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TOUS LES PARTIS LE SEUL QUI CHERCHE OUVERTEMENT

NOTRE APPUI, et qui inscrit dans son programme la réconciliation avec l'Allemagne. »

Le 12 mai M. de Bismarck répondait :

« Le parti impérial bonapartiste est problablement celui avec l'aide duquel on pourrait encore se flatter le plus raisonnablement d'établir des rapports lolérables entre l'Allemagne et la France. »

Il recommandait en conséquence de ne faire « quoi que ce soit qui puisse TafTaiblir, lui nuire aux yeux de la nation ou rendre sa position plus difficile. »

Restauration bonapartiste ou République, voilà ce que M. de Bismarck travaillait à établir en France ! «Ni Bourbons, ni Orléans^ » disait^il un jour devant son compagnon de table, le d"" Busch. Plus tard, en voyant la République et les républicains faire si bien son jeu, il s'écriait avec son cynisque politique que « la France avait V agonie folâtre !!! »

Quelques années après, quand Mac-Mahon, le 16 mai 1877, eut une velléité d'échapper au courant révolutionnaire dans lequel il s'était placé, toutes les forces de la Révolution cosmopolite et notamment la presse libérale et les loges maçonniques de l'Allemagne s'allièrent aux 363 députés de la gauche et firent avec eux la campagne électorale qui a abouti au scrutin du 14 octobre 1877 et à la soumission du maréchal.

L'attitude des loges maçonniques de France et d'Allemagne et l'action de M. de Bismarck après le 16 mai 1877 sont trop identiques avec leur attitude et leur action au moment où la restauration monarchique se préparait, pour que nous ne l'ayons pas dès à présent constatée.

Mais n'anticipons pas davantage et exposons les événements si importants de l'année 1873.

Les sociétés secrètes du monde entier s'étaient concertées dans le plus grand mystère pour empêcher à tout prix l'avènement d'Henri V au trône. Nous trouvons la trace de leur action dans un document bien étrange au premier abord, mais dont la suite des «événements a démontré la véracité.

Au mois de novembre 1872 le journal V Univers reçut d'une source très sûre une série de communications fort précises sur un conciliabule secret des sectes, tenu les 29, 30 et 31 octobre 1872 à Locarno, où s'étaient réunis les principaux chefs de la Maçonnerie italienne. Là étaient présents : Philippe Cordova (Orient de Rome), de Franchi (Orient deNaples), La Vacarra (Orient de Palerme), André Giovanelli (de Florence), Alb. Mario (de Turin), Quadrio (de Gènes), Féhx Pyat (pour la France), Kossuth (pour la Hongrie), Klapka (pour la Suisse), le général Etzel (pour la Prusse) : autant de personnages très importants, comme on voit. Le général Etzel ouvrit la séance en proposant les trois objets de délibération suivants : 1° une guerre entre la France de Thiers et l'Italie, placée alors sous le régime de la Consorteria. serait-elle utile à la démocratie ? 2° quels principes devaient présider à la constitution d''un gouvernement provisoire en France sous la dictature de Gambetta ? 3^ quel nouveau culte devait remplacer le Catholicisme ?

Dans une lettre de Gènes du 12 novembre 1872, publiée dans V Univers du 19, ce correspondant donnait les indications suivantes sur la situation du parti révolutionnaire en Europe :

« A Gênes comme à Venise et à Milan, où je me suis arrêté en revenant de Genève, les frères et amis, aussi bien que le gouvernement, ignorent ce détail ; seulement ils savent ce qu'il y a à faire et se tiennent prêts. C'est sur le mouvement dês radicaux français que l'on compte et sur l'argent des prussiens. M. Félix Pyat a donné des assurances positives

et un de vos radicaux les plus imyortants est lié par des engagements qu'il ne pourra jamais rompre.

« Le général Elzel n'a pas été moins explicite, et M. de Bismarck est intéressé plus qu'on ne pense à travailler dans le se7is de la démocratie. Pour le moment l'Allemagne demeure forcément en dehors du mouvement républicain ; mais la raison en est très simple : elle n'a pas achevé son unité. Le grand chancelier a fait une grosse besogne, et quelque pressé qu'il soit, il lui faut du temps. Or, pendant que la France, l'Italie, l'Espagne, tout le monde latin enfin sera dans les convulsions d'une transformation sociale, il accomplira plus facilement, croit-il, les exécutions souveraines qu'il a méditées et portera le dernier coup à l'empire d'Autriche. Cela fait, on verra l'Allemagne entière acclamer la république et envoyer promener le vieux Guillaume.

