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Apocalypse, JXLl

ET LES MOYENS POUR ARRÊTER SES RAVAGES. 2i7

elle est toute autre chose. Sa philantropie n'a rien de cette charité qui nous ordonne de faire du bien à ceux qui îious haïssent; rien de cette charité du Père céleste qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, et pleuvoir sur les justes et les injustes. C'est la philanthropie des Manichéens, qui ne secouraient que leurs adeptes, et étaient sans enti:ailles pour les autres indigents. Et encore la bienfaisance n'est, pour la Maçonnerie, qu'un moyen d'asservir à ses volontés les malheureux qui reçoivent ses secours ; elle tend la main à 'indigent, mais c'est pour le faire esclave. ,

« La bienfaisance, a dit un franc-maçon célèbre, n'est pas le but, mais seulement uii des caractères, et des moins essentiels, de la Franc-Maçonnerie. » Aussi, quand M. de Persigny voulut, en 1861, la faire reconnaître comme une iustitution de bienfaisance, la Franc-Maçonnerie protesta. Ragon, qui connaissait parfaitement son esprit, appelait les pauvres « cette lèpre hideuse de la Maçonnerie en France », et il recommandait chaudement à toutes les Loges de « ne présenter jamais dans l'Ordre que les hommes qui peuvent vous présenter la main et non vous la tendre ».

Incapable de fonder des établissements de bienfaisance, la Franc-Maçonnerie est toujours prête à s'emparer de ceux que la charité chré-

tienne a établis et dotés. Quand les circonstances la favorisent, on la voit accaparer Tadministration des hospices, des bureaux de bienfaisance et de toutes les œuvres charitables ; et, sans égard pour la loi de la reconnaissance et pour les premiers principes des convenances, elle en chasse tous ceux qui ne sont pas des siens. Bien plus, elle frappe d'excommunication les pauvres qui refusent de se plier à ses exigences tyranniques : s'ils ne fréquentent pas ses écoles, s'ils ne votent pas pour ses candidats, s'ils conservent des relations avec les victimes de sa persécution, si même ils se contentent de leur témoigner quelque sympathie, ils sont exclus de la participation à ces biens temporels que la charité chrétienne a donnés pour secourir tous les malheureux, sans distinction aucune. Elle est comme cet insecte, vrai tjrpe de voracité et de cruauté, le frelon, qui pér nètre dans les ruches, vole le miel et déchire encore l'industrieuse abeille pour sucer l'intérieur de son corps. Voilà l'image de la Franc-Maçonnerie : elle ne se contente pas de se jeter sur les institutions et les ressources que la foi catholique a créées pour soulager la misère, mais elle s'en sert pour éteindre cette foi et déchristianiser la «ociétè. Les associations sont aussi dlpvenues un puissant moyen de propagande maçonnique. La Sec^e organise des sociétés philantropiques, savantes, littéraires, artistiques, etc., et elle se glisse dans celles qu'elle trouve déjà constituées, leur inocule

peu à peu son esprit et finit par les transformer. Si elle n'incorpore pas à ses Loges tous les membres de ces sociétés, parce que cela ne lui est pas expédient, ni même possible, elle sait en faire donner les dignités et confier les principaux emplois à des maçons sur qui elle peut compter. Par eux, elle domine ces sociétés et s'en fait un instrument inconscient, mais docile, pour exécuter ses projets.

Elle se sert aussi' avec un grand succès des concours et des congrès. Ces réunions d'hommes de différentes contrées se font, en apparence, dans le but très louable de favoriser le progrès des sciences et des arts. Ce n'est là qu'un masque. Le but réel, mais soigneusement caché, est de fournir aux sectaires les moyens de se concerter, de faire des recrues, d'afiPermiret de propager la Maçonnerie. Là, les sectaires font leur connaissance personnelle, fraternisent, lient amitié, nouent des relations, s'affermissent dans leurs espérances, et se préparent à les réaliser d'un commun accord. C'est au congrès scientifique tenu, au mois d^octobre 1839, à Pise, dans le palais delà Sapience, qu'a commencé le mouvement révolutionnaire qui a mis toute l'Italie au pouvoir de la Charbonnerie. Afin de tromper le public — la Charbonnerie y était alors grandement intéressée — on commença le Congrès par l'invocation de l'Esprit-Saint dans la célèbre cathédrale de Pise. Ce congrès fut suivi des congrès de

