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ET LES MOYENS POCR ARRÊTER SES RAVAGES. wl
lement aux gouvernements, empereurs, rois, et ministres, mais encore aux sociétés secrètes, éléments dont il faut' tenir compte, qui, au dernier moment peuvent mettre à néant tous les arrangements, qui ont des agents partout, des agents sans scrupules, qui poussent à l'assassinat et peuvent, s'il le faut, aj[nener,un massacre. »
Mais les hommes qu'elle élève au pouvoir ne sont, dans ses mains, que des instruments qu'elle brise à son gré. Quand elle a obtenu de celui qu'elle a fait puissant, les avantages qu'elle attendait de lui, elle le renverse, si haut placé qu'il soit, fût-il président de république, roi, empereur. Elle le brise et le jette au rebut, sans s'inquiéter des intérêts de la patrie, ni de la forme du gouvernement. Après l'attentat d'Hartmann contre l'empereur de Russie, Alexandre II, Félix Pyat écrivit de Londres, le 1*^' mars 1880, à Garibaïdi la lettre suivante :
« Mon vieil ami, le dernier attentat contre le despote de toutes les Russies confirme votre phrase légendaire :
« L'Internationale est le soleil de l'avenir*
« Depuis le premier roi jusqu'au dernier président de la république bourgeoise, tous doivent disparaître de gré ou de force.
'< Unissez votre voix à celle des socialistes français pour protester contre l'extradition projetée de notre vaillant ami Hartmann.
« Le sol français doit être inviolable pour les proscrits, qui, comme nous, veulent Taction armée pour établir la République universelle, démocratique et sociale. »
Garibaldi répondit :
« Mon cher Pyat, vous êtes le héros populaire des barricades parisiennes... Hartmann est un vaillant jeune homme à qui tous les honnêtes gens doivent estime et reconnaissance... L'assassinat politique est le secret pour conduire à bon port la Révolution... L'assassin est le prêtre exécré qui assassine d'abord le progrès à l'aide du bûcher, et assassine maintenant les consciences avec le mensonge... C'est le prêtre qu'on doit déporter en Sibérie, et non les compagnons d'Hartmann. »
La Secte diabolique ne voit que son but infernal, auquel elle sacrifie tout. Faire et défaire les dynasties et les gouvernements est pour elle un jeu, comme la toile de Pénélope. Napoléon I", Louis-Philippe, Napoléon HI, portés au pouvoir par la Maçonnerie, en ont été renversés par elle. C'est elle qui, depuis un siècle, a déchaîné sur l'Europe le redoutable fléau delà guerre. Le pape LéonXn le constatait déjà en 1825, dans sa constitution Quo graviora^ pour les guerres de la République et de l'Empire, et annonçait en même temps les nouveaux troubles et les nouvelles ré-
voltes que préparait la Franc-Maçonnerie*. Sentinelle vigilante du camp d'Israël, il connaissait parfaitement la stratégie de Tarmée de Satan et en suivait tous les mouvements. Pendant la Restauration, la Secte se retira dans ses antres ténébreux, et la société eut un moment de calme ; mais c'était le calme qui précède la tempête. La Franc-Maçonnerie préparait tout pour amener de nouveaux bouleversements. Les princes s'endormaient sur un volcan, qui allait bientôt faire éruption, et ils ne voulaient pas qu'on troublât leur sommeil. Le Saint-Siège ne se méprit point sur les dangers de la situation de l'Europe : déj à, dès le 4 janvier 1818, le cardinal Consalvi, secrétaire d'Étatde Pie VII, écrivaitau prince de Metternich : « J'entretiens chaque jour les ambassadeurs de l'Europe des dangers futurs que les sociétés secrètes préparent à l'ordre à peine reconstitué, et je m'aperçois qu'on ne me répond que par la plus belle des indifférences. On s'imagine que le Saint- Siège est trop prompt à prendre frayeur; l'on s'étonne des avis que la prudence nous suggère. » Deux ans après, l'héritier de la couronne de
1. M Jude vero existit, quod tanto etiam post tempore, quo primum perduellionis faces ia Europa a sectis clandestinis per consectaDeos suos inflammatse et elatse sunt, et postreportatas a poteutiseimis Europse principibus prfiBchrissimas victorias, quibus illœ comprimendœ sperabantur, nondum taoïen nefarii earum conatus finem habuerunt. la illis enim ipsis regionibus, in quibus pristiDse tempestates conquievisse videntur, qui metus est novarum turbaruDi et seditionum quas iilœ sectœ perpetuo moliuntur! » § 8.
