la liberté maçonnique.

De tous les dogmes chrétiens, il n'en est point que îa Franc-maçonnerie n'attaque plus radicalement que celui du péché originel, malgré le douloureux témoignage de la conscience et l'universelle croyance du genre humain. En cela ce n'est pas seulement le dogme fondamental du Christianisme, mais encore la base de toutes les constitutions civiles qu'elle renverse, car c'est sur ce fait primordial que repose l'autorité sociale à tous les degrés.

« Les erreurs morales et religieuses et surtout cette fatale croyance à la perversité naturelle de l'homme, disait il y a quarante ans le Globe, journal maçonnique, sont cause de presque toutes les méchancetés humaines. V homme est né bon, les institutions seules sont mauvaises. »

En 1877 le F.-. Peulevey, député du Havre, s'écriait dans une loge de Paris, en présentant la conclusion de toute l'œuvre de la Maçonnerie : « Qu'il « ne soit donc plus question de réhabilitation : x< l'homme n'a jamais déchu ; il ne fait que gran- ^ dir incessamment. »

C'était la thèse de Rousseau dans le Contrat social ; ça été celle des constituants de 1789 et des conventionnels de 1793 ; c'est encore celle de tous

les systèmes socialistes contemporains : or, les uns et les autres ont puisé cette erreur fondamentale dans l'enseignement des loges.

Puisque l'homme est bon par nature, ce sont les prescriptions de la morale qui sont la source du mal, et ce sont les institutions, à commencer par la religion et à. finir par la propriété, qui le rendent mauvais.

C'est ce que dit nettement un haut maçon allemand, le juif Bechstein, dans son Manuel maçonni^ que :

a La Maçonnerie possède, dans ses symboles, d'autres trésors qu'elle partage entre ceux qui pratiquent la loi mo~ raie dans toute son étendue. Ici nous ayons UxN besoin plus

IMPÉRIEUX DE TENIR SECRÈTE LA. MAÇONNEaiE . Son SeCrCtCOn-

siste dans la simplicité de la loi morale, dans sa tolérance sans limite et dans l'enchaînement de ses grades. Tout le monde veut être heureux ; la jouissance de la vie est un droit pour chaque homme, mais ce droit périclite par la pression des événements actuels. »

L'esprit de la Maçonnerie s'est, à la fin du XVIIP siècle, résumé tout entier dans la secte des Illuminés allemands, fondée par Weishaupt. Cette secte s'est emparée à cette époque de la direction des loges de toute l'Europe continentale, et ses visées continuent à inspirer encore aujourd'hui les arrière-loges qui dirigent tout l'ordre. Or, Weishaupt esquissait ainsi la, pensée fondamentale de son système :

« L'égalité et la liberté sont les droits essentiels que l'homme, dans sa perfection originaire et primitive, reçut de la nature. La première atteinte à cette égalité fut portée

par la propriété ; la première atteinte à la liberté fut portée par les sociétés politiques ou les gouvernements ; les seuls appuis de la propriété et des gouvernements sont les lois religieuses et civiles. Donc, pour rétablir l'homme dans ses droits primitifs d'égalité et de liberté, il faut commencer par détruire toute religion, toute société civile et finir par l'abolition de la propriété. »

Ces quelques ligues indiquent l'idée mère de la Maçonnerie et de toutes les sociétés secrètes : elle est en germe dans les grades symboliques, dans ceux que Ton donne à tout venant ; elle se développe scientifiquement dans les hauts grades, et se réalise brutalement dans le communisme de l'Internationale et l'anarchisme de Bakounine et de la démocratie socialiste.

En analysant les négations destructives qui composent cette synthèse du mal, on verra que la Franc maçonnerie et les sociétés secrètes ont pour but la destruction de toute religion, — de toute morale, — de la famille, — de tout l'ordre des sociétés civiles.

Nous allons en trouver les preuves dans les rituels des différents grades et dans les écrits des fondateurs, directeurs suprêmes et principaux adeptes des sectes maçonniques.

Les trois grades, apprenti, compagnon et maître^ qu'on appelle aussi symboUques ou maçonnerie bleue, forment la base même de la Franc-maçonnerie et de toutes ses branches, quels que soient les noms qu'on leur donne. Tous les rites, dans tous les pays, sont édifiés sur cette base. Les grades élevés ou chapi-

Iraux, dits égaleinent maçonnerie rouge ou philosophique, ajoutés plus ou moins récemment pour mieux développer l'esprit de la Maçonnerie, ou lui donner une direction propre dans chaque pays, se sont inspirés les uns des autres et souvent même copiés. Il suffit donc d'étudier les principaux degrés des rites les plus répandus ou qui ont servi de type à tous les autres.

