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RÉPRESSION DE CES ABUS

« Le poignard, qui effraie \di foule ignorante des maçons, n'est pas cette arme vile que nous abandonnons aux mains jésuitiques, mais il n'est autre chose que le poignard mit/iriaque, la faulx de Saturne ; ainsi cet attribut des élus rappelle de nouveau aux parfaits initiés l'empire dominant du bien et du mal, symbolisés par le manche qui est blanc et par la lame qui est noire. Celte arme, au moral, rappelle aux grands élus qu'ils doivent continuellement travailler à combattre et détruire les préjugés, l'ignorance et la superstition, ou ce qui est sur les trois têtes du serpent.

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Ainsi le grade de Kadosch^ dans le sens le plus adouci, et tel qu'on ne craint pas de le publier avec approbation du Grand-Orient, consiste à apprendre que la papauté, la royauté et tous ceux qui les soutiennent, et surtout les armées fidèles, sont des abus nés du mauvais principe, cause de tous les maux représentés par le serpent, et à contracter l'obligation de réprimer et de détruire ces trois grands abus par tous les moyens possibles, signifiés par un poignard, c'està-dire, au morale en combattant sans cesse et détruisant les préjugés, l'ignorance et la superstition, par tous les genres de calomnies et de propagande impie et corruptrice, et, au physique^ par tous les genres de séditions, de spoliations et d'assassinats.

Aussi, d'après Willaume et Teissier dont les manuels ont été publiés également avec l'autorisation du Grand- Orient, le signe du grade de Kadosch consiste-t-il à porter la main droite sur le cœur, les doigts écartés, à laisser ensuite retomber la main sur le genou droit, que l'on empoigne en fléchissant, puis à saisir le poignard qui est à Técharpe et à la hauteur de l'épaule, comme pour en frapper, en disant : Nekam Adonal^ vengeance, Seigneur ! et les mots sacrés Aq passe , ou pour entrer au conseil^ commencent-ils tous trois par Nekam, vengeance !

« Il y a des aréopages, ajoute Willaume, où les chevaliers portent l'ancien costume des chevaliers du Temple ; ils sont bottés, cuirassés et casqués ; ce sont ceux de l'antique et stricte observance, répandue surtout en Allemagne.

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Mais écoutons une revue belge de 1820, citée par l'avocat saxon Eckert :

« Lorsque le chevalier Kadosch a prononcé son serment; on lui met le poignard en main, et l'on dépose à ses pieds un crucifix, puis le très-grand lui dit : Foule aux pieds celte image de superstition, brise-la. S'il ne le fait pas, afin de ne rien faire deviner, on applaudit, et le trèsgrand lui adresse un discours sur sa piété. On Te reçoit sans lui révéler les grands secrets. Mais s'il écrase le crucifix, alors on le fait approcher de l'autel, où sont trois représentations, trois cadavres si l'on peut s'en procurer. Des vessies pleines de sang sont à l'endroit où on lui crie de frapper. Il exécule l'ordre et le sang rejaillit sur lui, et en prenant par les cheveux les lêles coupées, il s'écrie : Nekam ! la vengeance est faite !

« Alors le très-grand lui parle ainsi : Par votre constance et voire fidélité, vous avez mérité d'apprendre les secrets des vrais maçons. Ces trois hommes que vous venez de frapper sont la super stitio7i, le roi, et le pape. Ces trois idoles des peuples ne sont que des tyrans aux yeux des sages. C'est au nom de la superstition que le roi et le pape commettent tous les crimes imaginables. »

0 Après ces engagements pris et contractées, reprend maître Ragou, on fait monter et descendre au candidat l'échelle mystérieuse, qui par sa forme rappelle le Delta. Elle se compose de deux montants; l'un représente la morale, base première de la Maçonnerie, et l'autre la science qui doit éclairer les hommes, but principal de l'institution. »

Vient alors le discours du très-sage au nouveau grand élu Kadosch :

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« Chevalier nouvellement admis,

« Tu connais les fonctions qui te sont confiées, les devoirs que tu as à remplir ; il n'est point de vertus, si Von ne se rend utile... Tu te connais maintenant toi-même ; n'oublie jamais qu'il n'existe aucun degré de bonheur auquel l'homme qui rentre dans ses droits primitifs ne puisse prétendre. N'oublie point que tu renfermes en toi le fil précieux à l'aide duquel tu peux sortir du labyrinthe des choses matérielles... Réintégré aujourd'hui dans tes droits naturels, te voilà pour toujours affranchi du joug des préjugés ; applique toi sans cesse à en délivrer tes semblables..

