CHAPITRE VI
La politique, puissant instrument pour
Comme nous le verrons dans le chapitre suivant, le caractère politique etantisocialdelaFranc- Maçonnerie n'est pas moins démontré que son ca* ractëre impie et antichrétien. Mais là encore elle use de la prudence du serpent pour tromper les simples : elle affirme qu'elle ne se mêle pas de politique, qu'elle respecte toutes les opinions politiques, qu'en cela, pleine liberté est laissée à chacun de ses membres. Au besoin, elle fait même imprimer dans ses statuts, qu'on s'engage à ne jamais parler, dans les Loges, d'aucune question politique.
Or, un historien qui connaît parfaitement la Maçonnerie, a dit qu'elle a été le laboratoire de la Révolution. Edmond About, rédacteur de /'Opinion nationale, a écrit, dans son journal, que la Maçonnerie^ depuis 1728, c'est-à-dire depuis son organisation, jusqu'en 1789, n'a pas fait autre chose que conspirer, (c II importe, dit Louis Blanc,
d'introduire le lecteur dans la mine que creusaient alors sous les trônes, sous les autels, des révolutionnaires bien autrement profonds et agissants que les Encyclopédistes.... *A la veille delaKévolution française, la Franc-Maçonnerie se trouvait avoir pris un développement immense ; répandue dans TËurope entière, elle secondait le génie méditatif de l'Allemagne, agitait sourdement la France, et présentait partout l'image d'une société fondée sur les principes contraires à ceux
de la société civile Il plut à des souverains,
au grand Frédéric, de prendre la truelle et de ceindre le tablier, pourquoi non? L'existence des hauts gradesleur étant soigneusement dérobée, ils savaient seulement de la Franc-Maçonnerie ce
qu'on pouvait montrer sans péril Mais, en
ces matières, la comédie touche au drame ; et il arriva, par une juste et remarquable dispensation de la providence, que les orgueilleux contempteurs du peuple furent amenés à couvrir de leur nom, à servir aveuglément de leur influence les entreprises latentes dirigées contre eux-mêmes. » Le journal Le Monde maçonniqu€j dans son numéro de janvier-février 1882, a publié une circulaire émanée de la Loge V Amitié, dans laquelle on lit cet aveu : « La Franc-Maçonnerie, pendant le règne du despotisme et de la monarchie, était obligée de comprimer ses élans vers la liberté, d'abriter ses doctrines, ses tendances philosophiques et sociales, sous le drapeau de la
charité et de la bienfaisance , inscrivant dans ses statuts et répétant sans cesse aux plus ardents ces mots singuliers : Il est défendu de parler de politique^ comme si la politique n'était pas la base nécessaire* des questions sociales dont on nous permet l'étude. »
Sans doute, la politique n'est pas le but final de la Maçonnerie, mais elle est le plus puissant moyen d'atteindre ce but, qui est la destruction de rÉglise et du Christianisme. Aussi la Maçonnerie s'est toujours efforcée de s'emparer du pouvoir politique, afin d'être plus à même de frapper l'Église. La politique est pour elle ce qu'est une puissante machine pour l'industriel. Le but de riadustriel, c'est le gain ; le gain se réalise par la vente des produits ; les produits s'effectuent par la machine. Le but de la Maçonnerie, c'est l'athéisme universel ; l'athéisme s'inocule à la société parla loi athée et le gouvernement athée. L'athée Frédéric de Prusse, écrivant à son ami Voltaire, lui affirmait la nécessité de se faire du gouvernement une machine pour la réalisation complète des desseins de la Secte ténébreuse : « C'est à Bayle, votre précurseur, et à vous sans doute que la gloire est due de cette révolution qui se fait dans les esprits. Mais, disons la vérité, elle n'est pas complète; les dévots ont leur parti, et jamais on ne Tachèvera que par une force majeure. C'est du Gouvernement que doit partir la sentence qui écrasera l'infâme. Des ministres éclairés pourront
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y contribuer beaucoup ; mais il faut que la volonté du Souverain s'y joigne. » (8 sept. 1775.) La Maçonnerie envoie aux chambres ses membres ou ses suppôts, qui fabnquent la loi athée, et elle f6^t arriver aux charges de TÉlat les hommes qui appliqueront résolument la loi athée. C'est de la politique habile, de la politique du puissant Pharaon qui disait aux Égyptiens : Opprimons avec prudence le peuple des enfants d Israël; accablonsles de charges^ et faisons servir leurs bras à bâtir des villes^ Une fois au pouvoir, la Maçonnerie peut, par le budget, prendre aux catholiques leur argent dans leur poche et le faire servir à la réalisation de ses projets. Elle fabrique des lois, s'abrite derrière elles et s'en fait une arme terrible ; eUe persécute les catholiques, au nom de cette chose qui devrait toujours être si respectable et si sacrée, la loi. Venez, dit-elle aux siens, accourez, emparez-vous des dignités et des emplois, et opprimons savamment le Christianisme : Venite^ sapienter opprimamus eum, ne forte multiplicetur. Faisons des lois pour éteindre ce qui fait la force et la vie des catholiques, la foi. Si masculus fuerit, interficite eum.
Aussi un grand politique, qui connaissait bien la Franc-Maçonnerie, Disraeli, premier ministre d'Angleterre, disait le 20 septembre 1876 : « Les gouvernements de ce siècle n'ont pas affaire seu-