Les citations et les interprétations que nous allons donner sont extraites mot pour mot des principaux ouvrages approuvés par le Grand- Orient^ comme le Tableau historique^ philosophique et moralde la Francmaçonnerie^ par le F.*. Bazot, secrétaire du Grand- Orient; V Histoire pittoresque de la Franc-inaçonnerie, par le F.-. Clavel, officier du Grand-Orient; le Cours interprétatif Au. F.*. Ragon, fondateur de la loge célèbre des Trinosophes en 1823. Ce dernier s'est acquis dans l'ordre maçonnique une incontestable autorité ; il avait vu se grouper autour de lui les frères Berville, les Dupin aîné, Dupin jeune, Barthe, Mérilhou, Dupont (de l'Eure), Odilon Barrot, et autres notoriétés de l'époque.

« Notre religion, dit frère Bazot, est la religion naturelle, primitive^ la religion unique^ universelle et immuable : c'est la Franc-maçonnerie. » Et le secrétaire du Grand-Orient en donne sur-le-champ le sommaire historique.

Il nous parle d'abord du culte primitif, du Dieucause et de Timmortalité de l'âme, découverts par les hommes après qu'ils eurent satisfait par leur industrie à leurs premiers besoins, des brahmanes et des

prêtres d'Egypte, fils des premiers inventeurs d'une religion naturelle découverte à nouveau par Salomon, fondateur du temple et restaurateur de Tordre maçonnique.

« La maçonnerie, dit-il, n'est pas autre chose que le culte primitif que les hommes découvrirent quand ils eurent satisfait leurs premiers besoins. Les brahmanes et les prêtres égyptiens en transmirent les mystères à Salomon.

« Jérusalem, victime des révolutions, ayant été détruite, le peuple juif s'étant dispersé, cette même Maçonnerie se répandit avec lui par toute la terre. Ce furent les mystères de la Maçonnerie salomonique^ que plus convenablement on appelle Maçonnerie libre ou Franc-maçonnerie. Aussi pure qu'à son aurore, la religion primitive se montre parmi nous dans la Franc-Maçonnerie, unique^ universelle et immuable.

K Malgré les passions, les vices et les crimes, on ne peut se dissimuler que les hommes ne sont pas méchants, et que loin de faire le mal pour le plaisir de mal faire, ils cherchent à faire le bien quand leurs lumières l'ont indiqué.

< Ce qui fortifie la bonté de l'homme, c'est la religion, et comme nulle religion ne commande le mal, chaque religion est respectable.

tt Mais les religions, égales dans leurs principes, diffèrent tellement dans leurs dogmes, qu'au lieu de rapprocher les hommes, elles les éloignent en se proscrivant mutuellement.

« Lebrahmiste,lejuif,lemahométan,le chrétien, le protestant, qui ont leur religion sanctionnée par les lois, les temps et les climats, doivent la conserver, et ils ne peuvent avoir deux religions, car ces lois sociales et sacrées, appropriées aux usages, aux mœurs et aux préjugés de tels pays, sont L'ouvrage des hommes.

« La Maçonnerie, dont les inspirations ont une haute por-

lée, est le résumé de la sagesse divine et humaine, c'est-àdire de toutes les perfections qui peuvent le plus approcher l'homme de la divinité. Elle est la morale universelle qui convient à l'habitant de tous les climats, à l'homme de tous les cultes. Comme ces derniers, elle ne reçoit pas la loi, elle la don?ie, parce que sa morale, une et immuable^ est plus étendue et plus universelle que celle des religions natives, toujours exclusives. »

Ces extraits suffisent déjà pour nous convaincre que le but évident de la Franc-maçonnerie est bien la négation et la destruction, dans lésâmes, de toute religion révélée. Toutes les religions ne sont pour elle que des inventions humaines et des ouvrages des hommes, des filles des hom-mes. Dieu lui-même, en tant que cause de ce qui est, n'est qu'une découverte des premiers hommes, lorsqu'après avoir pourvu à leurs premiers besoins, ils eurent le loisir d'observer et de réfléchir. Quant à l'immortalité de l'âme, à son châtiment, à sa récompense dans une autre vie, ce ne sont que des additions ou inventions des prêtres égyptiens ou des brahmanes de l'Inde.

