‹ La Franc-maçonnerie et les moyens pour arreter ses ravagesChapitre 25 sur 78 · Mk' Fava, la Franc-Maçonnerie · texte numérisé non relu

Mk' Fava, la Franc-Maçonnerie

Pape lui-même devait être dépouillé de ses États, et ritalie entière ne devait plus faire qu'une monarchie SOUS la maison de Savoie. Tous les membres présents au couvent, à l'exception de trois qui persistèrent à demander l'établissement d'une république démocratique, votèrent la dictature de TEmpire en France. Ils pensaient que, vu la situation dans laquelle se trouvait alors la France, l'Empire faciliterait l'exécution du plan révolutionnaire; mais, au préalable, ils firent promettre à Louis-Napoléon de mettre au service de la Maçonnerie toutes les forces de la France. La guerre d'Italie et la guerre d'Allemagne oiit été faites pour réaliser ce plan, qui a fait couler des flots de sang; le vide dans les familles, les larmes des pères et des mères, l'argent de la patrie dépensé, tout cela, la Franc-Maçonnerie le compte pour rien; l'essentiel, la seule chose nécessaire au monde est qu'elle réalise ses projets iniques.

Quand Palmerston mourut, l'unité de l'Allemagne était faite par la victoire de Sadowa, les plus brutales invasions avaient renversé les monarchies italiennes, etle Pape ne conservait qu'une partie de ses États. Pour consommer l'unité italienne, la Maçonnerie n'avait plus besoin de Louis-Napoléon, qui d'ailleurs ne se pressait pas assez de porter le dernier coup au pouvoir temporel du Pape et de faire régner la révolution à Rome. Elle résolut donc de briser le bonapartisme et de rejeter cet instrument usé, devenu

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inutile et encombrant; et le 28 novembre 1867, Mazzini écrivait à Tambassadeur prussien à Flo* rence « Je considère le bonapartisme comme un danger permanent pour TËurope... Contre ce danger, il n'y a, k mon avis, qu'un seul moyeu: c'est une entente sincère, cordiale, entre TAUemagne et l'Italie. »

A son tour, le roi Victor-Emmanuel II sera un exemple mémorable de la destinée que la Franc- Maçonnerie réserve aux souverains qui se font ses instruments. Victor-Emmanuel II mit à son service le prestige et la gloire de sa dynastie, sa diplomatie, son armée, son honneur et sa coniscience. Pour elle, il est allé au fond {Andremo al fondo)^ au fond de la duplicité et de l'iniquité : il a observé son programme de mensonge et d'hypocrisie avec une telle fidélité et une telle constance, qu'il a, à bon droit, mérité le surnom de Galani^Homme. Il encouragea Garibaldi dans son invasion, en 1867, du territoire pontifical ; et dans les actes officiels,.notamment dans la proclamation -du 27 octobre 1867, il désapprouva et condamna cette invasion comme un acte de rébellion et un attentat contre la patrie ^ Il est démontré aujout-

1. Entre autres choses, le Roi disait : «Des troupes de volontaires excités et séduits par les manœuvres d*nn parti, sans mon autorisation ni celle de mon gouvernement, ont violé la frontière de TÉtat... L'Earope sait que le drapeau arboré dans ^68 terres voisines aux nôtres, sur lequel est écrit la destruction de la suprême autorité spirituelle du Chef de la religion •catholique, n*est pas le mien. »

Le 28 juin 1882, la Chambre des députés d'Italie a déclaré

d^hui que Victor-Emmanuel II a été Tarchitecte €t l'agent le plus efficace de l'unité actuelle de ritalie. Le Correspondant^ a établi que, de 18S0 à 1870, il a tout fait pour réaliser les projets dé- Mazzini, avec une habileté si machiavélique, qu6: beaucoup de braves gens regardèrent son entreprise comme une affaire de pure organisation politique, et nullement comme une affaire de désorganisation sociale. Victor-Emmanuel ne recula devant aucun moyen : il ne recula ni devant les' subterfuges diplomatiques, ni devant des accords secrets avec les conspirateurs; il a'hésita pas à provoquer des soulèvements, à acheter des traîtres, à employer la force contre les faibles, à confisquer, contre tout droit et toute justice, les biens ecclésiastiques, à réduire à la pauvreté extrême les ordres religieux et le clergé, à frapper le Pape dans ses moyens les plus efficaces et dans les personnes de ses plus zélés défenseurs. En fait de mensonges et d'hypocrisie, il a surpassé Mazzini lui-même. Le vaillant journal r^^ntïà Cattolica établit, dans son numéro du 22 juin 1882, le pa-