« Vis dans la société sans te laisser corrompre par elle. Enfin, souviens-toi que chacun des captifs que tu agiras déliés placera sur ton front une fleur immortelle, et que de la somme de tous les heureux que tu auras faits se composera ce diadème qui couronnera tout homme qui ne sera point mort sans avoir vécu, mais qui, parvenu au développement de toutes ses puissances, se sera ouvert ÇiXiconquérant les portes du Temple, celles de cet édifice éternel dont tu as vu dans ces lieux la fidèle représentation. »

Ainsi Dieu, son amour et son culte ont disparu sous les noms de quelques vertus naturelles. Il n'y manque que les inscriptions du rit des sophiciens qui portent en haut de leur échelle : Videhunt et non viclebu7rt, ils verront et ne verront pas, et au dernier échelon : Foclias et invenles, creusez encore et vous trouverez, et Va/franchissement de tous les préjugés, la réintégration dans tous les droits primitifs. Le but de ce grade est donc la destruction, par le p)oignard moral ou par les moyens moraux, c'est-àdire par tous les genres de mensonges et de calomnies, et par le poignard au manche blanc et à la lame noire, l'un poussant l'autre, c'est-à-dire par

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tous les genres d'assassinats et de spoliations, de la royauté, de la papauté et de tout ce qui, sous le nom alarmée, les défend et les soutient.

Le Courrier framçais éccrivait impunément, à Paris, sous les yeux de Napoléon III, pour justifier l'usage de tous ces moyens :

« Nous avouons que non seulement nous considérons les adversaires de la papauté, et de ceux qui la soutiennent comme étant dans le cas de défense oîi tous les moyens DEVIENNENT LÉGITIMES, mais cncorc nous pensons que ce serait un véritable service à rendre à l'humanilé que de la purger de cette secte malfaisante, et que tous les moyens peuvent être bons pour arriver à un résultat si désirable. » (N^ du 15 novembre 1867) (1).

Le 15 novembre 1880 un journal radical, sous ce titre : VEnnemi, publiait ces abominables excitations :

«L'ennemi, c'est le maître.... Le peuple a sans cesse ouvertes sous ses pas ces trois mâchoires dévorantes : le prêtre, le soldat^ le juge... Trois ennemis en un seul !

« Sus aie triple maître: prêtre, soldat, magistrat ! Place à l'unité seule dominatrice, seule souveraine, le Peuple ! »

Aussi ce grade, quintessence de l'esprit maçonniques, appartient-il à tous les rites. On le retrouve

(1) Constamment dans la presse radicale ou les discours politiques des républicains, oq trouve des phrases, des manières de parler qui rappellent clairement les rituels des loges. C'est ainsi que M. Waldeck-Rousseau, dans un discours prononcé à Vannes en mai 1883, s'est permis de traiter la religion chrétienne de symbolique !

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dans le quatrième grade du rite moderne français, sous le nom ù'élu. Il est identiquemeat le même que^ nous venons de le décrire dans le rite écossais ^ trentième degré, dans le rite égyptien ou de Misralm, soixante-cinquième, dans le rite d'Héredon ou de la perfection^ vingt-cinquième, dans le rite onordre du temple, d'où on le croit sorti, dans les rites de large et stricte observance, dans le rite adonhiramite^ cinquième, sixième et septième, ^où il prend les noms d'dkt des neuf, élu de Perignan, élu des quinze grades. Ce serait même dans la loge de Lyon, qui servit plus tard de berceau à l'Illuminisme français, sous le nom de chevaliers bienfaisants de la sainte cité, que fut inventé, en 1743, le grade de petit élu, comme expression, dit l'ancien franc-maçon Robison, du système universel des loges maçonniques où Von faisait des prosélytes aux maximes les plus étranges et les plus criminelles. Ce fut là, selon le frère baron de ïschondy, dans son Écossais d^Écosse, cité par Ragon,le premier échelon du Kadosch, qui ne respire que vengeance, et qui développé a formé Velu des neuf, Velu des quinze, le maître illustre, le chevalier de Vancre ou deV espérance, et enfin le grand inspecteur, grand élu, ou chevalier Kadosch, en pénétrant avec Tllluminisme toutes les loges maçonniques.