Turin, de Padouo, de Lacques, de Milan, de Naples, de Gênes, de Venise, de Sienne, de Florence, de Païenne, et enfin de celui de Rome, tenu en 1873. Le Syndic de Rome, Louis Pianciani, y prononça un discours qui résume Tœuvre des congrès et leur attribue ouvertement la principale part des succès de la révolution italienne : « Oui, 6 Messieurs, je me plais à le reconnaître ici dans Rome, dans ma cité, la très grande part de la résurrection italienne est due à vous, puisque notre mouvement a commencé avec le congrès scientifique qui s'est tenu à Pise en 1839. C'était précisément Fépoque où Ton disait de nous que Tltalie est une terre de mort... Au congrès de Venise de 1847 répondirent les journées de Milan de 1848, et cet héroïque mouvement qui peut s'appeler la merveilleuse aurore de la résurrection italienne, en 1848 et 49. . . » Le fameux carbonaro Charles Lucien Bonaparte, plus connu sous le nom de prince de Canino,^ disait, après le congrès de Venise en 1847 : « Nous avons fait la neuvaine, à Tan prochain la fête ! » L'empereur d'Autriche et tous les souverains italiens, à l'exception du pape Grégoire XYI, dit le comte Solar de la Marguerita, se laissèrent prendre à l'hameçon, applaudirent aux congrès et les accueillirent dans leurs villes. C'est le plan de Mazzini qui s'exécutait partout avec la coopération des princes et des nobles. Dans un monument de sagesse infernale, où il propose les

moyens de renverser les obstacles et d'établir Tœuvre de la Maçonnerie, le grand agitateur les résume tous dans les associations : « Associer, associer, associer! Tout se résume dans cette parole. Les sociétés secrètes donnent une force irrésistible au parti qui peut les invoquer. Ne craignez pas en les voyant subdivisées, c'est tant mieux. Toutes concourent au même but par des voies diverses. Le secret sera souvent violé, eb bien, tant mieux! Il faut le secret pour rassurer les membres ; mais il faut d'autre part une certaine transparence pour imprimer la crainte aux stationnaires. Quand un grand nombre d'associés, en recevant l'impulsion pour répandre une idée dans l'opinion publique, pourront entreprendre un mouvement, ils trouveront tout crevassé le vieil édifice, qui croulera comme par enchantement au premier souffle du progrès. Ils demeureront étonnés, en voyant fuir, devant la seule puissance de l'opinion publique, les rois, les seigneurs, les riches et les prêtres, qui formaient la charpente de l'ancienne machine sociale. Courage et persévérance! » Le génie infernal de Mazzini a vu juste. Trois principes, trois forces tiennent la société debout, l'autorité, la propriété et la religion. Elles sont à la société, ce que sont les os au corps humain, et les colonnes ou les pierres à un édifice; ôtez les os du corps humain, il n'est plus qu'une masse informe qui s'affaisse et gît inerte à terre; ôtez les colonnes, ou détruisez les pierres

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d'un édiEce, il s'écroule et n'est plus qu'un amas de ruines. Il y a quelques années seulement, les habitants d'un village, dans la province de Goastantine, furent tout à coup obligés d'abandonner leurs demeures qui menaçaient ruine. Que s'étaitil donc passé ? Des légions de termites avaient pénétré dans les parois et les colonnes des maisons, et en avaient rongé l'intérieur, sans que les habitants s'en fussent e4>erçus ; car ces insectes ténébreux ont l'industrie de ne pas toucher à la couche extérieure du meuble et de l'édifice qu'ils rongent. Ce n'est qu'au craquement de leurs maisons, que les malheureux habitants s'aperçurent des ravages des terribles insectes. Telle est l'image de la Maçoanerie : elle travaille dans Tombre, et ronge toutes les institutions sociales; tout ce qui fait la noblesse et la force de l'homme, elle le dévore, mais en cachant son œuvre de destruction sous le manteau de l'hypocrisie. Si l'on s'opiniâtre à ne pas voir le mal, et si on ne lui oppose pas une résistance énergique, l'édifice social sera bientôt réduit en poussière, la religion détruite, la famille dissoute, et la morale ensevelie sous la fange de tous les débordements. Si Voltaire revenait sur la terre, quelle joie infernale n'aurait-il pas? Il voulait cent mille mains invisibles pour percer le christianisme; et aujourd'hui il y en a des millions! Il voulait que le& philosophes courussent les rues pour détruire le christianisme : et aujourd'hui les philosophes non

sealement courent les rues des villes, mais ils sillonnent le monde entier : Timpiété et la corruption passent par tous les sentiers, même les plus écartés, et arrivent aux derniers chalets de nos montag:nes ; la science, les découvertes, les arts, tout sert de véhicule pour répandre et propager le virus maçonnique.