dignes de la reconnaissance nationale ceax qui, ea 1867, ont marché sous ce drapeau et envahi le territoire pontifical. Après cela, fait justement remarquer la Civiità Cattolica, si un assaut était livré au Vatican avec le drapeau rouge du socialisme^ cette entreprise ne pourrait pas être blâmée, et elle serait sanctionnée d'avance par la représentation nationale, qui ne manquerait pas de déclarer un jour que de tels exploits sont dignes de la reconnaissance de la nation, N© 770, 15 juillet 1882.

1. Voir l'article : Vn roi et un conspirateur, n© du 10 décembre 1881.

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rallèle suivant entre Yict or-Emmanuel elMazzini : « Confrontons brièvement Feutrée dans Rome de Joseph Mazzini et de Victor-Emmanuel II. Mazzini avait toujours parlé de la nouvelle Rome, capitale d'Italie, et de son dessein de la soustraire à la domination du. Pape. Victor-Emmanuel II avait toujours reconnu qu'il n'y avait pas de pouvoir aussi légitime que celui des papes sur Rome ; il avait même offert à Pie IX son épée et sa vie pour défendre ses droits temporels* Mazzini entrait dans Rome, sans avoir jamais promis de n'y pas entrer, et encore moins de la défendre contre ses envahisseurs. Victor-Emmanuel II y entrait, après avoir déclaré au Pape qu'il voulait respecter son siège, après avoir juré la convention italofrançaise, par laquelle il s'obligeait à ne pas entrer à Rome par la violence et à ne permettre à personne d'y entrer avec la force. Mazzini, comme il le raconte lui-même^ entrait dans Rome, quand le Pape n'y était plus, quand Pie IX l'avait abandonnée. Victor-Emmanuel II y entrait, en contraignant le Pape à vivre prisonnier au Vatican. Mazzini entrait à Rome, quand déjà la république y était proclamée, et il y entrait après avoir été élu député à l'assemblée constituante. Victor-Emmanuel envoyait d'abord ses troupes à Rome; et puis, c'est au milieu de ses soldats qu'avait lieu le plébiscite. Mazzini entrait dans Rome, sans remuer une pierre. Victor-Emmanuel II y entrait après que les bombes et lés

canons avaient ouvert la brèche de la porte Pie. Hazzini entrait dans Rome, en se déclarant ennemi du Pape et de l'Église. Victor Emmanuel II y entrait en se donnant Pair de défenseur de rÉglise et de Findépendance du Pontife Romain. En un mot, Mazzini était un démago^e, et néanmoins il entrait dans Rome avec ci^ainte et presque en adorant, Victor-Emmanuel II était un roi, et luimême définissait la nature de son entrée dans Rome par une parole à lui empruntée au dialecte piémontais (balossada) \ »

Eh bien, malgré tant de services rendus à la Franc-Maçonnerie, la secte rejettera sa dynastie quand elle n'aura plus besoin d'elle. Déjà Garibaldi a canonisé le cuisinier Passanante, qui a essayé d'assassiner le roi Humbert, et la mémoire du roi Galant' Homme commence à être répudiée. A Rimini et dans d'autres villes, où les conseils municipaux et des sociétés avaient organisé des manifestations en l'honneur de Garibaldi et de Victor-Emmanuel, plusieurs sections de la Maçonnerie ont refusé d'y prendre part, disant que Victor-Emmanuel n'avait été pour rien dans la libération de l'Italie, et que l'action de Mazzini et l'épée victorieuse de Garibaldi avaient tout fait. EUes lui arrachent son titre de Galant-Homme^,

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