Ainsi, tout en laissant à chacun sa rehgion en apparence, la première opération de la Maçonnerie est de détruire la foi dans l'esprit des adeptes, en leur montrant toutes les religions comme Vouvrage des hommes, comme des erreurs et des préjugés qui ne servent qu'à les diviser, à les porter à se persécuter entre eux. C'est pour les en affranchir que la Francmaçonnerie est instituée, c'est là ce qu'entend le Grand-Orient par but éminemment moral et philosophique.

Peur se mettre d'accord avec Bazot, qui fait de la Maçonnerie la religion primitive et universelle, Ragon a soin de faire plus loin cette distinction : « Le premier homme qui, à l'aspect de l'ordre de cet univers, conclut qu'il y avait un Dieu, fut le bienfaiteur du monde ; mais celui qui le fit parler fut un imposteur. »

Voilà dans quel sens la Franc-maçonnerie n'est pas une religion : elle ne s'appuie sur aucune révélation quelconque ; c'est la seule nature.

L'un des premiers orateurs de la loge du Mont- Thahor^ à Paris, disait dans le même sens en 1824 :

« Il n'y a rien de plus incontestablement vrai que la nature, que l'existence. L'ordre maçonnique dérive des anciens mystères qui, à leur tour, n'ont pris naissance et n'ont eu pour base sacramentelle que cette même nature. Il est en conséquence indubitable que cet art royal, ce temple symbolique et mystérieux, l'ordre maçonnique enfin, est l'emblème de la nature, de la vérité préexistante. Cet ordre est donc la loi naturelle, l'unique et véritable religion. %

C'est la doctrine que le Positivisme devait, trente ans après, mettre en circulation dans le monde profane.

Les citations qui précèdent étaient nécessaires pour nous donner sur le temple maçonnique une idée d'ensemble. Pénétrons maintenant dans son intérieur tel que nous le décrivent Ragon et Clavel :

(( Le temple des maçons symbolise l'univers. Sa voûte est azurée, étoilée comme celle des cieux ; un temple maçonnique doit être orienté ; on y entre par l'Occident ; la lu-

mière s'y trouve à l'Orienl; au Midi sont placés les maîtres ; l'apprenti occupe le Nord, c'est-à-dire la partie la moins éclairée. Le mot Orient, employé pour désigner la place du vénérable et des frères dignitaires de l'Ordre, annonce le lieu d'où part la lumière physique qui nous éclaire, vers laquelle l'homme tourne constamment les yeux comme vers la source de son existence. Cela prouve aussi que les premiers cultes ont été solaires et avaient pour but de rendre hommage à la divinité dans son organe visible. Quant à nous, le nom d'Orient, donné à cette partie de nos loges, nous rappelle que les mystères de la sagesse sont venus des peuples orientaux, de qui découlent par le fait toutes nos connaissances

« Les temples de la Grèce, l'école même de Pythagore, qui a le plus contribué à répandre la lumière et dont les disciples méritent toute la confiance des maçons par la sublimité de leursprincipes etla moralité de leurs sentiments, ont perdu leur haute réputation; la Franc-maçonnerie les remplace. Tous les philosophes pythagoriciens ont cru à Véternité de la nature et à la transmuabilité des éléments les uns dans Les autres, et, selon les doctrines indiennes, l'âme, en se séparant des corps, retourne à l'âme universelle qui anime tout. Et voilà pourquoi les emblèmes des ministres du premier ordre dans les mystèresanciens étaient les mêmes que ceux des chefs de la Maçonnerie.

« Ainsi l'hiérophante a revêtu les ornements de la divinité suprême, comme plus tard nous verrons le grand prêtre de Jéliovah représenté dans nos loges par le vénérable dont l'emblème est l'étoile flamboyante. L'étoile flamboyante était jadis l'image du fils du soleil, auteur des saisons et symbole du mouvement, de cet Orus, fils d'Isis^ cette matière première, source intarissable de vie, cette étincelle du feu incréé, semence universelle de tous les êtres.