« Je ne dis pas que M. de Bismarck ne veuille pas jouer les Italiens et les Français; mais qu'il y prenne garde. Le général Etzel, tout en lui rendant hommage, s'est expliqué carrément sur son compte : « // est à nous entièrement^ a- « l-il dit, et le jour oit nous le verrions titubant, nous lui « retirerions notrn confiance. Il le sait très bien. »

« Les républicains italiens se préoccupent beaucoup des projets de réunions au Golysée. Comme j'exprimais tout à l'heure quelques doutes à l'un des plus intimes partisans de Garibaldi, il m'a dit :

« Dans celte réunion générale du Colysée nous avons deux « choses en vue : la première, de mesurer nos forces, dô « constater le développement moral de nos idées, de connaî- « tre le degré de l'enthousiasme de la masse, enfin de savoir « ce qu'on peut en tirer pour l'action ; la seconde, de nous « révéler aux yeux du monde comme un parti puissant et « de nous poser comme une autorité constituée en face des « consorts. On ne peut rien tenter pour le moment, et nous « n'en avons pas le dessein. Nous resterons sur le terrain de « la légalité stricte. Lanza et les consorts seraient trop heu- « reux d'un prétexte pour attenter à nos droits et rendre « vaine l'œuvre de notre jeune démocratie. Mais nous ne

« leur donnerons pas cette satisfaction. Il nous suffit de <( nous affirmer. »

Les événements subséquents ont confirmé en partie ces indications. Les consorts ont été chassés du pouvoir en Italie et remplacés par des hommes beaucoup plus avancés. Mais l'Autriche n'a pas encore été attaquée. M. de Bismarck s^est montré titubant^ et les sectes lui ont retiré en partie leur confiance ou au moins l'en menacent.

Aussi bien ces complots étaient-ils noués en prévision d'une restauration monarchique en France. L'aveuglement des ijarlementaires l'ayant fait échouer un an après, l'avènement légal de Gambetta à la dictature fut dès lors un fait inévitable, que tout le monde devait prévoir, et les sectes ont pu recourir à des procédés moins périlleux qu'une guerre européenne s'appuyant sur une insurrection communaliste.

Mais revenons aux événements de 1873, et nous -allons voir que le mouvement des radicaux français^ annoncé avec tant de précision dès le 12 novembre 1872, fut bien près d'éclater.

Tandis que la presque unanimité du pays acclamait par avance la restauration de la monarchie, sans se préoccuper des intrigues qui s'agitaient dans certains groupes parlementaires infatués de leurs utopies constitutionnelles et surtout de leurs intérêts personnels, au mois de septembre un vaste complot, se ramifiant dans tout le sud-est de la. France, se formait pour s'opposer par la force à la décision de l'Assemblée nationale et lever l'étendard de la guerre civile.

Le journal La Révolution française^ dans son numéro du 12 mai 1879, à propos d'un article de M. Littré, a clairement désigné M. Gambetta comme étant à sa tète. Voici ses propres paroles :

« De ce que la République a pu échapper aux coupe-jarrets du 23 mai 1873, M. Littré conclut qu'il était bien inutile de la défendre en 1871.

« Point n'est besoin de discuter sérieusement une assertion aussi peu sérieuse. Mais nous aimerions à savoir ce que peuvent en penser Monsieur le comte de Chambord, que son refus d'accepter le drapeau tricolore a seul empêché de devenir Henri V, et M. Gambetta, qui, en prévision de celle évenlualilé, avail préparé el organisé sur loule la surface du territoire et jusque dans /'armée une insurrection auprès de laquelle l'insurrection du 18 mars n'eût plus été qu'un jeu d'enfant. »

Le journal attitré de M. Gambetta, la République française, à qui cette interpellation était adressée, ne répondit pas alors. Mais en 1881, Bordone, le garibaldien gambettiste, et le journal le Radical ont publié d'importantes révélations sur ce complot. On trouvera ces deux récits in extenso dans le tome III de l'ouvrage les Sociétés secrètes et la Société.

