SERAI TOUJOURS DU PARTI DE LA RÉVOLUTION
Voilà M. Thiers tout entier : il n'était pas communard, mais il préférait la Commune à la Monarchie légitime. Lui-même, quand son travail d'intrigues fut plus avancé, s'est vanté, dans un discours à l'Assemblée le 29 novembre 1872, d'avoir pris vis-à-vis des syndicats parisiens et des conseils municipaux de plusieurs villes, au mois d' avril 1871, l'engagement formel de maintenir et de consolider la République^ 2)our prix de leur abstention entre la Commune et le gouvernement.
Les loges maçonniques purent s'en rapporter à lui ; la Maçonnerie de province abandonna la Commune et M. Thiers triompha à la fin de l'insurrection.
Il n'y perdit que sa maison, et Ton sait qu'il sut la faire généreusement payer par le pays.
Quant aux chefs déportés à Nouméa, ils furent, en Nouvelle-Calédonie, traités avec une bienveillance que n'avaient pas prévue les conseils de guerre. On fut par contre sévère pour la vile multitude , selon l'expression odieuse par laquelle M. Thiers avait un jour trahi sa pensée.
Une fois maître de la situation, le président de la République laissa la propagande révolutionnaire se déployer de nouveau sur le pays. C'est à la pression de ses agents que fat dû le succès d'un certain nombre d'élections républicaines, le 2 juillet 1871. Mais surtout il employa les remarquables facultés de son esprit à désagréger la majorité royaliste de l'Assemblée, à soulever des défiances entre des hommes que tout rapprochait, et à envenimer les situations.
En vain l'Assemblée nationale, par l'acte du 24 mai 1873, reprit-elle possession d'elle-même, le mal était fait en grande partie, et la restauration monarchique ne se posa plus avec la simplicité qui l'imposait à tous à Bordeaux en février 1871 , à Versailles en mai 1871.
Notre cadre ne comporte pas le récit des événements qui firent échouer, en novembre 1873, la restauration de la vraie monarchie.
L'heure de l'histoire n'est pas encore venue. Elle rélèvera sans doute, à côté d'hommes égarés par les préjugés du parlementarisme, la main d'habiles sectaires, cherchant à imposer une fois encore à la royauté le régime bâtard qui avait acculé la Restauration dans la charte et consohdé l'œuvre de la Révolution à la faveur des mensonges du régime parlementaire.
Nous devons seulement constater la vive opposition que fit au rétablissement de la monarchie M. de Bismarck. Les débats providentiels, pouvons-nous dire, du procès d'Arnim nous ont révélé le puissant
intérêt que le chancelier attachait à écarter du trône de France le prince qui eût pu le mieux relever sa grandeur.
Il ne cessait de redire dans ses dépêches : « que V Allemagne n'avait à redouter ni la République , ni V Empire ; que son intérêt était que la France restât faible et sans alliés ; que la République et^ à défaut de la République^ V Empire était le régime sous lequel la France parviendrait le moins à se relever ; que la France monarchiquement constituée serait un danger pour V empire d'' Allemagne, parce que la monarchie serait capable de conclure des allian^ ces...» Tous les hommes d'État, tous les journaux allemands n'ont cessé de répéter « que le régime qui, en s'' acclimatant en France, ferait le mieux les affaires de la Prusse, était le régime républicain. »
L'ôventuahté d'une restauration bonapartiste, au cas où la Répubhque ne pourrait pas se maintenir, était, on le voit, soigneusement ménagée par nos ennemis et proposée par eux avec discrétion.
M. d'Arnim écrivait au chancelier le 6 mai 1872 :
« Nous ne devons pas repousser les tentatives bonapartistes pour entrer en connexioa avec nous. Ils sont de