« Le soleil et la lune, symboles du Dadouque et de TEpibôme, ont été consacrés aux premier et second surveillants; voilà pourquoi ces chefs sont appelés lumières. Tel est le temple maçonnique et ses principales décorations. Le

mot loge qu'on lui donne vient de loga, qui, dans la langue sacrée du Gange, signifie monde. L'antre de Mithra, où les îûages avaient leurs mystères, et Tantre d'Athis signifiaient aussi le monde. La Perse, que l'on regarde comme le berceau de l'initiation scientifique, donne à ce que nous appelons loge le nom de Jehaii, qui a le même sens. De là sans doute le nom de loge de St-Jean^ sorte de pléonasme accepté par les templiers, qui sont johannistes, c'est-à-dire disciples de Saint-Jean^ en opposition aux papistes romains qui sont disciples de Saint Pierre. (1)

« La loge se nomme encore atelier, école, temple ou sanctuaire; en eflet une loge est un atelier d'initiation, un& école d'enseignement, un temple ou sanctuaire oii l'on doit développer, expliquer el rendre palpables aux adeptes, par le raisonnement, les symboles, les allégories ou les hiéroglyphes qui servent de voile à la philosophie et aux religions anciennes.

« Le soleil et la lune^ dont la figure décore nos temples, signifient moralement que nos institutions doivent avoir pour bases les lois de la nature. C'est la connaissance de ces lois immuables qui élève le maçon au plus haut degré de l'échelle sociale ; toute religion, toute association politique qui s'éloigne de ces lois est informe, contre nature et n'a point de durée. »

Deux colonnes semblent soutenir l'édifice tout entier ; frère Clavel nous apprend que ce sont « les colonnes Booz et Jakin ; elles figurent les deux phallus

(1) On reconnaît dans ce fatras de fausse érudition les fantaisies historiques auxquelles à l'époque où écrivait Ragon se livraient les FF. • . GousiD, Matter et Renan. N'est-ce pas aux loges qu'ils ont emprunté ces systèmes qui ont eu un succès éphémère ? On peut le croire, car à l'époque où ils y sont entrés et avant leur enseignement public un certain frère Rhegellini y professait ces mêmes interprétations panthéistes et éclectiques. Ij a laissé de volumineux ou~ vrages qui constatent sa priorité.

générateurs, l'un de la lumière, de la vie et du bien; l'autre des ténèbres, de la mort et du mal qui entretiennent l'équilibre du monde. »

« Le dogme des deux principes, reprend maître Ragon, enseignés sous l'allégorie de la lumière et des ténèbres, forme en effet le fond de la Maçonnerie, comme de tous les mystères anciens. Les histoires d'Athis, de Mithra, la lutte d'Ormuzdet d'Ahrimane, d'Osiris et de Typhon, celles de Christ et de Satan ne sont également que la lutte perpétuelle de la lumière et des ténèbres, de la révolution annuelle du soleil. Typhon signifie serpent, il signifie aussi un arbre qui produit des pommes, origine judaïque de la chute de Thomme. Typhon veut dire qui supplante, et signifie les passions hnmaines qui chassent de notre cœur les leçons delà sagesse. Au moral, il signifie orgueil, ambition, superstition, hypocrisie^ mensonge, ignorance, préjugés, ténèbres de Vâme. »

Voici donc le premier parvis du temple, la loge des apjjrentis. C'est le lieu où l'on amène les profanes avant leur réception. C'est une chambre tapissée de noir, où sont des inscriptions capables de faire ré~ fléchir : Si tu es capable de dissimulation, tremble, 071 te pénétrera, — Si tu tiens aux distinctions humaines f sors, on n^en connaît point ici . — On pourra exiger de toi les plus grands sacrifices, y estu résigné ?

Cette chambre est ce qu'on appelle le cabinet de réflexions ; le candidat doit rédiger son testament et répondre par écrit à trois questions, dont la première est : Quels sont les devoirs de l'homme envers Dieu ?

« C'est un moyen de tâler, dit maître Ragon, les candidats qui se présentent ; mais cette première question ne pa-

raît pas logiquement posée ; les termes en semblent clairs^ mais quand on veut s'en rendre compte avec précision, on s'aperçoit de la difficulté. Veut-on définir les trois mots ? Si l'on cherche seul cette définition, il est à craindre qu'on ne rencontre l'idée de personne. Le devoir de l'homme envers Dieu variera seloa les individus, et selonl'idée qu'on se sera faite du grand Être à qui l'on rend ce culte. Admirons ici la haute sagesse et la 'prudence de ceux qui ont conçu le plan de la Maçonnerie. Ils connaissaient toutes les variétés d'opinions et de doctrines qu'il est inutile d'énumérer ici ; ils s'appelèrent maçons et dirent qu'ils bâtissaient un temple à la vérité et à la vertu ; ils noQimèrent ce par quoi tout existe : grand architecte de l'univers. »

C'est an travail bien coordonné, on le voit ; tous les devoirs envers Dieu, se réduisant l'idée qu'on s'en forme, deviennent arbitraires comme cette idée elle-même ; toute révélation, toute religion n'est qu'un mot, un vieux petit mot, comme disait F.*. Renan, que chacun interprète à sa guise. C'est faire table rase de la consience humaine.