Comment ne pas le reconnaître encore dans VEpopte, le régent roi-mage du système de Weishaupt et dans le grand élu de la Carbonara, ou mieux encore dans le P... S... P... lorincipi summo patriarcha, son septième et dernier grade, où l'initié

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jure^ dit Witt, la ruine de toute religion et de tout gouvernement positif, et par tous les moyens^ le meurtre, le poison, le faux serment, VdiSSàssinàt sous toutes les formes, mais surtout pa.r lepoignai^d, comme plus sûr et faisant moins de bruit (1).

La destruction de la papauté est donc le résumé, le complément essentiel de la véritable Maçonnerie, son but même dans tous ses degrés. Il n'est pas jusqu'aux loges d'adoption, à la Maçonnerie des femmes, qui n'ait, dans son cinquième grade, l'élue ou sublime écossaise, le bijou du poignard et Judith, pour cri de guerre, avec Vagao,\Q nom de l'eunuque d'Holopherne, pour mot de passe.

Ragon, dans son Orthodoxie maçonnique, a publié même en partie le rituel d'un ordre de juges philosophes inconnus, dont il n'avait dit mot dans son Cours d'initiations, et qu'il donne comme appartenant au rite templier, conservé et continué, d'après ce rituel même, en Portugal, sous le nom d''ordre du Christ. Ce mot, qui explique pourquoi le régent Philippe d'Orléans en fit demander les statuts, quand il rétablit les loges templières, explique bien d'autres événements relativement aux révolutions de ce pays et à ses rapports avec la papauté (2).

Dans ce rite, fort répandu à la fm du XVIIP siè-

(1) Jean de WiLt, Mémoires secrets pour servir à l'histoire de ma vie, p. 21, 173.

(2) Il est à remarquer que Saiut-Martin présentait son livre : Erreurs et vérités comme l'œuvre d'un philosophe inconnu ; c'était aussi le nom d'un grade du syslème des philalèthes créé par lui.

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de et au commencement du XIX®, le président du chapitre où est conféré le grade de Kadosch s'exprime ainsi :

« Êtes-vous bien persuadé, mon frère, que l'ordre maçonnique professant le rite écossais soit en possession du souverain principe de Vart royal, et qu'il" connaît scm/ le plus grand secret de la Maçonnerie ? Le grade que vous allez recevoir est le nec plus ultra de la Maçonnerie, et c'est ici que l'ordre est absolument à découvert, ici que les hiéroglyphes des différents grades: sont expliqués €t ENTIÈREMENT DÉVOILÉS. Vous dcvez apprendre ici comment on peut lier les pieds et les mains aux usurpateurs des droits de l'homme... En nous vous voyez une parlie des légions inconnues unies par des liens indissolubles, pour combattre en faveur delà vertu opprimée. Nous ne devons les sublimes connaissances que nous enseignons qu'à la bienveillance de nos chefs, des illustres inconnus qui nous gouvernent. »

Dans le grade suivant et dernier, vient un serment en sept points, dont le cinquième s'exprime ainsi :

« Vous jurez et promettez de faire, de dire et d'écrire en tout temps, en tout lieu et à toute heure, tout ce qui vous sera prescrit par les ordres d''une puissance légitime, à laquelle vous jurez obéissance, quoiqu'elle vous soit jusqu'à présent inconnue et qu elle puisse V être encore pour longtemps. »

Le président explique ainsi l'échelle de Kadosch :

« Vous n'avez sans doute point oublié, mon frère, le premier point moral de l'hiéroglyphe de l'échelle, dont une explication vous a été donnée le jour de votre initiation. J'ajouterai à ce que vous savez, que le vulgaire des maçons