Nous connaissions déjà, par des débats judiciaires authentiques, les crimes par lesquels les agents inférieurs de l'insurrection républicaine comptaient débuter.

Dans le département de Saône-et-Loire, une bande d'insurgés devait enlever au château de Sully la marquise de Mac-Mahon, parente du maréchal, et la dé-

tenir à titre d'otage. L'instruction des procès, qui furent faits plus tard contre les auteurs de ce complot, établit qu'il avait eu pour noyau les francs- maçons de Saône-et-Loire, alliés à la bande noire ^ cette société secrète répandue chez les mineurs du bassin houiller de Montceau et qui, au mois d'août 1882, a prématurément engagé la guerre sociale.

Un magistrat éminent chez lequel le courage civil égalait la valeur militaire, M. Robinet de Cléry, était alors à la léte du parquet de Dijon, et la fermeté avec laquelle il a fait la lumière sur l'ensemble de cette affaire et sur ses ramifications l'a désigné à la haine du parti radical ; mais il n'a pas pu dépendre de ce parti de faire disparaître les constatations judiciaires contenues dans les sentences rendues par le tribunal d'Autun et la cour de Dijon.

La réunion du mois de septembre 1873, dit en substance le tribunal d'Autun, n'était que l'exécution du programme du comité central républicain radical. L'un des buts reconnus de ce comité était de manifester en toute occasion, de faire au besoin appel à l'insurrection. En effet, Josserand se joint à la réunion du Creuzot, présidée par le représentant Boysset; il y proclame le devoir de soutenir la République, même à coups de fusil... Les poudres et munitions de guerre, détenues par Alemanus père et fils, étaient une réserve, un moyen d'action plus ou moins efficace le jour où le comité central républicain radical viendrait à réaliser ses mauvais desseins de faire appel à l'émeute.

Dans toutes ces réunions on voit toujours M. Boys-

set, qui était vénérable de la loge maçonnique de Chàlons et député à l'Assemblée nationale. C'est cette dernière qualité qui a empêché de le comprendre dans les poursuites.

Le même complot se ramifiait à Lyon et avait pour point d'appui les sections de V Internationale. La guerre sociale devait éclater en même temps que la guerre civile. Le réquisitoire présenté par M. Boissard, procureur de la République au tribunal correctionnel de Lyon, a parfaitement montré comment toutes les associations politiques républicaines, sauf à se duper mutuellement ensuite, s'étaient à ce moment étroitement unies- à l'Internationale, pour résister par une insurrection au rétablissement de la monarchie.

Voici en effet un article que publiait la Liberté^ de Genève, organe autorisé de V Internationale ^ immédiatement après le 24 mai, et qui jette un grand jour sur la marche ultérieure des événements en France et en Espagne :

« ... Le 24 mai est inséparable du socialisme, puisqu'il n'est fait que contre le socialisme. Nos amis dans toute l'EuROPE en ont ressenti le contre-coup, alors que les politiques purs dans les divers pays européens n'ont accordé à ce fait qu'une importance secondaire... Au fond, il n'y a DE touché que nous... Le socialisme est politiquement vaincu en France,.. Nous demandons seulement s'il faut continuer à tout prix le mouvement parisien et espagnol,

MALGRÉ qu'il SOIT COUPÉ NET PAR LE 24 xMAI, OU bien s'il

est préférable de quitter momentanément la partie pour nous réorganiser à fond.

« C'est notre devoir de conseiller au socialisme le repos, pour qu'il conserve au moins toutes ses forces. Tant qu'une

bataille n'est pas perdue, le dernier des généraux, marchant au bruit du canon et se jetant dans la mêlée, peut changer la situation. Mais quand la journée a positivement mal tourné, une bonne retraite, qui sauve le plus de forces possible, est encore la résolution la plus sage. La révolution espagnole arrivant au moment de la Commune eût tout sauvé. Elle pouvait réussir il y a un mois., si Lyon et le midi de la France s'étaient détachés du nord pour suivre l'Espagne et entraîner l'Italie. Mais maintenant que le 24

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