« Le moment étant venu de recevoir le profane, continue Glavel, le frère terrible se rend auprès de lui dans le cabinet des réfîexioTis, prend à la pointe de son épée le testament et les réponses préparées et les apporte au vénérable, qui en donne connaissance à la loge. S'il ne s'y trouve aucune proposition contraire aux principes de la Franc-maçonnerie, le frère terrible retourne près du candidat, lui bande les yeux, lui ôte tous les objets de métal qu'il peut avoir sur lui ; il lui découvre ensuite le sein, le bras gauche et le genou droit, lui fait chausser du pied gauche une pantoufle, lui entoure le cou d'une corde dont il tient l'extrémité, puis, dans cet état, il l'amène à la porte du temple où il le fait heurter trois fois avec violence, et, sur la demande faite de l'intérieur quel est l'audacieux qui tente de forcer l'entrée

du temple, \ei frère terrible répond :« L'homme qui vient de frapper est un profane désireux de voir la lumière et qui vient la solliciter humblement de notre respectable loge. »

« Il est introduit alors dans la loge, prête un premier serment de ne rien dévoiler de ce qui passe, et, après trois épreuves qui rappellent celles des mystères anciens et qu'on nomme de la terre, du feu, et de l'air, le bandeau lui est arraché, la lumière lui est donnée et il contemple la loge, tout ce qui s'y trouve, et les frères armés de glaives tournés contre lui ; puis on lui donne le mot d'ordre et de passe du grade. »

Tel est le temple maçonnique, tels sont ses symboles et le sens auquel le vénérable et Vorateur vont en quelques instants initier l'apprenti.

« L'apprenti, ni ?iw,ni vêtu, comme parlent nos rituels, — nos mœurs ne pouvant plus, dit Bazo(, souffrir la nudité entière, — les yeux couverts d'un bandeau épais, la cordeau cou, et amené ainsi au temple pour y recevoir la lumière, figure dans cet état Vhomme de la nature ; les ténèbres de son corps figurent celles de son âme ; la corde qui le lie, les préjugés, les erreurs et les superstitions qui l'enchaînent et lui ôtent la liberté. Initié, il reçoit un vêtement nommé par nous décoration, le vêtement qu'indique la pudeur native, un tablier de peau de bête qui représente aussi la vie laborieuse; on lui donne une truelle pour cacher les défauts de ses frères ; la pierre brute, qui est lui-même et sur laquelle il doit travailler pour se délivrer de ses préjugés, vices et erreurs ; le compas dont la branche fixe indique le point central d'où tout part, et l'aulre, par son écartement, les cercles sans nombre; de la Maçonnerie ; il voit suspendu au cordon du vénérable ou du surveillant l'équerre, qui signifie que tout doit se faire dans l'esprit et le but de la Maçonnerie ; le niveau, symbole de l'égalité, base du droit naturel ; la perpendiculaire, qui signifie que le maçon doit aller au

but de l'ordre sans se laisser détourner par aucune affection d'intérêt, ni de famille.

« On lui donne pour mot d'ordre, dans le rite français, Jakin qui signifie initiation^ science des choses ou de la nature^ et pour mot de passe, Tubalcaïn, qui veut dire métal, possession de la terre ; et, quand il reçoit la lumière, il voit un peuple de frères armés pour sa défense s'il lui arrivait d'être attaqué, et aussi pour le punir s'il trangressait les lois qu'il vient d'accepter.

« Les glaives qui brillent aux yeux du récipiendaire, les faisceaux d'armes, les trophées de guerre qui s'unissent aux emblèmes des arts libéraux, tout cet appareil quasi militaire exprime allégoriquement la guerre morale que la Maçonnerie fait continuellement au vice, à l'ignorance, à la superstition. ))

C'est d'un enchaînement on ne peut plus clair. Toutes les religions positives ne sont qu'erreurs, préjugés, superstitions, ignorance, inventions de l'orgueil, de l'ambition et de l'hypocrisie, pour enchaîner les hommes et s'en rendre maîtres. C'est là ce qu'il faut d'abord faire disparaître de l'esprit et du cœur des candidats, et, par eux ensuite, de leur famille et de la société.