Les princes, les rois, les empereurs, les souverains du monde n'ont pas répondu aux pressants appels du Vicaire de Jésus-Christ, et n'ont pas fait cas de ses solennels avertissements; mais bien des sceptres ont été brisés, bien des dynasties ont été emportées par l'ouragan révolutionnaire déchaîné par la Franc-Maçonnerie. Aujourd'hui, les trônes qui sont encore debout chancellent, et ceux qui paraissaient les plus solides, sont violemment ébranlés. Dans un avenir prochain, ils seront tous par terre et le monde sera plongé dans la plus grande confusion, si le peuple, à son tour, ne comprend pas, s'il n'ouvre pas les yeux, s'il ne s'arme pas d'énergie et de colère contre la Franc-Maçonnerie. Elle vient de commettre, coup sur coup, des attentats contre le peuple luimême, en attaquant tout ce qui lui est le plus nécessaire. Ne voyons-nous pas, depuis deux ans, le feu roulant de la mitrailleuse maçonnique renverser tout ce qu'il y a de plus cher et de plus sacré pour le peuple catholique? La religion chassée de l'armée avec les aumôniers ; la charité, la chose la plus divine, laïcisée^ et le prêtre écarté

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des institutions de bienfaisance; les Sœurs de charité, images vivantes de la bonté de Dieu, éconduites des hôpitaux et de tous les théâtres de la misère humaine, à laquelle elles ont voué ]eurvie; la liberté la plus complète laissée aux profanateurs du dimanche, les forces et la vie de l'ouvrier livrées à la merci de Texploiteur; les congrégations religieuses arrachées brutalement de leurs maisons, jetées sur le pavé et réduites à chercher hors delà patrie une terre hospitalière ; le Dieu de rËucharistie indignement chassé de son sanctuaire ou sacrilègement scellé dans son tabernacle ' ; rensçignementxatholique supérieur dépouillé des prérogatives que réclament la raison et la justice, humilié de ne pouvoir plus s'appeler de son nom historique, et livré à des entraves

1. Les décrets du 29 mars et la dispersion des communautés religieuses ont été universellement condamnés en France et à rétranger, non seulement par les catholiques et les protestants, mais encore par les libres-penseurs qui ont conservé un certain fonds de rectitude naturelle. Voici comme s'en exprime le Radical par son rédacteur, M. Maret : « On connaît mon opinion sur les décrets. Ils sont absurdes, et leur application est ridicule. Qu'il y ait quarante bénédictins à Solesmes ou qu'il y en ait sept, je m'en soucie comme d'une guigne. Je ne me soucie que de la liberté d'association, qui est violée aussi bien dans la personne des bénédictins que dans la personne des ouvriers faisant partie de l'intemnlionale. Donc, M. Freppel avait absolument raison, quand il déclarait les décrets infâmes et leur application grotesque. Je n'ai jamais caché mon sentiment sur ce point, ne voyant pas au nom de quel droit on peut empêcher des gens de vivre ensemble, comme ils Tentendent, ces gens fussent-ils Romains, comme l'ont crié quelques-uns de nos amis, absolument égarés en cette occasion ; ils seraient Chinois ou Russes, que ce serait la même chose. »

qui lui laissent à peine une once de liberté ; la croix, instrument de notre liberté et de notre dignité, glorieux symbole qui résume l'amour infini de Dieu et sa justice éternelle, chassée aujourd'hui des écoles, et peut-être réduite demain à n'avoir plus d'asile que dans le cœur des fidèles : voilà les attentats de la Secte infernale contre le peuple catholique ; voilà les ruines faites parla première décharge de lamitrailleusemaçonnique. Et maintenant, 6 peuples souverains j cornprenez; instruisez-vous, arbitres de la terre. Et nunCy reges, intelligite; erudimini, qui judicatis terram. La mitrailleuse maçonnique est de nouveau chargée pour amonceler d'autres ruines, elle fonctionne et fonctionnera encore quand le lecteur aura ces lignes sous les yeux. Tous les coups porteront-ils? toutes les lois qu'on est en train de forger contre l'Église, et qui sont déjà soumises à la Chambre des députés, seront-elles votées? C'est le secret de l'avenir. Voici les principales dispositions en vue : Abrogation du Concordat, c'està-dire, suppression du traitement du clergé, qui lui est cependant dû en stricte justice (projet Ch. Boysset);loi concernant C exercice public du culte catholique en France, c'est-à-dire, mesures dra- <^nniennes pour livrer l'Église Catholique et son clergé à l'arbitraire de l'État, et à la tyrannie légale, si l'État veut être tyran (projet Paul Bert) ; loi pour supprimer neuf archevêchés et trente-deux évêchés (projet Jules Roche) ; loi sur f organisation