74 LÀ FRAM&-MACONNERIE
Franco était assassiné, et la révolution éclatait en Piémont et en Espagne. Léon XII avertissait à son tour les souverains et poussait le cri d'à* larme ; mais les souverains n'entendirent pas sa parole, et dans cinq ans la Franc-Maçonnerie avait tout préparé pour la révolution de Juillet 1830. Un maçon de la Loge des Triomphes disait, après cette révolution : « Ne croyez pas que trois jours aient tout fait. Si la révolution a été si prompte et si rapide, c'est qu'elle n'a pris personne au dépourvu... Nous avions une clef à mettre à la voûte, »
Porté sur le trône par la Franc-Maçonnerie, Louis-Philippe crut, comme plus tard Napoléon III, pouvoir l'apprivoiser et s'en faire un appui, en secondant ses désirs et en la comblant défaveurs. Les aveugles! on n'apprivoise pas le tigre, onle tue; oubien, toutaumoins, onFenferme dans de solides barreaux de fer, et encore le dompteur prudent, qui veut jouer avec le tigre dans sa c^ge, a soin auparavant de lui couper les griffes et de lui arracher les dents. Louis-Philippe se mit donc sous la direction de Palmerston, qui était reconnu extérieurement pour chef suprême des sociétés secrètes, et favorisa les projets de la Maçonnerie. Son .gouvernement, comme celui des autres puissances, poussa l'audace jusqu'à demander, avec menace, au pape Grégoire XYI des réformes que sa conscience ne pouvait accorder. Mais quand Louis-Philippe refuse d'être en tout
rinstrument de la Maçonnerie, un grand convent des maçons de la France, de TAllemagne et de la Suisse, se tient à Strasbourg en 1847, et la subsdtotion de la République à la Monarchie y est décidée. Le 24 février 1848,1a dynastie d'Orléans est congédiée tellement à Timproviste, qu'elle n'a pas même le temps de prendre des habits et des provisions de voyage. Le 10 mars, le suprême Conseil du rite écossais va féliciter le Gouvernement provisoire, et Lamartine, qui avait assisté au convent de Strasbourg, lui répond : « Je suis convaincu que c'est du fond de vos Loges que sont émanés, d'abord dans l'ombre, puis dans le demi-jour, et enfin en pleine lumière, les sentiments qui ont fini par faire la sublime explosion dont nous avons été témoin, et dont le peuple de Paris vient de donner au monde la seconde, et j'espère, la dernière représentation, il y a peu de jours. »
L'illustre poète a encore assez vécu depuis pour reconnîutre son illusion et constater que la Maçonnerie n'avait pas clos la série de ses explosions politiques. Tant qu'il y aura une institution debout, tant qu'il restera un principe d'ordre à ren-^ verser, la Maçonnerie ne s'arrêtera pas ; fille de Satan, qui a été homicide dès le commencement, elle a hérité de son génie de la destruction, et il faut qu'elle fasse le monde à l'image de la terre de misères et de ténèbres j où règne P ombre de la mort, et où il rCy a aucun ordre^ mais où habite une éter-^
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nelle horreur^. Son propre, à elle, est de marcher de ruines en ruines, jusqu'à ce qu'elle ait tout pulvérisé et réduit au néant. Notre grand Joseph de Maistre, avec son regard d'aigle, avait saisi ce caractère essentiel de la Secte satanique, et il avait annoncé qu'elle devait, par ses évolutions naturelles, aboutir au Rienisme^ c'est-à-dire, au Nihilisme. Quand elle est arrivée à cette phase, la Franc-Maçonnerie a atteint sa forme dernière, et elle touche le fond des profondeurs de Satan.
Le 15 mars 1848, Vienne est en combustion et Motternich renversé. Le 18 mars, barricades à Berlin et explosion à Milan. Le 20, révolution à Parme. Le 22, la République est proclamée à Ventse. Avant la fin du mois, Naples, la Toscane, Rome, travaillées par lord Minto, l'envoyé de Palmerston, ainsi que le Piémont avaient leurs constitutions parlementaires, en attendant la république de Rome avec Mazzini, de Florence avec Guerrazzi. Le Piémont marchait contre l'Autriche : « La révolution, dit Eckert, agitait son poignard sanglant et sa torche incendiaire '. »
Après l'expédition romaine de 1849 et l'envoi de la lettre de Napoléon à Edgard Ney, il se tint à Paris un convent de toutes les sociétés secrètes de l'Europe ; et là fut adopté le plan de Palmerston sur la révolution italienne. Toutes les dynasties de la péninsule devaient être renversées, le