A peine ce déblai est-il commencé, que, sur-lechamp, on commence à jeter le premier fondement du nouveau temple, à savoir : la nature, et un double principe, lumière et ténèbres, vie et mort, qui entretient l'équilibre du monde et qui est la vraie science des choses, la sagesse, ou la véritable philosophie, au fond de laquelle vient déjà poindre le feu sacré, le feu incréé, dont le soleil est la plus éclatante manifestation, comme la source intarissable de la

vie, la semence universelle de tous les élres, le grand architecte de l'univers.

Ce double travail de déblaiement et d'édification ne laisse pas de demander beaucoup de science, de temps et de peines. Il y a tant de préjugés encore, malgré tous les progrès enfantés par l'ordre ; mais l'œuvre avance toujours en profondeur, en largeur et en hauteur ; ce que l'apprentissage a commencé, le compas gnonnage vient bientôt l'affirmer et le développer.

h'apprenti^ en devenant CGmpagjion, passe de la perpendiculaire au niveau, c'est-à-dire de la colonne Jakin, qui signifie initiation, science de la nature^ à la colonne Booz, qui signifie force, travail, sagesse, philosophie ; ou encore, dit Clavel, de la colonne des ténèbres, du mauvais principe, de la nature passive, à la colonne de la lumière, du bon principe, de la nature active.

« Dépouillé pendant son apprentissage des préjugés et des fausses maximes puisés parmi les profanes, l'initié, devenu compagnon, va travailler activement à édifier dans lui, sous les ordres du maître, le temple nouveau de la nature, et voir succéder au nombre trois de l'apprenti le nombre cinq ou du progrès.

Entre les questions faites au compagnon, tous les manuels et, entre autres, celui du secrétaire du Grand-Orient, donnent, comme une des premières et des plus importantes, les questions et les réponses suivantes :

« D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir compagnon^ « Pour connaître la lettre G.

« D. Que signifie celle lellre?Que vous en a-t-onappris?

« R. 1° Qu'elle signifiait géométrie, science qui a pour base l'application de la propriété des nombres aux dimensions des corps, et particulièrement au triangle, auquel se rapportent généralement toutes les ligures ; 2" qu'elle était l'initiale d'un des noms du grand architecte de l'univers, elle symbole du feu divin qui nous fait distinguer, connaître, aimer, pratiquer la vérité, la sageasz et la justice.

« D, Où avez-vous été reçu compagnon ?

« R. Dans une loge juste et parfaite.

« D. Quelle forme avait-elle ?

« R. Un carré long.

« D. Quelle en était la longueur ?

« R. De l'Orient à l'Occident.

« D. Et la largeur ?

« R. Du Midi au Septentrion.

« D. Et la hauteur ?

« R. Incalculable ; des pieds, des toises et des coudées sans nombre.

« D. De quoi était-elle couverte ?

« R. D'un dais d'azur parsemé d'étoiles.

« D. Qui la soutenait ?

« R. Trois grands piliers de forme triangulaire : sagesse, force, beauté; sagesse, pour inventer; force, pour exécuter; beauté, pour orner.

« D. Quelle était sa profondeur?

« R. De la surface de la terre au centre. »

L'emblème est encore facile à comprendre. La loge dans laquelle est entré le compagnon c'est la nature, le monde matériel aux dimensions incalculables, aux toises et aux coudées sans nombre, infinies par conséquent. Et il y est entré pour connaître la lettre G, c'est-à-dire la géométrie et Dieu lui-même, le Dieu de la Maçonnerie, car il a dû préalablement renoncer au Dieu du Christianisme, au Dieu esprit.

éternel, iafiai en toutes perfections, créateur, conservateur, rémunérateur, vengeur, qu'adore l'univers.

Le Dieu de la Maçounerie, c'est le Dieu Tout, le Dieu Pan, les deux principes bons et mauvais unifiés, et devenant ainsi la quintessence universelle^ les deux esprits, supérieur et inférieur, respires ou aspirés l'un par l'autre et s'identifiant avec la terre, l'eau, l'air, le feu et l'élher, qu'ils géométrisent incessamment dans leur perpétuelle et continuelle activité.