de renseignement primaire^ c'est-à-dire, loi pour chasser les congréganisles des écoles publiques et les traquer dans les écoles libres (projet Paul Bert) ; loi sur r organisation de [enseignement secondaire, c'est-à-dire, la mort des écoles ecclésiastiques, sans excepter les petits sémiuaireSy eu leur imposant des conditions d'existence si fortes et si exorbitantes, qu'elles seront dans l'impossibilité d'y satisfaire (projet Paul Bert); loi sur les garanties de capacité des directeurs et des professeurs dans les établissement» libres de renseignement secondaire y c'est--à-dire, loi de brutal ostracisme, qui frappe d'incapacité pour l'enseignement tous ceux qui n'ont pas été formés dans le moule de l'État et n'ont pas dans le coeur la 'haine de l'Église (projet Marcou) \ loi sur les associationSy c'est-àwlire, loi qui qualifie déUis contre

1. Voici quelques considérants de M. Marcon en faveur de son projet de loi : « L^enseignement delà jeunesse est dominé^ dirigé par Tesprit clérical dans les petits séminaires, qui sont sortis depuis longtemps des cadres imposés par les ordonnances de 1828 et dans toutes les jésuitiëres qui se dissimulent soas des dénominations trompeuses.

ft La suppression de quelques couvents, Tinterdiction d'enseigner signifiée à la corporation de Loyola, ont été des me- . «ores bruyantes, mais incomplètes et insuffisantes pour extirper le mal dans sa racine : on a gratté Técorce de Tarbre, mais on ne l'a ni abattu, ni entièrement échenillé.

« Qu'est-ce que l'esprit clérical? Il est la réaction du passé contre le présent et l'avenir, la négation de la souveraineté populaire, la haine de la république, la persécution de la libre pensée, le mensonge dans l'histoire, la perversion de l'esprit humain par la philosophie scoiastique. »

Je m'arrête ; cet échantillon suffira au lectetir. £t c'est ainsi Qu'un député français motive un projet de loi!

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l'ordre public les trois vœux de religion, et qui frappe d'amende et de prison, non seulement ceux qui les émettent, mais encore ceux qui offrent un abri aux conçréganistes (projet Waldeck- Rousseau) ; loi pour la sécularisation des biens des Congrégations et des Fabriques^ c'est-à-dire, loi pour voler sans être inquiété tous les biens des congrégations et des églises ^projet Jules Roche); loi concernant V église du Sacré-Cœur de Montmartre^ c'est-à-dire, loi pour fouler aux pieds la parole d'une Chambre française, satisfaire la haine de la Maçonnerie contre Jésus-Christ, et outrager la piété des catholiques (projet Delattre) ; loi tendant à garantir la liberté de conscience devant les tribunaux, c'est-à-dire, loi pour chasser Dieu de la justice, comme il a été chassé de l'école, et pour faire disparaître des tribunaux l'image de Celui qui est la Justice éternelle et qui juge la justice des hommes (projet Jules Roche) ; loi relative au rétablissement du divorce, c'est-à-dire, loi pour traîner dans l'ignominie et la boue le lien sacré du mariage (projet Alfred Naquet) ; proposition de loi ayant pour objet de modifier les articles i62y 163 et 164 du Code civil, c'est-àdire, loi pour ôter au prêtre sa couronne de gloire et sa force, en lui permettant de fouler aux pieds les engagements solennels et trois fois sacrés qu'il a pris devant Dieu et devant l'Église le jour de son ordination.

Quiconque a une âme pour sentir et une intel-

ligence pour comprendre, doit voir, par cet exposé succint, que les teimites maçonniques attaquent maintenant, non plus seulement r ossature^ comme disait Mazzini, mais les nerfs et les muscles du corps social, Fintérieur et l'extérieur : tout sera bientôt dévoré, si un remède prompt et énergique n'est pas employé.

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