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est encore à cet égard clans la plus grande erreur. Cette échelle nous appartient particulièrement, elle est le type mystique de notre ordre ; elle se compose de deux montants qui nous rappellent l'union qui eut lieu entre Philippe le Bel et le pape Clément V, et la force que cette union leur donna contre nos infortunés prédécesseurs. Ces sept degrés représentent les sept points de l'obligation que vous avez contractée entre nos mains, de la même manière dont le roi de France en agit avec l'archevêque pour le forcer à participer à l'anéantissement des chrétiens templiers. Comme vousmême venez de vous engager et de jurer une haine implacable aux ennemis de cet ordre, vous êtes tenu de réunir tous vos efforts pour leur ruine totale, afin de rentrer dans la possession de nos droits qui ont été usurpés... Vous êtes maintenant au rang dos élus appelés pour accomplir la grande œuvre. »

Le septième point du serment est ainsi conçQ : « Enfin vous jurez et promettez de ne jamais pardonner aux traîtres et de leur faire subir le sort que Vordre leur réserve. »

Au commencement de ce siècle reparut, combinée avec les grades dits français et écossais, la Maçonnerie de Cagliostro, sous le nom de rite de Misraïm ou d'Egypte. Cette maçonnerie, qui comprenait 90 degrés, dont les trois derniers accessibles seulement à des supérieurs inconnus, se divise en quatre séries : symbolique, philosophique, mystique et cabalistique. L'abrégé du rite de Misraïm, dont une partie des adeptes se fondit en 1816 dans le Grand-Orient, a pour titre : Arcaiia arcanorum. Il résume presque toute la science maçonnique, ditRagon, qui^avait approfondi les développements des emblèmes et des catégories. Nous nous bornons ici à en indiquer sommairement la doctrine :

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L'homme est éternel comme le Dieu-feu dont il est l'essence, Isis, le Dieu-tout, Osiris, le Dieu-soleil, le Dieu-Pan, qui, sous la forme d'un bouc, apparaissait comme symbole de paternité et de force génératrice dans les récits du moyen âge. Il n'est pas jusqu'aux cornes qui ne fussent considérés autrefois comme un signe de noblesse. L'adepte ne doit pas s'effrayer des rapports avec les esprits malfaisants ; il faut qu'il croie fermement que le pire d'entre eux, le pire de ces êtres que le vulgaire appelle démons^ ii'est jamais mauvaise compagnie pour l'homme, qui doit savoir même préférer dans bien des cas la visite des mauvais génies à celle des bons.

M. Cousin et les philosophes universitaires de l'école éclectique ont emprunté au rite de Misraïm la théorie du centre, du rayon et de la circonférence représentant Dieu, l'homme et l'univers.

Les travaux du 90® degré du rite de Misraïm finissent par des fiât répétés par tous les frères. La salle où ils se réunissent est ronde pour représenter l'univers, la terre et les mondes qui l'entourent. Le cachet du grade, la circonférence zéro du philosophe inconnu entourée d'un autre circonférence formée par un serpent qui se mord la queue et qui est le symbole de l'éternité du mauvais principe, Satan. C'est lui qu'appellent et que proclament sous la forme du feu les dernières paroles des frères au dernier grade.

Arrivés jusqu'au nec plus ultra de la Maçonnerie, considérons l'ensemble de ses grades, et voyons comment ils s'enchaînent.

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Au grade di'apprenti^ le franc-maçon représente l'homme de la nature ; il est dépouillé de ses vêtements et de ses métaux, argent, monnaie, pour lui apprendre que le vrai maçon ne doit rien posséder en propre^ et que le luxe, celai même des vêtements, enfante les vices. On lui donne cependant un tablier, parce que la civilisation ne permet pas l'entière nudité, et pour lui indiquer l'obligation du travail. Comment et par qui se trouve-t-il ainsi fait ? par la nature; la Maçonnerie ne s'occupe pas du comment. Libre à lui de choisir son créateur parmi les gaz, et ses ancêtres dans les générations spontanées ou parmi les singes. On lui apprend seulement que le temple à élever, sous la conduite du maître, à qui il doit aveuglement obéir, est celui de la nature, et que le but de la Maçonnerie consiste à effacer parmi les hommes les distinctions de couleurs, de rang, de croyances.