C'est ce que dit nettement Ragon :

« La lettre G est non seulement l'initiale d'un des noms du grand architecte de l'univers, mais le symbole du [tu divin qui nous fait distinguer, connaître, aimer, pratiquer la vérité, la sagesse et la justice. La nature, symbolisée par le feu sacré, indique au compagnon, au néophyte, le genre d'étude auquel il doit désormais appliquer son esprit. Le feu anime tout ce qui respire, dans les airs, sur la terre et sous les eaux... Le soleil, dont l'image est consacrée dans nos temples, est le feu inné des corps, le feu de la nature, auteur de la lumière, de Vignition. Il est la cause efficace de toute génération ; sans lui point de mouvement, point d'existence ; il donne la forme à la matière^ il est immense, indivisibk, impérissable et présent partout. li

Ailleurs, à propos du grade de Rose-Croix, il revient sur le culte du feu comme principe de la Maçonnerie et paraphase ainsi deux vers célèbres :

<( C'est ce feu caché, mais toujours agissant, qui produit tout, qui entretient tout, cuncta parit, cunctaque alit. C'est le feu, l'âme de la nature, dont il renouvelle perpétuellement les formes, qui divise les éléments des corps, ou qui

réuniL kurs molécules éparses : cuncta rénovât, cunclaque dividit. C'esl cet élément enfin qui, après avoir été le prmcipe de la vie de tous les êlrrs, devient, par suite de son activité, la cause toujours agissante de leur destruction et de leur agrégation à d'autres mixtes, cuncta unit.

« Pour eux, Isis n'est plus cette déesse, sœur et femme d'Osiris, que le vulgaire adore sous tant de formes et avec tant d'attributs différents. C'est la nature dans toutes ses époques que caractérisent ses symboles, la nature qu'un de nos plus savants interprèles maçonniques, Reghellini, fait ainsi parler après Apulée sous le nom d'Isis : « Je suis la nature, mère de toutes choses, maîtresse des éléments, le commencement des siècles, la souveraine des dieux, la première de la nature céleste, la face uniforme des dieux et des déesses. C'est moi qui gouverne la multitude innombrable des cieux, les vents salutaires des mers, le silence lugubre des enfers ; ma divinité unique, mais à plusieurs formes, est honorée avec différentes cérémonies et sous différents noms : Pessinontienne ou Gybèle, Minerve, Vénus, Diane, Proserpine, Gérés, Junon, Bellone, Hécate, Rhamnusie. Les Égyptiens les Orientaux, les Ariens, et ceux [qui sont instruits de l'ancienne doctrine, m'honorent avec des cérémonies qui me sont propres et m'appellent de mon véritable nom, la reine Isis. »

Cette interprétation des mystères maçonniques n'est pas particulière à Ragon. Le grand maçon allemand Strauss, le maître de Renan, s'est rattaché d'une façon significative au culte d'Isis et d'Osiris. Par son testament il ordonna qu'on exécutât à ses funérailles, en guise de cérémonie religieuse, le chœur des prêtres d^Isls et d'Osiris de la Flûte enchantée. Cet opéra de Mozart fut fait sur un livret qui était une allusion constante à la rénovation de l'humanité par la Révolution française et la Maçonnerie. Ses représenta-

LÉGENDE ET RITUELS MAÇONNIQUES lOl

lions à Vienne en 1791 servaient aux initiés de moyen de se reconnaître. Ce détail indique combien dans sa vie, consacrée à la propagation de l'impiété, Strauss était animé par la pensée maçonnique. Nous avons sous les yeux un ouvrage publié en 1877 à New- York sous ce titre : Isis unveiled a masterkey to the mysteries ofancient and modem science and theology, by Blavatsky, correspondent secretary of the theosophical society, dont la conclusion est que le culte des Piti^is védiques (flamme du foyer) est appelé à devenir le culte de la partie spiritualiste de l'humanité et que c'est en s'unissant à ce feu, à Tàme universelle du monde, qui est Dieu, que l'homme arrive à la toutepuissance !

C'est bien là la pensée mère de la Franc-maçonnerie. Elle est plus ou moins développée suivant l'esprit qui règne dans chaque loge particulière ; mais les livres de Bazot, de Ragon, deClavel, de Guillemin de St-Victor,ont précisément pour but de fournir aux orateurs et vénérables les thèmes de leurs discours lors des réceptions. Ces interprétations des grades varient d'ailleurs dans les détails, et la Maçonnerie ne se pique pas plus d'unité que d'érudition véritable. Ainsi Ragon et Clavel fournissent une autre série d'interprétations où les trois premiers grades sont rapportés à la révolution du soleil, la mort d'Hiram, à sa disparition pendant l'hiver. Mais le fond en est toujours l'adoratiou de la nature, et les deux fêtes des maçons, la St-Jean d'été et la St-Jean d'hiver, ont pour objet le culte du soleil mourant en hiver et ressucitant au printemps.

