Actes des Apôtres, chap. ix. 15 et
Jésuites, dit Proyart, « étaient fort éloignés de soupçonner Torage déjà formé et prêt à fondre sur eux, lorsqu'on 1752, un membre de leur société, le P. Raffay, professeur de philosophie à Ancdne, fit part à ses supérieurs de la singularité suivante. Un seigneur anglais, franc-maçon des plus hauts grades, qui voyageait en Italie, ayant fait la connaissance de ce religieux sous le rapport d'homme de lettres, et paraissant Favoir pris on particulière affection, lui dit en confidence que, jeune et libre encore, il ferait bien de songer à se procurer un état, parce qu'avant peu, et sûrement avant vingt ans, sa société serait détruite. Le jésuite, étonné de ce ton d'assurance, demanda au donneur d'avis en punition de quel crime son ordre aurait à subir un pareil sort? « Ce n'est «pas, reprit le franc-maçon, que nous n'estimions « bien des individus de votre corps ; mais l'esprit (( qui l'anime contrarie nos vues philantropiques « sur le genre humain. En assujettissant, au nom «de Dieu, tous les chrétiens h un pape, et tous « les hompaés à des rois, vous tenez l'univers à « la chaîne. Vous passerez les premiers : après « vous les despotes auront leur tour. » Onze ans après, en 1763, Louis XV portait l'édit de février qui abolissait la Compagnie de Jésus en France*.
1. Le Dauphin, invité à formuler dans le conseil du Roi, son opinion sur le projet de suppression, Témit en digne fils de saint Louis : « L'affaire que nous traitons est bien avancée,,^ J'en conviens; mais nons voyons aussi dans quel sens» et. par quelles étranges manœuvres. Elle est bien avancée I et ce doit
458 LA FRANG-HAÇONNEBIE
Dans son ouvrage De la destruction des Jésuites^ d'Alembèrt révéla au public la conjuration de la Secte maçonnique et déclara que ses efforts avaient dû se porter d'abord contre les Jésuites, qui étaient les Grenadiers du fanatisme. Voltaire ne put contenir sa joie, il s'écria : « La lumière s'est tellement répandue qu'une révolution éclatera immanquablement à la première occasion et alors ce sera un beau tapage... Je veux voir la terre délivrée des chimères catholiques... La religion chrétienne est une infâme, une hydre abominable, un monstre qu'il fant que cent mille mains invisibles percent.... Il fant que les philosophes courent les rues pour la détruire * . » On sait comment le pape Clément XIV, subissant la presjsion des cours de France, d'Espagne, de Portugal, de Naples et d'Autriche, qui s'étaient faites les instruments aveugles de la Maçonnerie, abolit la Compagnie de Jésus en 1773*.
être là le plus grand sujet de notre étounement, que, dans une affaire d*£tat, la magistrature se soit arrogé Finitiative sur le chef suprême de l'État, et qu'elle ait porté Toubli de ses devoirs jusqu'à procéder au mépris des ordres du Roi. Ce bien de la paix, cette tranquillité publique dont on nous parle, et que je crois désirer autant que personne, il^sont dans le respect pour la justice, et ne sont que là. Non, ce ne sera pas dans ce conseil, je l'espère, que la passion des oppresseurs deviendra le crime des opprimés. Je déclare, en conséquence, que, w^ honneur, ni en conscience f je ne puis opiner pour l'extinction dfe isatte société d'kommes précieux, aussi ulile au maintien de la religion parmi nous, que nécessaire à l'éducation de la jeuneaM. »
i. Lettres de mars 17^ et du 14 déc 1764.