La vengeance en sort comme de sa source. Il faut punir par la mort les trois compagnons infidèles, et les faire disparaître pour revenir à la nature et en continuer et affermir l'œuvre. Aussi le grade d'élu a-t-il été le premier inventé, et Nekam, vengeance, vaincre ou mourir^ ont-il été ses mots de passe, ou sacrés, et le poignard, son outil ; — puis vient Vécossais, ou l'homme roi-prêtre et législateur dans sa famille ; et la tête sous la hache lui démontre, dit l'interprète autorisé, que, pour devenir tout cela, il ne peut plus reculer, mais périr, sHl est nécessaire pour la cause de la vérité.

Confirmé dans cette disposition, affranchi pour lui-

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même et les siens des préjugés qui mettent au dessus de lui les rois et prêtres, il est fait chevalier d'Orient pour en affranchir les autres. L.-. D.-. P.*. est le grand mot du grade. Il veut dire liberté de penser e* Lilia destrue pedibus, détruire les Bourbons en foulant aux pieds les lys. Voilà Tobjet du grade. Le parlementarisme, qui arrache aux rois le pouvoir législatif et judiciaire pour n'en faire que des délégués ou commis des peuples, est le grand moyen moral à employer pour atteindre le but, dût-on, pour le mettre en œuvre, faire vingt révolutions.

Parvenu là, la liberté de penser et le parlementarisme marchant de pair, le franc-maçon devient Rose- Croix : la divinité de Jésus- Christ est reniée ; sa croix, mémorial du grand sacrifice qui a sauvé le monde, est changée en phallus et traînée dans la plus horrible fange, et avec elle périt desséchée la source du vrai sacerdoce catholique et de la royauté chrétienne, l'esprit de sacrifice, la religion, la société.

Mais leur colonne, leur image vivante, la pierre fondamentale sur laquelle ils sont assis, est encore debout dans le pontife-roi et la papauté romaine : c'est donc par elle qu'il faut en finir. Le Kadosch, brandissant son poignard au manche blanc et à la pointe noire, s'est levé ; il a fait entendre le dernier cri de guerre : vengeance, Nekam, Maka ; d'un bout du monde à l'autre les sociétés secrètes l'ont répété, et tous, ministres et diplomates, maçons etcarbonari, se sont mis en marche, brûlant de pouvoir ajouter le dernier mot, le mot de la victoire, phal-kol, operatum est omne, tout est consommé. Plus de prêtres, plus

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de rois, plus de famille, plus de ^propriété, plus de nations, plus de morale, plus de religion : ils ont passé. Il n'y a plus que Pan, Isis, ou la nature, les forêts, les cavernes et les bois. Prosternez-vous avec Misraïm, arcana arcmiorum, devant Uriel, l'ange du feu!

C'est le dernier mystère, la loge la plus profonde; c'est le feu, le feu éternel, d'où Ton ne revient pas ! Longtemps la Franc-maçonnerie dissimula ses projets destructeurs de l'Église; elle prétendait recevoir dans son sein, avec une neutralité dont M. Ferry devait plus tard emprunter la formule et la sincérité, les hommes de toute religion. En réalité , comme l'État accordant une égale protection à tous les cultes, elle faisait profession d'athéisme.

Il avait donc bien jugé le pontife Pie VII, lorsque, dans son encyclique du 22 mai 1818, il disait : «Sous cette égale protection de tous les cultes se cache et se déguise la persécution la plus dangereuse, la plus astucieuse qu'il soit possible d^imaginer contre r Eglise de Jésus- Christ , et malheureusement la mieux concertée pour y jeter la confusion et mêmela détruire, sHl était possible que la force et les ruses de l'enfer puissent prévaloir contre Elle.

Mais ce que Pie VII n'a pas dit, et ce qu'on n'a pas assez remarqué, c'est que cette conséquence, posée à son tour comme principe à la tète de toutes les constitutions modernes, est la source la plus féconde tout à la fois des plus ignobles tyrannies et des plus basses dégradations.

L'Etat, monarchie ou république, roi, dictateur ou

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président, ministre ou consul, un ou plusieurs, sous le nom de majorité ou de peuple, avec Mirabeau ou Danton, Marat ou Robespierre, Bonaparte, Bismarck €u Thiers, Gambetta, Frère-Orban ou Ferry pour meneurs, devient évidemment juge et régulateur suprême de la conscience, de la foi, de la morale, des âmes, l'organisateur souverain de toutes les religions et de tous les cultes, et le maître des biens, de la propriété, des corps, par la guerre, les impôts et les lois.

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