Ragon indique à cette occasion la force génératrice.

les phénomènes de la génération comme l'objet du culte de la Maçonnerie, comme son Dieu.

« Le grade de maître retrace donc]all(^goriquement la mort du Dieu-lumière, soit que l'on ne considère ce Dieu que comme le soleil physique, mourant en hiver pour reparaître et ressusciter au printemps, à Pâques, soit que, comme le philosophe, on ne voie qu'une commémoration figurée, une peinture emblématique du chaos, du sein duquel jaillit la lumière éternelle, ou bien, ce qui revient au même, de la putréfaction exprimée par le mot substantiel du grade, Macbenac, mort apparente des corps, mais source inépuisable de vie, par laquelle le germe au printemps reçoit son développement.

« Beaux mystères de la nature, dont les opérations ne sont qu'une suite de combats et de réactions entre le principe générateur et le principe destructeur!

« Or, le résultat de la fécondation, n'est-ce pas la fermentation, la fermentation par le feu, comme l'indique le mot lui-même, la putréfaction des principes séminaux, cet état de ténèbres, de désordre, de confusion, que les anciens désignaient par le mot de chaos, qui précède le développement et l'apparition du germe régénérateur? Le chaos, que nous regardons comme l'aurore des siècles, précurseur de la création, n'était pour les sages de l'antiquité qu'une hypothèse ou plutôt une induction qu'ils tirèrent de la génération des êtres.

« La putréfaction et la mort, voilà le premier point de la maîtrise; la renaissance et la résurrection, voilà le second point. Tel est le phénomène important, le mystère ineffable^ vraie clef de la nature, qu'avaient su pénétrer les anciens sages et dont ils firent un des fondements de leur doctrine, et le sujet de leurs légendes sacrées. En effet, tout dans l'univers n'est-il pas soumis aux lois qui viennent d'être exposées ? Tout ne relrace-t-il pas la lutte éternelle des deux grands agents de la nature et leurs victoires alternatives?

LÉGExNDE ET RITUELS MAÇONNIQUES 103

On ne saurait trop le répéter : la vie et la mort se partagent le monde. Toutes deux en sont le terme, l'une ne peu^ exister sans l'autre, et toutes deux émanent d'une seule et même puissance.

« Gomme le nombre un désignait l'harmonie, l'ordre et le bon principe, le nombre deux offrait l'idée contraire. 11 exprime aussi l'état de mélange et de contrariété dans lequel se trouve la nature où tout est double : ainsi la nuit et le jour, la lumière et les ténèbres, la sa?ité et Vétat de maladie, V erreur et la vérité, l'un et l'autre sexe s'engendrant l'un par l'autre, comme le grain de blé, cause et résultat tout ensemble. »

Ce sont, d'après maître Clavel, les deux colonnes du temple, les deux phallus générateurs, l'un de la lumière, de la vie et du bien ; l'autre, des ténèbres, de la mort et du mal, qui entretiennent l'équilibre du monde.

« Et cependant, ajoute Ragon, le ternaire ou nombre trois est le nombre par excellence et de prédilection, c'est celui qui représente mieux la nature. De là, la consécration dans nos loges du triangle, dont les côtés figurent les trois i^ègnes, la nature en Dieu. Au milieu est l'Iod hébraïque., esprit animateur, ou le feu, principe générateur, réprésenté par la lettre G, initiale. du mot Ûieu dans les langues du Nord, et dont la signification philosophique est génération.

« Le premier côté du triangle offert à l'étude de l'apprenti est le règne minéral, symbolisé par Tubalcaïn, inventeur de Tart de travailler les métaux, et mot de passe du gracie au rite français. — Le deuxième côté que doit méditer le compagnon est le règne v^^éfa/, symbolisé par Schibboleth, qui signifie épi, mot de passe. Dans ce règne commence la génération des corps, et voilà pourquoi la lettre G est présentée radieuse aux yeux du compagnon. — Le troisième côté, dont l'étude concerne le règne animal et complète l'instruction

du maître, est symbolisé par Macbenac, la chair quitte les os, ou mieux fils de la 'putréfaction.

« Mais le triangle entier a toujours signifié Dieu ou la nature, et les allégories des trois vérités, fondement des premiers mystères, les effets successifs et éternels de la nature : 1° Que tout est formé par la génération ; 2° que la destruction suit la génération dans toutes ses œuvres; 3"* et que la génération rétablit sous d'autres formes les effets de la destruction. »

Page 1